Incendie à Notre-Dame-de-Paris : les fausses accusations sur Alpha Condé

18 avril 2019 à 18 06 45 04454

Après les deux premiers régimes guinéens très nationalistes (Sékou Touré et Lansana Conté) et la transition militaire, c’est un chef d’Etat ayant une double nationalité qui dirige la République de Guinée. Très proche des milieux français (notamment du parti socialiste), le président Condé est quelques fois accusé de favoriser son pays d’adoption (la France) à celui de sa naissance. Parti très tôt vivre en France (à l’âge de 5 ans, a-t-il révélé), Alpha Condé dit lui-même ne pas bien connaître le Guinéen ! Et, certains Guinéens le lui rendent bien…

Après l’incendie de la cathédrale Notre-Dame-de-paris, des fausses rumeurs ont annoncé que le président Alpha Condé a envoyé deux millions d’euros de contribution à la France dans le cadre de l’élan de solidarité pour la reconstruction de la cathédrale. Certains commentaires laissaient même entendre que le président guinéen- accusé de vouloir s’accrocher au pouvoir après la fin de son dernier mandat constitutionnel- chercherait ainsi à faire accepter son projet de changement (ou modification) de la Constitution guinéenne par les français.

L’absence d’interlocuteurs à la présidence de la République et au sein du gouvernement (qui refusent de communiquer avec les journalistes) a amplifié cette rumeur sur les réseaux sociaux, puisque les médias guinéens ont évité d’en parler avant d’avoir une version officielle, malgré le manque de répondants…

Mais, à cause des multiples commentaires sur les réseaux sociaux et surtout l’effet que le silence risquait de créer, c’est la présidence de la République qui a elle-même été dans l’obligation de réagir dans l’après-midi de ce jeudi, 18 avril 2019.

Dans un communiqué transmis par le Bureau de presse de la Présidence de la République, l’entourage du président Alpha Condé jure que cette rumeur est fausse : les caisses de l’Etat guinéen n’ont pas été vidées au profit des maîtres français…

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la réaction de la présidence de la République.

La Présidence de la République rejette les allégations de certains médias

Suite aux fausses nouvelles relayées par plusieurs médias faisant état de la contribution de l’Etat guinéen dans la restauration de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, le Bureau de Presse de la Présidence tient à démentir fermement ces allégations et invite les journalistes à se référer à lui chaque fois qu’ils seront en possession de telles informations.
Le Bureau de Presse réitère qu’il n’a jamais été question d’une contribution quelconque dans la restauration du monument historique dont il déplore par ailleurs le sinistre survenu.

Conakry, le 18 avril 2019

Le Bureau de Presse de la Présidence

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Front contre un 3ème mandat : pourtant, Alpha Condé aurait pu aider le RPG…

3 avril 2019 à 22 10 15 04154

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, les forces sociales et politiques de la Guinée ont lancé un mouvement anti troisième mandat ce mercredi à Conakry. Ce front commun pour la sauvegarde des acquis démocratiques dans notre cher pays- et qui a ainsi commencé officiellement ses activités de lutte contre le coup d’Etat constitutionnel voulu par le régime Alpha Condé et tous les promoteurs d’une troisième dictature en République de Guinée ce 03 avril 2019- sera sans coloration politique, ethnique, religieuse ou professionnelle.

Le RPG vient de loin

Tout d’abord, il importe de rappeler que le RPG est né des cendres du MND (le Mouvement national démocratique). Ce mouvement clandestin avait été créé en 1977 par Alpha Condé, feu Pr Alfa Ibrahima Sow, Bayo Khalifa et d’autres. Au fil du temps, le MND s’était d’abord mué en UJP (Unité, Justice, Patrie), avant de se transformer en RPG (Rassemblement des patriotes guinéens), puis au Rassemblement du peuple de Guinée (en gardant le même sigle, RPG).

Dans sa besace, le parti (dominé par le très autoritaire Alpha Condé, devenu seul maître à bord) a marqué les esprits aux côtés d’autres figures politiques guinéennes, notamment Bâ Mamadou de l’UNR, Siradiou Diallo du PRP, Jean Marie Doré de l’UPG, Charles Pascal Tolno du PPG… Ce parti est surtout connu pour avoir des militants déterminés et très engagés, même si son leader est considéré par certains comme un opposant peureux, qui a souvent fui les manifestations de rue, contrairement au téméraire Bâ Mamadou par exemple…

A l’issue des joutes électorales, les Guinéens ont accordé au RPG du professeur Alpha Condé les résultats suivants :

–           19, 55% des voix à la présidentielle du 19 décembre 1993 ;

–          19 députés élus le 11 juin 1995 (sur les 114) ;

–          16, 9 % à la présidentielle du 14 décembre 1998 (derrière le Général Lansana Conté, réélu avec 56,1 % et Bâ Mamadou qui était arrivé 2ème avec 24,6 % voix) ;

–          52, 52 % à la présidentielle du 07 novembre 2010 ;

–          53 élus (sur 114 députés) aux élections législatives du 28 septembre 2013 ;

–          57, 85 % des voix à la présidentielle du 11 octobre 2015

Le géant RPG succombera-t-il dans la tourmente ?

Cette ultime victoire du RPG (rebaptisé RPG arc-en-ciel en 2010) par un coup KO à la présidentielle du 11 octobre 2015 pourrait bien être l’apogée de ce parti qui a semblé lier son avenir à celui de son incontesté leader. Un des effets secondaires du mouvement anti troisième mandat- qui regroupe d’abord les adversaires du régime- pourrait engendrer, à long terme, des démissions de certains cadres et proches du pouvoir. Il n’est pas à exclure que des figures insoupçonnées du RPG soutiennent la constitution et les progrès démocratiques de la Guinée face à la volonté du chef de l’Etat (81 ans) et à ceux qui le poussent à s’accrocher au pouvoir jusqu’à sa mort, comme Sékou Touré et Lansana Conté…

Les dindons de la farce !

Que le président Alpha Condé finisse par accepter de se plier au respect de la Constitution et ne pas se représenter après 2020 ou pas, les cadres du parti présidentiel pourraient regretter leur choix au bout de la contestation. Le parti risque même de se désagréger par manque de leader accepté de tous, lorsque le projet de pouvoir à vie échouera et que des élections « démocratiques » seront organisées, même sous Alpha Condé ; si ce dernier ne le fait que par contrainte, à l’issue des mouvements de protestation…

Sous la première République, ce sont Sékou Touré et ses hommes qui faisaient et défaisaient les puissants du pays. Le PDG, parti unique, était plus que fort et ses cadres s’imposaient naturellement sur tous les autres citoyens. La mort du dictateur a presque enterré le parti. Trente-cinq ans après, le PDG ne parvient à faire élire aucun député sur les 114 de l’Assemblée nationale, ni aucun maire sur les 342 circonscriptions de la Guinée ! Et, cet ancien géant politique de la Guinée ne peut même plus imaginer dans ses rêves revenir à la tête du pays qu’il a pourtant eu le temps de gérer comme sa propriété privée, pendant 26 années… Même Aminata Touré, la bien aimée fille de Sékou Touré, a dû se présenter comme candidate indépendante (et s’éloigner ainsi de l’idéologie de son défunt père) pour se faire élire à la mairie de Kaloum…

Sous la deuxième République, le Général Lansana Conté, père de la démocratie en République de Guinée, pouvait même décider où son parti, le PUP, devait « prendre » et où il allait « laisser gagner » ses opposants. Après sa mort, le PUP, comme le PDG, est incapable d’avoir ni un député, ni un maire sur l’ensemble du territoire national…

Premier à accéder à la magistrature suprême de la Guinée par la voie électorale, Alpha Condé ne semble pas aujourd’hui vouloir être l’exception ! Son parti, non plus, refuse de s’inspirer des échecs des deux anciens partis au pouvoir. L’unique voix de l’honorable Saloum Cissé (secrétaire général par intérim du RPG arc-en-ciel et premier vice-président de l’Assemblée nationale)- qui avait hasardé un pronostic d’une victoire du RPG arc-en-ciel en 2020 sans le président historique- a été étranglée. L’homme aurait été tellement critiqué que lui-même se serait rétracté. « C’était une bêtise politique » avait alors commenté Amadou Damaro Camara, qui a pris le dessus et qui ne fait plus mystère de son soutien à une présidence à vie pour l’homme « providentiel », Alpha Condé.

« Les révolutions n’ont lieu que quand les modérés se laissent conduire par des furieux, et les clairvoyants par des aveugles » (Chauvot de Beauchêne).

A ce jour, on peut être le plus nul et le moins vertueux de la République, mais quand on est capable de mettre entre parenthèse sa dignité pour insulter ceux qui soutiennent le respect de la Constitution et l’alternance en Guinée, on peut se faire nommer au poste de son choix. Ce qui, évidemment, met beaucoup de cadres et intellectuels guinéens dans un dilemme : choisir la démocratie dans son pays ou les délices du pouvoir finissant ! Ce sont eux qui haïssent le plus ce débat portant sur le changement (ou modification) de la Constitution qui permettrait au professeur Alpha Condé de continuer à diriger la Guinée après 2020. Ces cadres souhaitent que ce débat se fasse le plus tard possible, le temps pour eux de s’enrichir au maximum et de placer les leurs, avant de se présenter à la dernière minute comme étant de ceux qui n’avaient JAMAIS hésité de soutenir le respect des règles démocratiques…

« On échoue plus souvent par timidité que par excès d’audace », estime David Grayson

Au-delà de ce qui aurait pu muer le militant Alpha Condé en prédateur de la démocratie, il est à s’interroger sur le mutisme des cadres valeureux du RPG arc-en-ciel, qui auraient pu demander au chef de l’Etat de soutenir un des leurs ? Car, Dieu sait qu’au-delà des acteurs connus du grand public- et qui ont déjà l’étoffe de se faire accepter à une élection présidentielle- de nombreux autres hauts cadres (dont certains ne travaillent même pas dans le secteur public) pouvaient porter haut l’étendard jaune du RPG arc-en-ciel. Malheureusement, ils risquent tous de payer cher la facture de leur avarice d’aujourd’hui par le bannissement politique qui sanctionnera inéluctablement la chute de leur système, s’ils cherchent à entraver la marche du peuple de Guinée vers une démocratie véritable…

Nouhou Baldé pour Guineematin.com

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03 avril 1984 : « ce coup d’Etat a mis la Guinée en retard », dit Elhadj Momo Bangoura

3 avril 2019 à 18 06 54 04544

Le 03 avril 1984, une semaine après la mort de Sékou Touré, l’armée guinéenne prenait le pouvoir après 26 ans de règne du PDG-RDA. Trente cinq (35) ans après ce coup d’Etat, les anciens dignitaires de ce régime gardent encore les souvenirs de cette date qui a vu le système s’écrouler comme un château de cartes.

Pour parler de cette date, qui fait de moins en moins parler d’elle, un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontre du doyen Elhadj Momo Bangoura, aujourd’hui président d’honneur du PDG-RDA, qui fut entre-autres, gouverneur de région.

Guineematin.com : il y a de cela 35 ans depuis que les militaires ont pris le pouvoir en renversant le PDG-RDA. Vous qui avez été un des acteurs de la gouvernance du PDG, que représente cette date pour vous ?

Elhadj Momo Bangoura : le 03 avril 1984, c’est la finalité du combat de la guerre que le PDG-RDA, que la Guinée indépendante a eu à subir dès le lendemain de la proclamation de la République, le 02 octobre 1958. Nous avons voté NON, le 28 septembre 1958 et la Guinée a été proclamée indépendante le 02 octobre 1958. Et très curieusement, cela a fait beaucoup de mal à la France. Parce que, les conséquences du vote du 28 septembre 1958, cela a eu pour conséquences la dislocation de l’empire colonial français.

Les autres territoires africains ont demandé eux aussi leur indépendance et cela a eu lieu en 1960. Donc, pour la France, l’agent causal de la dislocation de son empire, c’est le vote de la Guinée. C’est pourquoi, la France nous avait déclaré la guerre d’indépendance. Et, quand je dis déclaration de guerre d’indépendance, ce n’est nullement par exagération, non. Les décideurs français l’ont dit eux-mêmes, que c’est eux qui ont déclaré la guerre à la Guinée. Nous avons aujourd’hui les documents incontestables pour ça.

Par exemple, le dernier gouverneur de l’AOF, Pierre Messmer, il a fait son livre, je l’ai à la maison ici. L’ultime secrétaire général du Général De Gaule, Jaques Foccart, j’ai ses documents ici. Et, c’est lui que le Général De Gaule avait désigné pour tuer, mais il n’a pas réussi à la faire. C’est à un an avant la mort d’Ahmed Sékou Touré, Jaques Foccart est venu à Conakry ici. Il est venu se présenter à Ahmed Sékou Touré, « je viens te demander pardon. J’ai tout fait pour t’assassiner, je n’ai pas réussi à le faire.

Cela m’est arrivé rarement, je te demande pardon, je suis venu pour ça ». Ahmed Sékou Touré a accepté ce pardon. C’était en 1983, un an avant sa mort. C’est pour vous dire que ce que je dis, ce n’est pas par exagération, ni par invention. Les complots dont on vous parle ici, les ragots qu’on vous raconte ici, que Sékou Touré inventait des complots pour tuer des intellectuels, ce sont des ragots, ce sont des mensonges grossiers. J’ai des livres des agents secrets français. Il y a par exemple La Piscine, c’est un livre de deux agents secrets français.

Ils ont écrit dans ce livre que le Général De Gaule a donné l’ordre de faire des complots en Guinée ici. Et, pendant plus de 20 ans, il y a eu ces complots-là ici. Le point culminant de ces complots a eu lieu à Conakry ici. C’est l’agression du 22 novembre 1970. Cette agression-là, était conduite par des portugais.

Pour quelle raison ? Parce que la Guinée-Bissau, qui est notre voisine, avait pris les armes contre les Portugais pour leur indépendance. Et la Guinée-Bissau avait comme base, Conakry ici, avec leur chef, Amilcar Cabral. Donc, c’est pourquoi le Portugal a été à la tête de cette agression. Mais malheureusement pour eux, l’agression a échoué et les agresseurs ont échoué.

Guineematin.com : la prise du pouvoir par l’armée guinéenne en 1984 a mis fin au régime du camarade Ahmed Sékou Touré. Pour vous, les militaires auraient dû laisser le PDG-RDA continuer son règne ?

Elhadj Momo Bangoura : normalement, la suite du pouvoir devait continuer. Les personnes devaient changer, mais le pouvoir devait continuer. Mais, après la mort d’Ahmed Sékou Touré, ceux qui ont eu à combattre le régime d’Ahmed Sékou Touré étaient là encore, même pendant les funérailles de celui-ci.

Par exemple, le Premier ministre Français, Pierre Monroua, était-là. C’est en ce moment que les militaires ont été préparés à succéder au régime d’Ahmed Sékou Touré. Et, le 03 avril 1984, les militaires ont pris le pouvoir. Ils ont alors arrêté tous les dignitaires du PDG-RDA, y compris moi. Nous avons tous été arrêtés le 03 avril 1984. Mais, nous, nous n’avons fait qu’une journée au Camp Alpha Yaya.

Guineematin.com : à votre avis, qu’est-ce qui a changé en Guinée après le coup d’Etat du 03 avril 1984 ?

Elhadj Momo Bangoura : ça, c’est autre chose. L’économie guinéenne a été mise à terre. Parce que les usines, les industries qui étaient installées à Conakry ici et à travers toute l’étendue de la Guinée ; ces usines-là, au nom de ce qu’ils appellent le système structurel, les usines ont été supprimées. Par exemples, le complexe textile de Sanoyah, l’Entreprise des Tabacs et Allumettes de Guinée (ENTAG) ont été supprimés. L’huilerie de Dabola ou-bien l’usine qui fabriquait les outils agricoles à Mamou, tout cela a été supprimé du temps du régime militaire.

Guineematin.com : d’aucuns saluent des avancées avec la venue des militaires au pouvoir. Il y a notamment la libération des prisonniers qui étaient détenus au Camp Boiro, l’instauration du multipartisme politique, le libéralisme économique. N’est-ce pas là des actions salutaires ?

Elhadj Momo Bangoura : non, je n’appelle pas ça actes salutaires. La prise du pouvoir par l’armée n’est pas un acte salutaire. Vous avez entendu parler du Camp Boiro. Mais au fond, pourquoi Camp Boiro ? Il y avait un commissaire de police du nom de Mamadou Boiro qui a été jeté de l’avion par un groupe de militaires qui a été arrêté à Labé. Eh bien, c’est le commissaire de police Mamadou Boiro qui devait les conduire à Conakry ici en prison. Mais, en plein vol, ils ont jeté Mamadou Boiro à terre. Il est mort écrasé à terre. C’est le gouvernement d’Ahmed Sékou Touré pour pérenniser son nom, a donné le nom de ce commissaire au Camp Boiro.

Guineematin.com : beaucoup de personnes saluent des avancées avec la venue des militaires au pouvoir. Qu’en dites-vous ?

Elhadj Momo Bangoura : je te dis que les prisonniers ont été libérés avant la mort d’Ahmed Sékou Touré ! Je veux parler des prisonniers de la guerre d’indépendance. Ils ont été libérés avant la mort d’Ahmed Sékou Touré.

Guineematin.com : est-ce que selon vous, le coup d’Etat du 03 avril 1984 a mis la Guinée en retard ?

Elhadj Momo Bangoura : dans mon entendement, ça a mis la Guinée en retard. Parce que les usines ont été détruites, on a mis en chômage des milliers de travailleurs à travers la Guinée. Voilà la situation.

Guineematin.com : vous avez vécu les trois régimes de Sékou Touré à Alpha Condé en passant par Lansana Conté. Quelle comparaison pouvez-vous faire de ces trois régimes ?

Elhadj Momo Bangoura : ça, c’est la vie de la nation. Quand nous accédions par exemple à l’indépendance, la Guinée était à un niveau donné. Pendant les 26 ans du PDG-RDA, sous l’égide d’Ahmed Sékou Touré, il y a eu un progrès considérable qui a été constaté en Guinée ici, malgré la guerre que nous subissions. Parce qu’effectivement, nous avions subi la guerre. Donc, malgré cette guerre-là, il y a eu un progrès considérable sur l’étendue du territoire national et cela dans tous les domaines.

Guineematin.com : quel est le mot de la fin ?

Elhadj Momo Bangoura : bon, je suis actuellement à la maison. Je bénéficie de deux retraites. Sur le plan administratif, j’ai maintenant plus de 30 ans de retraite. Quand les militaires ont pris le pouvoir, le CMRN (Comité Militaire de Redressement National) a constitué un programme à la radio et à la télévision. Ce programme était chargé de vilipender à Ahmed Sékou Touré, le père fondateur de la nation guinéenne. Quand j’ai constaté cela, j’ai écrit personnellement au gouvernement le priant à cause de Dieu et de son prophète (PSL) lui demandant de me mettre à la retraite.

C’est ainsi qu’on m’a mis à la retraite. Donc, j’ai été mis à la retraite par anticipation pour ne pas participer à cette action-là. Alors, je n’ai repris les actions que quand on a parlé de la création des partis politiques en 1991, 1992. Là, nous avons relancé le Parti Démocratique de Guinée (PDG) parce que le parti avait été supprimé le 03 avril 1984. Après 20 ans, avec mon âge avancé, j’ai demandé ma mise à la retraite dans ce parti-là aussi. A l’heure actuelle, je ne suis que le président d’honneur du PDG-RDA.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Prise du pouvoir par l’armée, le 03 avril 1984 : les souvenirs de Boubacar Yacine Diallo

3 avril 2019 à 8 08 18 04184

Ce mercredi, 03 avril 2019, marque le 35ème anniversaire de la prise du pouvoir par l’armée guinéenne avec à sa tête, à l’époque, un certain colonel Lansana Conté. L’armée prenait ainsi le pouvoir après les 26 ans de règne du PDG-RDA, suite à la mort du président Ahmed Sékou Touré. Un tournant décisif dans la tumultueuse histoire de la Guinée.

Pour comprendre ce qui s’est passé ce jour, un reporter de Guineematin.com a tendu son micro à Boubacar Yacine Diallo, ancien ministre de la communication, actuellement vice-président de l’INDH (Institution Nationale Indépendante des Droits Humains). A la prise du pouvoir par l’armée, monsieur Diallo était jeune reporter à Radiodiffusion Télévision Guinéenne. Il a été parmi les tout premiers à pénétrer au tristement célèbre camp Boiro où des milliers de guinéens ont été embastillés.

Décryptage !

Guineematin.com : ce mercredi, 03 avril 2019 marque le 35ème anniversaire de la prise du pouvoir par les militaires en Guinée, le 03 avril 1984. Vous avez été témoin oculaire de cette journée, racontez-nous ce qui s’est passé ce jour-là.

Boubacar Yacine Diallo : ce jour-là, assez de choses se sont passées à l’intervalle d’une journée. Je voudrais rappeler que l’armée a pris le pouvoir à 07 heures du matin. Habituellement, c’est tard la nuit, mais les militaires ont décidé d’attendre 07 heures, parce que la radio nationale ouvrait habituellement à 06 heures. Donc, ils ont décidé d’attendre 07 heures.

A 7 heures, une musique militaire est passée à l’antenne, suivie du communiqué numéro 1 lu à l’époque par le capitaine Facinet Touré ; une voix percutante qui annonçait la fin du régime Sékou Touré et qui annonçait en même temps l’arrivée des militaires au pouvoir. Et déjà, des militaires qui promettaient la construction d’un Etat de droit et de libéralisme économique…

Guineematin.com : justement, qu’est-ce qui a changé en Guinée après cette prise du pouvoir par l’armée ?

Boubacar Yacine Diallo : tout de suite, ce qui a changé, c’est que les militaires ont décidé d’ouvrir le cachot du Camp Boiro et tous les pensionnaires, sans exception, ont été libérés. Cela juste après, c’est-à-dire aux alentours de 09 heures et 10 heures. Les portes impitoyables du Camp Boiro ont été ouvertes. J’ai bien le souvenir parce que j’étais jeune reporter, mais le hasard a voulu que je sois embarqué avec les grands journalistes de l’époque comme les Mamady Condé, Alkhaly Mohamed Soumah, Odilon Théa et puis quelques techniciens comme Cissé Watt, Moïse.

Et, Bago Zoumanigui, c’est lui qui a tiré trois coups de pistolet en l’air pour annoncer que les prisonniers étaient libres. Les grilles se sont ouvertes et c’est en ce moment qu’on a pénétré dans l’enceinte du Camp. On a vu des scènes horribles dans les cellules. Des gens qui ont écrit avec leur propre sang et d’autres d’ailleurs avec leurs matières fécales, je m’excuse du terme mais c’est de la réalité de l’histoire. Cela arrachait moins de larmes et plus d’horreur.

Tous ces pensionnaires ont été libérés pour ceux qui pouvaient marcher encore. Les autres ont été envoyés à l’hôpital Donka, qui est plus proche, et tous ceux qui étaient en bon état ont été transportés à travers des bus vers le Camp Alpha Yaya Diallo. Et, c’est là où j’ai vu pour la première fois, le colonel Lansana Conté qui avait juste dit : « vous êtes libres, rentrez revoir vos familles et nous nous reverrons très prochainement ».

Après, lorsque nous avons replié pour venir en direction de la radiodiffusion qui se trouvait à Boulbinet, à la hauteur de Téminétaye, les femmes ont entonné la chanson : « Sâ barâ mafindi ». Et, Moïse qui était très alerte a pu capter ce son-là et il a été diffusé comme l’ode de la prise du pouvoir par l’armée.

Guineematin.com : vous parlez de cette prison, le Camp Boiro, où des milliers de guinées ont perdu la vie et jusqu’à nos jours, soit 35 ans après, justice n’a toujours pas été rendue. Etant aujourd’hui un défenseur des droits de l’homme, comment vous percevez cela ?

Boubacar Yacine Diallo : je voudrais déjà regretter la démolition des cellules. Je pense qu’on aurait dû les garder pour la mémoire collective de notre histoire, au-delà même du fait que des gens allaient venir là se recueillir en mémoire de la disparition de leurs proches. Je me souviens lorsqu’avec le Président Conté, nous avons été à Cuba, il a visité la prison où était détenu Fidel Castro et même son pot de toilette était encore là. Son unique livre était là.

Lorsque le Président Conté a visité cette cellule, il a coulé des larmes. Je pense que la Guinée aurait pu préserver ce monument. C’est tragique mais c’est notre histoire, et on aurait pu le réhabiliter. Malheureusement, il a été démoli et je pense que justice doit être rendue. Et, la meilleure façon de rendre justice, c’est de reconnaître à ces familles là le tort qui leur a été causé.

Elles pourraient ne pas oublier, mais elles pouvaient pardonner. Je pense que, où ce pouvoir actuel ou bien un autre, on devrait y faire face. Déjà, c’est une bonne chose que le Président actuel décide d’assumer tout le passé de notre histoire. Mais, je pense qu’au-delà de ça, il faut aussi poser des actes de nature à réconforter ces familles.

Guineematin.com : il y a l’association des victimes du Camp Boiro qui continue à réclamer au moins la mise en place de stèles à cet endroit et même au niveau du pont 8 novembre appelé pont des pendus ; mais, elle n’est toujours pas entendue. Quel est votre avis sur la question ?

Boubacar Yacine Diallo : je pense que c’est le minimum qu’on puisse leur offrir, parce que leurs papas ont été parfois des artisans de notre indépendance et ils ont occupé de très hautes fonctions. Les choses se sont mal terminées pour eux, et pour l’histoire, on devrait tout simplement les immortaliser comme toutes les autres victimes. Je pense que ce que ces familles demandent, c’est le minimum. On doit pouvoir le leur apporter.

Guineematin.com : quel est votre mot de la fin ?

Boubacar Yacine Diallo : je voudrais me souvenir du Général Lansana Conté, un haut gradé qui a pris le pouvoir et qui a pu démocratiser son pays. Il a permis à des partis politiques de se constituer, il a permis des élections, même contestées mais, qui ont quand même inscrit la Guinée dans les Etats qui respectent les principes d’Etat de droit et des libertés fondamentales.

Je voudrais aussi saluer son passage à la tête de la Guinée et qui a permis la libéralisation des ondes, l’audiovisuelle en particulier. Et, je suis tout admiratif au général Lansana Conté. Je prie Dieu pour qu’il repose en paix.

Propos recueillis par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél.622 68 00 41

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Front commun contre un 3ème mandat : top départ des protestations contre Alpha Condé…

2 avril 2019 à 22 10 06 04064

Les forces sociales et politiques de la République de Guinée tiennent au strict respect de la Constitution et s’opposeront ainsi aux velléités du président actuel de se maintenir à vie à la tête du pays. Après certains de ses proches qui ont ouvertement demandé qu’il change la constitution pour se faire réélire à vie à la tête du pays, le président Alpha Condé a lui-même annoncé récemment sa détermination d’aller vers « ce que le peuple veut », tout en poussant ses partisans à affronter ses adversaires…

Top départ du front commun contre un 3ème mandat

Engagées à faire respecter la Constitution guinéenne qui limite à deux le maximum de mandat qu’un guinéen peut avoir à la tête du pays, les forces sociales et politiques lanceront ce mercredi, 03 avril 2019, « un vaste mouvement sociopolitique contre le troisième mandat ». L’arrestation arbitraire le weekend dernier et le jugement expéditif de trois jeunes qui manifestaient contre le troisième mandat à Coyah (alors que les promoteurs sont plutôt encouragés) semble avoir accéléré les choses. Mais, les forces sociales- qui regroupent des membres de la société, des acteurs politiques et simples citoyens- assurent avoir terminé une large concertation pour mener à bien ce noble combat pour la préservation des acquis démocratiques en République de Guinée. On apprend que l’essentiel des partis politiques et les organisations de la société civile sont déjà engagés à fond dans ce mouvement…

« Premier président démocratiquement élu en République de Guinée, le professeur Alpha Condé risque malheureusement d’être également le tout premier chef d’Etat guinéen à être balayé par la rue, s’il se hasarde à violer la Constitution en cherchant à se maintenir au-delà de son mandat légal », a fait remarquer à Guineematin.com un observateur de la scène politique guinéenne.

Selon ses partisans et « les chercheurs de dépense », leur champion ne quittera pas Sékhoutouréya en 2020 ! Comme Sékou Touré (premier président de la Guinée indépendante, à la tête du pays entre le 02 octobre 1958 et le 26 mars 1984) et Lansana Conté (deuxième président de la entre le 03 avril 1984 et le 22 décembre 2008), Alpha Condé mérite lui aussi de continuer à diriger la Guinée jusqu’à la fin de ses jours.

Seulement, tirant les leçons de ce qui s’est passé notamment sous les deux premières dictatures à la tête du pays, les législateurs ont verrouillé l’article portant sur la durée et le nombre de mandat, hissé au sommet de la pyramide et considéré désormais comme non modifiable ! C’est dire que le lancement de ce mouvement contre un troisième mandat ce mercredi sonne en réalité le top départ des contestations politiques contre Alpha Condé en République de Guinée. Jusqu’à quand ?

Wait and see !

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Souvenirs du patriote Bâ Mamadou : opposition et pouvoir à la mosquée de Bambéto

28 mai 2018 à 11 11 17 05175

A l’occasion de l’an 9 de la disparition d’Elhadj Bâ Mamadou, une cérémonie de sacrifices et de lecture du saint Coran ont été organisées le samedi dernier, 26 mai 2018, par sa Fondation à la Grande mosquée de Bambéto. Une cérémonie qui a été rehaussée de la présence du nouveau Premier ministre, Chef du gouvernement, Dr. Ibrahima Kassory Fofana et du Chef de file de l’opposition guinéenne, Elhadj Cellou Dalein Diallo, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

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Conakry : voici ce que les étudiants comoriens attendent après la visite de leur président

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Le Président de l’Union des Comores, Azali Assoumani est arrivé à Conakry hier, mardi 16 janvier 2018, pour une visite d’amitié et de travail de 48 heures. A cette occasion, le chef de l’Etat comorien a été accueilli à l’aéroport par les autorités guinéennes, les diplomates et chefs des institutions nationales et internationales, mais aussi par des étudiants comoriens très nombreux dans les institutions d’enseignement supérieur de la Guinée.

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Alpha Condé à Kankan aux anciens dirigeants : « où est Air Guinée ? Où est le train Conakry-Kankan ? »

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Le 59ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée a été célébré en différé ce samedi 13 janvier 2018 ans la ville de Kankan. Outre le président de la République, le professeur Alpha Condé, plusieurs personnalités ont pris part à cette cérémonie. Il s’agit notamment des membres du gouvernement, des diplomates accrédités en Guinée, des leaders religieux et des acteurs de la société civile, a constaté sur place Guineematin.com, à travers son envoyé spécial.

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Angelino Alfano à Conakry : l’apport du centre Dream aux Guinéens

5 janvier 2018 à 21 09 42 01421

Dans le cadre de la coopération entre la Guinée et l’Italie, son Excellence Angelino Alfano, le ministre italien des Affaires étrangères a rencontré ce vendredi, 5 janvier 2018, son homologue guinéen, Mamady Touré, le Président de la République, le Pr Alpha Condé et la communauté SANT’EGIDIO du centre Dream, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

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« Révélation » de Fodé Oussou : « Lansana Conté est au paradis…»

23 décembre 2017 à 12 12 54 125412

Parmi les personnalités qui ont participé au Fidaou de feu Général Lansana Conté, hier, vendredi 22 décembre 2017 dans son village natal de Bouramaya (Dubréka), figurent les députés Fodé Oussou Fofana et Aliou Condé. En mission de l’UFDG en Europe, Elhadj Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition guinéenne et ancien Premier ministre du Général Lansana Conté, s’est fait représenté à la cérémonie par ces deux élus du peuple, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

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Fidaou de Lansana Conté : les émouvants témoignages de Mohamed Conté, Fodé Bangoura et Jean Paul Sarr

23 décembre 2017 à 12 12 03 120312

Parents, amis, sympathisants, connaissances et anciens collaborateurs, ont participé au 9ème Fidaou de feu Général Lansana Conté, hier vendredi 22 décembre 2017. Cette cérémonie de sacrifice et de recueillement a eu lieu dans la sous-préfecture de Bouramaya, préfecture de Dubréka, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

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Hon. Aboubacar Soumah et un fils du président Conté au tribunal : les médias (Espace et Guineematin) cités

22 septembre 2017 à 10 10 16 09169

L’honorable Aboubacar Soumah, Almamy Kandé, Boukary Camara, Ansou Conté (un des fils de l’ancien président guinéen, le Général Lansana Conté) sont poursuivis pour diffamation et injures publiques. Et, ils sont poursuivis par maitre Amadou Baidy Habib Tall, maitre Fanta Yarie Yansané et Mohamed Conté (un autre fils du Général Lansana Conté, le deuxième président de la Guinée indépendante), a appris un reporter de Guineematin.com qui était au tribunal de première instance de Dixinn hier, jeudi 21 septembre 2017.

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Sidya – Kassory : obligation de vérité

21 août 2017 à 9 09 30 08308

Par la Cellule de Communication du GPT : Pourquoi, le Président de l’UFR, Sidya TOURE, cherche-t-il si obstinément à abattre le Président du GPT, le Ministre Kassory FOFANA, en se servant de l’arme de « destruction massive » qu’est la désinformation ?

Celle-ci est définie dans le dictionnaire politique comme étant « une information provocatrice, mensongère, présentée comme vérité, dans le but de berner l’opinion publique ».

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Bantama Sow : « ceux qui pensent qu’il y aura alternance en 2020 se trompent »

29 juillet 2017 à 17 05 18 07187

Malgré la forte pluie qui s’est abattue sur la ville de Conakry dans la matinée de ce samedi, 29 juillet 2017, plusieurs responsables et militants du RPG Arc-en -ciel ont participé à l’assemblée générale hebdomadaire au siège national du parti à Gbessia. La séance a été dirigée par Lansana Komara, secrétaire administratif du parti et premier vice-président du conseil économique et social, entouré d’autres personnalités du parti, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

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Sang, argent, pause EDG, discours… les coulisses de la rencontre Alpha Condé-Union du Fouta…

25 juillet 2017 à 12 12 34 07347

Comme annoncé dans certaines de nos publications, une association dénommée l’Union du Fouta pour le Professeur Alpha Condé (UF Pr AC) a lancé son mouvement ce dimanche 24 juillet 2017, au siège du RPG Arc en ciel. Placée sous haut patronage du chef de l’Etat, cette activité a connu certains couacs au niveau organisationnel et également dans les discours, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

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Libre opinion : Mandela se préoccupait de comment sauver la nation sud-africaine… Alpha est un adepte de Machiavel

1 juillet 2017 à 11 11 55 07557

Aborder la notion d’un bon gouvernement, intéressante qu’elle soit, est un exercice difficile. Difficile non pas peut-être au regard du travail de recherche et de réflexion qu’une telle analyse mobilise, mais plutôt au regard de la casquette de militant que je porte. L’exercice est moins aisé qu’il n’y paraît. Dans cette dernière dimension, j’ai peur que ma parole ne soit interprétée comme celle d’un militant au risque de moins donner une pleine mesure à mon analyse. C’est la raison pour laquelle, je préfère, pour reprendre la formule belle et heureuse d’un contemporain « garder ma liberté de parole sur mon tapis de prière ».

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Sommes-nous une nation ? Qu’avons-nous fait de notre histoire ? (Libre Opinion)

19 mai 2017 à 13 01 49 05495

Nous, jeunes guinéens, oscillons très régulièrement entre la volonté de participer activement à la construction de notre nation et le dégoût profond ressenti devant les dérives d’un état quasiment inexistant que nous subissons chaque jour. Cependant nous nous accordons presque tous sur notre volonté de léguer à nos enfants une Guinée meilleure, qui serait une Nation Véritable.

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