La ville de Faranah a connu une perturbation des cous dans les écoles ce mercredi, 6 décembre 2017. Du primaire au lycée en passant par le collège, les cours ont été paralysés suite à la grève déclenchée depuis le 13 novembre dernier par « les dissidents » du SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée), a constaté sur place Guineematin.com, à travers son correspondant local.

Depuis le début de la semaine, certains enseignants ont commencé à s’absenter pour observer cette grève alors que les élèves répondaient présent dans les salles de classe. Devant l’absence de leurs professeurs, les élèves ont manifesté leur colère en boudant les salles de classe.

Tout a commencé à 9 heures au plus grand lycée de la place (Gamal Abdel Nasser) où certains élèves sont sortis de la classe par la fenêtre. D’autres ont été légèrement blessés en se sauvant, a rapporté un cadre du lycée. La nouvelle a spontanément parcouru la ville. Ayant pris peur, les responsables de famille sont allés récupérer leurs enfants dans les écoles l’école.

Monsieur Kandas Camara, proviseur du lycée Gamal Abdel Nasser, a expliqué à notre reporter que « sur les 17 professeurs programmés, il y a eu 8 qui ne sont venus. Les élèves de ces 8 classes là n’étaient pas contents. Ils sont sortis pour empêcher les autres d’étudier. Finalement, les gens sont sortis dans la cour. Comme l’effectif est grand, on leur a dit de rentrer sans faire de bruit. C’est ainsi que les élèves sont partis. Mais, il n’y a pas eu de violence »

Selon monsieur Kandas Camara « le cas de jet de pierres, c’est un seul coup, un seul jet de pierres qu’on a entendu, il n’y a pas eu de casse. Du coup, nous avons dit aux élèves de rentrer à la maison pour aujourd’hui. On attend la décision des autorités compétentes, un simple chef d’établissement ne peut pas dire aux élèves de rester à la maison », a-t-il précisé.

Devant cet état de fait, le correspondant local de Guineematin.com a fait un tour de la ville pour interroger les chargés de cours et certains responsables syndicaux pour savoir leur avis face à cette situation qui fait couler beaucoup d’encre et de salive partout dans la ville.

Un premier chargé de cours, qui a préféré garder l’anonymat dit que « les enseignants ne sont pas restés inertes face à la grève. C’est dû au fait qu’il y a eu des menaces des autorités scolaires qui disaient que tout enseignant qui ne répondrait pas se verra sanctionner ».

Par ailleurs notre interlocuteur ajoute qu’il y a eu « une complicité de la part des responsables syndicaux au niveau de la préfecture. Ils ont refusé d’attirer l’attention des enseignants. Les enseignants sont prêts à aller en grève mais malheureusement ils ont peur de se voir sanctionnés ou mutés arbitrairement. Et s’ils (les responsables syndicaux) ne se prononcent pas et ne font rien, les enseignants seront contraints de demander leur départ par ce que nous sommes choqués, c’est un mouvement d’ensemble », a-t-il martelé.

Par contre, un syndicaliste interrogé a tenu à rappeler « qu’il y a des règles syndicales qu’il faut respecter. On ne peut pas déclencher une grève par simple message dans les téléphones ou à travers les médias. Il faut un avis de grève que nous n’avons pas reçu officiellement ».

A noter qu’aucun dégât n’a été enregistré dans la ville et le calme est revenu.

De Faranah, Goulou Touré pour Guineematin.com

Tél :(+224) 622 155 476/664 235 427

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