Sa suspension avait fait couler beaucoup d’encre et de salive dans l’affaire de la cession précipitée des actifs de la SEMAFO à la New Dawn Mining Corporation. L’ancien secrétaire général du ministère des Mines rebondit, alors qu’officiellement aucune clarification sérieuse n’a été apportée dans cette rocambolesque affaire qui l’a opposé à Kerfalla Yansané, son ancien ministre. Guillaume Curtis

Guillaume Curtis occupe désormais les fonctions de directeur des marchés publics pendant que plane encore sur lui un doute de corruption qu’on a rapidement voulu faire passer pour une insubordination afin d’éviter le scandale à quelques jours de la validation du processus d’adhésion de la Guinée à l’Initiative de Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). Une validation qui aurait été compromise s’il avait été confirmé que celui qui présidait le comité de pilotage était une personne corrompue.

Ce qu’il faut cependant noter et qui est passé sous silence, c’est que la Guinée a perdu gros dans cette cession d’actifs de la SEMAFO, autorisée par M. Curtis dont les proches ont laissé entendre qu’il avait agi en suivant les instructions du ministre Kerfalla Yansané. La SEMAFO a déclaré que sa mine de Kiniéro n’était plus rentable mais cela n’a pourtant pas empêché certains de ses actionnaires et son directeur général, Mamadou Diallo, d’acquérir des actions dans la New Dawn Mining Corporation qui a racheté les actifs de la SEMAFO au détriment de la Guinée. En réalité, cette cession d’actifs aurifères conclue début mai 2014 est un jeu de passe-passe interne à la SEMAFO qui a simplement changé de nom en revenant en Guinée continuer sous le nom de New Dawn Mining Corporate l’exploitation de la mine de Kiniéro qu’elle avait précédemment déclaré sans intérêt, considérant ses réserves épuisées.

 

La convention minière accordée à la SEMAFO avait une durée de 25 ans. On peut estimer donc que si au départ  le minier canadien a consenti à s’engager  pour un quart de siècle, c’est qu’en principe, les études exploratoires prévoyaient des réserves d’or exploitables sur plus de trois décennies au moins. Sinon pourquoi investirait-on dans des installations dont on aurait tiré aucun bénéfice ? La SEMAFO avait-elle réalisé une mauvaise évaluation des réserves d’or disponible à Kiniéro au moment de l’exploration ? Comment comprendre qu’elle décide de se retirer de la Guinée au bout de 12 ans d’exploitation ? Pourquoi une société, La New Dawn Mining Corporate, rachèterait une mine qui a été déclarée improductive par une compagnie minière dans laquelle elle a des actionnaires et dont le directeur général (Mamadou Diallo), son principal actionnaire,  est aussi son directeur général ? Que cache cette cession d’actifs aurifères en réalité ?

 

A cette dernière question, une source indique que la SEMAFO a longtemps convoyé l’or qu’elle produisait à Kiniéro vers le Canada sans passer par les services de la banque centrale de la république de Guinée. Une opération rendue possible grâce à la complicité des cadres du ministère des mines et de la BCRG. Selon la même source, en douze ans d’exploitation, la Guinée n’avait aucun moyen de contrôle de la production de l’or dans cette mine. Notre source attribue donc cette cession rapide des actifs de la SEMAFO à un stratagème pour éviter d’être rattrapé par un éventuel audit qui pourrait la soumettre aux paiements de taxes et de redevances auxquelles elle se serait soustraite et payer des dommages et intérêts pour n’avoir pas respecté les termes de sa convention minière.

A l’arrêt de l’usine de Kiniéro, des investisseurs chinois ont posé un œil intéressé sur  les installations. Le temps pour eux d’exprimer leur volonté de reprise, et le tour de passe-passe effectué par la SEMAFO et la New Dawn Mining Corporate avait été conclu.

Guillaume Curtis s’en sort sans une explication plausible sur le rôle qu’il a joué dans ce tour de passe-passe. Le président de la République qui s’est montré colérique vis-à-vis de son neveu a laissé la tempête médiatique passer pour lui trouver un point de chute. Certaines sources indiquent que M. Curtis n’aurait pas été le seul à se mouiller pour permettre ce manège au détriment de la Guinée. Et que du côté du palais, bien des pontes du régime auraient goûté au fruit défendu.

Manhim

 

 

Facebook Comments