Siaka Coulibaly estime que l’arrestation des autorités de la Transition « n’est pas du tout une surprise »

Siaka Coulibaly« L’arrestation du Président et du Premier Ministre doit permettre de remettre à plat le processus politique par leur remplacement immédiat par des personnalités neutres politiquement. Le Burkina Faso a besoin d’hommes sérieux et responsables pour relever le défi du départ de Blaise Compaoré. La communication publique des acteurs doit être corrigée, la justice libérée et rendue compétente, et les élections organisées de manière équitable et transparente. Ceux qui pensent avoir le soutien du peuple doivent le démontrer dans des élections ouvertes et battre leurs adversaires, pas en allant seuls à la course. », a indiqué Siaka Coulibaly, dans une déclaration solennelle.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’intégralité de cette sortie de cet activiste Burkinabè, Président du centre de suivi et d’analyse citoyens des politiques publiques :

Chers compatriotes burkinabé,

L’arrestation, ce jour, du Président de la Transition, Michel Kafando et du Premier Ministre Izaac Y. Zida n’est pas du tout une surprise. Tout observateur de la situation nationale pouvait de rendre compte que la direction dans laquelle notre pays se dirigeait ne pouvait déboucher que sur une impasse.

Il n’était plus possible, objectivement, d’écarter les acteurs politiques que les autorités de la transition ont écartés. A partir du moment où des burkinabé souhaitaient soutenir les partis de l’ex-majorité aux élections, il n’était pas juste de les exclure. Je l’ai exprimé plusieurs fois, l’exclusion devait entrainer des troubles, au vu du rapport de force réel sur le terrain. Certaines personnes disaient que l’ex-majorité ne représente plus rien, pourquoi alors écarter des partis qui ne pèsent pas électoralement ? Le Burkina Faso est la terre de nos ancêtres à tous. L’exclusion est la pire épreuve à infliger à quelqu’un, en dehors d’une procédure judiciaire conforme. Il n’est donc pas question d’accepter le diktat d’un groupe sur le reste de la population et de la classe politique. Seules des élections démocratiques peuvent désigner les dirigeants légitimes.

Même après les élections, l’instabilité allait s’installer et de toute façon les militaires allaient intervenir. Le malaise était bien perceptible et les autorités de la transition n’ont pas compris le dernier message de la CEDEAO. En refusant l’offre de médiation par Yayi Boni, le Burkina Faso ne peut plus faire appel à la CEDEAO en cas de coup dur, et voilà cette situation advenue. Dorénavant, nous devons régler nous mêmes nos problèmes.
Michel Kafando, malgré son âge avancé, n’a pas dirigé la transition comme un père de famille. Il pris parti dès le début de la transition alors que la transition devait être administrée par des personnes impartiales, soucieuses de la démocratie et de la paix. Ceux mêmes qui ont résisté contre l’ancien régime ont été arbitrairement écartés de la transition, au profit de parvenus arrivistes sans expertise. Les malversations sur les biens publics et l’arrogance étaient revenues par des « nouveaux maîtres ». Les institutions de la transition (Conseil National de la Transition, Conseil Constitutionnel, Commission de Réconciliation Nationale et des Réformes) étaient aux ordres du Président et du Premier Ministre et n’agissaient plus ni selon le droit, ni pour l’intérêt général. Des souteneurs étaient payés et équipés de tablettes pour hurler que les décisions étaient la volonté du peuple « insurgé » et qu’il fallait les appliquer coûte que coûte. Surtout, ces personnes sans morale, en majorité des jeunes sans expérience politique, étaient chargées d’insulter sur les réseaux sociaux tous ceux qui osaient dire le contraire des décisions des autorités de la transition. Dans la situation créée après les décisions du conseil constitutionnel sur les candidatures, les élections n’allaient pas conduire à une situation stable. Les exclus allaient passer tout le temps à chercher à déstabiliser les institutions. Il fallait trouver une sortie de ce blocage.

L’arrestation du Président et du Premier Ministre doit permettre de remettre à plat le processus politique par leur remplacement immédiat par des personnalités neutres politiquement. Le Burkina Faso a besoin d’hommes sérieux et responsables pour relever le défi du départ de Blaise Compaoré. La communication publique des acteurs doit être corrigée, la justice libérée et rendue compétente, et les élections organisées de manière équitable et transparente. Ceux qui pensent avoir le soutien du peuple doivent le démontrer dans des élections ouvertes et battre leurs adversaires, pas en allant seuls à la course.

Les personnes qui appellent à la mobilisation contre les militaires ne font que manipuler la situation à leur seul profit et jeter les enfants des autres à la mort et à la souffrance. Ils répondront de leurs actes devant la justice. Les militaires, toutes unités confondues, étant déjà sortis, il vaut mieux entériner l’opération et envisager de nouvelles dispositions pour avancer. Il est difficile pour un démocrate de soutenir un coup de force, mais dans ce cas-ci, les « civils », en la personne de Michel Kafando, n’ont pas été à la hauteur des défis politiques du pays. Il doit être changé.

Dans les processus sociaux, quand un maillon (vecteur) ne fonctionne pas, il faut le changer. Sinon, toute la machine va se gripper et s’arrêter. On a pu survivre après la mort de Thomas Sankara et le départ de Blaise Compaoré, on survivra bien aux « transmissionnaires ».

Vive le digne peuple du Burkina Faso

Siaka Coulibaly

 

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