daramagnaki-populationLa société d’exploitation minière « CDM Chine », installée dans la commune rurale de Daramagnaki, préfecture de Télimélé, a procédé hier, vendredi 16 décembre 2016, à la remise officielle d’un chèque de 365 millions 619 mille francs guinéens (365 619 000 GNF). Cette somme remise aux autorités locales, devant les populations de Lalifan, dans le district de Kabara, constitue la taxe superficielle de l’année 2016, a appris Guineematin.com à travers son envoyé spécial.

Exploitant une superficie de 268 kilomètres carrés de mines, la société CDM Chine paye à Daramagnaki chaque année 150 dollars par kilomètre carré. Selon Elhadj Djigui Camara, coordinateur de cette société minière, avec un taux d’échange actuel de 9095 francs guinéens pour un dollar, les 268 kilomètres carrés exploités donnent ce total de 365 619 000 francs guinéens.

Autre prévision, sur les 365 619 000 GNF, 10% doivent être remis à la préfecture de Télimélé ; soit 36 561 900 GNF ; et, 5 % de ce montant pour le fonctionnement de la commune de Daramagnaki, qui correspond à 18 289 500 GNF.

Après ces deux « prélèvements », il restera normalement 327 228 150 GNF pour la construction des infrastructures dans la commune rurale de Daramagnaki, précisément dans le district de Kabara, a-t-on annoncé aux populations…

« Chaque année, on nous parle de gros montants qu’on ne voit jamais et on ne nous construit pas d’infrastructures »

A l’occasion du payement de cette taxe superficielle, le sous-préfet de Daramagnaki, Ahmed Sidy Camara, a été pour l’envoyé spécial de Guineematin.com un obstacle majeur et un frein à l’exercice de sa mission. Il a non seulement refusé de nous parler ; mais, le seul maître des lieux a menacé quiconque parlerait au journaliste.

« Moi, je ne lui parle pas ! Et, toute personne qui lui parlera… « , a menacé Ahmed Sidy Camara face aux populations de Lalifan. Après ces menaces du sous-préfet auquel tout le monde se réfère ici, aucune autre autorité locale n’a osé s’exprimer sur le sujet concernant le payement de cette taxe superficielle, ni parler de la gestion des montants précédemment perçus ou même des autres problèmes dont souffre leur localité. « Là où le sous-préfet n’a pas parlé, c’est pas nous qui oserons nous prononcer… », a rétorqué le chef du secteur de Lalifan.

Même la jeunesse, pourtant pleine d’infos, ne veut se confier que sous anonymat… « Ils sont venus ici nous présenter un chèque comme ils ont l’habitude de le faire. Mais, on ne sait même pas qui est parti avec le chèque. Chaque année, on nous parle de gros montants qu’on ne voit jamais et on ne nous construit pas d’infrastructures », a dit un des jeunes.

daramagnaki-lalifanÀ la question de savoir à quoi devrait servir les 327 millions 228 mille 150 francs guinéens qu’ils viennent d’avoir, un jeune explique : « Premièrement, l’école primaire de Lalifan centre, dont la construction a commencé il y a à peine deux semaines. Deuxièmement, notre poste de santé a été construit pendant 4 ans (de 2011 à 2015) ; mais, par manque d’équipements, il n’est toujours pas opérationnel. Troisièmement, il y a une école primaire construite à Kewoy et qui n’a ni tables bancs, ni bureaux. Et, quatrièmement, quand aujourd’hui vous avez la malchance d’être hébergé au centre d’accueil de Daramagnaki pour passer la nuit, vous souffrirez énormément, parce qu’il n’y a pas de draps de lit, pas d’ustensiles pour le repas, pas de chaises, rien du tout… », a expliqué à l’envoyé spécial de Guineematin.com un jeune de Lalifan.

Par ailleurs, d’autres jeunes pensent que c’est l’État guinéen qui a abandonné la commune rurale Daramagnaki à son triste sort. « Le gouvernement a oublié Daramagnaki. Sinon, nous nous avons appris que le maire a détourné une somme de 215 millions issus de la taxe superficielle de 340 millions payées l’année dernière. Cinq conseillers communaux sur les sept (5/7) ont écrit une requête pour demander la justification de l’argent détourné. Aucune suite n’a été donnée à cette requête. Le problème a été éteint à la préfecture de Télimélé. En réalité, nous vivons mal ici à Kabara, nous n’avons même pas de réseau téléphonique. Quand vous partez à l’école primaire de Kewoy dont mon amis vous parle, vous aurez pitié de nous. Et vous allez réellement comprendre quand on vous dit qu’ils parlent des montants. Mais, ce sont des paroles en l’air seulement ».

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pont en bois sur la rivière de Tinguilinta

Autres besoins exprimés à Guineematin.com par les jeunes locaux, ce sont le reprofilage d’une piste rurale entre Daramagnaki et Kabara, la confection des ponts de Tinguilinta et Bendekouré…

Enfin, on apprend que les présidents des différents districts sont très déçus de ces « fausses annonces des payements dont personne ne voit en réalité ni l’argent, ni son impact ». À la cérémonie d’hier, sur les 19 districts de Daramagnaki invités, il n’y a eu que trois (Dara centre, Djougourou et Kabara) qui ont pris part à la cérémonie de remise de la taxe superficielle.

De Lalifan (Télimélé), Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Tél : 622 671 242

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