Depuis plusieurs mois, les habitants de Fria assistent à une incompréhensible flambée des prix des denrées alimentaires comme le riz, le sucre, l’huile, la farine, a constaté la correspondante de Guineematin.com sur place.

Actuellement, le sac de riz importé varie entre 230 000 et 270 000 francs guinéens, selon la qualité ; d’où le prix du kilogramme entre 5 000 et 6 000 francs guinéens. Le bidon d’huile d’arachide se vend à 135 000 francs guinéens pour le bidon de 10 litres et celui de 20 litres à 270 000 francs guinéens. Le sac de sucre, lui, est vendu à 420 000 francs guinéens. Le kilo de viande qui coûte 27000 francs guinéens n’est pas la portée de tous et pousse presque toutes les familles à se rabattre sur le poisson dont la qualité laisse à désirer. Le kilogramme de la pomme de terre est passé subitement à 15 000 francs guinéens. Le sac de lait en poudre est presque invisible, il faut avoir une cérémonie qui nécessite du couscous de maïs qui se mange avec du lait caillé pour se hasarder à demander combien coûte ce sac de 1 000 000 francs guinéens aujourd’hui. Une situation qui préoccupe les citoyens de Fria qui traversent une crise économique depuis 2012.

Les femmes rencontrées par la correspondante locale de Guineematin.com ne cachent pas leur inquiétude : « Je ne sais même pas par où commencer, tellement que je suis surprise par ce qui se passe actuellement sur le marché de Fria. Tout est intouchable, tout est cher. Avant, si on ne trouve pas le prix d’un kilogramme de riz pour les enfants, on leur donnait du café et du pain ; mais, maintenant que le kilo de sucre aussi coûte 1 0000 francs, le pot d’huile de palme 3 000, on ne sait plus où donner de la tête. Dès fois, chez moi, mes enfants passent la nuit sans manger », a expliqué Salématou Camara, veuve.

Pour sa part, Fatoumata Sacko vend des bonbons glacés pour subvenir aux besoins de sa famille ; mais, la flambée du prix du sucre ne lui permet plus de faire des économies.

De son côté, Mariama Kanté estime que cette flambée des prix est causée par les humeurs des commerçants, qui ne pensent qu’à faire des bénéfices considérables : « Moi, je pense que ce sont les commerçants qui veulent faire beaucoup de bénéfices qui rendent les choses chères. Ils doivent tenir compte de la situation de Fria et baisser les prix », a-t-elle dit.

Seulement, interrogés par Guineematin.com, les commerçants rejettent cette accusation et accusent à leur tour les autorités portuaires. « Nous, on ne peut pas augmenter les prix de façon fantaisiste ; mais, c’est au port de Conakry que le dédouanement est cher. Tant que ça ne diminue pas là bas, nous aussi on ne peut pas diminuer, sinon pour quel intérêt nous allons travailler ? » s’est interrogé Mody Alseny Diallo.

Cette hausse s’est généralisée sur les autres produits alimentaires de très grande consommation. C’est le cas des fruits et légumes comme l’aubergine, le gombo, la tomate et le piment. Le cas de ces derniers énervent particulièrement les femmes qui se demandent pourquoi les produits cultivés sur nos terres coûtent aussi chers. « Je me demande pourquoi même le piment, le gombo, l’aubergine, la tomate et l’huile de palme que nous cultivons chez nous ici coûtent très chers. C’est pourquoi, je me dis que le guinéen n’a pas pitié de son prochain. Si les produits importés sont chers à cause des dédouanements, les légumes eux ne sont pas dédouanés, ils ne doivent pas être aussi chers. Mais, malheureusement, quand tu arrives au marché de Fria, quand tu entends les prix des légumes, tu as envi de pleurer », a regretté Mariama Ciré Sow.

Pour de nombreux consommateurs cette spéculation est due au manque de régulation du marché. Ils demandent à l’État guinéen de prendre ses responsabilités pour permettre aux ménages de la cité de l’alumine de survivre.

De Fria, Djénabou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (224) 628 28 67 44/ 657 10 69 95

 

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