Comme indiqué précédemment, le tribunal de première instance de Dixinn a de nouveau reporté son verdict sur l’exclusion de Bah Oury de l’UFDG, il y a bientôt un an. A la sortie du tribunal, les journalistes présents ont tendu leurs micros aux avocats de la partie civile et de la défense.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose le décryptage des propos de maître Amadou Oury Diallo :

Il ne m’appartient pas de donner les raisons qui ont amené le tribunal à proroger ce délibéré. J’ai été tout simplement très surpris de cette prorogation, puisque c’est la quatrième fois. Alors que la loi n’accorde au juge que trois prorogations pour faire son délibéré. Aujourd’hui, le juge a dépassé les trois prorogations. On se demande pourquoi est ce que le tribunal ne veut pas se décider sur cette affaire. Or, lorsqu’on dit juge et lorsqu’on est saisi par la procédure d’un litige, on a l’obligation de se prononcer. C’est une première fois en République de Guinée, qu’une décision d’exclusion fasse l’objet de recours devant un tribunal. Nous nous étonnons pourquoi est-ce que le tribunal ne veut pas prendre une décision dans cette affaire. Il faut vraiment prendre sa responsabilité, trop c’est trop ! Ce dossier a trop duré, alors que c’est le dossier qui est le plus simple que le tribunal ait été saisi dans cette année 2016. Ça fait combien de mois que ce tribunal est saisi ? Ça fait combien de mois que les débats sont terminés ? Il n’appartient qu’au juge de rédiger sa décision et de venir la vider à l’audience publique. Qu’est ce qui empêche la justice de décider dans cette affaire ?

Je pense que ce dossier a été politisé, ce dossier a été largement politisé. Si non, c’est l’un des dossiers les plus simples que la justice a reçu cette année. Ce n’est pas normal, un délibéré ne peut pas être prorogé plus de trois fois. Après trois fois, moi je peux considérer ça comme un déni de justice. Je pense que la justice est caporalisée, on dirait qu’elle est entrain de recevoir des pressions politiques, des pressions administratives, alors que ça n’a rien à voir avec ça. Le juge guinéen aujourd’hui, est le fonctionnaire le mieux rémunéré de tous les fonctionnaires. Donc, ils devraient se donner une indépendance lorsqu’il est saisi d’un litige. Ils ont l’obligation de trancher ce litige dans les meilleurs délais. Mais, pourquoi ces multiples prorogations ? Nous nous posons cette question. Donc, moi je vais rendre compte à mon client et ensemble, nous allons prendre des décisions et ensemble, nous allons voir ce qu’il y a lieu de faire.

Nous avions eu confiance à la justice pour exercer ce recours, mais avec ces multiples prorogations, nous n’avons plus confiance. C’est comme si quelque chose est en train d’être concoctée contre nous. Sinon, qu’est ce qui empêche le juge de dire la vérité, tant pis pour les conséquences ! Les voies de recours sont là, la partie qui perd le procès, elle exerce la voie de recours. Mais, le juge n’a pas à se demander quelles sont les conséquences qui vont advenir en rendant justice. Non, ce n’est pas son problème.

 Propos recueillis et décrypté par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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