Libre Opinion : Comme un virus, les manifestations sont en train de contaminer les jeunes de la Préfecture de Boké. Alors que la commune urbaine de Boké bouillonne depuis lundi, les jeunes de Kolaboui ont voulu leur emboîter le pas, et ceux de la cité bauxitique de Sangarédi se sont mêlés de la danse hier, à 23 heures. 

Il est à rappeler qu’une manifestation avait été organisée par les jeunes de Sangarédi, le 27 décembre 2016 pour réclamer leur emploi au niveau des sociétés de la place. Un protocole d’entente a été rédigé sous l’égide des autorités préfectorales dirigées par le Préfet Mohamed Lamine DOUMBOYA qui, au cours de cette crise, s’était montré très disponible et soucieux de l’avenir de cette jeunesse. Ce Protocole devait définir les liens de collaboration et les responsabilités de chaque partie : jeunes et sociétés .

Malheureusement, la signature de ce protocole a retardé, alors qu’à la fin du mois de Janvier 2017, la copie révisée du protocole était déjà prête. Cela a amené les jeunes de se douter de la sincérité des uns et des autres pour la signature du protocole et de l’application de son contenu.

Constant que certaines sociétés continuent à embaucher des personnes venant d’ailleurs, notamment des Sierra Léonais qui bénéficieraient de certificats de Résidence et d’extrait de naissance délivrés par certains chefs de quartier et des autorités communales sous condition de paiement d’un montant de 50 000 GNF pour un certificat de Résidence et 100 000 GNF pour un extrait de naissance, soutiennent les mauvaises langues.

Aussi, les jeunes disent être sidérés par le renvoi de 9 de leurs amis par la Société BMS de l’honorable Mamadou TAWEL (sous-traitant de COLAS/GAC) de Boké, sous l’influence des jeunes de Boké qui auraient sommé la société BMS de renvoyer purement et simplement les jeunes de Sangarédi. Au même moment, la même société (BMS/COLAS) aurait recruté et formé 40 ouvriers pour réaliser le pont de Thioulaadji (dans le district de Boulléré) et parmi lesquels ne figure aucun jeune de Sangarédi.

Excédés par cette situation, les jeunes ont voulu se faire entendre. C’est ainsi qu’ils ont tenu une réunion de concertation hier à 16h au terrain de Thainkounnaye pour affiner leur plan de manifestation. Alors, ils ont convenus de bloquer la sortie de la ville au niveau de la barrière par où passent les engins et travailleurs de GAC.

Les organisateurs auraient donné la consigne de ne jamais se livrer à des actes de vandalisme pour donner à leur manifestation tout son caractère pacifique, à l’image de celle du 27 Décembre 2016 qui avait été appréciée par tous les observateurs.

Mais, hélas, c’était sans connaître la stratégie mise en place par certains jeunes qui se sont désolidarisés du mouvement et qui auraient distribué des SMS et autres publications sur Facebook pour demander aux autres de ne pas suivre le mouvement. Et, des contremanifestants, préparés à partir de la cité, appuyés par les policiers.

Pire, les mêmes jeunes sous l’influence d’un Responsable de la Délégation Spéciale qui aurait distribué de l’argent ont commandité les actes de vandalisme sur les Biens de la CBG. Ils ont cassé les vitres et parebrises des Bus de la CBG et autres véhicules des particuliers garés dans le parking situé à côté du terrain de Basket Ball. Cette attaque aurait été orchestrée pour affaiblir le mouvement d’une part et d’autre part pour faire porter la responsabilité au porte-parole des jeunes.

Sur sa page Facebook, le Président de la Délégation Spéciale Mr Houdy BAH avait demandé aux jeunes de renoncer à la manifestation pour attendre l’ouverture d’un bureau de recrutement envisagée par GAC et confiée à INSUCO et le recrutement des 9 jeunes renvoyés de Kamsar. Mais, cet appel laconique et si tardif n’a produit aucun effet. Pourtant, la société GAC l’aurait informé bien avant, mais qu’il aurait oublié d’en informer la jeunesse. Dans les milieux juvéniles, on soupçonne le Président de la Délégation Spéciale d’avoir gardé cette information dans l’optique de marchander quelques-uns des 9 postes comme il en aurait l’habitude de faire.

Au moment où nous écrivions ces lignes (20 heures 40), les jeunes seraient en réunion pour voir comment qu’elle suite donner à leur mouvement…

Ahmadou Laouratou Diallo

Activiste des Droits de l’Homme

Fils de Boké/Bowé : 622 84 50 60

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