Gaoual : le vice-président de la coordination des éleveurs sur la problématique agropastorale de Koumbia

Koumbia est une des 8 collectivités locales de la préfecture de Gaoual, située à près de 500 km au Nord de la capitale guinéenne. Avec ses deux (2) mille 344 km2, cette commune rurale, peuplée de près de 45 mille âmes, est largement à vocation agropastorale. Elle seule détient le huitième du cheptel national ; soit plus de 300 mille têtes de bœufs, selon le ministère de l’élevage.

Un reporter de Guineematin.com qui a  séjourné récemment dans la localité vous ouvre son carnet de reportage par la rencontre avec le vice-président de la coordination des éleveurs de Koumbia, Thierno Mamadou Bhoye Kéïta, plus connu sous le nom de Thierno Bassara.

Propriétaire d’importants domaines agricoles, Thierno Bassara n’est pas un novice en élevage. Son troupeau dépasse de loin la centaine de têtes. Ce qui ne fait pas de lui un patron à la retraite. Ou du moins, il refuse de croire à ce concept. Il suffit de le voir au milieu de son vaste champ de riz et d’arachide entrain de retourner la terre ou dans son parc derrière ses animaux composés de bœufs et de caprins.

Rencontré en plein travaux champêtres, le 17 juillet 2017, Thierno Mamadou Bhoye Kéïta revient sur les problématiques aussi bien de l’élevage que de l’agriculture auxquelles sont confrontées les populations de Kooly (autre appellation des populations de Koumbia).

A Koumbia, introduit-il, « il faut dire que ça va dans le secteur agropastorale. Depuis la mise en place de la coordination de l’élevage, il y a deux ans, les vols de bétail ont relativement baissé. L’année dernière, ce sont 67 vaches errantes qui ont été ramenées et rendues à la coordination. Les propriétaires ont été recherchés et beaucoup sont venus reprendre leurs bêtes. C’est une grande première ici. Les voleurs n’ont plus de liberté et la sécurité joue son rôle sur le terrain », assure t-il d’un air joyeux.

« A la coordination des éleveurs, poursuit notre interlocuteur, les jeunes qui s’y trouvent jouent un grand rôle. Ils nous alertent au moindre problème et  nous intervenons promptement ».

Notre entretien continue sur les questions de conflits récurrents entre éleveurs et agriculteur, de la culture de l’anacarde, du zonage, de la problématique de l’eau et naturellement des attentes formulées à l’attention de l’Etat et des partenaires…

Du conflit éleveurs-cultivateurs

« Nous disons Dieu merci à ce niveau également. Puisque réellement, chaque partie essaie de faire des efforts. La saison passée, il y a eu très peu d’assises au tour. Les surveillants veillent sur leur bétail. Les cultivateurs également font des efforts puisque de plus en plus, ils clôturent leurs champs, comme vous le voyez chez mois ici. Ce genre d’efforts diminue considérablement les conflits entre les éleveurs et les cultivateurs ».

De l’envahissement de la brousse par la culture d’anacarde

« Par rapport à ceux qui se donnent les moyens de se partager la brousse pour planter de l’anacarde, on se sent menacé très sérieusement. A ce niveau, nous avons des problèmes. Puisque les gens n’arrivent pas à mesurer le danger. Comment vendre 10 ha et plus à des gens en pleine brousse pour faire des plantations d’anacarde alors que c’est là où il y a de l’espace pour notre bétail et c’est là où nous faisons nos champs. En le faisant, ils ignorent qu’ils ont des enfants et de petits enfants qui viendront après. Sérieusement, nous avons des problèmes à ce niveau. Mais depuis un moment, nous essayons de sensibiliser dans les districts. A ce niveau, nous travaillons pour empêcher de dilapider les domaines de l’Etat. Il est même interdire de donner des attestations et autres actes de vente de terrain à ces gens ».

Des zones réservées exclusives

« Au district de Dara Bowé, 50 ha sont réservés vers Diana où il est interdit de planter quoi que ce soit la-dessus. Ce domaine est exclusivement réservé aux éleveurs et cultivateurs. Nous voulons que cette mesure soit rependue dans tout Koumbia qui est visiblement menacé par la culture de l’anacarde ».

De la cohabitation entre éleveur et agriculteur

« Toujours dans le cadre de la cohabitation entre éleveurs et agriculteurs, nous avons crée cette année 47 zonages. Ce sont des domaines exclusivement réservés aux éleveurs. Nous avons voulu porter le nombre à 50, mais ce n’est qu’une partie remise ».

La problématique de l’eau

« Du problème de l’eau, le gouvernement a fait de gros efforts dans ce sens en nous dotant 6 forages équipés de panneaux solaires et des installations adéquates comme les abreuvoirs. Toute fois, le choix des sites a été très mal fait. Ils sont tous concentrés en un seul lieu sur une distance de 5 km alors que Koumbia s’étend sur plus de 250 km de long. A Thiottou Thiaykoy, par exemple, c’est en pleine brousse que ces installations ont été montées. Tu ne verras ni bœuf, ni chèvre, ni mouton venir boire.

Donc le nombre de puits est insuffisant. A Dapompo par contre, ce puits sert beaucoup les animaux et mêmes aux populations riveraines.

Au niveau de l’entretien, certains malfaiteurs, commencent à endommager les installations. Déjà un panneau a été enlevé sur un des sites. Les enquêtes se poursuivent, nous souhaitons qu’on mette main sur le ou les auteurs ».

Les grandes attentes

« Au gouvernement, nous remercions pour les efforts consentis en faveur de l’épanouissement du secteur de l’élevage en Guinée en général et de Koumbia en particulier. Nous souhaitons qu’on nous aide à avoir beaucoup plus de forages pour abreuvoir les animaux et pourquoi pas de petites fabriques d’aliments de bétail à côté. Nous voulons en plus qu’il nous aide à avoir des grillages pour clôturer les champs des cultivateurs. Ces deux mesures pourraient atténuer non seulement la souffrance des éleveurs mais également des agriculteurs en diminuant les conflits récurrents entre les deux inséparables corporations ».

Comme on le voit, certes des progrès sont faits sur le terrain mais des efforts énormes restent encore à faire non seulement pour limiter les pertes d’animaux en saison sèche. Les pasteurs de Koumbia souhaitent la transformation du secteur d’élevage extensif actuel en élevage intensif au bénéfice de l’éleveur, du son bouvier et de l’ensemble des populations. Ce qui n’est pas le cas pour le moment.

De retour de Koumbia, Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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