Il n’y aura finalement pas de ville morte demain jeudi, 03 mai 2018 à Conakry. L’opposition républicaine qui avait appelé ses militants de la capitale à observer une journée ville ce jeudi et à se mobiliser pour accompagner ses membres poursuivis devant le TPI de Dixinn, a décidé de reporter cette manifestation. La raison, c’est l’annulation de la procédure judiciaire engagée contre cinq responsables de l’opposition, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La tension était une nouvelle fois montée d’un cran dans les rangs de l’opposition républicaine, suite à la plainte déposée contre cinq de ses responsables, poursuivis dans le cadre de l’incendie du commissariat urbain de police de Cosa, le jour de la dernière manifestation des opposants. Le ministère de la sécurité avait estimé que les organisateurs de la manifestation étaient civilement responsables de ces dégâts, et avait décidé de les poursuivre devant la justice.

Une situation qui intervient en pleine crise politique née de l’annulation de plusieurs suffrages favorables à l’opposition lors des élections du 04 février, et qui attisé la colère des opposants. Ces derniers qui crient à un acharnement judiciaire avaient appelé leurs partisans à faire de ce jeudi, 03 mai 2018 une journée ville morte et à se mobiliser pour accompagner les cinq membres de l’opposition républicaine au tribunal de première instance de Dixinn.

Mais, ce mercredi, les opposants ont appris que la procédure engagée contre les responsables de l’opposition a été annulée. Ils se sont réunis donc en plénière et ont décidé de reporter également leur journée ville morte. « La justice a décidé d’annuler la procédure engagée contre leaders des partis politiques de l’opposition qui devaient comparaître le jeudi 3 mai 2018. La plénière a pris une bonne notation par rapport à cette annulation, et par conséquent, dans le souci de maintenir la paix et la quiétude, la plénière a décidé de reporter la ville morte qui était préalablement programmée le jeudi 3 mai 2018, au mercredi 9 mai 2018 », a annoncé Alhoussény Makanéra Kaké, l’un des opposants qui étaient poursuivis, au sortir de la rencontre.

Les opposants n’annulent pas donc leur ville morte, mais ils la reportent tout juste. Car, ils souhaitent que leurs militants « qui sont illégalement dans les mains de la justice » tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays soient également libérés. Ils disent donner la chance au gouvernement et aux personnes de volonté de continuer dans cette dynamique d’apaisement, en faisant bénéficier à leurs partisans détenus, la même chose que les leaders politiques ont bénéficiée.  Il s’agit des militants de l’UFDG détenus à Conakry, ceux de Kalinko détenus à Faranah, ceux de Linsan détenus à Kindia et ceux de Dubréka.

L’opposition républicaine a réitéré en outre, sa décision de reprendre à partir de la semaine prochaine, les manifestations de rue pour réclamer la restitution des voix qui lui ont été « volées » par les présidents des CACV lors des élections locales du 04 février dernier.

Mamadou Laafa Sow pour Guinematin.com

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