Comme annoncé dans une précédente dépêche de Guineematin.com, les acteurs politiques, de la société civile et de l’unité d’action syndicale étaient en concertation ce lundi, 24 septembre 2018, pour harmoniser leurs positions face à la crise créée à la Cour constitutionnelle par huit conseillers.

Après plusieurs échanges, il a finalement été décidé que chaque partie se retourne à sa base pour peaufiner une stratégie à prendre dans l’urgence afin d’arrêter le « Putsch constitutionnel ». Et, les acteurs pourraient se retrouver très prochainement pour faire une déclaration commune, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Déclinant l’objectif de la rencontre, Honorable Aliou Condé s’est félicité du sursaut national constaté depuis la motion de disgrâce du 05 juillet 2018 des huit conseillers de la Cour constitutionnelle en l’encontre de monsieur Kèlèfa Sall jusqu’au fameux arrêt de révocation du président de la Cour, le 12 septembre.

Pour mieux informer l’assistance, un texte du Professeur de Droit, Maurice Zogbélémou portant sur la fonctionnalité de la Cour constitutionnelle a été lu. En gros, ce texte enseigne qu’il faut une infraction pénale pour révoquer ou destituer le président de la Cour constitutionnelle. Et, ce n’est pas sur la base d’une condamnation par la Cour que la destitution du président à la majorité qualifiée des sept membres pouvait intervenir. Par conséquent, explique le professeur, le non-respect de la forme de la procédure constitue un obstacle à l’examen du fond, c’est-à-dire des faits reprochés au président Kèlèfa Sall.

Pour sa part, le juriste et député, maître Amadou Diallo, a fait certaines observations sur les nombreuses « faiblesses juridiques » de l’arrêt rendu par les frondeurs, notamment l’absence de la signature du greffier, le manque d’exposé sommaire des faits et des moyens de droit, etc.

Egalement présents à la rencontre, Sékou Koundouno du Balai citoyen, Elhadj Fodé Bangoura du PUP et Mamady Kaba du parti FIDEL ont fait remarquer que l’heure n’est plus au discours et qu’il faut passer rapidement aux actions avant qu’il ne soit trop tard. « Si on se met à discuter jusqu’à ce que l’élection du nouveau président se tienne, ça sera trop tard ; et, on ne pourra plus rien. Et, je vous rappelle que jeudi, c’est dans deux jours », a notamment insisté Elhadj Fodé Bangoura, ancien bras droit du feu président Lansana Conté, deuxième président de la Guinée indépendante.

Quand au président du CNSOCG, Dansa Kourouma et Dr. Makalé Traoré, présidente de la Coalition des Femmes et Filles de Guinée (COFIG), ils se disent prêts à accompagner toute initiative visant à rectifier le tir, tout en insistant sur leurs souhaits que le débat reste strictement dans le cadre légal.

Finalement, après plusieurs heures de débats contradictoires entre juristes, politiciens, membres de la société civile et syndicalistes, Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition guinéenne, a invité les uns et les autres à se retourner à leur base pour décider sur quelle stratégie empruntée pour aboutir à la résolution de la crise.

Déjà, le président de l’UFDG a annoncé la tenue d’une réunion urgente de l’opposition demain, mardi 25 septembre 2018, au QG de son parti, où d’importantes décisions pourraient être prises.

Bref, tout porte à croire que les opposants marcheront du côté du Balai Citoyen le jeudi prochain pour empêcher l’élection d’un nouveau président de la Cour Constitutionnelle, en remplacement de Kèlèfa Sall.

A suivre !

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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