A la veille de la date annoncée pour le début de la mise en place des exécutifs communaux, l’opposition républicaine exprime des inquiétudes par rapport à la conduite de l’opération. Les opposants emmenés par Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition guinéenne, dénoncent un manque de clarté dans ce processus et mettent en garde les autorités. Ils l’ont fait savoir à l’issue d’une plénière ce jeudi, 04 octobre 2018 à Conakry.

Théoriquement, l’installation des conseils communaux élus à l’issue des élections locales du 04 février dernier doit commencer demain vendredi, 05 octobre 2018. C’est en tout cas l’annonce faite récemment par le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Bouréma Condé. Mais, à la veille de cette date, l’opposition républicaine s’inquiète de la façon dont ce processus est conduit.

Les opposants disent n’avoir jusque-là pas eu la moindre information sur cette opération. Leur leader, Cellou Dalein Diallo, dénonce un manque total de transparence et de clarté dans la conduite de l’opération. « L’opposition républicaine déplore le manque de transparence et de clarté qui entoure cette opération. A l’heure qu’il est, personne ne sait quand est-ce les maires et leurs adjoints vont être élus.

Vous savez bien que le communiqué qui a été diffusé par le MATD n’était pas clair, on avait juste dit que c’est le 05 octobre. Aujourd’hui, si je prends l’exemple de Dixinn où j’habite, les conseillers ne savent quand est-ce l’exécutif du conseil communal sera mis en place. Il n’y aucun calendrier précis », a regretté le chef de file de l’opposition guinéenne.

Il rappelle que son camp avait pourtant demandé au ministre de l’administration du territoire de rédiger un communiqué pour rappeler les modalités d’élection du maire et de ses adjoints, en se référant aux dispositions de la loi et souhaité qu’un comité de suivi se retrouve pour que le MATD qui a le mandat de superviser l’installation de ces exécutifs, puisse informer les participants sur la conduite du processus. Mais, dit-il, ces demandes sont restées sans suite favorable.

A partir de là, le président de l’UFDG et ses compagnons émettent des doutes sur les intentions réelles des autorités, qu’ils n’ont pas manqué de mettre en garde. « Nous prévenons les autorités. L’opposition n’acceptera pas la fraude, les anomalies au niveau de la mise en place de ces exécutifs. Ça doit se faire dans la transparence conformément à la loi. Au cas où les règles de transparence ne seront pas respectées et au cas où la loi sera violée, nous rejetterons systématiquement les conseillers communaux qui n’ont pas été mis en place conformément à la loi », a laissé entendre l’opposant.

Au cours de cette rencontre, l’opposition républicaine a évoqué aussi la crise à la Cour Constitutionnelle, l’autre sujet qui focalise les attentions depuis quelques semaines en Guinée. Ils qualifient le décret du président de la République validant l’élection de Mohamed Lamine Fofana à la tête de l’institution d’un acte de parjure. Car, rappellent les opposants, même les plus grands juristes du pays ont unanimement dit que la destitution de Kèlèfa Sall est illégale.

Et selon Cellou Dalein Diallo, tous ces agissements prouvent que la République est en danger. « Un danger » face auquel l’opposition républicaine n’entend pas rester indifférente. « L’opposition républicaine réagira de la manière la plus ferme contre cette violation de la Constitution de notre pays.

Nous allons entreprendre des consultations avec les forces vives, avec tous les patriotes déterminés à défendre la Constitution, à défendre la légalité pour qu’ensemble nous puissions opposer à cette forfaiture qui convienne. Et croyez-moi, Alpha Condé trouvera les patriotes guinéens sur son chemin dans sa tentative de tripatouiller la Constitution pour s’offrir un troisième mandat », a promis le principal opposant du président Alpha Condé.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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