Comme annoncé précédemment, la révision exceptionnelle des listes électorales s’achève ce lundi, 03 août 2020, sur toute l’étendue du territoire guinéen. Dans la commune de Kaloum, à Conakry, les responsables en charge des travaux tirent un bilan loin d’être satisfaisant. En effet, l’opération n’a pas suscité l’engouement escompté dans cette partie de la capitale guinéenne, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Lancée le 20 juillet 2020, la révision exceptionnelle des listes électorales est l’une des activités majeures contenues dans le chronogramme de la présidentielle du 18 octobre prochain. Mais, cette opération, qui a duré 15 jours, n’a pas du tout mobilisé les citoyens dans la commune de Kaloum, centre administratif et des affaires du pays. C’est pourquoi, Amara Touré, membre de la Commission Électorale Communale Indépendante (CECI) de Kaloum et chargé des élections au quartier Manquepas, dresse un bilan déplorable.

Amara Touré, commissaire chargé des élections au quartier Manquepas

« Chez moi ici, je peux dire que le bilan est un peu déplorable, parce que les gens n’ont pas accordé beaucoup de considération à la chose. Il n’y a pas eu d’engouement depuis le début. Dans le quartier Manquepas, on devait recenser au moins plus 8000 électeurs. Mais, on n’a même pas pu avoir 5% de cet effectif. Le regret est que nous constatons que les gens ne savent pas qui sont les concernés. Souvent, ce sont des gens qui ont voté pendant le double scrutin dernier qui viennent encore demander s’ils sont concernés par ce recensement. Et les vrais concernés, c’est-à-dire ceux qui viennent d’avoir 18 ans et ceux qui avaient été recalés lors des dernières élections ne viennent même pas », a-t-il indiqué.

Mamadou Thierno Barry, président du bureau de la CAERL numéro 0423 de Boulbinet

Thierno Mamadou Barry, président de la CAERLE N°0423 de Boulbinet, tire également un bilan non satisfaisant. Selon lui, cette faible mobilisation des citoyens autour de cette opération pourrait s’expliquer par les crises politique et sanitaire qui secouent le pays depuis plusieurs mois. « Je peux vous dire qu’il n’y a pas eu d’engouement. Depuis le début jusqu’à aujourd’hui, très peu de personnes sont venues se faire enrôler. Apparemment, c’est la situation sociopolitique du pays et la pandémie du coronavirus qui empêchent les gens de venir », a-t-il laissé entendre.

A rappeler que les principaux partis d’opposition du pays ont rejeté le chronogramme électoral que la CENI est en train de dérouler. Ils exigent l’annulation du double scrutin législatif et référendaire du 22 mars 2020 et le renoncement du président Alpha Condé à son projet de troisième mandat avant de s’engager dans le processus devant conduire à l’élection présidentielle. Des exigences que le pouvoir guinéen n’est nullement prêt à satisfaire.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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