Lutte contre les crimes économiques et financiers en Guinée : « Si la procédure ne va pas jusqu’au bout, le CNRD aura échoué », Dr Dansa Kourouma

Comme annoncé précédemment, le procureur général près la Cour d’Appel de Conakry, Alphonse Charles Wright, vient d’instruire la CRIEF (Cour de répression des infractions économiques et financières) d’engager des poursuites judiciaires contre des faits présumés de « détournement de deniers publics, faux et usages de faux en écriture publique, recel, vol aggravé, enrichissement illicite, corruption, abus d’autorité, blanchiment d’argent et complicité ».

La démarche vise à sonner la fin de l’impunité et à moraliser la gestion des finances publiques en Guinée. Et, l’initiative est bien accueillie au sein de la société civile guinéenne.

Dans un entretien ce samedi, 22 janvier 2022, Dr Dansa Kourouma, le président du conseil national des organisations de la société civile (CNOSCG), a laissé entendre que le parquet général est dans ses droits. Il assure qu’il y a des « problèmes fondamentaux » auxquels la justice doit faire face (comme les crimes économiques), au lieu de passer son temps à s’attaquer aux petits délinquants des quartiers.

« La lutte contre la corruption, l’impunité, le détournement des deniers publics est un problème qui gangrène la société guinéenne. Vous journalistes, vous passez tout votre temps à faire des révélations rocambolesques sur la gestion du pays. Je pense que le procureur Charles Wright est dans ses droits. Pour une fois, les délégataires du pouvoir public vont comprendre que nul est au-dessus de la loi. C’est une sortie que j’apprécie, je trouve dedans de la détermination et de l’engagement à mettre fin aux abus des biens publics dans notre pays. Personnellement, vu toutes les dénonciations qu’on a faites dans ce pays, je me rends compte qu’au moins la volonté politique est réellement affirmée pour lutter contre l’impunité. C’est mon premier constat. Le deuxième constat, le procureur Charles Wright est dans ses droits, c’est le procureur général. Au lieu de s’attaquer toujours aux cas de délinquance dans les quartiers, il y a deux problèmes fondamentaux que la justice guinéenne doit gérer aujourd’hui : c’est le problème des tueries et celui des détournements des biens publics et éventuellement la gestion équitable des élections. Que la justice soit en mesure de rétablir le gagnant dans ses droits. Si les trois choses sont réglées pendant cette transition je pense que la justice guinéenne rentrera dans l’histoire de ce pays par la grande porte », a dit Dr Dansa Kourouma.

Pour le président du CNOSCG, il faut accompagner le CNRD pour que ces procédures en cours aillent jusqu’au bout pour la réussite de la Transition.

« J’ai hâte de voir des procureurs qui s’attaquent aux problèmes du pays et non des procureurs qui sont là, quand les gens sont tués dans les quartiers, ils défendent l’État. Je pense que nous devons tous être derrière le CNRD pour les soutenir afin que la Guinée puisse récupérer les biens qui doivent être destinés à la population pour son développement socio-économique. Si la procédure ne va pas jusqu’au bout, je pense que le CNRD aura échoué. Alors, la seule façon pour le CNRD de justifier aujourd’hui sa présence, c’est de faire les choses autrement, faire des choses que les régimes politiques normaux n’ont pas pu faire. Parce qu’un militaire au pouvoir ça sous-entend que l’élite politique a échoué. Donc, vous devez montrer des exemples et vous devez faire différemment les choses avec fermeté et autorité, tout en respectant les droits de toutes les parties », a indiqué Dr Dansa Kourouma.

Mamadou Yahya Petel Diallo pour Guineematin.com

Tél : 622 67 36 81

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