Charles Wright vs magistrats de Guinée : Mohamed Diawara suspendu par le ministre

Le duel se poursuit entre Alphonse Charles Wright et les magistrats de Guinée dans ce qu’on pourrait appeler l’affaire Pierre Lamah. Après s’être attaqué au président du Tribunal de Commerce, le ministre de la justice ouvre aujourd’hui un front contre le corps des magistrats. 

L’ancien procureur général, devenu ministre, décide de suspendre Mohamed Diawara de ses fonctions de magistrat et de Procureur près le tribunal pour Enfants. Cet arrêté ministériel, précédé d’un communiqué au vitriol, fait suite à la déclaration de l’Association des magistrats de Guinée que président actuellement monsieur Diawara.

Tout a commencé jeudi dernier, jeudi 11 août 2022, lorsque Charles Wright a demandé au parquet général près la Cour d’Appel de Conakry d’engager des poursuites judiciaires contre Pierre Lamah. Le ministre de la justice a accusé le magistrat et président du tribunal de commerce de « détournement, corruption et complicité » sur la gestion financière du tribunal du commerce de Conakry. 

« Il résulte de l’analyse des ressources et des dépenses de fonctionnement du Tribunal de Commerce de Conakry un solde non justifié (sur un total de ressources de cinq milliards quinze millions trois cent quatre-vingt-un mille sept cent cinquante francs guinéens (5 015 381 750 GNF), les dépenses totales effectuées par le Tribunal de Commerce de Conakry s’élève à quatre milliards sept cent quatre-vingt-dix-sept millions neuf cent dix-neuf mille deux cent cinquante un francs guinéens (4 797 910 251 GNF), soit une différence d’un montant de deux cent dix-sept millions quatre cent soixante deux mille quatre cent quatre-vingt-dix-neuf francs guinéens (217 462 499 GNF).

Outre ce montant, il a été révélé le paiement d’un montant total de quatre cent quatre-vingt-dix-huit millions cent mille francs guinéens (498 100 000 GNF) dans le cadre du fonctionnement au titre des salaires et indemnités qui auraient été payés au personnel administratif et d’appui », avait écrit Charles Wright sur sa page Facebook, citant un « rapport de la mission d’audit de l’Inspection Générale d’Etat » sur la gestion financière du Tribunal de Commerce de Conakry.

Deux jours après cette sortie, largement relayée dans les médias et sur les réseaux sociaux, les magistrats de Guinée ont protesté contre dénonciation publique « sans saisine préalable du Conseil Supérieur de la Magistrature ». 

Dans sa déclaration, du dimanche dernier, 13 août 2022, l’Association des Magistrats de Guinée (AMG) avait relevé que la publication du ministre Charles Wright « viole foncièrement aussi bien le code de procédure pénale que la loi organique L/054/CNT/2013 du 17 mai 2013, portant statut des magistrats ». 

Mohamed Diawara et les membres de son association ont donc demandé au ministre de se plier aux « textes qui régissent la poursuite des personnes auxquelles sont reprochés des faits susceptibles d’être constitutifs d’infractions ».

Et Charles Wright n’a pas que refusé ce conseil ! Il a décidé de sévir contre le signataire de cette déclaration, même si Mohamed Diawara l’a fait en raison de son statut de président de l’AMG.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’arrêté du ministre de la justice, Alphonse Charles Wright :

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