Présidentielle du 18 octobre : la CODECC reçoit de nouveaux adhérents, engagés pour la réélection d’Alpha Condé

16 septembre 2020 à 18 06 57 09579

Les rangs de la Coalition Démocratique pour le Changement dans la Continuité (CODECC) continuent de s’élargir. Ce mercredi, 16 septembre 2020, une dizaine de mouvements politiques ont adhéré à cette grande organisation qui se bat pour la réélection du président Alpha Condé. La cérémonie a eu lieu dans un réceptif hôtelier de Conakry, en présence des ministres Mouctar Diallo et Aboubacar Sylla et plusieurs autres personnalités membres de la CODECC, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place. 

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Enseignement Technique : des programmes de qualification professionnelle de courte durée remis au ministre

8 septembre 2020 à 16 04 56 09569

Dans le but d’aider à la qualification professionnelle des jeunes qui quittent l’école à la fin du cycle primaire et après le brevet du second cycle, le programme INTEGRA (Programme d’Appui à l’Insertion Socio-économique des Jeunes en Guinée), financé par l’Union européenne, a procédé; le vendredi dernier, 4 septembre 2020, à la remise officielle des programmes de qualification professionnelle de courte durée de sept filières porteuses, à travers l’agence de la GIZ.

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Les mots et les maux du ministre : dois-je démissionner et me présenter, si « l’autre » n’est pas candidat ?

30 août 2020 à 16 04 44 08448

Habib Yembéring Diallo

Cher cousin,

Je suis persuadé que tu seras surpris de recevoir cette lettre. Parce que, de nos jours, il y a bien d’autres moyens de communiquer plus rapidement et plus efficacement qu’une lettre. Mais, celle-ci a encore son côté positif. Parce qu’elle reste sous le contrôle de l’expéditeur et du destinataire. Si ni l’un ni l’autre ne divulgue son secret, celui-ci ne sera pas connu.

Si j’ai choisi de t’écrire par la voie postale, c’est bien évidemment pour que le contenu reste strictement entre nous. Ne maîtrisant pas tout le contour d’un mail, je me méfie de cet outil. Qui sait si les gens ne connaissent pas mon mot de passe. Et le téléphone est encore pire. Ce dont je suis sûr, c’est que mon téléphone est sur écoute. Dans un pays comme le nôtre et dans un système comme celui auquel je fais partie, il est illusoire de penser qu’un dignitaire ait un secret. Tu diras que je suis devenu parano. Mais, c’est cela la triste réalité. Je ne dis au téléphone que ce que je peux répéter devant mon patron. Un ministre dans notre pays est un prisonnier non détenu.

Tu comprends donc pourquoi j’ai pris la peine de te faire parvenir mon courrier par la poste. Dans l’espoir qu’il n’existe pas une commission de lecture de courriers postaux, comme il en existe dans bien d’autres secteurs. C’est pourquoi, ce n’est ni mon chauffeur encore moins moi-même qui dépose ce courrier à la poste. Ce sera un jeune qui n’attire aucune attention.

Après avoir suffisamment planté le décor, qui te montre une partie de l’état de notre Etat, je vais devoir passer à l’essentiel. C’est-à-dire mon avenir politique. Ou mon avenir tout court. Car, désormais, les deux sont intimement liés. Il n’existe aucun avenir pour moi en dehors de la politique. C’est pourquoi, je voudrais t’exposer ma situation actuelle, solliciter tes sages conseils et surtout ta précieuse aide.

Comme tu le sais, malgré mon entrée au gouvernement, qui fut le dénouement d’un rude combat entre deux parties de moi-même, je n’ai pas cédé à l’euphorie comme d’autres l’ont fait. J’ai refusé de fondre mon parti dans celui de mon patron. Et, cela en me rappelant le vieil adage de mon grand-père qui disait qu’il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. Ce refus m’a valu quelques soupçons voire quelques suspicions mais j’y ai tenu.

Je ne t’apprends rien en te disant qu’un parti politique a pour objectif premier de solliciter les suffrages des électeurs. Surtout pour la plus prestigieuse de toutes les élections. En l’occurrence, la présidentielle. A l’approche de cette échéance, j’ai commis une erreur monumentale. J’ai accepté aujourd’hui ce que j’ai refusé hier. C’est-à-dire m’abstenir de me présenter à la présidentielle au profit de mon patron. Il aura fallu le débat actuellement en cours dans l’autre camp pour que je me rende compte de mon erreur. Car, si mon principal concurrent dans mon fief n’est pas candidat, moi, je devrais l’être. Car, c’est lui qui est mon principal obstacle sur le chemin du palais. Du coup, je me trouve à nouveau dans une situation un peu comme celle à laquelle j’étais confronté lorsqu’il était question d’entrer au gouvernement. Autant j’étais déchiré hier entre accepter ou refuser la proposition qui m’était faite, autant je suis déchiré aujourd’hui entre me présenter à la dernière minute ou respecter mon engagement et soutenir mon patron jusqu’au bout.

Si je devais choisir la première option, il va falloir évidemment quitter le gouvernement. Et, c’est là le véritable casse-tête pour moi. Si je démissionne pour me présenter et que je ne réussisse pas, j’aurais lâché ce que j’ai solidement entre les mains au profit de ce que j’ai sous les pieds. Je pourrais perdre les deux. Et, c’est là que je fais appel à ton intelligence, ta pertinence et ta clairvoyance pour m’aider à dessiner les différents scénarios possibles ainsi que l’attitude à adopter.

Si l’échec est plus probable pour moi que la victoire, tout dépendra en réalité d’une autre candidature ou non. Sans doute que tu te souviens de ce qui s’était passé dans un pays voisin au nôtre en 2012. Alors que tous les ténors de l’opposition s’étaient contré sur la lutte contre la candidature du vieux, un jeune a pris une autre option. Il a utilisé cette période pour battre campagne dans les coins et recoins du pays. Et, finalement, il a remporté la victoire. En tant que jeune, je rêve faire comme lui. Mais, il y a une condition de taille : c’est le boycott de l’élection par l’autre. Celui que tu connais et que je ne veux pas nommer.

L’hypothèse que je me suis faite est la suivante : mon principal concurrent dans mon bastion boycotte l’élection. Et à cause du bilan peu élogieux de mon patron, je mène une campagne électorale très agressive contre ce dernier. Je parviens à convaincre les nôtres de se rendre massivement aux urnes. Finalement, leur voix et celles que vais obtenir dans les autres régions me permette d’aller à un second tour. Et, mon cas devient comme celui de Macron contre Le Pen ou celui de Sall contre Wade : toute l’opposition appelle à voter pour moi non pas parce que tous me sont favorables mais pour sortir le sortant du palais.

Voilà mon rêve le plus fou. Et, c’est ce qui m’amène au deuxième sujet. Celui de tout faire pour décourager mon principal concurrent à se présenter. Pour t’avouer la vérité, j’ai engagé un vaste réseau de communicants pour s’indigner pour son éventuelle candidature. L’objectif est qu’il dise prendre en compte l’avis de ses militants exprimé sur les réseaux sociaux et sur les antennes des radios locales. Puisqu’il n’est pas écrit sur le front d’un homme son appartenance politique, ce sont mes militants qui se font passer pour les siens pour le décourager.

Pour conclure, je souhaite que tu t’impliques dans ce jeu de dupes en décourageant personnellement ce phénomène de foule pour qu’il me cède le terrain. En attendant ton avis sur tous ces aspects que j’ai soulignés tout le long de ces lignes, je voudrais te réitérer mon souhait que le contenu de cette lettre soit strictement entre nous deux.

Ton ami, le futur ancien ministre, Habib Yembering Diallo

Téléphone : 664 27 27 47

Toute ressemblance entre cette histoire et une autre n’est que pure coïncidence.

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Les mots et les maux du ministre : ce qui me pousse à soutenir un 3ème mandat

24 août 2020 à 8 08 30 08308

Habib Yembering Diallo

« Pour te dire la vérité, quand les émissaires du pouvoir ont commencé à prendre contact avec moi pour me convertir, j’ai fait plusieurs nuits blanches. J’étais déchiré entre la conviction et les avantages. Entre l’indignation que ma décision devait susciter et la rétribution que je devais recevoir. Pour me convaincre d’accepter l’offre qui m’était faite, il a fallu créer un électrochoc. Un ami, sans doute en complicité avec madame, m’a montré l’état de délabrement de mon bâtiment. Il m’a dit ceci :  »avec ta conviction, cette maison va s’écrouler sur toi » ».

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Les mots et les maux du ministre

3 août 2020 à 10 10 14 08148

Cher ami,

Comme tu le sais, je n’écris pas souvent. Si je l’ai fait cette fois, c’est parce que j’ai besoin de vider mon sac et te demander conseils. Tu as sans doute vu l’image de ce gosse qui a été tué lors de la dernière manifestation de l’opposition. Comme d’habitude, cette opposition a organisé son inhumation. Comme d’habitude, elle a rendu le gouvernement responsable de cette tragique disparition. Une disparition qui a suscité une vive émotion.

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Conflit domanial à Kobaya : le ministère de la ville répond aux accusations de Maïmouna Soumah

30 juillet 2020 à 12 12 53 07537

Lamine Diakité, directeur national des domaines et du Cadastre

Comme annoncé dans un précédent article, madame Maïmouna Soumah, une citoyenne guinéenne résidant en Angleterre, accuse le ministère de la ville et de l’aménagement du territoire de partie pris dans le conflit domanial l’opposant au jeune frère du ministre Dr Ibrahima Kourouma et au gendarme, lieutenant-colonel Togbacé Mahomy. La dame assure que les responsables de ce département ont aidé ses adversaires à lui exproprier trois parcelles situées au quartier Kobaya, dans la commune de Ratoma.

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Les mots et les maux du ministre : ma famille chez le petit président…

28 juillet 2020 à 8 08 45 07457

Cher cousin,

Après quelques semaines d’exercice, je puis te faire un premier bilan de ce qui constitue le quotidien ahurissant voire hallucinant d’un ministre. Les problèmes commencent juste après le sacrifice rituel que la famille oblige le nouveau promu à faire. Les parents, amis et alliés commencent à prendre d’assaut la maison du nouveau ministre. Il y a les frères, les cousins et leurs cousins, leurs enfants et parfois les amis de leurs enfants. A cette colonie, il faut ajouter les agents de sécurité dont le nombre est pléthorique. Parce qu’il y a les équipes du jour et celles de nuit.

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Les mots et les maux du ministre

19 juillet 2020 à 18 06 57 07577

Cher ami,

Comme tu le sais, désormais, à chacun son tour sur les réseaux sociaux. Chaque personne qui a une parcelle de responsabilité ou qui aspire à l’assumer un jour aura son tour. Cette semaine, ce fut le mien. Même si ce n’est pas la première fois. Mon entrée au gouvernement n’était pas non plus passée inaperçue. Mais à la différence de la première, la seconde fois, les réactions étaient largement voire entièrement négatives.

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Contestation en Haute Guinée : grâce à Diakaria Koulibaly, Mandiana rassure le régime Alpha Condé

19 juillet 2020 à 9 09 30 07307

Pendant que le régime du président Alpha Condé fait face à une contestation inédite en Haute Guinée, son fief historique, Diakaria Koulibaly fait une démonstration de force à Mandiana. Le ministre des Hydrocarbures a été accueilli triomphalement dans la journée du vendredi, 17 juillet 2020, dans sa ville natale, dont il est le parrain politique. Il est venu remercier les citoyens de cette préfecture pour leur participation massive au double scrutin du 22 mars dernier et les remobiliser pour les échéances à venir.

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Nouveau gouvernement : voici la première réaction du ministre du Travail et des Lois sociales

21 juin 2020 à 10 10 57 06576

Comme annoncé précédemment, Elhadj Cheick Oumar Diallo est le nouveau ministre guinéen du travail et des lois sociales. Il a été nommé à la tête de ce département par le décret du19 juin 2020, réaménageant le gouvernement dirigé par Ibrahima Kassory Fofana. Au lendemain de sa nomination, ce cadre de l’UPR a accordé un entretien à Guineematin.com dans la journée d’hier, samedi 20 juin 2020. Il a exprimé sa joie mais aussi sa gratitude à l’endroit du président de la République et son Premier ministre.

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Les mots et les maux du ministre

21 juin 2020 à 9 09 35 06356

Habib Yembering Diallo

Cher ami,

Tu as sans doute suivi ce qui s’est passé le vendredi soir. Comme dit le vieil adage, le papier que nous craignions de mouiller s’est finalement noyé. Je suis devenu un ancien ministre. Comme tout le monde, c’est à travers les médias que j’ai réalisé quel était mon sort. Les minutes qui ont précédé le nom de mon successeur furent palpitantes. Et, ce qui devait arriver arriva. Comme lors de la proclamation des résultats des examens scolaires, quand le dernier nom a été prononcé je me suis effondré.

Après le décret, j’ai pu mesurer la duplicité de notre société. J’ai comparé le nombre d’appels que j’avais reçus à ma nomination et celui après mon limogeage. Figure-toi, aucune comparaison n’est possible. Alors qu’après ma nomination mes téléphones avaient crépité toute la nuit, cette fois, j’ai compté moins de dix appels. Des gens qui m’ont consolé. Il est vrai qu’il est plus facile d’appeler quelqu’un pour lui dire félicitations que de l’appeler pour dire courage.

Dans tous les cas, j’ai compris qu’entre un entrant et un sortant il y a un fossé. Après ma nomination, il avait juste fallu 30 minutes pour que ma maison soit envahie par une foule innombrable. Parents, amis, connaissances, profiteurs, marabouts et que sais-je encore, avaient littéralement rallié mon domicile. Cette fois, personne n’est venu. Même les plus proches. Ce qui m’a fait penser que c’est le début de l’inévitable solitude inhérente à une situation comme la mienne : celle d’un ancien ministre.

Après ce premier constat, je reviens dans le vif du sujet. En réalité, depuis ma nomination, je n’ai jamais filé le même coton avec notre chef. Récemment, il a confié à quelqu’un que je faisais partie des membres du gouvernement auxquels il se méfiait. Cela m’avait réconforté dans mon combat pour son remplacement. Tu as dû apprendre qu’il était ces derniers temps quelque peu en disgrâce avec son chef à lui.

Je ne sais par quel miracle cet opportuniste hors pair a pu renverser la situation en sa faveur. Il a pu convaincre son patron d’écarter quelques-uns dont moi. Malgré tout, il n’a rien pu contre celle qui l’avait ouvertement défié dans cette histoire de riposte dont tu avais entendu parler. Or, ce n’est un secret pour personne que s’il pouvait sacrifier toute l’équipe avec celle-là, il l’aurait fait sans état d’âme. Malheureusement pour lui, cette dame est à son patron ce qu’une vieille, racontée par une légende, fut pour Alpha Yaya. Revenu d’une grande expédition, le résistant paradait dans sa ville. Le bruit fit sortir une ville. Mais, quand elle s’est rendue compte que c’était Alpha Yaya, elle est aussitôt entrée dans sa case en disant qu’elle croyait que c’était un grand événement, mais c’est Yaya qui faisait du bruit. Bref, notre Alpha est à sa ministre ce que l’autre Alpha était pour la vieille de la légende. L’objectif de cette lettre n’étant pas de te faire un cours d’histoire, je reviens à mon sujet.

Le monsieur n’ayant donc rien pu contre la femme qui est plus forte que lui, s’est rabattu sur nous autres. Ne dit-on pas que l’on laboure la terre du côté où elle est moins caillouteuse ? Mais, ce qui m’a fait mal, c’est quand on limoge quelqu’un qui a consacré toute sa carrière pour ne pas dire toute sa vie au parti pour nommer un autre qui, dans le meilleur des cas, n’a jamais milité dans ce pari et au pire l’a même combattu. C’est cala la leçon de la vie.
L’autre chose qui me fait terriblement souffrir, c’est de savoir que mes ennemis jubilent. Seul Dieu sait que j’en ai. Et, à cause du parti, encore une fois. Partout où j’ai travaillé depuis la consécration de notre leader, j’ai fait subir aux opposants ce que moi-même j’avais subi autrefois. Quand j’étais en province, mon cheval de bataille était la mutation-sanction. Les opposants, qui évoluaient dans mon domaine, furent mutés si loin que certains avaient préféré quitter l’administration publique. Il y a parmi eux un qui est devenu le maire de l’une des plus grandes communes de notre pays.

Aujourd’hui, j’ai le sentiment de culpabilité. Parce que, parfois, je me suis servi du parti pour régler des comptes. Voilà que ce parti me récompense par un limogeage et surtout mon remplacement par quelqu’un qui n‘a jamais mouillé le maillot. C’est véritablement une insulte aux militants et aux martyrs. Aujourd’hui, la satisfaction de ceux qui ont souffert à cause de moi est à la dimension de ma déception. D’ailleurs, une de mes victimes fait partie de ceux qui m’ont appelé pour me demander de prendre courage. Je sais qu’il voulait juste savoir si ma voix indiquerait que j’ai pleuré. Mais, connaissant son numéro, j’ai pris mon courage à deux mains pour faire semblant que j’avais un moral d’acier. Même si ma voix a dû me tromper.

L’autre chose que je voulais aborder avec toi, c’est de dire au karamoko, ou plutôt au charlatan, qu’il a été tout sauf efficace. Je le prie donc de bien vouloir me rendre l’avance que je lui avais faite en attendant ma confirmation pour payer le reste. Je m’en doutais d’ailleurs depuis que j’ai appris qu’il travaillait à la fois pour celui qui occupe le poste et le prétendant à sa succession.

Ton charlatan ressemble à cet autre charlatan qu’une légende raconte : « un singe vint chez un charlatan et lui demanda de travailler pour lui pour que jamais de sa vie il ne croise un chien. Le charlatan lui demanda de se cacher sous un panier qu’il lui indiqua en attenant qu’il fasse son travail. Sur le champ, un chien arriva et demanda au même charlatan de l’aider afin qu’il croise chaque jour un singe. Et, le charlatan lui demanda d’aller soulever le panier. Dès qu’il le souleva le singe grimpa sur l’arbre et s’exclama ‘’le charlatan est le pire des démons’’ ». Voilà comment est ton charlatan.

Tu diras que mes propos sont ceux d’un homme en colère. Mais, sache que ce qui vient de se passer me donne deux leçons : la première, c’est qu’il ne faut jamais compter sur quelqu’un. Qu’il soit chef, riche ou savant. Il faut compter sur le Créateur. Deuxièmement, ce n’est jamais par nos efforts que nous devenons ce que nous sommes. C’est par la volonté de Dieu. Même si tu vas dire qu’aussitôt limogé je me réfugie derrière la religion. En effet, je crois que pour le reste de ma vie, tout ce qui n’est pas conciliable et compatible avec la religion ne m’intéresse pas. Surtout la politique dont la fin est toujours pénible et douloureuse.

Ton ami, le désormais ancien ministre.

Habib Yembering Diallo

Tél : 664 27 27 47

Toute ressemblance entre cette histoire et une autre n’est que coïncidence.

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Les mots et les maux du ministre

7 juin 2020 à 10 10 27 06276

Habib Yembering Diallo

Cher ami,

Une fois n’est pas coutume, je t’adresse ces quelque lignes pour te raconter l’épreuve peu enviable que je traverse et bien évidemment solliciter ta précieuse aide pour me sortir de cette situation. Ainsi, et comme tu as dû suivre l’actualité dans notre pays, j’avais prévu tout sauf ce qui est en train de m’arriver.

En l’espace de quelques mois, je suis passé du statut d’un homme puissant à celui d’une marionnette. Comme le grand frère ainé auquel le père a donné tous les pouvoirs sur ses frères et sœurs cadets et qui, subitement est chicoté proprement par le même père et devant toute la famille, j’ai été profondément humilié par celui qui m’avait pourtant rassuré que j’avais les pleins pouvoirs.

Mais, il n’y a pas que ce désaveu qui m’a fait souffrir. Il y a eu d’autres choses dont cette fameuse modification de la nouvelle loi suprême de notre pays. La loi à laquelle j’ai consacré toute mon énergie et toutes mes forces a été modifiée sans mon avis. Encore moins mon aval. Par qui, je ne saurai le dire. Toujours est-il que la modification en question va à l’encontre d’une convention non écrite entre mon patron et moi.

Ce changement qui dépouille désormais l’équipe que je suis censé diriger de toute crédibilité, m’a profondément bouleversé. L’enchaînement de tous ces coups m’a rendu malade. Mais, comme tu me connais, je ne me laisse pas abattre par le premier coup. C’est pourquoi, je suis en train de reculer pour mieux sauter.

Au passage, j’ai lu non sans ironie l’article d’un journaliste amateur selon lequel je suis confiné chez moi. Je qualifie cet homme d’amateur parce qu’il ne met pas le mot juste à sa place. Même si le confinement a le vent en poupe dans le monde, mon cas n’est pas un confinement. Dans mon cas c’est le mot RETRANCHEMENT qui sied. Un confiné subit. Un retranché fait subir. Le premier est passif. Tandis que le second est actif.

Je suis donc tel un soldat mutin retranché quelque part et prêt non pas à subir un assaut mais à en donner. C’est vrai que j’ai donné comme prétexte le fameux confinement pour justifier mon absence sur la scène publique. Mais si les autres ignorent la réalité, mon principal protagoniste, lui, en homme averti, sait pertinemment ce qui se passe. Il sait que je suis en colère. Et, il sait pourquoi.

Pour le moment, il pense m’avoir roulé dans la farine. Mais, il ne sait pas que je pourrais le rouler dans le ciment. C’est vrai que jusqu’ici il a plutôt remporté la partie contre moi. En effet, à partir du moment où j’ai fait fondre mon parti dans le sien, j’ai commis une erreur fatale. Mais, les épreuves sont faites pour être surmontées. Je te promets que je vais surmonter celle à laquelle je suis confronté.

Cette erreur est celle d’accepter une soi-disant fusion qui n’en était pas une. Je ne t’apprends rien en te disant que dans une fusion chaque partie perd une partie de ses pouvoirs et prérogatives. Exemple, devant l’hégémonie chinoise ou indienne, deux entreprises européennes décident de fusionner. Les pertes et les profits sont partagés.

Dans notre fusion, nous, c’est l’un qui avale l’autre. Cela a été la plus grave erreur que j’ai commise dans ma vie. Car je me retrouve comme un soldat dépouillé de son arme. J’ai sacrifié mon parti. Même si je veux je ne peux pas créer un autre dans la mesure où c’est le même qui a avalé mon parti qui devra autoriser la création d’un autre. Ce qu’il ne fera jamais. Or les récents déboires d’un autre qui avait quitté son parti pour adhérer à un autre sont suffisamment dissuasifs pour tenter de récupérer un de ces nombreux partis sans militants, sans moyens, ni siège.

Il y a des cadres qui seraient prêts à me céder la présidence de leur parti ; mais, je crains que la suite ne soit à l’image d’un homme qui récupère une femme abandonnée à laquelle il apporte tous les soins du monde et qui, devenue propre et belle, abandonne le pauvre homme. Le récent cas dont je parlais plus haut est un cas d’école.

Bref, mes problèmes sont nombreux et semblent être insurmontables. Mais, c’est sans me connaître. Dans ma stratégie de riposte, comme le mot est en vogue, je souhaite obtenir ton concours. Je veux que tu ailles voir notre vieil ami, le Karamoko pour lui dire que j’ai besoin de lui. Plus que par le passé. Je souhaite qu’il m’aide à neutraliser mes ennemis. Et, surtout, à reconquérir le cœur de mon patron pour que je sois son dauphin préféré.

Je ne me fais guère d’illusion. Je sais que beaucoup d’autres travaillent pour le même objectif. Mais, comme disent nos cousins de l’autre coté, c’est parmi les balles qui ratent leur cible qu’il y a celles qui vont l’atteindre. Pour le prix de la kola, tu peux le rassurer. A condition toutefois que la situation actuelle change, que je sois à nouveau dans le cœur de mon patron qui m’a tourné le dos ces derniers temps. Et, ça, c’est notre faute nous trois : toi, mon Karamoko et moi-même. Nous avons tous dormi sur nos lauriers. Laissant le terrain favorable à l’adversaire ou plutôt aux adversaires. Car, ils sont nombreux, nuisibles et redoutables.

Pour terminer, je n’attends pas une réponse écrite de ta part. J’attends plutôt les retombées du travail du vieux. C’est-à-dire le retour à de meilleurs sentiments entre mon patron et moi.

Ton ami, le ministre confiné pour les uns et retranché pour lui-même.

Toute ressemblance entre cette histoire et une autre n’est que pure coïncidence

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Téléphone : 664 27 27 47

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Les mots et les maux du ministre

24 mai 2020 à 11 11 30 05305

Habib Yembering Diallo

Cher cousin,

Comme tu l’as appris, ton cousin est redevenu un simple citoyen. Certains pensent  que c’est la déchéance. Alors que c’est la délivrance. Ces derniers temps, la situation était devenue insupportable pour moi. Je suis donc paradoxalement heureux de ce limogeage. Même si les miens ne partagent pas mon sentiment et mon enthousiasme.

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Les mots et les maux du ministre

18 mai 2020 à 7 07 09 05095

Habib Yembering Diallo

Cher ami,

Une fois n’est pas coutume, je t’écris pour te donner mes nouvelles. Si je me livre à cet exercice plutôt inhabituel c’est que, comme tu peux l’imaginer, la situation est grave. Et ce contrairement à l’apparence. Comme tu le sais, un de mes collègues, membre du gouvernement, a été limogé cette semaine. Par contre, ce que tu ne sais certainement pas ce que j’envie ce collègue pour sa délivrance.

En effet, cher ami, il n’existe pas pire situation que d’être ministre chez nous. Un ministre est un véritable otage dans notre pays. Tout d’abord, otage de celui qui l’a nommé. Otage du clan de ce dernier. Et enfin, otage des parents, amis, connaissances, marabouts, charlatans et escrocs de tout acabit.

Pour illustrer mes propos, lors de mes rares tête-à-tête avec le président, celui-ci m’a posé deux questions qui m’ont indigné et même déstabilisé. La première, il m’a demandé si mon chantier situé au bord de la mer a avancé. La deuxième question concernait mon enfant. Alors que je ne savais même qu’il est au courant de son existence, il m’a demandé s’il va bien loin du pays. Par ces deux questions, j’ai compris que le président connait mes secrets les plus intimes.

Inutile de te dire que le fait de savoir que le premier responsable du pays s’intéresse au petit détail de ma vie a semé le doute et le soupçon entre mes proches et moi. Et, à commencer par mon chauffeur et mon planton. Je pense que le premier joue le rôle de l’espion auprès de moi. Et, le second est mon ravisseur. Moi, son otage. Depuis ma sortie de la présidence, mes rapports avec ces deux personnes ne sont plus les mêmes qu’ils étaient. Et, ils ne seront jamais comme avant.

Mais, peut-être que j’ai tort. Peut-être que le président a ses sources d’information ailleurs. Dans tous les cas, son attitude est digne de celle de dictateurs. S’ils veulent t’intimider, ils te font appel uniquement pour te montrer qu’ils ont « ta situation en main ». Après cet entretien, je me suis demandé pourquoi le président s’intéresse à moi jusqu’au dernier détail. Alors, je me suis rappelé de la mise en garde d’un ami : mes ennemis avaient soufflé au président que j’étais proche d’un opposant. Je crois que par cet entretien, il voulait me dire ceci : « si tu ne cesses pas, je peux non seulement t’exproprier ton chantier mais faire rapatrier ton gosse ». Et son message a été bien reçu.

Mais, il n’y a pas que le président qui me donne des ennuis. Il y a aussi son clan qui pense que je lui dois reconnaissance et par ricochet récompense. Par exemple, la dernière fois, celui qui a été à la base de ma nomination m’a dit qu’un simple préfet, de retour d’un voyage privé à l’étranger, a offert une voiture toute neuve à l’épouse de son patron. Sans doute pour me dire de faire autant. D’autant plus que je revenais de l’étranger. Du coup, lors de ma toute dernière mission à Paris, je suis allé personnellement chez Yves Saint Laurent pour lui acheter un ensemble qui m’a coûté toutes mes petites économies. Malgré tout, quand je lui ai remis ce cadeau, j’ai compris qu’il le sous-estimait largement par rapport à la fameuse voiture offerte par le préfet.

Mais, il n’y a pas que le président et les siens qui me causent de soucis. Il y a aussi les parents, amis et connaissances qui me polluent la vie. Je n’ai plus de vie de famille. Mon bureau est pris d’assaut. Je n’ai même plus le temps de travailler. Quand bien même j’ai mis en place un planning de visite, il y a toujours de visiteurs qui ne veulent rien entendre. La dernière fois, c’est le beau-père de mon beau-père qui s’est fait annoncer. J’ai dérogé à la règle pour le recevoir. Parce que le vieux avait commencé à raconter toute mon histoire devant un auditoire moins intéressé par ma vie que par ma poche.

A la maison, la situation est encore pire. J’ai aménagé une tente devant mon domicile où les gens, venus pour une raison ou pour une autre, attendent à tour de rôle d’être reçus. Je n’ai ni weekend ni jour férié. Tous les jours, du matin au soir, il y a des visiteurs. Chacun avec ses problèmes. Les uns sollicitent une assistance financière. Les autres un emploi pour eux ou pour les leurs.

Dans la foulée, un vieux, venu me demander de l’aider pour prendre son garçon comme gardien à la maison ou planton au bureau, m’a dit qu’il va m’aider pour être maintenu à mon poste. J’ai voulu lui rétorquer que s’il peut aider quelqu’un qu’il commence par son propre fils. D’autres m’ont proposé de faire un sacrifice avec lecture du Coran comme ils l’avaient fait après ma nomination. Mais, ce qu’ils ne savant pas, ce que j’ai été plus que déçu par leur comportement à l’occasion de cette lecture. Lire le livre saint qui a été révélé pendant 23 ans 33 fois en une heure, ce fut ma plus grande déception de ces soi-disant religieux.

Bref, pour te dire la vérité, mon salaire mensuel ne me fait même plus un jour de dépense. Ce qui m’oblige à faire ce que je ne voulais pas. Tu peux imaginer le reste. En réalité, c’est toute la société qui oblige les gens honnêtes à devenir corrompus voire voleurs dans ce pays. C’est pourquoi, j’ai failli dire à celui qui m’a proposé de faire un sacrifice pour rester à mon poste que je fais un sacrifice pour être libéré de ce poste.

Je voudrais donc, en conclusion, te demander conseils et assistance. Faut-il, à ton avis, démissionner ou attendre le prochain remaniement dans l’espoir que la délivrance viendra ? Car, démissionner pose un autre problème. Le chef et les siens considèrent une démission comme une défiance. Si on démission, on ouvre deux fronts : celui du président et de son clan qui vous mettent les bâtons dans les roues. Y compris la confiscation éventuelle du passeport. Et celui de tous ceux qui étaient jaloux et qui me se marrent du démissionnaire. Il est donc préférable d’être limogé pour faire face au second groupe seulement.

Dans l’un ou l’autre cas, je souhaite que tu me reçoives chez toi après mon départ du gouvernement. Si tu es d’accord, je vais œuvrer afin que ce départ soit le plus rapide possible. En attendant, ni ma femme, ni mon premier garçon ne veulent entendre parler de mon départ du gouvernement. Et, c’est justement l’autre aide que je souhaite te demander. Je voudrais que tu interviennes auprès de ma femme pour la persuader d’accepter de tourner la page de Madame l’épouse de Monsieur le ministre.

Attendant ta réponse avec impatience, je te prier de transmettre mes salutations à ton épouse et à tes enfants. Ton ami le futur ancien ministre.

Habib Yembering Diallo

Toute ressemblance avec une réalité n’est que pure coïncidence.

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Les mots et les maux du ministre

10 mai 2020 à 16 04 12 05125

Par Habib Yimbéring Diallo

Cher ami,

Après avoir longuement réfléchi, j’ai décidé de briser le silence pour me confier à quelqu’un. En l’occurrence toi qui fus, es et seras toujours mon meilleur ami. On ne peut pas raconter ses problèmes à tout le monde ; mais, on ne peut pas non plus ne pas les raconter à personne. C’est pourquoi, j’ai décidé de t’ouvrir mon cœur qui saigne de rage et de colère pour te dire tout le mal que j’ai bien malgré l’apparence trompeuse.

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Les mots et les maux d’un ministre qui s’adresse à son ami

3 mai 2020 à 22 10 46 05465

Habib Yembering Diallo

Cher ami,

Je suis extrêmement gêné de n’avoir jamais fait suite à la lettre de félicitations que tu m’as adressée après ma nomination au poste de ministre. En réalité, je ne pouvais pas répondre à tous ceux qui m’ont écrit. Même si le nombre de courriers que j’ai reçus ne peut en aucun cas être une excuse. J’espère que tu ne me tiendras pas rigueur, d’autant plus que j’ai encore une fois besoin de ton aide.

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Covid-19 : Mouctar Diallo, ministre de la jeunesse testé positif

22 avril 2020 à 20 08 24 04244

Mouctar Diallo, ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes

C’est dans la soirée de ce mercredi, 22 avril 2020, lendemain de la cérémonie inaugurale de la nouvelle Assemblée nationale, à laquelle il a assisté en tant que député, que la mauvaise nouvelle a été donnée par son parti, « Les Nouvelles Forces Démocratiques », NFD, sur sa page Facebook. Le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, Mouctar Diallo, a été testé positif au Covid-19, annonce-t-on.

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COVID-19 : le ministre Damantang Camara testé positif

6 avril 2020 à 18 06 33 04334

Damantang Albert Camara, ministre de la Sécurité

Le ministre guinéen de la sécurité et de la protection civile, Damantang Albert Camara, est atteint du coronavirus. C’est lui-même qui a annoncé la nouvelle ce lundi, 06 avril 2020, sur sa page Facebook. « Testé positif au COVID 19. Sous traitement à présent. Pas de psychose. Le cabinet du MSPC est mobilisé pour assurer l’intérim. Respectons les mesures barrières », a écrit le ministre.

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Décret : Alpha Condé meuble le cabinet du ministère de l’Hydraulique

10 mars 2020 à 22 10 04 03043

Dans un décret rendu public ce mardi soir, 10 mars 2020, le président Alpha Condé a nommé deux hauts cadres au ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

Mariam Sanoh Camara, juriste publiciste, devient chef de cabinet et Dr Seydou Dioubaté, jusque-là conseiller chargé de la communication au ministère de l’Energie, est nommé conseiller principal du ministre Papa Koly Kourouma.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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