Le vendredi dernier, 3 février 2017, le président de la République avait lancé la première société de bauxite de Bel Air (Bel Air Mining) dans commune rurale de Douprou, préfecture de Boffa, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

La société Alufer de droit britannique, représentée en Guinée par Bel Air Mining (BAM), a ainsi vu le jour grâce à la perspicacité d’un guinéen, Mohamed Lamine Touré, qui, il importe de le rappeler, n’était pas un opérateur des mines.

Selon nos informations, c’est en 2010 que la société Alufer a obtenu son permis de recherche dans la zone de Bel air sur une superficie de 147 km2. Trois ans après, en 2013, ils sont propriétaires d’un permis d’exploitation, attribué par décret du Chef de l’Etat. Le 1er juin 2016, voilà les députés, à l’unanimité des présents accorder leur vote à cette société junior pour la ratification de sa convention minière.

Le 3 février 2017, moins d’une année seulement après l’approbation de sa convention par le Parlement, la société annonce avoir levé 205 millions $ pour financer entièrement la construction de la mine de Bel air. Soit toute la première phase du projet allant de la construction des infrastructures jusqu’à la production voir la commercialisation de la 1ère tonne de bauxite.

A la même date, le 3 février, les responsables d’Alufer, son Président directeur général et fondateur, Adonis Pouroulis, son président directeur général, Bernie Pryor et le Directeur général de la société Bel air mining, Mohamed Lamine Touré, ont déclaré avoir obtenu tous les permis requis pour la réalisation du projet. Une pratique rarement enregistrée en Guinée si non même une première pour des investisseurs de cette nature comparativement avec ceux évoluant dans le domaine ou se faisant passer pour tels.

Alliant efficacité, transparence et sécurité, Alufer précise dans un communiqué paru vendredi 3 février 2017, comment elle a réussi à la mobilisation des 205 millions dollars nécessaires au financement de la première phase du projet. En plus donc des actionnaires traditionnels, Alufer a enregistré la participation de trois investisseurs majeurs.

Il est souligné dans ce document que « la société a levé une dette convertible de 90 millions $ et des capitaux propres de 35 millions $ provenant d’un consortium de ressource capital funds VIL.P, de Africa Finance Corporation (AFC), d’Orion Mine Finance et des actionnaires existants ».

Alufer a également obtenu 80 millions $ de dette senior auprès d’Orion Mine Finance, précise le communiqué. Soit un total de 205 millions $. Ces fonds permettront de « faire progresser le projet Bel Air Mining (BAM) jusqu’à la première production commerciale ».

En plus de cet exploit majeur et presqu’inédit, Alufer peut s’enorgueillir d’avoir réussi à établir toutes les concessions nécessaires pendant la période (de six ans) de monté en puissance du projet notamment avec Orion Mining Finance « offrant la flexibilité nécessaire pour profiter des opportunités qui se présenteront sur le marché ».

De la visibilité du projet, autorités administratives et politiques, députés et populations concernées ont accès aux principales informations sur la fiabilité de la société, la nature du gisement, les réserves, le programme d’exploitation, les faveurs accordées à la société, les revenus pour l’Etat, le contenu local…

Guineematin.com revient sur un extrait du rapport de la commission industrie, commerce, mines, hôtellerie, artisanat et tourisme, présenté le 1er juin 2016, aux députés réunis en séance plénière pour voter la convention.

« Sur la base des textes soumis à notre examen et des réponses reçues à la suite des questions  posées par la commission, nous portons à la haute attention des honorables députés des données suivantes sur le projet :

  • Le gisement est situé dans la Préfecture de Boffa (Zone Bel air, Koundindé) à 15 km de l’océan atlantique ;
  • Les études d’exploration ont mis en évidence des réserves estimées à 146 millions de tonnes de bauxite de bonne qualité et de haute teneur en alumine ;
  • La jetée de Cap Verga à Koundindé est retenue pour l’aménagement du port avec un quai pouvant recevoir  uniquement les Barges de 6000 tonnes. Ces barges feront la navette entre le port et les gros navires de capacité de l’ordre de 100 mille tonnes situés en haute mer pour y procéder au transbordement des minerais ;
  • Le transport du minerai sera assuré par camions grâce à la proximité de la mine par rapport à l’océan (distance environ 12 à 15 kms) ;
  • Le procédé d’extraction ne prévoit ni l’utilisation d’explosif, ni de dynamitage ni de broyage. Le minerai sera extrait par rabotage direct sans aucune autre transformation ;
  • Le chronogramme prévoit l’embarquement de la première tonne au plus tard en 2021 soit 5 ans après la ratification de la convention. Cependant la société s’est engagée  à faire des efforts pour que l’exportation commence  effectivement en 2018. Il faut noter que le code minier actuel accorde  aux sociétés jusqu’à 5 ans de délais pour la première exportation ;
  • La société envisage la production de 5 millions de tonnes par an pour les cinq premières années. Cette production sera portée à 10 millions  de tonnes dès la 6ème année ;
  • Les emplois directs et indirects créés à la phase construction sont estimés à 3000 personnes ;
  • L’investissement de base du projet est évalué à 185 millions de dollars US ;
  • La participation de la Guinée au capital est fixée à 15% sans aucun apport de sa part ;
  • La société bénéficiera durant les 5 premières années des avantages fiscaux notamment :
  1. a) Exonération pour le paiement de l’impôt minimum forfaitaire ;
  2. b) Exonération sur le bénéfice industriel et commercial ;
  3. c) Exonération sur la patente ;
  4. d) Exemption pour paiement de la contribution foncière ;
  5. e) Exonération des taxes de carrière (terre, roches, etc.) ;
  • Les projections financières estiment pour les 15 années d’exploitation des recettes en faveur de l’Etat de l’ordre de 596 millions de us$ », fin de citation.

Comme on le voit, avec les sociétés juniors, encouragées par une administration simplifiée, (éloignée des pratiques de corruption) et d’une loi minière attractive, l’espoir d’exploiter nos mines est enfin possible. Le développement du secteur minier jusque là dominé par de grandes compagnies (plus gourmandes, moins soucieuses du respect de leurs engagements et portées essentiellement sur leurs intérêts) et l’amélioration des conditions de vie de nos populations par la création d’emploi et l’augmentation de revenu, sont permis.

Avec la présence de Bel Air Mining sur le marché de la bauxite, la Guinée, détentrice des 2/3 des réserves mondiales de ce minerai assure sa présence sur le marché mondial et devient un interlocuteur qui compte. En effet sa production pourrait passer dès 2018 de 14 millions à environs 22 millions de tonnes par an.

Mieux, la Guinée peut se permettre de rêver sous peu, non seulement de renforcer sa présence sur le marché mondial de bauxite mais également  d’entamer la transformation sur place d’une partie de ce minerai et bénéficier de retombées énormes pour booster son développement socioéconomique, confronté jusque là à des obstacles de tous ordres.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 628 08 98 45

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin