Ibn Chambass sur la crise en Guinée : « il faut qu’on arrive à manifester sans victimes »

14 novembre 2019 à 21 09 00 110011

Le chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, a reçu ce jeudi, 14 novembre 2019, le représentant spécial des Nations Unies en Afrique de l’Ouest, Ibn Chambass à son domicile privé à Dixinn. Une visite intervenue peu après la dispersion des manifestants du Front National pour la Défense de la constitution (FNDC) à coup de gaz lacrymogène par les fores de l’ordre, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La Guinée traverse une crise sociopolitique meurtrière liée à la volonté du président Alpa Condé de s’accrocher au pouvoir au-delà de son mandat constitutionnel. La journée d’aujourd’hui a été caractérisée par une répression de la manifestation du FNDC contre le 3ème mandat. C’est dans cette lourde ambiance que le diplomate Onusien et l’opposant guinéen ont eu une tête à tête d’une demi-heure.

Mohamed Ibn Chambas, Représentant Spécial du Secrétaire Général et chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS)

A la fin de l’entretien Ibn Chambass s’est adressé aux médias présents sur les lieux. « Le peuple de Guinée a la solidarité des Nations Unies, le secrétaire général lui-même est préoccupé par la situation qui prévaut en Guinée. Il conseille tous les acteurs politiques, la société civile, les parties prenantes de privilégier le dialogue pour résoudre leur différend. Le droit de manifestation est un droit garanti par la constitution de la Guinée. Donc, il faut le respecter. Mais, on sait aussi que dans un Etat démocratique, il faut s’assurer que tous se déroule dans l’ordre avec retenue et responsabilité », a-t-il dit.

Poursuivant, Ibn Chambass s’est dit vraiment surpris de constater les incidents qui ont émaillé la marche du FNDC de ce jeudi, pourtant autorisée par les autorités. « Je suis arrivé il y a deux jours et puis il y avait la demande pour la manifestation qui était autorisée. Donc, on était content, on s’est dit que les choses vont bien se passer. Aujourd’hui, les gens sont sortis pour manifester, mais il y’a eu quelques incidents malheureux. Donc, c’est ça qui nous préoccupe. Il faut qu’on arrive à faire des manifestations dans ce pays normalement, comme dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, sans violence, sans victimes », a laissé entendre monsieur Chambass.

Pour terminer, l’hôte de Cellou Dalein a fait savoir que les Nations Unis sont assez claires, qu’ils veulent voir la situation s’arranger pour que les manifestants soient protégés, afin qu’ils puissent s’exprimer librement.

Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Marche du FNDC dispersée : voici la réaction de Cellou Dalein

14 novembre 2019 à 18 06 45 114511

Suite à la dispersion de la marche du FNDC de ce jeudi, 14 novembre 2019, Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition guinéenne et membre du comité de pilotage du Front National pour la Défense de la Constitution, a reçu un groupe de journalistes dont un de Guineematin.com à son domicile. L’opposant a dénoncé une « répression sauvage » de la manifestation, déplorant le meurtre par balle d’un jeune homme à Hamdallaye.

Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne

« La répression sauvage de la manifestation a eu lieu alors même qu’on était encore dans la partie supposée autorisée, on n’avait pas dépassé la limite de l’itinéraire autorisé. C’est là qu’ils ont foncé sur le cortège pour gazer les gens et hélas tirer aussi à balles réelles sur les manifestants parce qu’il y a eu des blessés. Et malheureusement, ils sont revenus encore sur l’axe pour tuer un jeune élève de 16 ans. Quels que soient la manifestation et l’itinéraire, ils ne peuvent pas ne pas venir sur l’axe pour tuer.

Nous déplorons et condamnons énergiquement cette violence exercée sur des manifestants qui étaient sur la partie autorisée de l’itinéraire. D’ailleurs, l’itinéraire qui devait nous conduire jusqu’au palais du peuple était tacitement autorisé dès lors qu’ils n’ont pas réagi dans les 48 heures prévues par la loi pour marquer leur opposition à cet itinéraire », a réagi le président de l’UFDG.

Qu’à cela ne tienne, ajoute Cellou Dalein Diallo, le FNDC va continuer le combat jusqu’à obtenir gain de cause. « Nous sommes résolument engagés à empêcher monsieur Alpha Condé à s’octroyer un troisième mandat. Nous allons donc nous retrouver très rapidement, tirer les leçons de cette manifestation et annoncer une nouvelle date. C’est notre seul recours, hélas ! Puisque rien n’a pu jusqu’à présent infléchir la position d’Alpha Condé. Il tient à sa présidence à vie et il est prêt à marcher sur des cadavres pour l’obtenir. Donc nous allons très rapidement annoncer une nouvelle date de manifestation », a annoncé l’opposant.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Marche du FNDC : suivez notre live

14 novembre 2019 à 12 12 37 113711

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, les défenseurs de la Constitution guinéenne sont dans la rue ce jeudi, 14 novembre 2019, pour leur quatrième manifestation contre le projet de nouvelle constitution et de 3ème mandat pour le président Alpha Condé.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose de suivre en direct cette marche :

Au cœur de la marche du FNDC, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Acte 4 de la marche contre un 3ème mandat : Sidya et Cellou à Conakry

14 novembre 2019 à 9 09 41 114111

C’est rare pour être souligné ! La marche du front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a été annoncée à la télévision nationale et dans les autres médias officiels. C’est le gouverneur de la ville de Conakry qui a signé ce communiqué qui bénéficie d’une surmédiatisation…

Communiqué :

Le Front National pour la Défense de la Constitution a adressé aux communes de Matoto, Matam et Kaloum une déclaration de manifestation pour l’organisation d’une marche le jeudi 14 novembre 2019 dans la ville de Conakry.

Les autorités locales concernées ont répondu favorablement en autorisant ladite marche pour ce jeudi 14 novembre 2019 de 8 heures à 15 heures sur l’itinéraire suivant : Rond-point Aéroport, point de départ – Gbessia Kondébounyi – Hamdallaye en passant par la transversale N°1 – Rond-point Belle – vue – Terrasse du stade du 28 septembre, point de dislocation.

Les courriers réponses ont été signifiés aux organisateurs. Les maires des cinq communes de Conakry, les Chefs services régionaux de sécurité, sont invités à prendre, chacun en ce qui le concerne, toutes les dispositions nécessaires au bon déroulement de cette manifestation.

a écrit le Général de Brigade Mathurin Bangoura, Gouverneur de la Ville de Conakry

Le FNDC maintient son itinéraire qui part du rond point aéroport pour le palais du peuple, via Bonfi et Madina, sur l’autoroute Fidel castro

Abdoulaye Oumou Sow, responsable de la communication du FNDC

Joint au téléphone par Guineematin.com, le responsable de la communication du FNDC a indiqué que la marche suivra l’itinéraire initialement prévu. « Le gouverneur ne peut pas attendre la veille de notre marche, à 20 heures 30, à seulement quelques petites heures de la marche, pour annoncer un changement de notre itinéraire. A plusieurs reprises, les autorités ont changé notre itinéraire par le passé ; mais, on a l’habitude de nous appeler à temps, on discute des conditions de sécurité et autres avec eux avant le début de la marche », a-t-il dit.

Abdoulaye Oumou Sow précise que la marche aura bel et bien lieu sur l’axe aéroport-palais du peuple, via Bonfi et Madina. « Lors de la dernière marche, il n’y a eu que trois discours (de Sidya Touré, de Cellou Dalein et de Foniké Mengué). Et, tous ont été obligés de résumer puisque les gens risquaient d’étouffer, de faire des crises. Il y avait énormément de monde. Nous avons frôlé la catastrophe ce jour ! Or, à l’esplanade du palais du peuple, ceux qui ne pourront pas entrer pourront s’arrêter sur l’autoroute et ils s’aligneront jusqu’au pont 8 novembre… », a-t-il indiqué.

Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo à Conakry pour la marche

Alors qu’ils étaient respectivement à Abidjan et Paris, les leaders de l’UFR et de l’UFDG sont rentrés d’urgence pour participer à la marche de ce jeudi, 14 novembre 2019. Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo comptent ainsi mobiliser massivement leurs militants en faveur de cette marche du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) dont ils sont membres.

Que cherchent les manifestants ?

Depuis le 14 octobre dernier, les manifestants réclament la libération des leaders et militants du FNDC et le renoncement du président Alpha Condé à changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir après la fin de son dernier mandat constitutionnel.

Appels à la paix et au dialogue

Plusieurs appels ont été entendus depuis le début de ces manifestations. Mais, les leaders du Front national pour la défense de la Constitution sont en prison et ne peuvent donc pas négocier, puisque détenus. C’est pourquoi, les manifestants conditionnent toute négociation à d’abord la libération des prisonniers et ensuite au renoncement du chef de l’Etat de sa volonté et son acceptation de respecter la Constitution guinéenne.

Risques de débordements lors de la marche de ce jeudi ?

Très souvent, la volonté des autorités d’empêcher les marches entraîne des débordements et quelques fois la paralysie de la ville. Ce qui peut satisfaire aux attentes des organisateurs des manifestations qui ne cherchent en réalité qu’à paralyser le pays pour contraindre le régime à libérer les prisonniers et renoncer au changement de la Constitution…

Déjà, des reporters de Guineematin.com sont sur les principaux axes routiers de la capitale guinéenne, ainsi que chez les principaux leaders pour mieux vous informer.

A suivre !

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Guinée : Alpha Condé fixe les élections législatives au 16 février 2020

11 novembre 2019 à 20 08 48 114811

Dans un décret rendu publique dans la soirée de ce lundi, 11 novembre 2019, le président Alpha Condé a fixé les élections législatives au 16 février 2020.

Cette date avait précédemment été proposée par le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Me Amadou Salif Kébé. Mais, les leaders de l’opposition avait déjà réclamé le départ de ce dernier. Cellou Dalein Diallo (président de l’UFDG) et Sidya Touré (président de l’UFR) ont pointé du doigt une position partisane du président de la CENI qu’ils jugent désormais illégitime à la tête de l’organe électoral.

Finiront-ils par laisser Salif Kébé piloter l’organisation des élections législatives ?

Attendons de suivre !

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Bah Oury sur sa participation à la marche du FNDC : « la situation a évolué »

8 novembre 2019 à 18 06 01 110111

Comme annoncé précédemment, Bah Oury a surpris plus d’un observateur en prenant part à la manifestation organisée par le FNDC hier, jeudi 07 novembre 2019, à Conakry. Alors qu’il n’est pas membre du Front National pour la Défense de la Constitution, le président de l’Union pour la Démocratie et le Développement (UDD) a marché avec les leaders et partisans de ce front pour exprimer son opposition à un troisième mandat pour le président Alpha Condé. Il est revenu notamment sur les raisons qui l’ont poussé à participer à cette manifestation, mais aussi aux salutations qu’il a adressées à Cellou Dalein Diallo à cette occasion, au cours d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com ce vendredi, 08 novembre 2019.

Guineematin.com : vous n’êtes pas membre du FNDC, mais vous avez décidé de prendre part à la marche organisée hier, jeudi, par ce front à Conakry. Qu’est-ce qui vous a motivé à y participer ?

Bah Oury : je pense que la situation a évolué depuis le 14 octobre 2019, avec les exactions du 14 octobre et du 04 novembre notamment lors de la marche funèbre. Il y a en plus les autorisations à manifester qui ont permis de faire en sorte que les manifestations du 24 octobre et du 31 octobre soient un grand succès. Hier également, la manifestation a été autorisée, donc il faut relativiser la dynamique pour prendre en compte cette nouvelle réalité. Toutes les manifestations qui débouchent sur des tragédies, bien entendu il faut éviter, il ne faut pas aller dans cette direction. Mais, dans la mesure où les manifestations comme la constitution les garantit sont effectivement respectées par les autorités gouvernementales, je pense que notre appréciation de la situation a nécessairement évolué.

Maintenant pourquoi hier ? Parce que la situation nécessite de mettre en avant l’intérêt supérieur du pays. La nécessité de faire entendre une voix majoritaire au président de la République comme quoi, son peuple ne souhaite pas qu’il y ait un processus de changement de la constitution. Parce qu’aller dans cette direction, c’est rappeler les déconvenues du Koudéisme avec tout ce que ça a coûté à la Guinée pendant près de 10 ans, et jusqu’à présent les blessures de ces périodes ne sont pas cicatrisées. Donc, il ne faut pas en rajouter à des blessures anciennes sinon ça risque de détruire la paix dans ce pays pour très longtemps.

Evitons de nous engager dans cette direction, renoncez au changement constitutionnel, préparez correctement les élections nationales pour qu’il y ait une alternance démocratique. Ce que depuis l’indépendance les Guinéens ont toujours cherché et rêvé. Donc, aller dans cette direction permettrait d’asseoir les bases réelles de la démocratisation de la société guinéenne. C’est ce que nous souhaitons et c’est ce que nous voulons que le président de la République fasse, d’où notre implication à la marche du FNDC du jeudi, 07 novembre 2019.

Guineematin.com : le CAR, coalition dont vous étiez membre, est opposé aux manifestations du FNDC qu’il juge inopportunes et prématurées. Comment expliquer votre détachement de ce lot pour finalement prendre part à ces mouvements de protestation que vous-mêmes dénonciez il y a quelques semaines ?

Bah Oury : maintenant il y a eu deux développements qui ont changé la donne. Depuis le 04 septembre jusqu’aujourd’hui, ça fait plus de deux mois. Le président aurait dû prendre acte de la position majoritairement exprimée par les citoyens. Ce n’est pas encore le cas. Donc pour nous, il était important de montrer notre implication de manière concrète et réelle aussi bien à Dakar qu’à Conakry. Nous ne souhaitons pas que ce changement constitutionnel puisse avoir lieu.

Guineematin.com : vous avez marqué les esprits à l’occasion de cette marche en soulevant la main pour saluer Cellou Dalein Diallo avec lequel vous n’êtes pas en bon termes. L’image a fait le tour des réseaux sociaux, et beaucoup ont salué une grande maturité de votre part. Qu’est-ce qui explique cet acte ?

Bah Oury : c’est tout à fait normal. Elhadj Cellou Dalein Diallo est un aîné. Et dans le combat actuel, nous sommes tous contre le changement constitutionnel, nous sommes contre un troisième mandat, nous voulons que la stabilité de la Guinée soit préservée pour qu’il y ait une alternance démocratique apaisée. Il n’y a pas de raison que je privilégie disons des querelles que j’ai jetées par-dessus la rivière alors que l’intérêt de la Guinée nécessite de renforcer les liens avec tous les démocrates et ceux qui veulent que la Guinée ne s’engage pas dans une voie qui pourrait être désastreuse.

Guineematin.com : ça veut dire que vous comptez désormais collaborer avec Cellou Dalein pour combattre le projet de nouvelle constitution ?

Bah Oury : bien sûr ! Puisque nous étions ensemble sur le terrain hier. Moi, je n’ai pas d’esprit de revanche, non. Je regarde en avant. Ce que je veux, c’est que le pays avance, c’est que la Guinée avance, que les meilleurs fils se donnent la main pour assurer la stabilité de ce pays et pour que ce pays se construise. On a suffisamment eu de tragédies par le passé, vaut mieux changer de façon de faire, changer d’état d’esprit. Et, c’est cela qui pourra nous permettre de résoudre valablement les graves questions. J’ai ajouté dans un tweet que l’esprit de Mandela s’est imposé. L’esprit de Mandela c’est quoi ?

C’est le refus de l’esprit de revanche, c’est l’empathie, c’est le pardon, c’est une ouverture vers la construction ensemble de quelque chose qui transcende nos individualités. Et, cela est valable aussi bien pour le chef de file de l’opposition que pour le président de la République, pour quelqu’un d’autre. Nous devons transcender nos petits clivages pour mettre en avant l’intérêt de la Guinée. C’est cela qui nous permettra de rattraper notre retard, de construire un pays paisible et d’être au rendez-vous pour que la Guinée dans les prochaines années soit la locomotive de l’Afrique de l’ouest.

Guineematin.com : lors de la marche organisée la semaine dernière à Dakar par le FNDC et certaines organisations de la société civile sénégalaise, des jeunes ont décidé de s’en prendre à vous. Que s’est-il réellement passé ?

Bah Oury : ça n’a pas d’intérêt. Je ne reviens plus sur les querelles. Continuons à marcher en avant. C’était un incident mineur mais ça n’a plus d’importance.

Guineematin.com : vous êtes engagé à défendre l’actuelle constitution, quel est votre appel à l’endroit du peuple de Guinée ?

Bah Oury : c’est la raison pour laquelle on se mobilise au niveau de l’UDD, pour renforcer l’UDD. On fait en sorte que notre message et notre voix aillent au-delà d’un clan, d’un groupe. Nous voulons rassembler les Guinéens sur des valeurs positives qui nous permettrons de construire notre pays. L’esprit FNDC est un esprit qui va au-delà de l’opposition, même les gens qui sont dans la mouvance et qui souhaitent la stabilité de la Guinée ne peuvent être contre le FNDC. Tout le contraire. Donc, il faut aller vers des messages fédérateurs, qui rassemblent le plus largement possible. Parce que la Guinée en a besoin. Elle a été longtemps divisée, il faut qu’on change de paradigme pour construire enfin notre pays.

Interview réalisée par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Assassinats de manifestants : « Alpha Condé a perdu le sens de la raison », dit Cellou Dalein

7 novembre 2019 à 19 07 30 113011

Comme annoncé précédemment, plusieurs centaines de milliers de personnes ont répondu à l’appel à marcher du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ce jeudi, 07 novembre 2019. Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), a salué la mobilisation et invité l’ensemble du peuple de Guinée à se mobiliser davantage le jeudi prochain pour continuer à s’opposer au projet de 3ème mandat, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Le président de l’UFDG a commencé par féliciter le peuple de Guinée dans sa majorité pour avoir massivement répondu à l’appel du FNDC. Selon lui, en dépit de la distance et de la température très élevée de Conakry, les gens sont sortis massivement dans la discipline pour dire leur opposition à tout changement de la constitution. « Mes chers frères et sœurs, je commencerai par vous féliciter pour cette grandiose mobilisation qui est un message clair à monsieur Alpha Condé. Vous avez résisté à la chaleur, vous avez résisté à la fatigue, vous avez résisté à la déshydratation pour venir vous exprimer, exprimer vos convictions en tant que Guinéens. Nous devons vous féliciter. Je voudrais féliciter aussi les nombreux citoyens qui sont sortis devant leurs domiciles, devant leurs ateliers, devant leurs magasins, pour applaudir le cortège. Ils étaient autant nombreux que ceux qui étaient en train de marcher. Ce qui démontre, s’il en était besoin, que toute la Guinée dans sa diversité politique, ethnique, socioprofessionnelle est opposée au 3ème mandat ».

Revenant sur les récents cas d’assassinats à Conakry, Cellou Dalein Diallo a rendu un hommage à ceux qui ont été tués lors des obsèques des 11 jeunes qui ont subi le même sort à la mi-octobre. Sans cité son nom, Cellou Dalein Diallo a dit sa déception quant aux propos tenu par un haut cadre de la police nationale à la télévision sur les violences qui ont émaillé la procession funèbres du lundi 04 novembre. « Je ne peux pas terminer mon discours sans vous rendre hommage parce que beaucoup d’entre vous étaient aux funérailles et qui ont perdu la vie par la faute de nos forces de défense et de sécurité. Vous avez suivi le comble du ridicule. J’ai écouté un haut responsable de la police dire que c’est le vent qui orienté les bombes lacrymogènes dans le cimetière et aux alentours de la mosquée. Ceux qui étaient dans le cimetière, ils ont vu une pluie de bombes lacrymogènes tombées dans le cimetière. Ça ne leur a pas suffi, ils sont venus ramasser et confisquer toutes les caisses qui avaient servi à transporter nos camarades. Ces caisses sont actuellement confisquées à la CMIS numéro un de Cameroun, on n’arrive pas à les récupérer. C’est pour dire à quels points nos agents des forces de sécurité sont devenus inhumains. Dans notre civilisation, dans notre culture Guinéenne, la mort réconcilie les gens. Parce que tout le monde vient compatir à la douleur de la famille éplorée. Pour eux, la mort est une source de violence, une source de mort. Alpha Condé a perdu le sens de la raison. Je crois que c’est la sommité. Sinon, comment laissez commettre les actes comme ça, sans que les sanctions ne pleuvent le lendemain s’il était encore soucieux du devenir, de la cohésion de notre société ? ».

Pour finir, le chef de file de l’opposition a invité les Guinéens à se mobiliser davantage lors de la prochaine manifestation afin de montrer à Alpha Condé que son projet de 3ème mandat ne marchera pas. « Soyez mobilisés. J’avais dit ici la dernière fois que la prochaine manifestation permettrait au FNDC de doubler la performance du 24 octobre. La prochaine fois, il faut qu’on fasse plus pour démontrer que la Guinée ne veut pas de 3ème mandat. Je sais que vous êtes fatigués, déshydratés, mais vous avez bravé tout ça. Encore une fois, félicitations ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Guinée : le FNDC annonce une nouvelle manifestation à Conakry le jeudi prochain, 14 novembre (Discours)

7 novembre 2019 à 17 05 13 111311

C’est une marée humaine qui a déferlé à l’Esplanade du stade du 28 septembre ce jeudi, 07 novembre 2019, aux environs de 15 heures, entonnant en chœur « Amoulanfé ! Gassata ! Até Ben ! (ça ne marchera pas, en soussou, poular et malinké). Une manière pour les membres du FNDC de dire au régime que le troisième mandat du président Alpha Condé ne passera pas en République de Guinée.

Après l’hymne national, Liberté, c’est le président de l’UFR qui a ouvert le bal des discours. Sidya Touré a invité le président Alpha Condé à tirer les leçons de cette forte mobilisation des Guinéens qui sont prêts à tout, sauf accepter son projet d’un pouvoir à vie. Le leader de l’UFR a rappelé qu’aucune des personnes mobilisées ce jeudi n’a été payée, ni contrainte à marcher cette si longue distance qui sépare la Tannerie (point de départ) à l’Esplanade du stade du 28 septembre (point d’arriver et lieu du meeting).

Pour sa part, le président de l’UFDG a d’abord salué la forte mobilisation des Guinéens à qui il a demandé encore plus de détermination pour les prochaines manifestations qui se poursuivront jusqu’à l’annonce du président Alpha Condé qu’il se pliera aux lois guinéennes et qu’il ne fera pas un troisième mandat. Cellou Dalein Diallo a regretté et dit son étonnement d’entendre un haut responsable de la police nationale affirmer que le gaz lacrymogène lancé dans la mosquée de Bambéto et au cimetière a été entraîné en ces lieux par le vent, alors que tous ceux qui y étaient sont témoins de ce qui s’est passé. Après avoir présenté ses condoléances aux familles éplorées, le chef de file de l’opposition a rappelé qu’il y a déjà 16 personnes qui ont été tuées depuis le 14 octobre à Conakry (14) et à l’intérieur du pays (2 à Mamou), uniquement pour demander au président Alpha Condé de respecter la Constitution guinéenne sur laquelle il a juré deux fois (en 2010 et 2015).

Clôturant les discours, le coordinateur par intérim du FNDC a annoncé une autre grande marche le jeudi prochain, 14 novembre 2019. Rassuré par les mobilisations chaque fois plus importantes que les précédentes, Foniké Mengué a précisé que la prochaine marche partira du rond-point de l’aéroport pour le palais du peuple. « Parce que l’esplanade du stade ne peut plus contenir nos marcheurs », a-t-il ajouté.

A rappeler que les trois intervenants, qui ont parlé au nom des manifestants de ce jeudi, ont demandé la libération immédiate des leaders du FNDC arbitrairement arrêtés et condamnés : Abdourahmane Sanoh, Sékou Koundouno, Ibrahima Diallo, Badra Koné, Elie Kamano, Bill de Sam, Baïlo Destin en Main…

A suivre !

De l’Esplanade du stade du 28 septembre, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Cellou à la manif du FNDC : « je suis avec des citoyens décidés bec et ongle… »

7 novembre 2019 à 15 03 18 111811

De très nombreux Guinéens, opposés au projet de nouvelle constitution, ont répondu à l’appel à marcher du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) de ce jeudi, 07 novembre 2019. Habillé en tenue kaki, t-shirt rouge du FNDC en dessous, et une casquette du FNDC vissé sur Cellou Dalein Diallo depuis le capot de son véhicule a félicité de vive voix les Guinéens présent à cette marche.

Le patron de l’UFDG a dit que les manifestations continueront jusqu’à ce qu’Alpha Condé renonce à son projet de 3ème mandat, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Décryptage !

« Je me réjouis d’abord de constater que les Guinéens ont massivement répondu à l’appel du FNDC, beaucoup plus que le24 octobre dernier, qui n’a rien à avoir avec l’accueil réservé à monsieur Alpha Condé. Mais, c’est un accueil qui avait été organisé, ce sont des fonctionnaires qui avaient été obligés de sortir, les agents des services publics et parapublics, les élèves, tout le monde a été mobilisé sous l’effet de la corruption et de l’intimidation.

Aujourd’hui, je suis avec des citoyens qui ont décidé librement de venir porter leur message à Alpha Condé, lui montrer qu’ils ne sont pas prêts à accepter un 3ème mandat et qu’ils défendent bec et ongle notre constitution. Je suis satisfait. Vraiment, je félicite les Guinéens qui ont répondu massivement à l’appel du FNDC et je constate que le FNDC incarne véritablement la volonté de notre peuple.

Nous allons organiser une manifestation dans les jours qui viennent. On va tirer d’abord les leçons de celle-ci et puis lancer un autre mot d’ordre dans les jours qui viennent pour que le peuple continue d’exprimer son refus catégorique d’aller vers un 3ème mandat.

Ce projet ne passera pas, les Guinéens n’en veulent pas. Comparez seulement cette manifestation à celle qui avait été faite à l’occasion de la réception d’Alpha Condé et qui avait connu la présence des fonctionnaires, des élèves… On a été obligé de fermer les classes, les hôpitaux ont été fermés. Tous les établissements publics se sont vus non seulement d’apporter de l’argent, mais de mobiliser leur personnel… ».

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Attaque du cortège funèbre : Cellou Dalein dément le gouvernement

6 novembre 2019 à 19 07 42 114211
Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, chef de file de l’opposition guinéenne

Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, ce mercredi, 06 novembre 2019, Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, a réagi au communiqué du gouvernement relatif aux trois morts enregistrés lundi dernier à Conakry. Le chef de file de l’opposition guinéenne dément la version des autorités et dénonce un manque d’honnêteté de leur part.

Dans son communiqué diffusé sur les antennes de la télévision nationale, le gouvernement guinéen a laissé entendre que les 3 jeunes tués par balles le lundi, 04 novembre 2019, n’ont pas été touchés dans le cortège funèbre des 11 autres jeunes tués dans les manifestations appelées par le FNDC les 14, 15 et 16 octobre dernier. Les autorités annoncent que ces tueries sont survenues en dehors du périmètre dans lequel se tenaient les obsèques. Une version que rejette Cellou Dalein Diallo.

« Ils ont déployé beaucoup d’agents au niveau du carrefour Bambéto qui se trouve être entre le cimetière et la mosquée. Et dès qu’on a vu l’arsenal qui était là, des agents nerveux et armés jusqu’aux dents, on a senti qu’il y avait des instructions de saboter, de tirer sur le cortège. Donc ils ont pulvérisé le cortège de gaz lacrymogène et ils ont tiré sur ce cortège funèbre. Ce qui est nouveau et ce qui est vraiment déplorable. Parce que c’est des actes inhumains, immoraux auxquels les Guinéens n’étaient pas habitués…

Et ils sont allés jusqu’à jeter des bombes lacrymogènes sur la mosquée au moment où on priait sur les corps et dans le cimetière au moment où les gens mettaient les corps dans les tombes. C’est seul Alpha Condé qui peut ordonner ou tolérer ce genre de choses en Afrique », explique le président de l’UFDG.

Pour l’opposant, il n’est pas étonnant que le gouvernement parle de la sorte en cherchant à nier l’évidence. De toutes les façons, dit-il, les gens ne croient plus aux déclarations des autorités guinéennes. « Le gouvernement n’a jamais dit la vérité. C’est le déficit le plus grave dont souffre notre société, le fait d’avoir des dirigeants qui n’ont pas de probité, qui n’ont pas d’éthique et qui ont toujours des déclarations de nature politique pour se disculper. Aujourd’hui, ils ont perdu toute crédibilité en raison justement de leur manque de probité et d’honnêteté intellectuelle et d’éthique. Donc personne ne croit aux versions qu’ils donnent.

La version d’Alpha Condé d’ailleurs, c’est de dire que ce sont les manifestants qui se tuent entre eux parce qu’il ne peut pas justifier le fait que depuis 2011, il y a tant de morts, tant de carnage lors des manifestations politiques ou sociales et que jamais il n’a voulu qu’il y ait une enquête pour identifier les auteurs des crimes commis lors de des manifestations politiques. Donc naturellement, il faut qu’il cherche des parades au lieu de mener des enquêtes, identifier les coupables, il dit non ils se tuent entre eux, donc ça ne me regarde pas. C’est comme ça qu’Alpha Condé raisonne en tout cas si on se réfère à sa déclaration tenue à Koba (Boffa) il y a quelques semaines », a-t-il dit.

Cellou Dalein Diallo a fustigé par ailleurs, les tentatives de musellement de la presse guinéenne par les autorités. Cela à travers la fermeture de certaines radios mais aussi les agressions dont des reporters de Guineematin.com et d’Espace TV ont été victimes samedi dernier au siège du RPG Arc-en-ciel. « Je condamne fermement la fermeture de la radio continentale, la violence exercée sur un journaliste qui était venu couvrir l’assemblée générale du RPG, la radiation d’un imam par le secrétariat général de la ligue islamique. Parce que tout cela aussi, ce sont des signes d’une fin de règne », a dit le président de l’UFDG.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Tueries de manifestants en Guinée : l’opposition demande à la CEDEAO et à l’UA de prendre leurs responsabilités

6 novembre 2019 à 13 01 05 110511
Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, chef de file de l’opposition guinéenne

Comme indiqué précédemment, les membres de la communauté internationale ont publié un communiqué hier, mardi 05 novembre 2019, après l’attaque mortelle du cortège funèbre des 11 premières victimes des manifestations à Conakry contre un troisième mandat du président Alpha Condé. Mais, loin de rassurer ou apaiser, ce communiqué déçoit l’opinion publique guinéenne, notamment l’opposition qui rêvait d’une condamnation beaucoup « plus responsable face aux crimes »

Interrogé dans la matinée de ce mercredi par un reporter de Guineematin.com, le président de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne n’a pas caché sa déception. Cellou Dalein Diallo s’attendait à une réaction plus responsable de ces ambassadeurs et représentants des institutions internationales face à d’aussi graves crimes humains.

« La communauté internationale a déploré, elle n’a pas suffisamment condamné comme je l’aurais souhaité. Elle a invité au dialogue… Je pense que les crimes commis de manière récurrente dans notre pays méritaient d’un traitement beaucoup plus responsable de la communauté internationale. Parce que face à l’impunité qui est accordée aux criminels, je pense que la communauté internationale devrait se mobiliser davantage pour condamner quand même ces crimes et surtout l’impunité qui est accordée aux auteurs. La CEDEAO, aussi bien que l’Union africaine, devraient prendre leurs responsabilités face à cette situation qui prévaut aujourd’hui en Guinée. Les droits humains sont violés de manière récurrentes, des crimes d’Etat sont commis sans que jamais justice ne soit rendue aux victimes », a notamment dénoncé Cellou Dalein Diallo.

A suivre !

Interview réalisée par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Marche du FNDC autorisée ce jeudi : Cellou Dalein sur l’itinéraire

6 novembre 2019 à 12 12 35 113511
Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, chef de file de l’opposition guinéenne

La marche pacifique prévue demain, jeudi, par le FNDC à Conakry est autorisée par les autorités. C’est Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition guinéenne qui l’a annoncé au cours d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com ce mercredi, 06 novembre 2019.

« La marche a été autorisée. Le FNDC a reçu des courriers retour venant des différentes mairies, et une réunion est convoquée aujourd’hui au gouvernorat pour définir les modalités d’encadrement de la marche », a annoncé l’opposant, membre du Front National pour la Défense de la Constitution.

Il ajoute que cette manifestation se déroulera sur le même itinéraire que celle du 24 octobre dernier. « Il y a un consensus sur l’itinéraire. Nous partirons de la Tannerie, nous viendrons au rond-point de l’aéroport. Et puis à partir de Kondébounyi, nous allons bifurquer pour emprunter la T1, traverser les ronds-points de Hamdallaye et de Belle-Vue et terminer la marche sur l’esplanade du stade du 28 septembre ».

Le président de l’UFDG assure que le FNDC a pris toutes les dispositions pour la bonne marche de cette autre manifestation. « On a sensibilisé les gens d’abord pour qu’ils se mobilisent massivement et ensuite pour qu’ils effectuent la marche avec beaucoup de responsabilité pour éviter des heurts avec les riverains, les usagers de la route et même les forces de l’ordre. Et comme on avait réussi à le faire lors de la marche du 24 octobre, nous pensons pouvoir réitérer le même exploit en termes de bilan, de sécurité et de retenue. En espérant bien sûr que les forces de l’ordre ne vont pas se livrer à des provocations comme elles l’ont fait avant-hier, lors des obsèques des 11 victimes des premières manifestations non autorisées », a-t-il dit.

Cellou Dalein Diallo précise que cette marche vise non seulement à protester contre le projet de troisième mandat du président Alpha Condé, mais aussi à exiger la libération des leaders du FNDC et de toutes les autres personnes arrêtées et détenues dans le cadre de ce combat. Il appelle à une forte mobilisation des Guinéens pour permettre l’atteinte de ces objectifs. « J’invite tous les compatriotes guinéens à se mobiliser demain massivement pour prendre part à cette manifestation du Front National pour la Défense de la Constitution.

Que les Guinéens se mobilisent parce que tout ce qui se fait actuellement par le pouvoir montre qu’il y a de la panique, et ils veulent intimider les citoyens qui exigent le respect de leur Constitution et qui demandent à monsieur Alpha Condé de renoncer à son projet de troisième mandat qui, non seulement met en cause l’Etat de droit, la démocratie, mais également la paix et la cohésion sociale en République de Guinée. Il faut qu’on se mobilise tous et massivement pour montrer à Alpha Condé que nous voulons que nos compatriotes qui sont détenus arbitrairement dans ses prisons soient libérés. Donc pour exiger leur libération et pour exiger l’abandon de ce projet de troisième mandat », a lancé l’opposant.

A suivre !

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Cellou Dalein déçu du régime Alpha Condé : « c’est l’expression accomplie de la dictature »

4 novembre 2019 à 18 06 27 112711

A l’occasion de la levée des onze (11) corps des victimes des manifestations du Front National pour la Défense de la Constitution de ce lundi, 04 novembre, l’émotion était vive à l’hôpital sino-guinéen de Kipé, dans la commune de Ratoma. Acteurs politiques et de la société civile, membres du FNDC, ont dénoncé les nombreux cas d’assassinats jamais élucidés depuis l’accession d’Alpha Condé au pouvoir, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Présent cette cérémonie, le président de l’UFDG et chef de file de l’opposition, a critiqué la dictature érigée en mode de gouvernance dans notre pays. « Non seulement vous avez onze (11) corps qui sont couchés ici, mais vous avez un qui a été enterré à Maréla, dans Faranah, il y a deux autres qui ont été enterrés à Mamou. Le drame, c’est que depuis 2011, on assiste au même scénario : manifestation de l’opposition, répression dans le sang de ces manifestations. Des dizaines de citoyens ont été abattus à bout portant par ceux qui sont chargés d’assurer la sécurité des citoyens », a lancé Cellou Dalein Diallo.

Pa ailleurs, le président de l’UFDG, parti membre fondateur du FNDC, a rappelé que le régime du président Condé n’a jamais affiché la volonté de retrouver les coupables des dizaines de tueries commises sous son règne. « Le problème c’est que dans ce pays, il y a un président qui prétend être élu démocratiquement et qui est censé être le président de tous les guinéens. Mais ces victimes, qui sont de l’opposition, pour lui, ce n’est pas des citoyens. Ils ne méritent ni la compassion du gouvernement, ni la justice. C’est ça le drame. Nous sommes dans un pays de non-droit. La dictature se définit souvent comme la négation du droit. Le régime guinéen, c’est l’expression accomplie de la dictature. L’impunité encourage la récidive. Depuis 2011, monsieur Alpha Condé refuse systématiquement que les auteurs de ces crimes soient identifiés et déférés devant les tribunaux. Le premier conflit entre lui et maitre Sakho, le ministre de la justice qui a fini par démissionner, c’est qu’à son arrivée, il était résolument engagé à mettre sur pied une commission pour identifier les auteurs des crimes commis lors des manifestations, parce que pour lui, c’est inconcevable dans un pays, présumé régit par les règle de droit, qu’on puisse laisser impuni des crimes de masse de cette ampleur. Aujourd’hui, nous sommes à près de 120 citoyens tués dans les circonstances que vous connaissez, mais jamais que le gouvernement de la République n’a voulu que les auteurs soient identifiés », a dit Cellou Dalein Diallo.

Interrogé sur les affirmations selon lesquelles c’est l’UFDG qui fait le FNDC, le chef de file de l’opposition a balayé tout d’un revers de main. « C’est absolument faux de dire que le FNDC c’est l’UFDG. Est-ce que tous ceux-ci sont de l’UFDG ? Fodé Bangoura, Chérif Abdallah, le PEDN, Sidya Touré, Almamy Kabélé, et tous ceux qui sont de la société civile, PCUD, Balai Citoyen, les syndicalistes, qui agissent, qui contestent, qui dénoncent, ce n’est pas l’UFDG. L’UFDG n’est qu’un membre fondateur du FNDC, tout comme l’UFR, le PEDN, le PUP et le GOHA. Donc, ça c’est une manière de discréditer notre mouvement. Mais, ils perdent leur temps. La Guinée est rassemblée au sein du FNDC, dans toute sa diversité. C’est un pas important vers la réconciliation des guinéens, au-delà de leur sensibilité politique, au delà de leur diversité socioprofessionnelle », a-t-il laissé entendre.

Ibrahima Sory Diallo pour Guieematin.com

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Manifestation du FNDC à Conakry : le film d’une « marche funèbre » qui enterre le projet du 3ème mandat

25 octobre 2019 à 9 09 44 104410

C’est un pari réussi pour le front national pour la défense de la constitution (FNDC) en Guinée. Au lendemain d’une vague de « décisions synchronisées » qui a condamné plusieurs de ses responsables et militants à la prison ferme, ce mouvement anti-3ème mandat a drainé hier, jeudi 24 octobre 2019, une marée humaine à l’esplanade du stade du 28 septembre. Une foule compacte qui est sortie exprimer de vive voix son opposition à un projet de nouvelle constitution qui pourrait permettre au président Alpha Condé de rester au pouvoir au-delà de 2020, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi cette file interminable d’hommes et de femmes venus des différents quartiers de Conakry.

Un calme trompeur, une journée de marche pacifique, une marée humaine dans les rues de Conakry. Ce jeudi de manifestation du front national pour la défense de la constitution sera, surement, gravé dans les annales de l’histoire sociopolitique de la Guinée. Malgré les séquestrations, les arrestations, les procès synchronisés et la condamnation de plusieurs de ses membres à Conakry et à l’intérieur du pays, le FNDC a fait une démonstration de force qui a surpassé de loin les attentes. A l’appel de ce mouvement anti-3ème mandat, un déferlement humain d’une rare intensité a été enregistré dans les rues de Conakry. Des marcheurs (plus d’un million, selon le FNDC) venus de différents endroits de la capitale sont sortis exprimer leur opposition à un référendum constitutionnel qui permettrait à l’actuel chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé, de briguer un autre mandat à la tête de la Guinée.

Dans la matinée, alors que les militants anti-3ème mandat ralliaient la Tannerie (lieu de départ de la marche) dans la commune de Matoto, un silence trompeur régnait au domicile de Sidya Touré, le président de l’Union des forces républicaines (un parti politique membre du FNDC). A 9 heures, la dizaine de gardiens, de chauffeurs et de jeunes cadres du parti républicain qui se trouvaient dans la cour de l’ancien Haut représentant du chef de l’Etat, dégageaient un leurre. Comme si cette journée était ordinaire, ils écoutaient une émission de radio locale et faisaient des commentaires un peu sévères à l’endroit des animateurs de ladite émission. « Vous n’avez rien compris. Sortez de votre studio pour vivre la réalité du terrain », disaient-ils entre autres pour marquer leur désapprobation face aux commentaires qu’ils entendaient à la radio. Tout paraissait normal en ce jour de grande mobilisation pour une manifestation contre un projet de nouvelle constitution. Tout ce temps, Sidya Touré était à l’intérieur de sa maison. Il a fallu l’arrivée (à 10 heures 28’) du secrétaire général de son parti, Saïkou Yaya Barry, pour qu’il sorte de sa forteresse.

Quelques minutes plus tard, le leader de l’UFR (vêtu d’un costume bleu) et sa suite prirent le chemin de la Tannerie, pour rejoindre les militants et sympathisants du FNDC. Sur la route qui leur a conduit à ce point de ralliement, on pouvait voir quelques citoyens arrêtés sur le trottoir. D’un geste de la main, ils saluaient le cortège de l’UFR avant de lancer en Soussou : « Amoulanfé (ça ne marchera pas) ».

A Gbéssia et Yimbaya, Sidya Touré a été acclamé par des groupes de jeunes dont certains à moto. Par moment, « Dounké-Manguè (le court président) » comme ils l’appelaient affectueusement, ouvrait la portuaire de son véhicule, sortait la tête, arborait un large sourire et saluait ces jeunes qui tenaient à lui serrer la main.

A son arrivée à la Tannerie (aux environs de 11 heures), il n’y avait pas un monde impressionnant sur ce lieu. Des leaders politique comme Faya Milimono du parti BL, Ousmane Kaba du PADES, Me Kabélé Camara du RGD, Siaka Barry de Guinée Debout… avaient déjà été signalés présents sur ce lieu de ralliement. Mais, le temps pour le cortège de Sidya Touré de tourner et changer de direction, une foule immense a déferlé sur la chaussée. La marche pacifique contre le troisième mandat commence sur fond de slogan et les véhicules des leaders de l’UFR et de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée), Cellou Dalein Diallo, se retrouvent côte à côte. Ce dernier avait à ses côtés le coordinateur national du FNDC par intérim, Oumar Sylla (Fonikè-Manguè). « Amoulanfé ! Alpha zéro ! Justice zéro ! A bas le troisième mandat », disaient les marcheurs qui tenaient des pancartes et des prospectus sur lesquels on pouvait lire : « 2020 un autre ! Non au troisième mandat ! Non à la nouvelle constitution ! Amoulanfé » ou encore « Libérez nos camarades ! Libérez nos frères du FNDC ! Démocratie en danger ! Alpha Condé n’est pas le seul guinéen, il doit partir en 2020 ».

Une marée humaine, composée d’hommes et de femmes de tous les âges et sans discrimination, était dans la rue. Certains à pieds, d’autres à motos, ces guinéens ont battu le pavé au rythme de chants et de danses pour dénoncer les velléités du président Alpha Condé de diriger la Guinée après 2020. Pas besoin de se connaître, la cause à défendre (la constitution de Mai 2010) en vaut la peine. Comme une seule famille, on rit, on s’asperge de l’eau, on s’excuse des bousculades, on partage le moindre manger, on s’entre aide pour retenir ceux qui trébuchent sous le poids de la fatigue.

Sous un soleil peu clément, la marche qui s’est déroulée dans trois communes de Conakry (Matoto, Ratoma et Dixinn) a été éprouvante. Mais, la détermination des marcheurs n’a jamais faibli. D’ailleurs, tout au long du trajet qui les a conduits à l’esplanade du stade du 28 septembre, les marcheurs ont été galvanisés par des femmes, des élèves, des ouvriers… qui étaient debout du haut des bâtiments à étage ou arrêtés devant des concessions au bord de la route.

Impressionné par le niveau de la mobilisation, le leader de l’UFR s’est permis de faire une confidence. « Depuis 2001, je n’ai jamais vu une telle mobilisation », a dit Sidya Touré à l’esplanade du stade du 28 septembre où la marche a pris fin par un meeting.

« La marche que nous étions en train d’effectuer, c’est la marche funèbre du troisième mandat », renchérit Cellou Dalein Diallo, le leader de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne.

A noter qu’aucun incident n’a été enregistré entre les marcheurs et les forces de l’ordre qui ont encadré cette marche pacifique et citoyenne. Il faut tout de même regretter un accident entre deux manifestants dans la matinée qui a entraîné la mort d’un motard.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Cellou Dalein à Alpha Condé : « j’espère qu’il va tirer toutes les conséquences »

24 octobre 2019 à 23 11 20 102010

Le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) a organisé une marche dite d’historique ce jeudi, 24 octobre 2019 à Conakry. Partis du rond-point de la Tannerie à l’esplanade du stade du 28 septembre via Kondébounyi, les principaux leaders politiques sociaux ont tenu des discours caustiques à l’endroit du pouvoir en place à Conakry. Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition, n’a pas mâché ses mots à l’encontre du régime Alpha Condé, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cellou Dalein Diallo, après avoir félicité les citoyens pour la forte mobilisation, a laissé entendre que la marche de ce jeudi est « la marche funèbre » contre le 3ème mandat. « Vous avez fait preuve de courage. Malgré la fatigue, entrainée par la longueur de la marche mais aussi par la déshydratation qui l’accompagne, vous avez effectué la marche dans l’enthousiasme, parce que vous étiez conscient que vous étiez en train de défendre la Guinée. Félicitation, jeunes de Guinée. Vous savez, la marche que nous étions en train d’effectuer, c’est la marche funèbre du 3ème mandat. Le 3ème mandat doit être enterré à la terrasse du stade du 28 septembre. Mais, nous attendons le père du 3ème mandat. Comme il n’est pas là, on ne peut pas enterrer son fils à son absence. Nous sommes respectueux de nos traditions. Le cadavre est là, nous attendons le père pour procéder à l’enterrement définitif du 3ème mandat ; mais, il est déjà mort de manière définitive aujourd’hui », a dit avec insistance le président de l’UFDG.

Poursuivant, le chef de file de l’opposition a fait savoir qu’à travers cette marche, le peuple de Guinée vient de délivrer un message important à Alpha Condé. « J’espère qu’il va faire preuve de sagesse, déchiffrer le message et tiré toutes les conséquences. Les conséquences que nous attendons, je le dis calmement mais fermement, c’est de faire un discours public, pour renoncer de manière solennellement et irrévocable à son projet de 3ème mandat que nous avons enterré aujourd’hui. Il n’a qu’à faire le deuil du 3ème mandat et l’enterrer le jour où il aura le courage et la sagesse de prononcer ce discours funèbre… »

En outre, Cellou Dalein Diallo a invité le peuple de Guinée à rester mobiliser. Selon lui, « Alpha Condé a toujours tendance à accuser le FNDC de vouloir le renverser. Qu’est-ce qui pouvait résister à cette marée humaine ? Quel est le PA (Point d’Appui), quel est le bataillon de gendarmerie qui pouvait résister à cette marée humaine ? Si notre intention était de prendre le pouvoir, est-ce qu’on ne l’aurait pas pris ? Nous sommes des républicains, nous voulons qu’il renonce à son projet et qu’il fasse organiser des élections libres et transparentes pour vous permettre de choisir votre prochain président dans la transparence. Voilà, nous ne voulons pas faire un coup d’Etat comme ses barrons essaient de la démontrer. Ils sont en train de monter des complots pour dire que le FNDC, que Sanoh voulait le renverser. Ce n’est pas notre intention… Nous prenons à témoin la communauté internationale, notre intention n’était pas de renverser Alpha Condé sinon aujourd’hui on aurait continué sur Sékhoutouréyah. Ce n’est pas Balla Samoura et ses gendarmes qui auraient pu nous arrêter ou Bafoé. Non, ce n’est pas notre objectif. Ils auraient peut-être tué 10 ou 100, mais ils n’auraient jamais pu tuer tout ce peuple », a-t-il affirmé.

Enfin, Cellou Dalein Diallo a expliqué que l’ambition du FNDC, « c’est de bâtir une démocratie apaisée, respectueuse des règles et des principes d’un Etat de droit, réconcilier les Guinéens autour des valeurs essentielles. Cela, pour que notre pays puisse jouir pleinement du potentiel économique notamment minier et énergétique que la providence a donné à notre peuple. Aujourd’hui, le clan de Alpha Condé qui le pousse à continuer pour un 3ème mandat, ils sont engagés dans une course effrénée d’enrichissement au détriment du peuple, alors que beaucoup d’entre vous et ailleurs n’arrivent pas à avoir deux repas par jour ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Cellou Dalein au régime Alpha Condé : « si nous voulions d’un coup d’Etat, nous l’aurions fait aujourd’hui »

24 octobre 2019 à 16 04 52 105210

« Si nous voulions faire un coup d’Etat en Guinée, comme aime nous accuser la mouvance présidentielle, nous l’aurions fait aujourd’hui puisque rien ne peut arrêter cette marée humaine », a dit Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui est à Dixinn.

Dans sa communication de ce jour, le principal opposant au régime Alpha Condé a notamment expliqué qu’aucune force (gendarmes, policiers ou militaires) ne peut empêcher la foule d’arriver à la présidence de la République pour installer celui qu’elle veut à la tête de l’Etat guinéen, si telle était l’ambition des opposants. Et, Cellou Dalein Diallo d’ajouter que même si on voulait tirer sur la foule pour chercher à l’empêcher d’avancer, les plus cyniques des agents auraient peut-être tué entre dix et cent personnes. Mais, cela n’empêcherait pas la réussite du coup d’Etat puisque le reste de la foule allait continuer, si l’opposition guinéenne voulait prendre la tête du pays par la force.

Après sa démonstration qu’ils ne sont pas animés d’une telle volonté, l’opposant a alors demandé à ses adversaires de la mouvance présidentielle d’arrêter ce genre d’accusations mensongères et inutiles, précisant que les Guinéens ne demandent au régime Alpha Condé que le respect des règles démocratiques sans aucune arrière-pensée anti-démocratique.

Cellou Dalein Diallo a tenu ces propos à l’occasion du meeting géant qui a sanctionné la marche contre un troisième mandat et pour la libération des leaders du FNDC, organisée ce jeudi, 24 octobre 2019, entre la Tannerie et l’Esplanade du stade du 28 septembre.

A rappeler que les responsables du parti présidentiel ont souvent accusé les opposants guinéens de vouloir renverser le régime Alpha Condé par la force. Au-delà même des insinuations, des accusations ont été portées contre des personnalités politiques et sociales chaque fois que le pouvoir a été acculé par des contestations.

A suivre !

De Dixinn, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Cellou Dalein sur les tueries de manifestants en Guinée : « C’est Alpha Condé le commanditaire »

20 octobre 2019 à 13 01 03 100310

À l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire de son parti hier, samedi 19 octobre 2019, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) s’est de nouveau exprimé sur les répressions meurtrières dont sont victimes les guinéens qui s’opposent au régime actuel. Tout en dénonçant l’imputé dont jouissent les meurtriers qui ont l’air de se plaire à ôter la vie humaine, Cellou Dalein Diallo a laissé entendre que l’actuel chef de l’Etat guinéen, le Pr Alpha Condé, est le commanditaire de ces tueries, rapporte.

Devant ses militants fortement mobilisés au siège de son parti à la Minière, le leader de l’UFDG a tout d’abord dénoncé une centaine de personnes tuées depuis l’accession du Président Alpha Condé à la magistrature suprême de la Guinée, en 2010.

« Nous sommes à 114 morts, pratiquement dans les mêmes conditions, tués à bout portant sur instruction et avec la complicité d’Alpha Condé qui garantit l’impunité aux tueurs », a confié Cellou Dalein Diallo.

Poursuivant son speech, le chef de file de l’opposition guinéenne s’est interrogé sur les raisons qui font que le président Alpha Condé n’a jamais accepté qu’une commission d’enquêtes soit mise en place pour rechercher les auteurs des crimes jusque-là commis sous sa gouvernance. « C’est parce que c’est lui (Alpha Condé) le commanditaire. Vous ne pouvez pas demander aux gens de tirer ; et, après, les interpeller et les déférer devant les tribunaux. Ils vont vous dénoncer. Donc, cette impunité qui encourage la récidive n’est que le fait de monsieur Alpha Condé », a dit Cellou Dalein Diallo. 

Pour le leader de l’UFDG, « Il y a des ministres et des agents qui exécutent les ordres d’Alpha Condé avec zèle. Et, il y a beaucoup qui ont gagné des galons en faisant du zèle dans l’exécution de ces instructions d’Alpha Condé ». Mais, assure Cellou Dalein Diallo, l’histoire interpellera tous les responsables de ces tueries de pauvres citoyens.

« Vous avez écouté les discours va-t’en guerre de Bouréma Condé (ministre de l’administration du territoire), Alpha Ibrahima Keira (ministre de la sécurité), Amadou Damaro Camara (chef de la majorité présidentielle à l’assemblée nationale). Ce sont eux tous qui sont responsables. Vous avez écouté le Premier ministre, Kassory Fofana, qui a dit qu’il préfère l’ordre à la loi. Et, dans le cadre de l’application de cette consigne, voilà les meurtres qu’on provoque. Ils sont tous responsables, mais l’histoire les interpellera », a conclu Cellou Dalein Diallo.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Guinée : Cellou Dalein annonce une nouvelle manifestation le jeudi sur l’autoroute Fidel Castro de Conakry

19 octobre 2019 à 17 05 55 105510

La trêve actuelle ne devrait durer que quelques jours. Les manifestations entamées lundi dernier à l’appel du FNDC contre le projet de troisième mandat du président Alpha Condé vont reprendre la semaine prochaine. Après la marche des femmes de l’opposition prévue le mercredi, 23 octobre 2019, le Front National pour la Défense de la Constitution compte organiser « une grande manifestation » le lendemain, jeudi sur l’autoroute Fidel Castro (Conakry), a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters. C’est Cellou Dalein Diallo, le président de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne, qui l’a annoncé à l’occasion de l’assemblée générale de son parti ce samedi, 19 octobre 2019.

Tout juste sorti de son confinement à son domicile par les forces de l’ordre, Cellou Dalein Diallo a été accueilli avec une grande joie par ses militants réunis au siège de l’UFDG pour assister à cette assemblée générale hebdomadaire. L’opposant a commencé par saluer ses partisans pour leur « contribution » aux manifestations organisées cette semaine à Conakry et à l’intérieur du pays. « Je voudrais vous remercier pour votre contribution remarqué à ces manifestations appelées par le Front National pour la Défense de la Constitution. Je dis contribution remarquée parce que l’UFDG a largement contribué au succès de ces manifestations. Notre combat c’est pour notre pays.

C’est pour qu’il y ait le changement tant attendu, pour que le citoyen guinéen puisse jouir de sa liberté et exercer pleinement ses droits et devoirs. Nous avons à la tête de l’Etat guinéen, des gens qui ont confisqué le pouvoir politique et les ressources du pays pour s’enrichir et réprimer les citoyens chaque fois que ceux-ci veulent exercer leur droit de manifester. Il faut que ce clan mafieux dégage parce qu’il n’est plus à même de répondre aux attentes de la population et il n’a plus aucune légitimité », a dit l’opposant.

C’est pourquoi, Cellou Dalein Diallo appelle ses militants à se mobiliser massivement pour participer à la manifestation du jeudi prochain. « Je vous demande de rester mobilisés pour continuer à mener le combat qui est le nôtre, qui est celui du peuple de Guinée. Un peuple qui est excédé par ces comportements du gouvernement et des forces de l’ordre. Il ne faut pas relâcher la lutte. C’est vrai que c’est dur, mais on doit continuer le combat. Au niveau du FNDC, on a décidé d’organiser une grandiose manifestation, qui dépassera l’ampleur de celle qu’on a l’habitude de faire, sur l’autoroute le jeudi prochain. Donc, soyez tous mobilisés », a-t-il lancé.

Contrairement aux manifestations de cette semaine, le président de l’UFDG annonce que cette fois, ils vont déposer des lettres d’information dans les mairies concernées. Une décision qui fait suite à la récente sortie du ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation qui a nié l’interdiction des manifestations en Guinée. « Monsieur Bouréma Condé a dit que les manifestations ne sont pas interdites. Monsieur Bouréma Condé sait pertinemment qu’il a posé un acte adressé aux préfets, sous-préfets, gouverneurs et maires de Guinée, interdisant toute manifestation sur la voie publique et sur les places publiques jusqu’à nouvel ordre.

Lorsque les maires reçoivent les demandes, ils ne savent pas à quoi se fier souvent. Est-ce que c’est la Constitution qui autorise ? Est-ce que c’est l’interdiction du ministre ? Voilà le problème. Si le ministre veut, il va prendre un acte pour lever cette interdiction qu’il n’assume pas parce qu’il est convaincu que c’est une violation de la Constitution. Comme ils ont dit que les manifestations ne sont pas interdites, le FNDC déposera des déclarations d’information lundi pour la manifestation du jeudi », a dit Cellou Dalein Diallo.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 224 623 532 504

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Elie Kamano sur son arrestation : « Cellou et Sidya étaient confinés, j’étais le seul leader politique libre ce jour »

18 octobre 2019 à 21 09 01 100110
Elie Kamano, artiste et homme politique

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, plusieurs manifestants contre un troisième mandat du président Alpha Condé ont été jugés ce vendredi, 18 octobre 2019, dans les tribunaux de Dixinn et Mafanco. Après les réquisitoires et les plaidoiries, la suite de ces procès a été renvoyée au mardi prochain pour les verdicts.

Au tribunal de première instance de Mafanco, ils étaient 29 citoyens dont l’artiste et désormais homme politique Elie Kamano à faire face aux accusations du procureur Sory Doumbouya. Mais, cinq parmi eux ont bénéficié de liberté provisoire. Après leur prestation à la barre, même l’empereur des poursuites n’a finalement rien trouvé à reprocher aux cinq citoyens à Abdourahmane Dikhaby, Madame Maciré Soumah, Madame Mama Adama Cissé, Mawa Diawara et Saran Kissoko. Mais, madame Djenabou Doghol Diallo tient à avoir un œil sur eux. La présidente du tribunal leur a alors accordé une liberté provisoire jusqu’au mardi…

Pour les 24 autres, ça n’a pas été si simple ! 3 ans de prison et un millions de francs guinéens d’amende, c’est ce que le procureur a requis contre Elie Kamano et un certain Ibrahima Keita. Pourtant, l’artiste (qui n’a pas nié être sorti ce lundi, 14 octobre 2019, premier jour des manifestations contre un troisième mandat du président Alpha Condé) a dit être allé sensibiliser les jeunes sur le respect du mot d’ordre du FNDC.

« On m’a arrêté à la Tannerie, le 14 octobre 2019. Ils m’ont conduit au commissariat urbain de Matoto ; puis, à la maison centrale de Coronthie. Un policier m’a administré un coup, moi aussi je lui ai donné un coup dans le pick-up. J’étais sorti pour dissuader les jeunes qui ne voulaient pas respecter le mot d’ordre qu’on a lancé. Cellou Dalein était confiné chez lui, Sidya Touré était confiné chez lui ; donc, j’étais le seul leader politique libre ce jour. Je suis interpellé par les gens que les jeunes sont en train de brûler les pneus au carrefour Yimbaya. Il était de mon devoir de sortir pour les dissuader parce qu’ils n’ont pas voulu respecter le mot d’ordre que nous avons lancé. J’ai toujours participé à l’émancipation de la démocratie. Le président de la République en sait quelque chose ».

A suivre !

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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Cellou Dalein en résidence surveillée ? L’opposant dénonce le président Alpha Condé

18 octobre 2019 à 20 08 50 105010

Comme annoncé dans nos précédentes dépêches, tous les accès menant au domicile de Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, sont bloqués par des camions et des pick-up de la police et de la gendarmerie nationale. Le chef de file de l’opposition est séquestré à Dixinn où personne ne sort ni n’entre ce vendredi, 18 octobre 2019. Dans un entretien accordé à un groupe de médias, dont Guineematin.com, Cellou Dalein Diallo a accusé le président Alpha Condé d’en être le principal responsable.

Cellou Dalein Diallo a dit sa frustration par rapport au confinement dont lui et sa famille sont victimes depuis le lundi dernier. Selon lui, l’ordre est venu de la Présidence. « J’étais habitué à cette pratique de nos autorités parce que je sais que pour me séquestrer, l’ordre est venu de très haut. Ce n’est pas n’importe quel policer, n’importe quel commissaire qui peut prendre l’ordre de séquestrer le Chef de file de l’opposition qui, au rang protocolaire, vient avant les ministres dans le pays. Donc, c’est sûr que c’est une décision qui est venu d’Alpha Condé. Pourquoi ? Je ne sais pas. Habituellement, l’hypothèse la plus plausible, c’est que le jour des manifestations, comme si je sors, il y a les gens qui sortent, lorsqu’on me voit, la marée humaine se constitue tout de suite, c’était peut-être pour empêcher ça. Mais aujourd’hui, étant donné qu’il n’y a pas de mot d’ordre de manifestation, madame m’a réveillé, elle dit qu’ils ont déployé les forces tout autour de la maison. Les gens ont essayé de sortir, ils les ont bloqués. C’était le cas de nos amis : Ibrahima Sory Touré Alain, ancien ministre de la Pêche, le vice-président de l’Assemblée nationale. Elhadj Djouma est venu, ils l’ont bloqué. Il a fallu des heures de négociation pour qu’il puisse accéder à mon domicile», a-t-il relaté.

Pour Cellou Dalein Diallo, cette situation à laquelle lui et ses proches sont confrontés depuis lundi ne l’étonne pas. Il précise que les droits humains n’ont jamais été respectés depuis l’arrivée au pouvoir du professeur Alpha Condé. « Ce n’est pas facile d’être séquestré comme ça pendant une semaine. Je trouve que c’est une violation de nos droits. Mais avec ce régime, on s’attend à tout. Nous, on est séquestré ; les autres, on leur a ôté la vie. On a tué 10 personnes à bout portant, dont une personne à Mamou. Le bilan, c’est 9 morts à Conakry, correctement identifiés et transportés dans les morgues (…) Ils trouvent toujours des motifs pour légitimer la séquestration des gens. Abdourahmane Sanoh, qu’est-ce qu’il a fait ? Nous nous sommes tous réunis au sein du FNDC, on a décidé de cette manifestation. Des manifestations sont autorisées par la constitution en son article 10. Comment ils peuvent dire à partir de là que c’est une insurrection ? C’est simplement ils cherchent des arguments pour pouvoir séquestré les gens, les maintenir en prison. J’ai fait venir naturellement mes avocats, ils vont prendre le dossier en main. On a fait venir un huissier pour constater. Et, je suis heureux que la presse elle-même ait vécue parce que vous savez, ce pouvoir, ils sont capables de dire demain qu’ils n’ont pas séquestré. Je pense que l’huissier est venu, il va constater et on va saisir les tribunaux ».

Interrogé sur la date d’une éventuelle manifestation, Cellou Dalein Diallo a indiqué que c’est le FNDC qui va décider. « Les membres du FNDC vont se retrouver et prendre une décision. Mais, je ne vois pas la raison pour laquelle on arrêterait la manifestation à ce niveau. Je pense que les Guinéens sont déterminés, il y a des sacrifices qu’il faut consentir. Lorsqu’on est en face d’un pouvoir sans scrupules qui, depuis 2011, est en train de tuer ses enfants sans jamais accepter qu’une enquête ne soit menée, que les auteurs des crimes ne soient identifiés, ça c’est du Alpha Condé. On est à 114, des fils de ce pays qui ont été tués par balles, sans compter ceux de Zogota. Et d’ailleurs, je parle seulement de ceux de Conakry. 114, on ne peut pas dire que c’est une bavure. Une bavure, c’est une fois. C’est un assassinat programmé des citoyens de l’opposition. Si on avait bien traité le cas de Zakariaou, la première victime de Alpha Condé, on aurait recherché, identifié les auteurs pour les déférer devant la justice, il n’y aurait pas eu tous ces morts ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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