Suspendu du parti, l’ancien maire de Mamou très déçu : « je n’ai aucune intention de retourner à l’UFDG »

17 mai 2019 à 12 12 02 05025
Elhadj Oumar Diallo, ancien président de la délégation spéciale de Mamou

Trois ans après son départ de la délégation spéciale de Mamou dont il était le président, l’ancien secrétaire fédéral de l’UFDG à Mamou, s’est exprimé sur cette affaire. Au cours d’un entretien avec un correspondant de Guineematin.com à Labé, Elhadj Oumar Diallo est revenu particulièrement sur ses relations avec l’UFDG, parti dont il se dit profondément déçu et au sein duquel il ne compte pas retourner.

Tout allait bien entre l’UFDG et son secrétaire fédéral à Mamou d’alors jusqu’en avril 2016. A cette période, une affaire de détournement de 259 millions de francs éclate à la délégation spéciale de Mamou, dirigée par le responsable du principal parti d’opposition du pays. Accusé d’avoir détourné ce montant, Elhadj Oumar Diallo est arrêté et conduit en prison où il passe plusieurs mois.

Elhadj Oumar Diallo

Dans la foulée, l’UFDG se désolidarise de son responsable et le suspend de ses fonctions au sein du parti. A l’issue de son procès en février 2017, l’ancien président de la délégation spéciale de Mamou est condamné à 18 mois de prison assortis de sursis.

Aujourd’hui, l’ex opposant a fini de purger sa peine ; mais, il ne compte plus refaire la politique. Cela, en raison de l’attitude de son ancienne formation politique à son égard. Elhadj Oumar Diallo s’est, en effet, senti abandonné par l’UFDG. « A Mamou, nous sommes presqu’une même famille. Du côté social, je collabore avec tout le monde, même certains responsables de l’UFDG. Mais, sur le plan politique, ils me considèrent comme une coquille vide.

C’est pourquoi, j’ai décidé de quitter complètement le parti et de m’occuper de mes affaires personnelles. Quand ils ont décidé de m’écarter de la délégation spéciale et du bureau fédéral, chacun d’entre eux voulait à tout prix récupérer ces postes que j’occupais. Ça m’a beaucoup marqué. Je m’attendais au moins à ce qu’un seul membre du parti reconnaisse ce que j’ai fait pour le parti ; mais, je n’ai pas constaté cela.

Je ne me rappelle d’une quelconque aide dont j’ai bénéficiée de la part de l’UFDG. Quand j’étais en prison, des personnes de bonne volonté m’ont assisté : certains m’envoyaient 100 mille, d’autres 200 mille, j’ai reçu également un don de sacs de riz. Mais, l’aide dont je voulais bénéficier, je ne l’ai pas eue. Car, même le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, ne m’a fait aucune aide et ne m’a pas soutenu dans toutes les difficultés que j’ai traversées.

Ce problème que j’ai eu, si la population de Mamou avait fait comme l’UFDG, je ne serais pas là aujourd’hui, car j’aurais quitté Mamou. C’est pourquoi, je n’ai aucune intention de retourner à l’UFDG parce que je suis déçu de ce parti », a dit l’ancien président de la délégation spéciale de Mamou.

Entretien réalisé à Labé par Alpha Boubacar Diallo pour Guinéematin.com

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Cellou Dalein, Sékou Koundouno, FNDC : Souleymane Keïta flingue les opposants au 3ème mandat

18 avril 2019 à 12 12 07 04074

Comme annoncé précédemment, Souleymane Keïta, coordinateur de la cellule de communication du RPG Arc-en-ciel et conseiller à la présidence de la République, chargé de mission , a accordé une interview à Guineematin.com dans la soirée du mardi, 16 avril 2019. Après la première partie dans laquelle nous avons parlé de la condamnation de Paul Moussa Diawara, nous vous proposons ci-dessous le décryptage de la seconde partie qui porte sur la brûlante question de la modification de la constitution souhaitée par le pouvoir de Conakry.

Ce qui permettrait au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Ce responsable du parti au pouvoir a tiré à boulets rouges sur les opposants au changement de constitution, avant de prévenir que personne ne peut empêcher la réalisation de ce projet.

Décryptage !

Guineematin.com : l’actualité est marquée par le débat autour de la modification de la Constitution actuelle pour permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Il y a d’un côté, les partisans du pouvoir qui font la promotion de ce projet, et de l’autre, les opposants et certains activistes de la société civile qui se battent contre toute idée de troisième mandat. En tant que responsable du parti au pouvoir et conseiller du président de la République, quelle est votre position sur la question ?

Souleymane Keïta : d’abord, vous posez deux (2) problèmes différents : le premier est la modification de la constitution qui est un droit que la constitution elle-même confère au président de la République et à l’Assemblée nationale en tant que toutes deux des institutions de la République. Et l’autre, ce troisième mandat. Je ne parle pas de ça. Parce que pour moi, c’est un débat prématuré et insensé.

Cependant, la question sur la modification de la constitution est bel et bien un sujet qu’on doit débattre. Parce que c’est fondamental. Vous savez que la démocratie, c’est un système de gouvernance basé essentiellement sur la possibilité que ce régime offre aux citoyens de participer à leur gestion.

Donc si on se retrouve dans une situation où le peuple qui est gouverné n’a plus le droit de s’interroger sur la façon dont il est gouverné, bien-entendu, il n’y a plus de démocratie. Et je crois que nous relevons assez de problèmes dans notre constitution, notamment  la substance même qui constitue le fondement de toute constitution, c’est le processus d’adoption qui importe le plus.

Quelle que soit la beauté d’un texte constitutionnel, lorsqu’il n’est pas adopté conformément aux dispositions de la loi qui consistent d’ailleurs à faire un référendum, ce n’est pas une constitution. Alors pour nous, le débat aujourd’hui, c’est de voir est-ce que les pouvoirs publics, l’institution en charge, notamment le président de la République, décident de soumettre une constitution au peuple de Guinée. Nous, nous le souhaitons très ardemment.

Parce que nous pensons que dans notre pays, ce processus doit se faire, la société doit évoluer. Il y a beaucoup d’éléments concrets sur lesquels nous devons murir la réflexion, qui ne sont pas traités de façon intelligente dans les textes actuellement qui régissent notre société. Et moi, en tant que responsable du parti, je pense que doter le pays de nouvelles lois qui permettront au pays d’évoluer,  en termes de démocratie, en termes de société, de modèle sociale adapté aux réalités actuelles, ne peut être mise qu’à l’actif du bilan politique que nous revendiquons jalousement.

Parce que vous savez que le bilan d’un président, d’une gouvernance, n’est pas qu’économique, n’est pas qu’infrastructurel, n’est pas que social. Le bilan, il est aussi politique. Lorsque vous êtes capables de doter votre société d’un ensemble de règles formelles qui pourront assurer à la fois la stabilité, mais aussi l’évolution de la société vers le perfectionnement, bien-entendu, nous, nous mettons ça au compte du bilan politique. Donc pour nous, cette modification de la constitution prévue, si c’est posé, le RPG soutiendrait et le RPG va même solliciter cela, parce que nous en avons besoin.

Guineematin.com : monsieur Keïta, vous faites partie de ceux qui voudraient que la constitution actuelle soit modifiée. Mais, une bonne partie de l’opinion a du mal à comprendre qu’on ait attendu jusqu’à la fin du second mandat du président Alpha Condé pour poser ce problème.

Souleymane Keïta : il n’y a pas de période pour modifier une constitution lorsque ceux dont la loi permet de prendre l’initiative le prennent. Au fait, les gens ne poussent pas la réflexion jusqu’à un certain niveau. Modifier la constitution en 2012 ou en 2013, la modifier en 2015 ou en 2016, et la modifier en 2019, ça a le même résultat politique. Beaucoup de gens pensent que modifier la constitution, puisque la loi n’est pas rétroactive, c’est donner la possibilité au président de la République de se représenter. Mais je vous rappelle que modifier la même constitution en 2012 produirait le même résultat.

C’est-à-dire, donner la possibilité au président de la République de se représenter à une élection présidentielle. Mais là n’est pas le débat. Le débat, c’est quel héritage on veut donner à la Guinée. Et moi, c’est ce qui m’intéresse. Et, je pense que c’est ce qui intéresse le président de la République parce qu’il s’est battu pour non seulement l’instauration de la démocratie en Guinée, mais pour faire en sorte que les bases qui consolident cette démocratie soient maintenues, et avec lui. Et, c’est ce que nous sommes en train de faire. C’est pourquoi, j’ai dit que ceux qui s’opposent à ça, sont simplement dans la diversion.

Mais en réalité, ce que vous être en train de dire, c’est seulement un poignet de citoyens notamment entretenus par quelques politiciens qui n’ont plus d’arguments à donner à la population. Sinon, le peuple est convaincu de la pertinence de la modification constitutionnelle en Guinée. Je peux vous relever un certain nombre d’éléments simples : premièrement, vous avez une constitution qui désobéit au principe formel connu universellement dans tous les Etats du monde. C’est le mode d’adoption.

Quelle que soit la façon dont le texte constitutionnel est élaboré, son application nécessite forcément le référendum. Il n’y a pas d’alternative possible que par un référendum. Chez nous, la constitution n’a pas été adoptée par référendum.

Qu’est-ce qui s’est passé ? Ce sont des groupes d’intérêts, parce que les forces vives, c’était des groupes d’intérêts : les partis politiques, les syndicats, la société civile, les leaders d’opinion, etc. qui ont décidé de trouver un texte pour nous sortir de la transition. Donc, il n’y a pas eu référendum.  

C’est déjà un premier problème qui fait qu’au niveau international, nous ne pouvons pas nous glorifier de cette constitution qui est contraire aux principes premiers de l’adoption de la constitution. La deuxième chose, c’est que quand vous rentrez dans le contenu, vous avez une constitution où vous n’avez pas d’articles concernant certains aspects importants de la société.

La question par exemple des organisations régionales  n’est pas débattue, alors qu’aujourd’hui, dans toutes les préfectures, dans toutes les communautés, dans toutes les régions, vous voyez ces communautés qui se retrouvent et qui ont une influence réelle sur le fonctionnement de l’administration. Qu’est-ce qu’il faut en faire ? Ce sont des questions qui doivent amener aujourd’hui à la réflexion.

L’autre chose, c’est la vocation panafricaine du guinéen. Quand vous prenez l’hymne nationale de la Guinée et vous regardez la constitution, vous avez l’impression d’être dans deux (2) pays différents, vous avez l’impression que l’hymne nationale que vous chantez est l’hymne nationale d’un autre pays. Parce que ça ne reflète pas les dispositions de notre constitution.

L’autre chose, on vient de sortir des élections communales, vous avez vu, nous avons 114 députés. 114 députés, c’est fait sur la base d’une certaine sociologie, d’une certaine démographie qui aujourd’hui, ne s’adapte plus à la réalité. Ce qui fait que vous allez dans une sous-préfecture comme Banankoro, et vous venez dans une préfecture comme Koubia ou Yomou, vous voyez qu’il y a une disparité réelle.

Prenez une commune comme Matoto qui a 10 fois, si vous voulez, la population de Kaloum mais qui ont le même nombre de députés, tout ça, ce sont des questions qui doivent être relevées. La question des jeunes et des femmes. Aujourd’hui, c’est une Afrique qui bouge.

Comme vous le savez, l’avant dernier sommet de l’Union africaine, le thème, c’était investir dans le potentiel démographique de l’Afrique. 70% de la population africaine est jeune. La Guinée ne fait pas exception à la règle. Quelle est la place qu’on accorde aux jeunes et aux femmes dans cette constitution ?

Est-ce qu’il ne faudrait pas prendre en compte cette dimension-là ? C’est une constitution où il n’y a pas de statut d’ancien chef d’Etat. Tout ça, ce sont des questions qui méritent une réflexion approfondie. Parce que la résolution de problèmes que je viens de soulever, contribue à la stabilité de notre système politique.

Donc, si nous voulons avoir un système stable, un système performant qui permette d’assurer la continuité de l’Etat, on a bel et bien besoin d’amener la réflexion à ce niveau-là. Ça n’a rien à avoir, encore une fois, avec la question de 3ème mandat. Je vous rappelle, le président Wade a modifié la constitution au Sénégal dans l’intention de se représenter à une élection, l’élection qui a suivi, il a été battu. Ça dépend de qui tu as en face.

Nous, nous sommes au RPG, ce débat viendra. Et, on sera prêt pour en discuter. Pour le moment, ce qui nous intéresse, c’est de parachever notre travail. Et, le parachèvement de ce travail prend en compte le principe qui consiste à doter de textes propres, des textes clairs, indemnes de toute confusion pour permettre à notre pays d’évoluer dans la sérénité.

Comment vous pouvez expliquer par exemple que lors d’une élection communale, que ça soit des partis politiques qui  imposent leur volonté aux communautés ? L’exemple illustratif s’est passé à Kindia : Abdoulaye Bah a voulu défier toute la notabilité de Kindia, alors dans les élections communales, il y a une dimension sociologique qui doit être prise en compte.

Nous par exemple au RPG, nous avons perdu à Faranah parce que tout simplement nous avons imposé un candidat qui n’était pas le choix de la population sous une dimension sociologique et historique, et du coup, le parti a perdu. La même chose s’est passée à Kindia. Ce sont des éléments pertinents que nous devons amener aujourd’hui à la réflexion, appeler les constitutionnalistes à voir, à nous aider à voir comment on intègre l’ensemble de ces questions dans l’approche future.

En Guinée, vous avez plus de 10 institutions pour rien, ça ne sert à rien. Donc voilà, on ne récuse pas de manière systématique cette constitution puisque de toutes les façons, on l’a conçu dans un contexte de crise dans lequel les intérêts antagonistes se poirotaient par-ci, par-là. Aujourd’hui, doter notre pays d’une nouvelle constitution, va permettre au président de la République d’aider la Guinée à avoir des textes qui permettent de résister au temps et de régler toutes les crises latentes dans les dispositions mêmes de nos textes de lois.

Guineematin.com : en ce qui ce qui concerne a question du troisième, même si vous dites qu’elle n’est pas encore posée, elle fait l’objet de débats dans le pays. C’est d’ailleurs pourquoi beaucoup s’opposent au projet de nouvelle constitution parce qu’ils estiment que ce projet vise à offrir au chef de l’Etat une présidence à vie. Vous qui êtes proche du président Alpha Condé, dites-nous, est-ce qu’il nourrit personnellement cette ambition ?

Souleymane Keïta : moi, je ne parle pas de ça. Si le président se prononce, il se prononce publiquement. Pour le moment, c’est un débat qui est ouvert. Et je crois que ce n’est pas le président qui a ouvert, c’est l’opposition même qui a ouvert le débat de la constitution. Parce que tout simplement, elle est une opposition sans vision et sans stratégie. C’est l’opposition qui a ouvert le débat.

Je vous dis, la raison, elle est toute simple. Ils ont toujours voulu que président se prononce sur la question du 3èmemandat, le président n’a pas à se prononcer sur une question de 3ème mandat. Le 3ème mandat n’est pas constitutionnel. Le président de la République ne peut pas se prononcer sur un sujet inutile comme ça.

Il s’occupe à autres choses : c’est la réalisation de ses promesses, c’est la mise en œuvre de son projet de société qui, du reste, connait une adhésion de la population guinéenne. Que cela n’en déplaise aux détracteurs, aujourd’hui la Guinée est en chantier. Dans toutes les régions, la Guinée est en chantier. Donc ce débat, pour nous, n’a pas de sens.

Je considère comme je l’ai dit tantôt, faire les routes, faire des barrages hydroélectriques, appuyer les agriculteurs, favoriser la promotion des jeunes et des femmes, faire des textes qui permettent de définir de nouvelles règles adaptées à la réalité de notre pays, pour la Guinée, fait partie aussi de notre bilan.

Donc pour moi, doter la Guinée d’une nouvelle constitution avec bien-entendu la volonté du peuple, parce qu’il appartient au peuple de décider,  c’est la loi qui permet au président de la République de prendre l’initiative et de soumettre à la population. Personne, encore personne ne peut s’opposer à ce que le président veuille interroger la population sur un modèle politique, social et économique qu’il veut lui soumettre.

Personne ne peut empêcher cela, fût-il un leader politique. Et nous, on le fera s’il plaît à Dieu pour permettre à la Guinée d’avoir des textes qui permettent d’assurer sa stabilité, son développement, mais aussi le vivre en commun.

Guineematin.com : il y a quand même l’opposition, dans son ensemble, plus des activistes de la société civile et des défenseurs des droits de l’Homme qui se sont retrouvés pour former un mouvement dénommé Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). Ne pensez-vous pas que tous ces réunis peuvent empêcher le projet de modification de la Constitution ?

Souleymane Keïta : c’est ridicule. A la limite, c’est une diversion. C’est un mariage forcé entre des gens qui ne peuvent pas être épousés par le même mari : l’UFR, l’UFDG, Balai Citoyen, PEDN et que sais-je encore. Je relève deux choses dans la formation de ce front : d’abord c’est insensé, vous avez l’impression que ce sont des ignorants qui se sont réunis pour le faire. Parce que ce que la loi permet, ce que la constitution permet, un groupe de citoyens ne peut pas se retrouver pour s’opposer à la constitution.

D’abord, c’est anticonstitutionnel ce qu’ils ont fait, ça signifie que leur existence légale doit être mise en cause et conséquemment, ils ne devraient pas avoir la possibilité d’exercer en tout cas si c’est moi qui décide, ça c’est un.

La deuxième chose, c’est l’identité de ceux qui composent cette structure. Dans le débat constitutionnel en Guinée, il y a un certain nombre de personnes qui sont disqualifiées, au premier rang desquels Cellou Dalein Diallo. Après avoir été ce qu’il a été dans les différents régimes successifs du Général feu Lansana Conté,  il n’a pas droit à la parole quand il s’agit du débat constitutionnel en Guinée. Nous, nous sommes jeunes mais nous savons ce qui s’est passé dans ce pays-là. L’histoire est têtue, il ne peut pas se peindre aujourd’hui en moine pour venir nous enseigner des leçons de démocratie et de bonne gouvernance. Il ne peut pas.

Deuxième, les autres jeunes, ce sont des jeunes malheureusement qui ne comprennent pas. Mais là aussi, ça se comprend. Quand vous prenez le Balai Citoyen, le coordinateur du Balai Citoyen était le coordinateur du mouvement Dadis doit rester quand nous on se battait pour le passage du pouvoir aux civils. Ce sont des démagogues réunis qui n’ont plus rien à prouver devant la population guinéenne et qui veulent nous distraire. Et c’est pourquoi j’ai dit que personne ne peut empêcher au président d’user du droit que lui confère la constitution.

Guineematin.com : après le président Alpha Condé, qui vous voyez prendre la tête du RPG Arc-en-ciel ?

Souleymane Keïta : l’avenir nous en dira. Le RPG est plein de grands cadres. Il y a un bureau politique qui regroupe des cadres chevronnés, des politiciens aguerris qui ont toute leur expérience. Je vous rappelle que le professeur Alpha Condé a dirigé ce parti avec des cadres qui ont continuité à faire fonctionner le parti pendant que le président était en prison. Le RPG était encore plus fort lorsque le président était en prison. C’est des gens qui ont fait fonctionner le parti en ce moment, ils sont là, ils ont la connaissance, le sens politique et tout ce qu’il faut pour continuité à faire la relève.

Guineematin.com : c’est la fin de cet entretien. Quel est votre mot de la fin ?

Souleymane Keïta : le dernier mot, je profite de votre médium pour lancer cet appel aux responsables du parti, aux jeunes du parti, aux femmes de Guinée, de comprendre que nous sommes à la croisée des chemins et que nous sommes à un carrefour important de notre histoire. Notre pays doit avancer, le changement a commencé, le changement doit continuer.

Aujourd’hui, nous sommes en démocratie grâce au professeur Alpha Condé qui laisse à chacun de s’exprimer. Cependant, nous sommes fatigués par les pagailles organisées souvent par les partis de l’opposition, notamment l’UFR et l’UFDG qui manipulent des jeunes loubards pour venir perturber chaque fois que des manifestations sont organisées.

Ce n’est pas civilisé, ce n’est pas intelligent, ce n’est pas stratégique. Ça prouve à la limite leur perte d’espoir. Mais, qu’ils comprennent que les jeunes du RPG sont déterminés et prêts à agir. Qu’ils arrêtent de venir perturber les manifestations.

S’ils sont contre la révision ou la modification constitutionnelle, qu’ils organisent des manifestations à leur tour pour montrer leur mécontentement. Mais, ne profitez pas des manifestations de la mouvance, pour venir semer le désordre. Celui qui le fait désormais, il aura à faire avec le parti et il aura à faire avec la loi.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Abidjan : Cellou Dalein rencontre d’éminentes personnalités

9 avril 2019 à 20 08 48 04484
Cellou Dalein Diallo et Mo Ibrahim

Comme annoncé précédemment, le chef de file de l’opposition guinéenne et vice-président de l’Internationale Libérale, Cellou Dalein Diallo, était parmi les invités au forum de la fondation Mo Ibrahim sur la bonne gouvernance qui s’est tenu du 4 au 7 avril 2019 à Abidjan. En plus d’avoir participé aux débats qui ont réuni d’éminentes personnalités, le président de l’UFDG a eu une série de rencontres avec certains participants à cette rencontre, dont le président ivoirien, Alassane Ouattara, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Cette année, la fondation du milliardaire soudanais « Mo Ibrahim » a décidé de traiter du préoccupant sujet de la migration et des perspectives pour les jeunes du continent. Alors que la Guinée est un pays que les jeunes fuient en masse (classée 2ème pourvoyeur de demandeurs d’asile en France après l’Afghanistan, selon le journal Le Monde), la présence du président de l’UFDG était un signal fort, illustrant son engagement sans faille pour le développement de son pays et l’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens.

Au cours des travaux, le leader de l’opposition guinéenne a prôné la bonne gouvernance en Afrique et véhiculé un message de paix, d’unité, de tolérance et de respect de la démocratie sur le contient. Le président de l’UFDG en a profité pour rencontrer et échanger en privé avec plusieurs personnalités présentes à la rencontre. « Les rencontres se sont multipliées pour le Président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, qui s’est entretenu avec chefs d’Etats, dirigeants d’institutions, figures africaines et internationales emblématiques des secteurs publics et privés. Il a pu sensibiliser sur la situation grave de la Guinée, les risques qui pèsent sur la démocratie et partagé ses convictions sur la nécessité de bâtir un pays uni et respectueux des libertés individuelles et démocratiques », explique une source proche de l’opposant guinéen.

Au cours de son tête-à-tête avec Alassane Ouattara, Cellou Dalein Diallo a félicité le président ivoirien pour son leadership et son action à la tête de la société ivoirienne. « Ensemble, ils ont réaffirmé leurs valeurs démocratiques communes et un souhait partagé de contribuer à l’émergence économique de la sous-région et du continent », précise notre source.

Le président de l’UFDG a échangé également avec Aliko Dangote, l’homme le plus riche du continent africain, qui a exprimé son souhait de voir la Guinée se développer dans la paix et qui a partagé ses amitiés avec Cellou Dalein Diallo.

Avec Pascal Lamy, ancien Directeur général de l’OMC et directeur de l’Institut Jacques Delors pour l’Europe, les échanges ont porté sur la conjoncture économique et sociale compliquée de la Guinée dont la jeunesse désœuvrée forme le premier contingent de migrants vers l’Europe.

En outre, l’opposant guinéen s’est entretenu avec Robert Malley, le directeur de l’International Crisis Group, qui dit suivre de près la situation politique en Guinée. Une situation dit-il, marquée par les arrestations d’opposants et la « volonté » du Président Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

De son côté, le président de la fondation Mo Ibrahim, a affiché devant Cellou Dalein Diallo, sa préoccupation face aux « dérives anti-démocratiques en cours en Guinée. Ce dernier lui a assuré du soutien de sa fondation dans la défense de la démocratie et des libertés individuelles », précise notre interlocuteur.

Enfin, l’opposant guinéen a eu des entretiens avec journalistes internationaux, notamment de Fraternité Matin, du Figaro et du Financial Times.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Abidjan : Cellou Dalein plaide pour l’amélioration de la gouvernance en Afrique

6 avril 2019 à 19 07 27 04274

Comme annoncé précédemment, le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, participe depuis hier, vendredi 05 avril 2019, au forum « Mo Ibrahim Gouvernance Weekend » qui se tient à Abidjan. Un rencontre de haut niveau qui réunit « la crème de l’élite africaine » sous le haut patronage du Président de la Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara, en présence de personnalités politiques et de membres d’institutions internationales, du secteur privé et de la société civile de haut rang, a appris Guineematin.com d’un membre de sa délégation.

Les débats de ce samedi, 06 avril ont été consacrés aux solutions à mettre en œuvre pour le développement du continent africain. L’occasion pour le président de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne, de réaffirmer ses convictions partagées avec la Fondation Mo Ibrahim ainsi que l’ensemble des participants, sur la nécessité d’améliorer la gouvernance et le leadership en Afrique. Toutes choses qui constituent, selon lui, des enjeux prioritaires pour le développement du continent.

Cellou Dalein Diallo a partagé aussi, avec les autres participants au forum, des valeurs de tolérance, de paix et de respect des droits de l’homme sur le continent africain. Le discours de l’opposant guinéen a été très apprécié et applaudi par l’ensemble des participants.

A rappeler que parmi les participants à cette rencontre, figurent le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, l’ancienne présidente de Libéria, Ellen Johnson Sirleaf (récipiendaire du du Prix de la Fondation Mo Ibrahim), le président de la Banque Africaine de Développement, Akinwumi Adesina, Aranda Gonzales, Directrice Générale de International Trade Center, et Pascal Lamy, président de l’Institut Notre Europe Jacques Delors et ancien Directeur Générale de l’Organisation Mondiale du Commerce.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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Abidjan : Cellou Dalein Diallo invité au Forum Mo Ibrahim

5 avril 2019 à 17 05 38 04384

Le chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, est en séjour à Abidjan depuis hier jeudi, 03 avril 2019, pour assister au forum Mo Ibrahim. Cette rencontre, qui réunit une brochette de personnalités, sera l’occasion d’échanger sur la problématique des migrations qui affecte la jeunesse africaine, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Axé cette année à la question de la jeunesse africaine et des migrations , le forum Mo Ibrahim, s’est ouvert ce vendredi, 05 avril 2019, et se poursuivra jusqu’au dimanche, 07 avril dans la capitale ivoirienne. Il a pour objectif de mettre en lumière les causes profondes de ce phénomène en vue de proposer des pistes de solutions pour le juguler.

Selons nos informations, les débats tourneront autour des thématiques comme les réalités des migrations africaines, la bombe à retardement d’une croissance sans emploi et le renforcement de la mobilité ; l’actualisation des compétences ainsi que le partage des responsabilités.

Des thématiques qui collent bien à la réalité guinéenne, d’autant plus que notre pays est fortement touché par le départ massif des jeunes. Un départ causé par le fait de la situation économique du pays et du chômage chronique qui frappe de plein fouet la jeunesse. Un fait que de nombreux observateurs attribuent à la mauvaise gouvernance d’un pays immensément doté en ressources minières et énergétiques, mais appauvri par les gouvernants.

Selon l’UFDG, « Cellou Dalein Diallo, qui a mis la bonne gouvernance et le développement de la Guinée au cœur de son programme, a été un invité de choix. Et, pour la Fondation Mo Ibrahim comme pour Cellou Dalein Diallo, l’amélioration de la gouvernance et du leadership en Afrique constituent des enjeux prioritaires pour le développement du continent ».

Il faut rappeler que ce forum réuni des dirigeants politiques et des chefs d’entreprises de premier plan opérant sur le continent, des représentants de la société civile, des institutions multilatérales et régionales, des partenaires techniques et financiers, ainsi que les principaux partenaires internationaux de l’Afrique.

Parmi les hautes personnalités qui prennent part à ce forum, figurent le Chef d’Etat ivoirien, Alassane Ouattara ; le président de la Banque Africaine de Développement, Akinwumi Adesina ; le ministre ivoirien du pétrole, de l’énergie et du développement des énergies renouvelables, Abdourahmane Cissé ; l’homme d’affaires le plus riche du continent et patron de Dangoté Group, Aliko Dangoté ; l’entrepreneur milliardaire Mo Ibrahim ; l’ancienne présidente du Libéria et lauréate du prix Mo Ibrahim, Ellen Johnson Sirleaf ; l’ex premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalagn.

A ceux-là, s’ajoutent la Secrétaire Générale adjointe de l’ONU, Amina Mohammed ; la Secrétaire Exécutive de la Commission Economique pour l’Afrique, Vera Songwe ; le vice-président d’Open Society Foundations, Alexander Soros, ainsi que des dizaines de ministres et chefs d’entreprises africains et internationaux.

Ce gotha venu d’horizons divers aura pour mission d’identifier les enjeux politiques clés du continent et les priorités à mettre en œuvre.

Quoi de plus naturel pour le président de l’UFDG, vice-président de l’International Libéral, que de participer à un tel forum, dénommé l’Ibrahim Governance Week-end ?

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Déguerpissement à Kaporo rails et Kipé 2 : l’UFDG remet un chèque de 400 millions de francs aux victimes

4 avril 2019 à 17 05 44 04444

L’opération de déguerpissement à Kaporo Rails et Kipé 2, dans la commune de Ratoma, a révolté les consciences et suscité une chaîne de solidarité. L’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti de l’opposition, avait entamé une campagne de collecte de fonds pour secourir les victimes de cette tragédie. Dans la journée de ce jeudi, 4 avril 2019, le parti a fait l’état des lieux de cette collecte et remis un chèque de 400 millions de francs guinées aux victimes, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La cérémonie de remise du chèque s’est tenue au quartier général de l’UFDG. Selon les informations recueillies sur place, la collecte de fonds initiée par la formation politique, a permis de lever un montant de cinq cent soixante huit millions (568.000.000 GNF) de francs guinéens en faveur des personnes déguerpies à Kaporo Rails, Kipé 2 et une partie de Koloma 1.

Dans ce montant, 165 millions ont été dépensés pour la prise en charge de la jeune Aïssatou Bela Diallo, âgée de 14 ans, défigurée par une grenade lacrymogène et évacuée par l’UFDG à Tunis pour des soins. Et, 3 millions ont été déboursés pour assister deux jeunes blessés, dont un par balle et l’autre par bastonnade.

Les 400 millions restants ont été mis à la disposition des victimes. Selon Cellou Dalein Diallo, le président de l’UFDG, ces fonds sont issus de la contribution des structures du parti. Il précise d’ailleurs que la mobilisation se poursuit et que le montant pourrait aller bien au-delà de celui qui a été remis aux bénéficiaires ce jeudi.

Le chef de file de l’opposition guinéenne en a profité pour revenir et dénoncer une fois de plus le déguerpissement mené dans ces zones de la commune de Ratoma. « Si la cause d’utilité publique est avérée, personne ne s’y opposerait. Mais, personne aussi n’aurait cautionné l’utilisation de la force brutale, sans aucune mesure d’accompagnement, sans aucune négociation, sans aucune sensibilisation pour mettre plus de 15 mille familles sans abris. C’est inacceptable dans un Etat où la solidarité est inscrite dans l’emblème du pays», estime-t-il.

Pour montrer le caractère brutal et « cynique » de cette opération, l’opposant exhibe les images de Aïssatou Bela Diallo, défigurée par une bombe lacrymogène, lancée par un policier. « Regardez ces images de cette fille. Le policier la regarde et lui jette cette bombe lacrymogène. Elle va porter les séquelles toute sa vie. Et l’Etat ne réagit pas, ni pour l’assister, ni pour compatir avec la famille. C’est de justesse qu’on a pu sauver sa vie. Elle a subi 3 opérations. Mais, jusqu’à présent, elle ne respire pas par le nez », a expliqué le leader de l’UFDG.

Du côté des victimes de ce déguerpissement, on se dit soulagé par cette action de l’UFDG. En recevant le chèque des 400 millions GNF des mains de Cellou Dalein Diallo, Elhadj Alpha Oumar Diallo, le président de la coordination des victimes, a vivement remercié la formation politique. Il a saisi l’occasion pour annoncer qu’un recensement provisoire montre qu’il y a eu 1182 concessions détruites avec 14.988 personnes déplacées.

« Parmi ces personnes, il y a encore 193 sans abris, 100 personnes ayant besoin de nourriture, 3.641 élèves impactés, dont 88 candidats au bac, 92 au BEPC et 86 à l’entrée en 7ème année. 13 écoles qui n’ont plus d’élèves, 12 mosquées n’ayant plus de fidèles et 2 églises, dont l’une a été détruite, 1700 bâtiments détruits, 70 personnes ayant des problèmes de santé, dont deux blessés par balles, plusieurs arrestations de jeunes et d’enfants qui sont soumis à des versements d’un montant d’un million de francs guinéens pour être libérés », a-t-il énuméré.

A noter qu’en plus de la levée des fonds, l’UFDG a mené d’autres actions humanitaires en faveur des déguerpis de Kaporo Rails et Kipé 2. C’est notamment la mise à disposition de logements à certains et la prise en charge à titre gracieux des frais de scolarité de plusieurs élèves.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Parlement : les députés de l’UFDG décident de siéger !

4 avril 2019 à 12 12 54 04544

On vous annonçait précédemment qu’une réunion des hauts responsables de l’UFDG était en cours ce matin au quartier général du parti, à Hamdallaye CBG, autour de la question de siéger ou pas au Parlement. A l’issue de cette rencontre, les responsables du principal parti d’opposition du pays ont annoncé que leurs députés vont siéger, malgré l’expiration de leur mandat, a constaté un reporter de Guineemati.com qui était sur place.

Plus aucun doute désormais. Tous les députés de cette législature, à l’exception de Dr Ousmane Kaba, le président du PADES, vont continuer l’aventure à l’Assemblée nationale. Après le RPG Arc-en-ciel et l’UFR qui ont tous des groupes parlementaires, l’UFDG aussi décide d’accepter la prorogation du mandat des députés. Un mandat qui est arrivé à expiration le 14 février 2019 et qui a été prorogé par un décret du président Alpha Condé.

Le principal parti d’opposition du pays a annoncé sa décision dans une déclaration lue devant les médias, au sortir de sa réunion qui intervient à la veille de la rentrée parlementaire, prévue demain, vendredi 05 avril 2019. Le parti de Cellou Dalein invoque plusieurs raisons pour justifier cette décision.

Nous vous livrerons dans quelques instants, l’intégralité de la déclaration du parti, dirigé par Cellou Dalein Diallo.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Front anti 3ème mandat : « préparez-vous au combat parce qu’il va arriver », lance Sidya Touré

3 avril 2019 à 19 07 21 04214

Comme annoncé précédemment, le Front National pour la Défense de la Constitution qui était annoncé depuis quelques jours, a été lancé ce mercredi, 03 avril 2019, à Conakry. Composé des principaux acteurs de la société civile guinéenne, des opposants, de certains syndicats et de défenseurs des droits de l’Homme, le mouvement se donne pour objectif, d’empêcher toute forme de modification de la Constitution qui devrait permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020.

Juste après la cérémonie de lancement officiel de ce front, qui a eu lieu au siège de la PCUD, à Kipé Dadya, un reporter de Guineematin.com a recueilli les réactions des leaders de l’opposition guinéenne sur la question. Nous vous livrons ci-dessous ce qu’ils en disent.

Sidya Touré, président de l’UFR : à partir d’aujourd’hui, c’est le point de départ. Tous les Guinéens doivent se mobiliser pour savoir quels sont ceux qui sont opposés à cette possibilité et ceux qui veulent vivre de la sueur et du sang de nos populations, simplement pour des questions de convenance personnelle mais surtout pour des questions d’argent, il faut le dire clairement.

Je dois vous dire, pour ceux qui sont plus jeunes, je me retrouve dans cette salle et je suis vraiment quelque peu peiné. En 2006, nous nous sommes révoltés ici contre le général Conté et nous avons créé les forces vives qui sont un peu ce que nous faisons aujourd’hui. Il nous a laissés, pendant trois jours, discuter au palais du peuple.

Il y avait là Alpha Condé, moi-même, Jean Marie Doré, Bâ Mamadou et j’en passe. Vous voyez un peu ce qu’un militaire était capable de faire ? Est-ce qu’on peut aller faire une telle réunion au palais aujourd’hui ? Conté nous a laissés faire parce qu’il voulait écouter son peuple. Ceux à qui nous avons à faire aujourd’hui n’ont pas d’autres objectifs que personnels. Nous devons nous battre contre cela. Nous n’avons aucune raison de ne pas le faire. Donc, nous disons aux et uns autres : préparez-vous au combat parce qu’il va arriver. Nous empêcherons que notre pays sombre.

Me Abdoul Kabèlè Camara, président du RGD : tous ceux qui tentent d’anesthésier la conscience du peuple de Guinée, peuple de 1958, épris de liberté, de justice, de travail noble, désormais, c’est l’union sacrée de toutes les forces sociales et politiques, tous les fils de Guinée. Nous ne faillirons pas à ce devoir. Hier, un citoyen nous a interpellés, que si nous laissons passer ce coup d’Etat constitutionnel, ils descendront dans la rue contre nous. Alors, à bon entendeur salut ! Nous devons nous donner la main, désormais c’est l’union sacrée contre le 3ème mandat, contre ce coup d’Etat constitutionnel.

Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG : je vais saisir cette opportunité pour lancer un appel à nos compatriotes membres des forces de défense et de sécurité pour qu’ils s’inspirent du comportement de leurs collègues de l’Algérie parce qu’Alpha leur a inculqué le virus de la haine et de la violence. La Guinée n’a pas une autre armée, n’a pas une autre police, une autre gendarmerie que celles que nous avons. Ils risquent d’avoir en face leurs frères, leurs sœurs, leurs compatriotes. Il faut qu’ils aient un comportement républicain.

Le comportement républicain, c’est bien sûr la défense de l’intégrité territoriale, mais aussi la défense de la République. Qui dit défense de la République, c’est la défense de la constitution. Il ne faut pas qu’ils fassent preuve de naïveté en suivant aveuglement monsieur Alpha Condé qui a envie de réprimer tout ce qui se dresse sur son passage dans sa velléité de s’octroyer une présidence à vie.

Au nom de mes collègues et du peuple de Guinée tout entier, nous leur lançons un appel pour qu’ils prennent leurs responsabilités en adoptant une attitude républicaine, respectueuse des droits des citoyens qui ont le droit de manifester. C’est dans la constitution de la République, de s’opposer eux-mêmes avec nous, contre le coup d’Etat constitutionnel que monsieur Alpha Condé veut perpétrer en Guinée. Je sais que parmi eux, il y a des patriotes qui ne manqueront pas d’apporter dans les formes appropriées leur soutien au peuple de Guinée.

Dr Faya Millimono, président du Bloc Libéral : Dady a attendu la fin de son second mandat pour appeler les Guinéens à un débat. Nous sommes d’accord de débattre mais il y a une question sur laquelle, il n’y aura pas de débat. Le 3ème mandat, c’est une question qui a été clairement réglée par notre constitution. Il n’y aura donc pas de débat sur cette question. Alpha Condé a un choix à faire : le premier, il a encore un an et quelques mois. S’il veut terminer, qu’il respecte la loi. Mais, s’il choisit de mettre le pied sur l’accélérateur pour un autre mandat, nous allons écourter celui qu’il fait maintenant.

Dr Ousmane Kaba, président du PADES : la question qui est posée à la Guinée est claire : est-ce que nous sommes un pays qui voudrait respecter la constitution et les lois ou bien nous sommes un pays qui est d’accord pour s’enfoncer dans la tyrannie ? Nous sommes à un carrefour de notre histoire. A ce carrefour, les hommes de bonne volonté doivent se réunir. La Guinée a toujours été unie lorsque l’enjeu en vaut la peine.

Ce matin, le rassemblement que nous avons, c’est un rassemblement qui vient du tréfonds du peuple de Guinée qui sent que sa liberté est en jeu, ça dignité est en jeu. Nous devons être capables de relever ce défi.
Je souhaite que le débat ne soit pas personnalisé. Le président de la République, je suis sûr, qui a combattu pour la démocratie, va obéir à la loi. Nous avons aujourd’hui beaucoup d’hommes et de femmes qui ont des intérêts avec cette tyrannie.

Ils ne cherchent que leurs intérêts personnels. Tous ceux qui cherchent leurs intérêts personnels, trouveront la Guinée sur le chemin. Nous sommes la Guinée…

Nous devons quelque chose à cette jeunesse. Les premiers politiciens ont donné l’indépendance à ce pays. Jusqu’à présent nous, nous n’avons pas été capables de délivrer la prospérité économique qui est notre promesse. Au moins, laissons-les un pays démocratique, défendons les acquis de la démocratie.

Propos recueillis par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
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Chérif Bah à l’AG de l’UFDG : « on a un régime fasciste qui sinistre et tue sa population »

30 mars 2019 à 17 05 45 03453

L’incarcération du journaliste Lansana Camara a été l’un des sujets évoqués ce samedi 30 mars 2019, à l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire de l’UFDG. D’autres sujets relatifs à la casse à Kaporo rails et à la sortie ratée du président Alpha Condé le weekend dernier n’ont pas été occultés au cours de cette rencontre. La séance a été présidée par Ibrahima Chérif Bah, entouré de certains membres du bureau exécutif, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Depuis quelques jours, le journaliste du site Conakrylive.com, Lansana Camara, est illégalement détenu à la maison centrale de Conakry sur une plainte du ministre des Affaires Etrangères. Cette atteinte à la liberté de la presse a été commentée par Ibrahima Chérif Bah, qui dénonce des manœuvres d’intimidation.

« Nous constatons des manœuvres d’intimidation qui violent la loi et qui vont affecter tous les guinéens. Avec la presse, on veut nous museler, on veut qu’on se taise et qu’on ait peur. Au nom du président Cellou, nous sommes solidaires à Lansana Camara, car c’est un symbole aujourd’hui », a dit l’ancien gouverneur de la Banque centrale.

En ce qui concerne la démolition des maisons d’habitations à Kaporo rails et Kipé 2, dans la commune de Ratoma, Chérif Bah déplore cette tragédie tout en qualifiant le régime Alpha Condé de fasciste. « Kaporo Rails est l’expression même de l’acte d’un régime qui dévient fasciste, un régime qui sinistre sa population, un régime qui tue sa population.

Ils ont tué à Saoro, à Galapaye, à Womè, à Zogota ainsi que plus de 100 jeunes à Conakry à l’occasion des manifestations sur l’Axe de la démocratie. Ce pouvoir n’a pas une légitimité suffisante. Il pèse 18% depuis 2010 », rappelle l’ancien banquier.

Devant cet état de fait, Ibrahima Chérif Bah appelle à la mobilisation des militants de l’UFDG pour contrecarrer toute idée de modification de la Constitution en faveur du Président Alpha Condé.

Parlant de la sortie ratée du président Alpha Condé devant ses militants la semaine dernière, Chérif Bah préconise l’organisation d’un congrès du RPG pour écarter l’actuel locataire de Sékhoutouréyah. « J’aimerais demander au militant Alpha Condé, aux militants du RPG de faire un congrès en fin.

Qu’ils nous désignent un guinéen de souche, qui connaît la Guinée et qui viendrait compétir avec notre candidat en 2020. Cela va nous éviter le gaspillage des milliards qu’ils font aujourd’hui et ça va nous éviter des crises », estime l’opposant.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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UFDG : le député Ibrahima Sory TOURE nommé conseiller de Cellou Dalein

29 mars 2019 à 15 03 21 03213

Dans le cadre du bon fonctionnement de son parti, le président de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, vient de nommer un conseiller chargé de mission. Il s’agit de l’honorable Ibrahima Sory TOURE, membre du Conseil Politique de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée et député à l’Assemblée nationale.

Ci-dessous la décision du président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo.

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Désordre au sein de l’opposition républicaine ? « Nous avons élaboré une charte de fonctionnement »

28 mars 2019 à 17 05 30 03303

Au sortir d’une plénière de l’opposition républicaine tenue ce jeudi, 28 mars 2019, au quartier général de l’UFDG, le chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo (qui a eu le mandat de s’adresser à la presse au nom de ses pairs), a annoncé la création d’une « charte » qui réorganise désormais l’opposition républicaine.

Ce document qui définit entre autres les « conditions d’adhésion et de retrait » des partis politiques à cette plateforme de l’opposition, a été élaboré à Condéyah, lors de la récente « retraite de réflexion » des partis membres de l’opposition républicaine, dans la préfecture de Kindia, a appris un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Tout d’abord, Cellou Dalein Diallo a rappelé que, jusque-là, il n’y avait aucun texte qui régit le fonctionnement de l’opposition républicaine. « On vient quand on veut, on sort quand on veut. Les obligations, les devoirs et les droits des membres n’étaient pas définis », a-t-il dénoncé tout en indiquant que la retraite de l’opposition républicaine à Condéyah, a porté sur la réorganisation de cette association de partis politiques d’opposition et définir les nouvelles stratégies de lutte face aux « violations récurrentes de la constitution et des lois de la république » par le président Alpha Condé.

Et, c’est dans cette optique qu’une « charte » qui régit désormais le fonctionnement de l’opposition républicaine a été créée. Une charte qui, soutient le leader de l’UFDG, a été adoptée par tous les partis qui étaient à la retraite de Condéyah.

« On a estimé qu’il fallait avoir un texte fondateur de cette association de partis politiques décidés à œuvrer pour l’alternance démocratique. Donc, au cours des débats (à Condéyah) nous avons défini les modalités d’adhésion, de départ, les droits et les devoirs des membres de la plateforme. Nous avons également défini comment les décisions se prennent. Nous avons décidé de privilégier le consensus. Et, en cas d’absence du consensus, que la décision soit prise à la majorité des deux tiers (2/3).

Au cas où un parti ne serait pas d’accord avec une décision qui a été prise (…) il s’abstiendrait de la critiquer. Ce, pour qu’il y ait l’harmonie et la discipline au sein de cette plateforme », a expliqué Cellou Dalein Diallo.
Le chef de file de l’opposition guinéenne a aussi annoncé la création de quatre commissions au sein de l’opposition républicaine, lors de la retraite de Condéyah.

« Une commission d’orientation stratégique, une commission de communication, une commission des affaires sociales et de la discipline et une commission d’organisation », a-t-il cité tout en précisant que cette charte a été signée et adoptée par les 14 partis politiques qui étaient présents à Condéyah.

Par ailleurs, Cellou Dalein Diallo a indiqué que l’opposition républicaine est ouverte « à tous ceux qui ont la volonté de mener le combat contre la mauvaise gouvernance et de provoquer une alternance démocratique » en Guinée.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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« Tentative d’assassinat» de Cellou Dalein : l’opposant entendu par la justice

14 mars 2019 à 18 06 47 03473

Plus de quatre mois après le tir qui a touché son véhicule et qu’il qualifie de tentative d’assassinat contre sa personne, Cellou Dalein Diallo a été entendu ce jeudi, 14 mars 2019, par la justice. Le chef de file de l’opposition guinéenne s’est rendu au TPI de Dixinn pour répondre aux questions du juge d’instruction en charge de l’affaire. Accompagné de ses avocats : maître Salifou Béavogui et maître Alsény Aïssata Diallo, le président de l’UFDG a été auditionné pendant trois heures environ.

Au sortir de son audition qui a eu lieu à huis clos, l’opposant s’est confié au micro d’un reporter de Guineematin.com qui était sur place. « Ce qui justifie ma présence ici, c’est la tentative d’assassinat dont j’ai été l’objet le 23 octobre 2018. La justice a voulu avoir mon témoignage. Elle aurait reçu le rapport des gendarmes et souhaite avoir ma version des faits. C’est ce qui a été fait », a déclaré Cellou Dalein Diallo.

A rappeler que le véhicule du chef de file de l’opposition guinéenne a essuyé un tir le 23 octobre 2018, à l’occasion d’une manifestation de rue organisée par les opposants et interdite par les autorités. Au moment des faits, Cellou Dalein Diallo et d’autres leaders de l’opposition étaient dans le véhicule, mais le projectile, dont la nature n’a pas été identifiée, n’a touché personne.

L’opposition a dénoncé une tentative d’assassinat orchestrée par le pouvoir. Aussitôt, la gendarmerie a ouvert une enquête. Elle a entendu les différentes parties concernées et a produit son rapport qu’elle a remis à la justice. Rien n’a filtré cependant, pour l’heure, sur le contenu de ce rapport.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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Cellou Dalein sur le déguerpissement à Kaporo Rails : « ce n’est pas de la récupération des terres »

9 mars 2019 à 16 04 21 03213

Après son retour de Johannesburg où il a assisté à une rencontre de l’International libéral, le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, a animé ce samedi 09 mars 2019, l’assemblée générale de son parti, à Conakry. Une occasion pour lui d’évoquer la situation des populations déguerpies de Kaporo Rails, dans la commune de Ratoma, rapporte Guineematin.com à travers un de ses reporters.

A l’entame de son discours, le chef de file de l’opposition guinéenne a rendu hommage à l’ensemble des femmes de Guinée, particulièrement celles de l’UFDG qui sont, dit-il, sur tous les fronts pour défendre leurs droits et leur dignité, malgré les actes de violence dont elles sont victimes de la part du régime d’Alpha Condé.

« Elles (les femmes de l’UFDG, ndlr) ont subi toutes sortes de violence de la part de monsieur Alpha Condé et de son Etat. Elles ont été arrêtées, bastonnées, maltraitées, jugées et condamnées à des peines de prison. Malgré tout, elles ont continué le combat pour une Guinée juste et démocratique», a décrit Cellou Dalein Diallo.

Revenant sur le déguerpissement des citoyens de Kaporo Rails, dans la commune de Ratoma, le leader de l’opposition guinéenne n’a pas mâché ses mots à l’endroit du pouvoir d’Alpha Condé. Il voit cet agissement de l’Etat comme une humiliation. « A Kaporo Rails, c’est l’Etat qui veut humilier les citoyens, détruire leurs maisons. Alors que dans un pays, lorsqu’il y a une calamité comme celle que l’Etat a créée, il est le premier à être du côté des citoyens pour les aider.

S’il y a une inondation, un tremblement de terre, l’Etat est là pour aider les citoyens, pour chercher à les nourrir, les loger et mobiliser la communauté nationale et internationale pour venir au secours. Ici, c’est Alpha Condé qui décide d’humilier les gens, de détruire leurs maisons, les écoles, les centres de santé. Pourquoi ? Ce n’est pas de la récupération des terres », affirme Cellou Dalein Diallo.

Pour lui, c’est un combat contre son parti, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée et ses militants. « C’est parce qu’on sait que Ratoma, c’est le fief de l’UFDG et on sait qu’il y a une communauté qu’il déteste qui habite là-bas. On aurait pu obtenir le résultat si c’est le déguerpissement pour cause d’utilité publique.

On aurait dû prendre des dispositions parce que c’est des fils du pays. On aurait pu négocier, trouver quelque chose, les recaser dans les domaines même loin de Conakry, trouver un montant symbolique ou forfaitaire pour eux. Même une armée d’occupation ne peut pas se comporter comme ça avec des êtres humains. C’est Alpha Condé qui peut faire ça », insiste l’opposant.

Face à cette situation, le président de l’UFDG interpelle à nouveau le président Alpha Condé et son gouvernement devant leurs responsabilités. « Ici, c’est l’Etat qui crée cette situation, mais je vous ai toujours dit que monsieur Alpha Condé n’est pas à la hauteur de la fonction présidentielle. Un Président de la République doit veiller à la sécurité de ses citoyens.

Il a fait assassiner 103 de nos enfants qui n’ont pas eu droit à la justice. Maintenant, il veut les chasser de leur logement. Beaucoup d’entre eux habitaient là-bas avant que le décret déclarant la zone « zone réservée » ne soit pris. Et, l’Etat n’a rien fait pour empêcher que les gens s’installent. Le minimum qu’on fait sur le plan humain, c’est de chercher à les recaser », ajoute-t-il.

Pour terminer, Cellou Dalein Diallo a appelé ses militants à continuer le combat pour « débarrasser la Guinée de ces hommes sans foi, ni loi, qui n’ont pas pitié, qui n’ont pas le sens du respect des droits humains. Ce n’est pas acceptable », dit-il tout en renouvelant sa solidarité à l’égard des victimes de ce déguerpissement.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
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Frahira Condé de la section RPG-AEC du Sénégal : « le président Alpha Condé va se limiter à ses deux mandats »

23 février 2019 à 13 01 18 02182
Frahira Condé, secrétaire politique de la section RPG-AEC du Sénégal, de Gambie, du Cap-Vert et de la Mauritanie

Frahira Condé, secrétaire politique de la section RPG Arc-en-ciel du Sénégal (une section qui couvre aussi la Gambie, la Mauritanie et le Cap Vert) a accordé une interview à deux journalistes de Guineematin.com, partis couvrir l’élection présidentielle du 24 février 2019 au Sénégal.

Ce guinéen qui est né et qui vit au pays de la Téranga, s’est exprimé notamment sur le déroulement de la campagne électorale et sur l’actualité sociopolitique guinéenne qu’il observe à distance. Il a déploré l’attaque contre le cortège de Cellou Dalein Diallo il y a une semaine à Conakry et s’est dit certain que le président Alpha Condé ne va pas briguer un troisième mandat.

Décryptage !

Guineematin.com : les sénégalais sont appelés aux urnes dimanche pour élire leur nouveau président de la République. La campagne électorale s’achève ce vendredi, 22 février 2019 à minuit. Vous qui êtes à la fois guinéen et sénégalais et qui êtes un des responsables du RPG Arc-en-ciel au Sénégal. Comment appréciez-vous le déroulement de cette campagne ?

Frahira Condé : la campagne s’est déroulée très bien. Les cinq (5) candidats ont déroulé leurs plans d’actions, ils ont expliqué à la population leurs programmes. Moi, je n’appartiens à aucun parti politique ici au Sénégal. Mais, à mon avis, et d’après ce que j’ai vu, le président Macky Sall va les battre dès le premier tour.

Guineematin.com : qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

Frahira Condé : son bilan. Je ne parle pas de ce que les gens disent : il a dit qu’il va faire cinq (5) ans, il a fait sept (7) ans. D’accord, tout ça c’est beau. Mais, ça n’empêche pas de dire que ce qu’il a fait ici, connaissant très bien le Sénégal pour avoir parcouru tout le territoire sénégalais, lui permet d’être réélu dès le premier tour. Je suis allé partout et j’ai vu que le président Macky Sall a fait vraiment du bon travail. Donc, si les Sénégalais sont conscients, ils vont lui donner un second mandat.

Guineematin.com : parlant du déroulement de la campagne électorale ici au Sénégal, quand on fait la comparaison avec ce qui se passe habituellement en Guinée, y a-t-il une différence ?

Frahira Condé : je peux dire qu’il n’y a pas photo entre les deux pays. La façon dont la campagne se passe ici au Sénégal et en Guinée, il y a une différence. Mais, la manière dont le président sénégalais en train de faire sa campagne, c’est pareil avec celle du président Alpha Condé en Guinée : la manière avec laquelle Alpha Condé draine les foules derrière lui, c’est de cette même manière que Macky Sall est en train de faire au Sénégal. Donc, à ce niveau, il y a une ressemblance entre les deux.

Guineematin.com : la différence c’est à quel niveau alors ? Au niveau du discours peut-être ?

Frahira Condé

Frahira Condé : la différence c’est au niveau du discours. Quand je suis la télévision guinéenne, je vois souvent des anciens militants qui se glorifient en disant : moi je suis là depuis le commencement, moi ça, je ne le dis pas. Je connais très bien le président Alpha Condé, mieux qu’eux-mêmes qui sont là-bas, à côté de lui. Le président Alpha Condé aussi me connait très bien, si tu le réveilles en plein sommeil, tu lui demandes s’il connait Frahira, il dira oui. En le connaissant donc très bien, je dirais qu’il y a une différence entre lui et Macky.

Le président Condé lui, il dit ce qu’il a à dire, c’est-à-dire qu’il ne cache pas la vérité, il dit ce qu’il a à dire sans gêne. Ce qu’il ressent, il le dit même à ses militants, ses compagnons et la population aussi. Lui, il crache la vérité. Ce n’est pas le cas chez Macky Sall. Lui, il ne peut pas dire ces vérités-là. Les vérités que le président Alpha Condé est en train de dire à la population, le président Macky ne peut pas les dire. S’il les dit, il va tomber, ça ne l’arrangera pas.

Guineematin.com : vous avez salué le déroulement de cette campagne électorale, mais selon certains médias sénégalais, cette campagne a fait 22 morts par accidents de la circulation. Il y a eu également des accrochages entre militants de camps opposés qui ont fait des blessés. C’est quand même pas reluisant ça.

Frahira Condé : oui, ça arrive. L’accident, on ne peut pas l’éviter, ça arrive. Là où les gendarmes sont morts par exemple, on a dit que le chauffeur dormait. Le chauffeur était très fatigué, vous savez, la campagne c’est très fatiguant. Moi qui ai conduit un véhicule entre la Guinée et le Sénégal, j’en sais quelque chose. Les autres morts, vous savez, il y a des militants qui se sont mêlés avec des gens qui ne veulent que détruire. Parce qu’il y a certains militants qui sont là, ils ne peuvent pas se retenir. Il suffit que tu touches à une effigie de leur candidat, de leur président, ils se fâchent vite et la bagarre commence.

Guineematin.com : c’est ce qui explique les affrontements à Tamba-Kounda ?

Frahira Condé : oui, c’est à cause ça. Parce qu’il parait qu’il y a l’effigie du président Issa Sall qui a été sabotée, ou bien l’effigie du président Macky Sall qui a été sabotée, et les jeunes n’étaient pas d’accord entre eux, il y a eu bagarre. Le professeur Issa Sall était avec ses militants, ses accompagnants, avec ses gardes du corps, mais ils étaient trop petits par rapport à la foule qui était là-bas. Il parait qu’un des leurs chauffeurs a essayé de s’enfuir, on l’a tiré sur place. Il y a un autre aussi qu’on a poignardé avec un couteau. Vraiment, on déplore cela. Dans une campagne politique, ça ne demande pas de sortir une arme blanche. Mieux vaut dérouler son programme de société que de sortir une arme blanche. Quand-même, je pense que la justice fera son travail.

Guineematin.com : dans une déclaration rendue publique le jeudi, 21 février 2019, les quatre (4) opposants qui font face à Macky Sall ont dénoncé des manipulations douteuses. Ils parlent notamment d’un tripatouillage du fichier électoral pour permettre au président sortant d’être réélu. Croyez-vous en cela ou bien vous pensez que c’est juste de bonne guerre ?

Frahira Condé : moi, je ne suis pas un informaticien pour pouvoir dire qu’ils veulent tripatouiller le fichier électoral. Mais, il faut savoir que c’est quelque chose qui a été toujours déploré ici au Sénégal. Les opposants ont toujours crié ici haut et fort que vraiment, ils ne font pas confiance au fichier électoral. Mais, je vais vous dire que ce que j’ai vu ici au Sénégal, ça n’existe quasiment dans aucun autre pays en Afrique. Si on ferme les bureaux de vote à 9 heures, à 10 heures, les résultats commencent à tomber. J’ai assisté à plusieurs élections ici, mais je puis dire que personne ne peut voler les élections ici.

Guineematin.com : c’est transparent ?

Frahira Condé : c’est transparent. Il suffit que le bureau de vote numéro 1 ferme ses portes, les représentants de tous les partis sont là, ils font le décompte. Et, dès qu’ils finissent le décompte, ils ouvrent les portes et les journalistes entrent, on leur donne les résultats. Eux aussi, commencent immédiatement à relayer les résultats. Les résultats, ça part comme ça. On les centralise et il y a les médias qui donnent les résultats au fur et à mesure. Ça ne peut pas durer. Avant minuit, on peut connaître la tendance, savoir qui est devant, s’il y aura un deuxième tour ou pas.

Guineematin.com : on sait qu’il y a une forte communauté guinéenne ici au Sénégal, notamment à Dakar. Beaucoup d’entre eux ont la nationalité sénégalaise et vont donc voter. Est-ce que les partis politiques guinéens ont une certaine implication dans ce processus ?

Frahira Condé

Frahira Condé : non. Sauf peut-être ceux qui veulent se faire montrer. Il y en a d’autres qui ont acquis la nationalité sénégalaise, ce n’est pas comme nous qui sommes nés ici et qui avons grandi ici. Nos papas ont quitté la Guinée après la guerre mondiale, ils sont venus ici, ils étaient des anciens combattants. Ils ont acquis la nationalité sénégalaise et se sont installés ici. Nous, nous sommes nés ici et avons grandi ici.

Mais, il y en a d’autres qui sont venus ici il y a 5 ans, 10 ans, ils ont acquis la nationalité sénégalaise, tous ceux-là votent. Mais moi, j’attire l’attention de toute la communauté guinéenne pour leur dire de ne pas se dévoiler, de rester calme, aller voter et rentrer. Parce qu’il fût un temps, il y a eu des rumeurs qui disaient qu’il y a la communauté guinéenne qui est impliquée dans les élections au Sénégal. Il y a des opposants qui en ont parlé.

Guineematin.com : effectivement, certains ont dit ici qu’il y a des guinéens qui n’ont pas la nationalité sénégalaise que le pouvoir utilise pour voter les élections. C’est-à-dire qu’ils traversent la frontière pour venir prendre des cartes d’électeurs sénégalais, voter et rentrer en Guinée. Avez-vous vu des cas pareils ?

Frahira Condé : j’en ai entendu parler mais je ne crois pas à cela. Je sais que les Guinéens sont très nombreux au Sénégal et que beaucoup d’entre eux ont acquis la nationalité sénégalaise. Mais, ce que vous dites là, je n’en ai pas la certitude.

Guineematin.com : parlez-nous maintenant des rapports entre vous les représentants des partis politiques guinéens ici au Sénégal. Comment ça se passe entre vous ?

Frahira Condé : nous avons de très bons rapports. Ce n’est pas pareil avec ce qui se passe en Guinée. Ici, nous sommes en famille. Je peux même vous montrer des photos où je suis avec le secrétaire fédéral de l’UFDG. Quand Cellou a organisé son meeting au stade Ibamar Diop de Dakar, j’étais là-bas. Nous ici, on est une famille.

Guineematin.com : pour nous qui sommes en Guinée, c’est quand-même étonnant de voir un responsable du RPG Arc-en-ciel participer à un meeting de Cellou Dalein Diallo.

Frahira Condé : oui, on m’a invité, j’étais obligé de partir. Ce qui compte le premier, nous sommes des guinéens. Nous sommes des guinéens, c’est ça qui compte. Ici, si le malheur tombe sur quelqu’un qui est guinéen, on ne cherche pas à savoir si tu es de ce parti politique là ou si tu es de tel autre parti politique, nous on est une famille ici au Sénégal. On ne se bagarre pas. Même en période électorale, on ne se bagarre pas. On reste calme, on attend les résultats.

Guineematin.com : en Guinée, on s’achemine vers la fin du second mandat du président Alpha Condé. Quel bilan faites-vous de la gestion de votre champion ?

Frahira Condé : depuis qu’il est venu, quand-même il est en train de travailler. Vous savez, la Guinée à un grand retard par rapport à certains pays de la sous-région. Donc, il ne peut pas tout faire en deux mandats. Pour sortir la Guinée de la pauvreté, il faut beaucoup de temps. La Guinée, on ne peut pas la développer en 15 ans ou en 20 ans, ça reste encore beaucoup à faire. Sur le domaine des infrastructures, ça commence à aller parce que j’étais là-bas au mois de mai 2018, j’ai vu qu’il y a quand même des infrastructures qui sont en train de sortir de terre, j’apprécie cela. Le président Alpha Condé a beaucoup fait, il est en train de se battre pour faire son mieux. Mais, il ne sera pas le seul à bâtir toute la Guinée, il faut que tous les Guinéens y apportent leur grain de sel.

Guineematin.com : vous dites qu’il ne peut pas tout faire en deux mandats. C’est justement l’un des arguments des promoteurs du troisième mandat. Ils disent que le président doit avoir un troisième mandat pour parachever ses chantiers. C’est aussi votre avis ou bien vous, vous pensez qu’il faut respecter la constitution actuelle qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels ?

Frahira Condé : ça c’est une autre affaire. Mais moi, ce que je peux répondre, c’est que comme le président ne s’est pas prononcé jusqu’à présent sur ce sujet, moi je crois que le président de la République va se limiter à ses deux mandats-là.

Guineematin.com : c’est votre souhait ça ou bien c’est l’impression que vous avez ?

Frahira Condé : ce sont mes pensées parce que, connaissant le président Alpha Condé, je sais que s’il veut quelque chose, il le dit. C’est en 2020 qu’il va finir son deuxième mandat, s’il devait se prononcer sur ça, il allait le faire depuis longtemps, les gens vont essayer de travailler sur ça. Mais, il ne l’a pas fait jusqu’à présent. Donc d’après mes calculs, je dis que le président de la République, il va les laisser parler et à la fin de son mandat, il va aller se reposer.

Guineematin.com : vous pensez qu’il veut surprendre les gens, c’est pourquoi il ne s’est pas prononcé encore là-dessus ?

Frahira Condé : je dis qu’il ne s’est pas prononcé jusqu’à présent. Il y a les opposants qui crient de gauche à droite, chacun parle de 3ème mandat, les militants du RPG Arc-en-ciel aussi en parlent, mais ils ne connaissent absolument rien sur les intentions du président.

Guineematin.com : personnellement, que conseillez-vous au président : proposer une nouvelle constitution ou partir à la fin de son second mandat ?

Frahira Condé : moi, je ne peux pas conseiller le président de la République. C’est vrai, il me respecte beaucoup et je le respecte beaucoup, mais c’est quelqu’un qui est très mature, c’est quelqu’un qui est très respecté. Donc, je ne suis pas bien placé pour lui donner des conseils.

Guineematin.com : l’actualité guinéenne a été marquée aussi ces derniers jours par l’attaque du cortège de Cellou Dalein Diallo qui rentrait d’un séjour à l’étranger. Les forces de l’ordre ont violemment dispersé son cortège qui se rendait au siège de l’UFDG et ont sérieusement endommagé son véhicule. Votre réaction là-dessus ?

Frahira Condé : je déplore tout ce qui peut entraîner mort d’homme. Je déplore aussi les callasses des véhicules. Parce que nous, la façon dont on nous a éduqués ici au Sénégal, en faisant la politique, ce n’est pas pareil avec ce que j’ai vu là-bas. Je le déplore. L’UFDG est quand même la deuxième force politique du pays, on devait donc donner le minimum de respect à son leader. Moi, j’aurais aimé que s’il veut marcher qu’on l’encadre, il fait sa marche sans qu’on le disperse. Parce que je vois l’exemple ici au Sénégal, il y a des opposants qui font des marches, ils sont bien encadrés par la police. Ils vont faire leur marche, après ils se dispersent.

Guineematon.com : nous arrivons au terme de cette interview, quel est votre mot de la fin ?

Frahira Condé : je prie le bon Dieu que l’élection de 24 février 2019 se déroule dans les meilleures conditions, que les sénégalais restent calmes, qu’ils aillent voter et rentrer chez eux dans le calme. Et surtout mes parents guinéens, je leur demande de ne pas se manifester, de ne pas se dévoiler, ils n’ont qu’à aller voter. Il ne faut pas qu’ils se dévoilent. Ce sont des sénégalais, ils ont leurs cartes d’identité CEDEAO numérisées, ils n’ont qu’à aller voter et rentrer.

Interview réalisée à Dakar par Ibrahima Sory Diallo et Alpha Fafaya Diallo, envoyés spéciaux de Guineematin.com

Tél. : (00221) 78 169 09 46

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Coordination des fédérations UFDG de l’intérieur : Cellou Baldé fixe ses priorités

21 février 2019 à 12 12 24 02242

Le président de l’UFDG a procédé hier, mercredi 20 février 2019, à quelques réaménagements au sein de sa formation politique. Cellou Dalein Diallo a nommé quatre cadres du parti à de nouveaux postes. Il s’agit de l’honorable Aliou Condé, secrétaire général de l’UFDG, qui est nommé au poste de vice-président chargé des affaires politiques en remplacement de Bano Sow, parti à la CENI ; l’honorable Cellou Baldé, vice-président de la commission électorale du parti devient coordinateur des fédérations UFDG de l’intérieur du pays ; Elhadj Mamadou Diouma Bah, membre du bureau exécutif et fondateur de l’université IUHEG va occuper le poste de coordinateur des fédérations UFDG de l’extérieur et mademoiselle Nadia Nahman est nommée cheffe de cabinet par intérim du président de l’UFDG.

Au lendemain de ses nominations, l’honorable Cellou Baldé s’est confié à Guineematin.com ce jeudi, 21 février 2019. Le député de Labé s’est dit satisfait de la confiance placée en lui. « Nous avons accueilli cette nomination avec satisfaction et nous exprimons toute notre gratitude au président Cellou Dalein Diallo parce que c’est à son pouvoir discrétionnaire par le simple fait que nous ne sommes pas au congrès.

Le poste de vice-président est un poste électif et c’est au congrès de le meubler ; mais, quand il est vacant entre deux congrès, c’est au président de procéder à une nomination. Il a bien voulu assister le vice-président chargé des affaires politiques de deux coordinateurs pour les fédérations de l’intérieur et de l’extérieur », a-t-il expliqué.

Ainsi donc, honorable Cellou Baldé se fixe déjà plusieurs objectifs, notamment ceux de mieux encadrer les fédérations de l’intérieur du pays auprès du vice-président en charge des affaires politiques et la réorganisation des structures à la base : les comités de base, les sections et les fédérations. « Puisque nous venons de sortir d’un scrutin pour lequel il y a eu beaucoup d’élus, il faut réorganiser les structures du parti.

Nous avons eu beaucoup de maires et de vices maires. Nous comptons aujourd’hui 416 membres des différents exécutifs du pays, 120 maires et environ 121 vices maires également. Nous avons eu plus de 2000 conseillers. Cela va sûrement plus ou moins affecter l’organisation des structures à la base. Donc aujourd’hui, il est question de relancer la redynamisation de ces structures ; mais également, assurer l’encadrement de nos militants et responsables à la base », a souligné le député.

L’élu de Labé pense que la mission ne s’arrête pas là et qu’il faut également étendre l’étendard du parti à travers son implantation dans des zones où il n’y avait pas assez de structures. « Il y a peut-être des zones où il n’y a pas de structures de base, donc il faut étendre l’emprise du parti dans tous les villages, les districts et sous-préfectures du pays. Et, avec un travail collégial, nous ferons en sorte que les résultats attendus soient produits et que l’UFDG soit au sommet en 2020 et que Cellou Dalein Diallo soit élu Président de la République pour que l’alternance soit assurée », a-t-il promis au bout du fil.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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Lancinet Keïta, fédéral de l’UFDG à Siguiri : « ceux qui disent que l’UFDG est un parti ethnique… »

20 février 2019 à 11 11 07 02072

La récente sortie de Cheick Oumar Magassouba, secrétaire fédéral de l’UFDG à Siguiri, qui a annoncé sa démission, secoue la formation politique dans la préfecture. Les autres responsables locaux du principal parti d’opposition du pays ont réagi à cette sortie au cours de leur assemblée générale hebdomadaire, tenue hier, mardi 19 février 2019, dans le quartier Siguirikoura 2. Ils ont dénoncé une tentative de déstabilisation et appelé leurs militants à ne pas se laisser distraire, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Siguiri.

Après une dizaine d’années passées comme secrétaire fédéral de l’UFDG à Siguiri, Cheick Oumar Magassouba a annoncé sa démission. Il justifie son départ par le fait que le parti dirigé par Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition guinéenne, est un parti ethnique. Une sortie qui n’a pas laissé indifférents les autres responsables de l’UFDG dans la préfecture. Lancinet Keïta, le secrétaire fédéral par intérim du parti, parle d’une tentative de démobilisation.

« Restons mobilisés pour la victoire en 2020. Pour nous démobiliser, les détracteurs qualifient notre parti comme un parti des peulhs. L’UFDG n’est pas un parti ethnique, c’est un parti national qui rassemble tous les Guinéens sans distinction. Ceux qui disent que l’UFDG est un parti ethnique, qu’ils apportent leur preuve. Leur objectif, c’est de nous démobiliser mais ils se trompent », a-t-il déclaré devant les militants et sympathisants de l’UFDG, qui ont pris part à l’assemblée générale du parti du mardi, 19 février 2019.

Et pour démentir leurs « détracteurs », les responsables de l’UFDG à Siguiri ont présenté une vingtaine de jeunes qui auraient quitté le RPG Arc-en-ciel pour rejoindre l’UFDG. « Nous connaissons maintenant la vérité. Nous avons compris que le bonheur de ce pays est dans les mains de Cellou Dalein Diallo. C’est pourquoi, nous sommes venus adhérer à ce grand parti aujourd’hui. Nous étions tous dans le RPG Arc-en-ciel, aujourd’hui nous avons décidé de rejoindre l’UFDG », a dit Ousmane Condé, le porte-parole des jeunes adhérents.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Le budget du chef de file de l’opposition bloqué : « on est dans la jungle… »

12 février 2019 à 8 08 32 02322

Depuis plus d’une année maintenant, le chef de file de l’opposition guinéenne ne reçoit pas son budget. Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG, ne digère cet état de fait. L’opposant qui a contacté Guineematin.com par téléphone, s’en prend au Président Alpha Condé qu’il accuse de transformer la Guinée en jungle.

C’est en 2017 que Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition guinéenne, a commencé à recevoir son budget de chef de file de l’opposition, en raison de 500 millions de francs guinéens par trimestre. Mais, au bout de quelques mois, le déblocage de l’argent a été arrêté. Depuis, le président de l’UFDG n’a plus rien perçu de ce budget et il n’a non plus reçu les deux véhicules prévus par la loi portant sur le chef de file de l’opposition.

Plus d’une année après, le vice-président de l’UFDG s’insurge contre cette situation. Dr Fodé Oussou Fofana rappelle d’abord que ce budget n’est pas une subvention qui est donnée à l’UFDG, encore moins une aumône. « Cette affaire de chef de file de l’opposition et le budget qui est lié est du domaine de la loi. Ce n’est pas la volonté de monsieur Alpha Condé, ce n’est pas son argent, ce n’est pas lui qui paye, c’est du domaine de la loi. C’est la loi qui dit que le chef de file de l’opposition, c’est le leader du parti de l’opposition qui a le plus grand nombre de députés à l’Assemblée nationale.

Et c’est la même qui dit que le chef de file de l’opposition a droit à un budget qui a été voté. Ce n’est pas honteux donc de prendre l’argent du budget du chef de file de l’opposition. C’est comme le Président de l’Assemblée nationale qui a un budget de souveraineté, c’est comme le Président de la République qui a un budget de souveraineté, c’est comme le Président de la Cour suprême, c’est comme les présidents de toutes les institutions qui ont un budget », a déclaré le président du groupe parlementaire Libéral-Démocrate à l’Assemblée nationale.

Parlant du blocage de ce budget et de tous les avantages consacrés au chef de file de l’opposition, Fodé Oussou Fofana estime que c’est « parce qu’on est dans la jungle, on est dans la merde. Alpha Condé fait ce qu’il veut, il traite les Guinéens comme il veut, il n’y a personne qui peut ouvrir les yeux pour dire que ce n’est pas normal ce qu’il fait. Sinon, un Président de la République n’a aucune autorité de bloquer un budget d’une institution qui est consacrée par la loi. Parce que ce n’est pas de l’aumône qu’il donne, c’est du domaine de la loi. On n’a pas besoin de s’entendre avec le chef de file de l’opposition pour lui donner son donner son budget. Si la loi dit de lui donner un budget, il doit le recevoir ».

L’opposant précise toutefois, que sa sortie ne vise pas à réclamer le budget du chef de file de l’opposition mais elle vise plutôt à dénoncer cette autre violation manifeste de la loi par le Président Alpha Condé. « De toutes les façons, on ne se bat pas pour un budget de chef de file de l’opposition. Notre objectif, c’est d’amener Cellou à Sékhoutouréya. Mais ce qui est énervant, c’est le fait que monsieur Alpha Condé instaure la dictature et fait ce qu’il veut. C’est comme si l’argent de la Guinée est devenu son argent, il le donne à qui il veut », a-t-il expliqué.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628124362

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Exécutif communal de Matoto : « pas question de revenir sur l’élection de Kalemodou Yansané » (UFDG)

5 février 2019 à 17 05 01 02012
Hon. Kalemodou Yansané

C’est demain que le régime Alpha Condé compte faire reprendre l’élection de l’exécutif communal de Matoto. Selon des informations confiées à Guineematin.com, c’est l’absence de l’Honorable Kalémodou Yansané de Conakry qui aurait entraîné le report de l’élection de l’exécutif communal. « L’élection devait se faire hier, lundi. Mais, quand Kalémodou Yansané a été joint au téléphone, il avait dit être à Forécariah. Il a donc été décidé de reporter le vote à demain, mercredi », a indiqué une source.

Seulement, dans une déclaration de ce mardi, 05 février 2019, le parti de Cellou Dalein Diallo a rejeté toute reprise de l’élection du maire de Matoto. Pour l’UFDG, on doit continuer à élire les autres membres de l’exécutif communal ; mais, pas le poste de maire, qui est déjà pourvu…

Général Boureima Condé, ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation

Ainsi, les opposants qui citent l’alinéa 2 de l’article 132 du Code des Collectivités locales, exigent au ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation de prendre un arrêté de convocation, précisant l’élection à laquelle il doit être procédé…

En attendant cet hypothétique arrêté, le principal parti de l’opposition guinéenne alerte les membres de la communauté internationale sur ce qu’il a appelé « des manœuvres dilatoires » du Gouvernement Alpha Condé et appelé ses militants à se mobiliser pour « défendre la victoire du maire déjà élu »…

Guineematin.com vous propose de télécharger le document PDF suivant pour lire l’intégralité de cette déclaration de l’UFDG :

Déclaration de l’UFDG sur la reprise de l’élection de l’exécutif communal à Matoto

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Guinée : l’opposition annonce une manifestation inédite à Conakry

6 décembre 2018 à 17 05 48 124812

Au sortir d’une plénière qui a réuni ses membres ce jeudi, 06 décembre 2018 à Conakry, l’opposition républicaine a annoncé l’organisation d’une nouvelle manifestation de rue à Conakry. Manifestation inédite de par la multiplicité des points de ralliement prévus par les opposants

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