Les mots et les maux du ministre ! Par Habib Yembering Diallo

12 octobre 2020 à 14 02 55 105510

Habib Yembering Diallo

Cher cousin,

Comme tu as dû suivre en direct les derniers développements de l’actualité dans notre pays, ce que je redoutais tant s’est produit. Notre principal adversaire a fait une véritable démonstration de force dans notre ville. Sans aucune exagération, à l’exception du bref retour du capitaine dans cette ville, aucun autre évènement n’avait mobilisé autant de monde. Or le succès de cet homme constitue de facto mon échec. J’allais dire notre défaite.

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Lutte contre la Covid-19 : Orange Guinée offre du matériel médical au ministère de la santé

1 octobre 2020 à 16 04 20 102010

La société de téléphonie mobile Orange Guinée poursuit ses efforts visant à éradiquer la pandémie du coronavirus dans notre pays. C’est dans ce cadre qu’elle a offert un important lot de matériels médicaux au ministère de la santé. La cérémonie de remise de ce don a eu lieu ce mercredi, 30 septembre 2020, dans les locaux de la pharmacie centrale de Guinée, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

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Interdiction de passage sur le pont métallique de Sanfina (Kankan) : les chauffeurs de gros camions se révoltent

31 août 2020 à 10 10 50 08508

Comme annoncé précédemment, la circulation a été fortement perturbée le weekend dernier sur la route Kankan-Mandiana. Et, pour cause, le pont de fortune (un conteneur) qui facilitait jusqu’ici la traversée de la rivière « Limbo » à Sanfina (un district relevant de la sous-préfecture de Balandou, dans la préfecture de Kankan) a été emporté par les eaux. Ce qui a ainsi contraint les nombreux usagers de ce tronçon à se rabattre sur le dangereux pont métallique (pont de 15 tonnes) qui était jusque-là laissé pour compte.

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Les mots et les maux du ministre : ce qui me pousse à soutenir un 3ème mandat

24 août 2020 à 8 08 30 08308

Habib Yembering Diallo

« Pour te dire la vérité, quand les émissaires du pouvoir ont commencé à prendre contact avec moi pour me convertir, j’ai fait plusieurs nuits blanches. J’étais déchiré entre la conviction et les avantages. Entre l’indignation que ma décision devait susciter et la rétribution que je devais recevoir. Pour me convaincre d’accepter l’offre qui m’était faite, il a fallu créer un électrochoc. Un ami, sans doute en complicité avec madame, m’a montré l’état de délabrement de mon bâtiment. Il m’a dit ceci :  »avec ta conviction, cette maison va s’écrouler sur toi » ».

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Malade, menacé d’expulsion et privé de l’aide de l’ANIES… le doyen Nafiou Diallo à Guineematin (entretien)

20 août 2020 à 16 04 21 08218

Doyen Nafiou Diallo, directeur de publication du journal Focus Magazine

Les soucis se multiplient pour monsieur Nafiou Diallo, directeur de publication du journal Focus Magazine. Aveugle et diabétique, ce journaliste est menacé d’expulsion de son logement. Et, son nom a été supprimé de la liste des bénéficiaires de l’aide de l’Agence Nationale d’Inclusion Économique et Social (ANIES). Au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, le doyen Nafiou a interpellé les autorités guinéennes sur sa situation, appelant le gouvernement et les bonnes volontés à l’aider à sortir de cette difficile situation.

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Fermeture des lieux de loisirs : ce que les gérants de motels et night clubs réclament au Gouvernement…

15 août 2020 à 19 07 05 08058

Sacko Valy, président de l’Association des Tenanciers des Bars, Motels, Restaurants et Night Clubs

Le président Alpha Condé a encore prorogé de 30 jours l’état d’urgence sanitaire à cause de la hausse des cas de Coronavirus dans notre pays. Le président de l’Association des Tenanciers des Bars, Motels, Restaurants et Night Clubs (AGT) a déploré cette prorogation qui impacte négativement sur de nombreux membres de sa structure. Il l’a dit dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com dans la journée de ce samedi, 15 août 2020.

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Conseil des ministres : voici ce qu’Alpha Condé et ses ministres ont décidé (Compte rendu)

13 août 2020 à 20 08 35 08358

Conakry, le 13 Aout 2020 – Sous la présidence de son Excellence Monsieur le Président de la République, le Conseil des Ministres a tenu sa session ordinaire ce jeudi,13 Aout 2020, de 10h à 13h, par visioconférence. L’ordre du Jour était le suivant :

  1. MESSAGE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
  2. COMPTE RENDU DESSESSIONS ORDINAIRES DU CONSEIL INTERMINISTERIEL DES MARDIS 04 ET 11 AOUT 2019

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Journée internationale de la jeunesse : l’appel de Mouctar Diallo à l’endroit des jeunes de Guinée

13 août 2020 à 15 03 48 08488

A l’instar des autres pays du monde, la Guinée a célébré hier, mercredi 12 août 2020, la journée internationale de la jeunesse. Organisée à Kindia, la cérémonie a été présidée par le ministre de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, en présence des autorités locales et de plusieurs partenaires au développement. Mouctar Diallo a mis l’occasion à profit pour adresser un message aux jeunes qui constituent la grande majorité de la population guinéenne, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Kindia.

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Refus d’alternance en Guinée : la CEDEAO sanctionnera-t-elle Alpha Condé ?

12 août 2020 à 9 09 26 08268

Alpha Condé veut s’accrocher à la tête du pays après son dernier mandat légal

Bah Oury, Jacques Gbonimy, Francis Pépé Haba, Yamoussa Touré écrivent Jean Claude Kassi BROU, président de la Commission de la CEDEAO

Objet : Dénonciation et Plainte devant les Instances compétentes de la CEDEAO contre la République de Guinée pour manquement à ses obligations communautaires : violation grave des droits humains, changement anticonstitutionnel pour se maintenir au pouvoir et falsification de la Constitution adoptée par référendum le 22 mars 2020.

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Les mots et les maux du ministre : ma famille chez le petit président…

28 juillet 2020 à 8 08 45 07457

Cher cousin,

Après quelques semaines d’exercice, je puis te faire un premier bilan de ce qui constitue le quotidien ahurissant voire hallucinant d’un ministre. Les problèmes commencent juste après le sacrifice rituel que la famille oblige le nouveau promu à faire. Les parents, amis et alliés commencent à prendre d’assaut la maison du nouveau ministre. Il y a les frères, les cousins et leurs cousins, leurs enfants et parfois les amis de leurs enfants. A cette colonie, il faut ajouter les agents de sécurité dont le nombre est pléthorique. Parce qu’il y a les équipes du jour et celles de nuit.

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Les mots et les maux du ministre

19 juillet 2020 à 18 06 57 07577

Cher ami,

Comme tu le sais, désormais, à chacun son tour sur les réseaux sociaux. Chaque personne qui a une parcelle de responsabilité ou qui aspire à l’assumer un jour aura son tour. Cette semaine, ce fut le mien. Même si ce n’est pas la première fois. Mon entrée au gouvernement n’était pas non plus passée inaperçue. Mais à la différence de la première, la seconde fois, les réactions étaient largement voire entièrement négatives.

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La malhonnêteté, un problème de société: Comment stopper sa prolifération en Guinée ?

19 juillet 2020 à 6 06 32 07327


Plusieurs médias de la presse privée guinéenne et internationale dénoncent sans cesse la manière dont la corruption, les pots-de-vin ou le trafic d’influence affectent la société guinéenne. Ces médias montrent comment des personnes utilisent des positions privilégiées pour contourner les normes sociales et les règles afin de manipuler des informations, falsifier des documents, dissimuler une fraude ou une malversation financière, dans le seul but de préserver des intérêts individuels. Les conclusions du rapport de l’Agence nationale de lutte contre la corruption en Guinée (ANLC), publié endécembre 2019, montrent qu’entre 2011 et 2017, près de GNF 600 milliards de pots-de-vin sont payés chaque année.

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Les jeunes de Siguiri suspendent leurs manifs : « si rien n’est fait pendant 15 jours… »

16 juillet 2020 à 13 01 55 07557

Après Kankan, c’est la ville de Siguiri qui a connu des manifestations pour exiger le respect des promesses du président Alpha Condé d’avant-hier, mardi 14 juillet 2020. Pour calmer les ardeurs des jeunes, une délégation de fils ressortissants de Kankan à Conakry s’est rendue à Siguiri au lendemain de la marche. Après avoir obtenu la libération de leurs camarades, les jeunes ont suspendu les manifestations pour permettre à la délégation de remonter leurs revendications à qui de droit, rapporte le Guineematin.com basé dans la préfecture.

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Réinsertion des migrants : la Guinée et ses partenaires lancent les Mutuelles Communautaires de Croissance

15 juillet 2020 à 18 06 03 07037

L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et le gouvernement ont procédé ce mercredi, 15 juillet 2020, au lancement officiel des Mutuelles Communautaires de Croissance (MC2) pour les migrants de retour en Guinée. En partenariat avec l’OIM dans le cadre de l’initiative conjointe de l’Union Européenne, Afriland First Bank met en place des MC2 dans lesquelles les Groupements d’Intérêt Economiques (GIE) pris en charge par l’OIM trouveront un établissement bancaire pour développer les projets qui seront portés par les migrants qui ont accepté volontairement de rentrer au pays, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

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Covid-19 : Kankan ne respecte plus les gestes barrières

9 juillet 2020 à 21 09 38 07387

Depuis l’allègement de l’état d’urgence sanitaire, le constat révèle que bon nombre de citoyens de la commune urbaine de Kankan négligent les mesures barrières édictées par les autorités sanitaires, notamment le port de masques. Selon le constat fait sur place par le correspondant local de Guineematin.com, les mesures annoncées par le président de la République sont très peu observées par les citoyens.

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Les mots et les maux du ministre : « je suis meurtri de voir des jeunes manifestants tués…»

5 juillet 2020 à 17 05 34 07347

Habib Yimbering Diallo

Cher ami,

Sachant que tu suis de très près tout ce qui se passe dans notre pays, j’imagine que tu as suivi les derniers développements de l’actualité chez nous. Une actualité qui fut émouvante la semaine écoulée. Celle relative à l’enterrement de 8 jeunes tués suite aux manifestations contre ce qui s’est passé le 22 mars dernier. Après six mois de rétention des corps, le gouvernement, auquel j’appartiens, a finalement rendu ces corps aux leurs.

Tu ne peux pas imaginer le sentiment qui fut le mien suite à ce drame. En effet, je suis devenu deux hommes dans un même corps. Le premier affiche hypocritement une sérénité à toute épreuve. Le second est déchiré voire meurtri par tout ce qui se passe. Le premier a un cœur. Il a de l’empathie pour les victimes et les leurs. Le second est cruel et inhumain. Le premier veut démissionner de ce gouvernement qui, pendant que les autres dirigeants du monde comptent les infrastructures réalisées en faveur de leurs populations, lui compte ses propres victimes. Le premier veut claquer la porte de la manière la plus virulente voire violente. Le second est obsédé par les avantages, les privilèges et le prestige.

Le véritable homme que je suis est le second. Parce que, comme dit le dicton, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Aucun homme ne peut fendre mon cœur pour voir la souffrance qui est la mienne. Ce que les hommes voient, c’est ma présence dans un gouvernement qui ne daigne même pas publier un message de compassion aux parents de ses victimes. C’est donc ma solidarité avec l’équipe à laquelle j’appartiens qui est visible et jugeable.

Pour revenir à l’inhumation de ces jeunes, mon gouvernement a une nouvelle fois brillé par son absence. Confirmant ainsi que, pour lui, il y a deux guinéens : le bon et le mauvais. Celui pour lequel il compatit et celui qu’il méprise. Il apporte une enveloppe financière à la famille d’une victime et réprime celle d’une autre victime. C’est cela le drame qui entraîne d’autres drames dans notre pays.

Pour te dire la vérité, je voulais assister à cet événement douloureux. Mais, je savais que les deux protagonistes, que sont les familles des victimes et mon gouvernement, n’apprécieraient ma présence. Les premiers me prendraient pour un hypocrite collabo dont la présence en ces lieux constitue une souffrance supplémentaire à leur douleur. Le gouvernement, quant à lui, devait interpréter ma présence comme la preuve que je joue double jeu. Mon prédécesseur avait l’avantage d’appartenir à une minorité qui ne fait partie d’aucun camp en présence. Ce qui n’est pas mon cas. Je ne veux pas trouver une excuse pour mon absence à cet événement. Je suis en train de te peindre la triste réalité qui est la nôtre.

Je me suis donc abstenu d’y aller la mort dans l’âme. Par crainte d’être hué voire lynché par la foule. Voilà, au-delà de toutes les apparences, la situation de ton ami. Une situation peu enviable. Du moins pour ceux qui ont un cœur. Mon état d’âme résume parfaitement l’autre dicton selon lequel tout ce qui brille n’est pas or. A priori, être ministre est une fonction enviable, ici comme ailleurs. Mais, être ministre dans un pays où des citoyens meurent pour des raisons politiques n’est pas confortable, d’autant plus que les tueries ne sont pas suivies d’enquêtes encore moins de condamnation.

A la lecture de ces lignes, tu vas te demander pourquoi j’ai pris la peine de t’écrire. En réalité, je ne t’ai pas expliqué la raison qui m’a obligé de t’adresser cette lettre. Il est indéniable que je fus profondément touché par le meurtre de ces jeunes ainsi que l’indifférence et le mépris dont le gouvernement s’est rendu coupable. Il y a cependant un autre fait qui m’a bouleversé plus que tout.

Je ne t’apprends rien en te disant que dans chaque famille il y a un homme qui est considéré comme le fou. C’est celui qui dit tout haut ce que les autres murmurent tout bas. En ce qui me concerne, le fou de la famille est aussi malheureusement un petit-fils. Il se réfugie derrière ce prétexte pour cracher tout à son pauvre grand-père que je suis. Le jeune homme vient de me dire qu’il ne me reconnait plus. Pas physiquement. Mais dans mes discours. Il estime que moi qui faisais le tour des radios privées de la capitale pour parler de la démocratie, de l’Etat de droit et de la transparence dans la gestion et la répartition des ressources de notre pays, j’ai changé radicalement.

Ce garçon est allé jusqu’à me dire, et devant d’autres personnes, que quand il m’écoute maintenant il a l’impression que je suis une marionnette. Il m’a assommé avec cette phrase : « grand-père, quand je vous vois et vous entends parler maintenant à la télévision nationale, j’ai l’impression que c’est une machine branchée et à laquelle on fait dire ce qu’on veut ». Après un tel affront fait comme la plaisanterie d’un petit fils, qu’est-ce que je pouvais faire. Rien !
Mais, ce qui m’a profondément bouleversé, c’est de savoir que c’est cette image que je risque de laisser à la postérité. Devant cette situation, la seule chose qui puisse sauver mon honneur, redorer mon blason et incarner l’image d’un homme juste prônant la justice et la justesse, c’est de faire comme mon prédécesseur : jeter l’éponge. Ce dernier est aujourd’hui perçu par l’opinion publique tant nationale qu’internationale comme un patriote et intègre. Alors qu’il a fait partie du système pendant beaucoup plus longtemps que moi qui suis parmi les derniers venus. J’allais dire les derniers à se salir.

C’est aussi cela la gratitude ou l’ingratitude de l’histoire. Ces sont les derniers actes posés par l’homme qui sont retenus. Je suis donc obsédé par l’idée d’emboîter le pas à mon prédécesseur ; mais, en même temps, quand je vois l’enthousiasme de ceux qui viennent de nous rejoindre à l’occasion du dernier remaniement, je me dis que le poste de ministre est véritablement une patate chaude entre les mains de son titulaire. Particulièrement pour ceux qui, comme moi, sont à la tête d’un département à problème. Ce que j’appelle un département à problème est de faire partie d’une équipe dont les méthodes et les pratiques sont aux antipodes de la dénomination d’un département ministériel.

Comment comprendre en effet qu’un département comme le mien ne soit pas représenté à l’inhumation de 8 jeunes tués lors d’une manifestation. Décidément, tu diras que je ne parviens toujours pas à effacer cette terrible image de ma mémoire. Celle de la mort de ces innocents dont le seul crime est d’avoir exercé pacifiquement un droit et l’absence de ceux-là qui sont censés être les protecteurs de tous les citoyens. Qu’ils soient partisans ou opposants. Qu’ils soient originaires de la région du président ou celle de l’opposant. Ce sont avant tout des Guinéens. Et, comme tel, ils ont les mêmes droits et devoirs. Non, j’allais dire qu’ils devaient avoir les mêmes droits et devoirs.
Pour terminer, ne sois donc pas surpris, cher ami, d’apprendre demain que j’ai rendu le tablier. Pour être enfin et pour toujours un citoyen libre. Libre de ses mouvements et surtout libre de mes opinions. Mais, comment le faire ? C’est là tout le problème. Et, c’est pour cela que je t’ai adressé cette longue lettre. C’est pour que tu m’aides. Non pas matériellement ou financièrement. Je dois avouer que ma patate chaude m’a mis à l’abri du petit besoin. Ce sont des conseils que j’attends de toi. Et, le plus tôt serait le mieux. Car plus le temps passe, plus l’oublie s’installe. Et plus j’accumule des cas comme celui-ci plus mon avenir, mon devenir et ceux de mes enfants sont compromis.

Ton ami, le futur ancien ministre, Habib Yembering Diallo

Toute ressemblance entre cette histoire et une autre n’est que pure coïncidence.

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