Refus d’alternance en Guinée : la CEDEAO sanctionnera-t-elle Alpha Condé ?

12 août 2020 à 9 09 26 08268

Alpha Condé veut s’accrocher à la tête du pays après son dernier mandat légal

Bah Oury, Jacques Gbonimy, Francis Pépé Haba, Yamoussa Touré écrivent Jean Claude Kassi BROU, président de la Commission de la CEDEAO

Objet : Dénonciation et Plainte devant les Instances compétentes de la CEDEAO contre la République de Guinée pour manquement à ses obligations communautaires : violation grave des droits humains, changement anticonstitutionnel pour se maintenir au pouvoir et falsification de la Constitution adoptée par référendum le 22 mars 2020.

Lire

Les mots et les maux du ministre : ma famille chez le petit président…

28 juillet 2020 à 8 08 45 07457

Cher cousin,

Après quelques semaines d’exercice, je puis te faire un premier bilan de ce qui constitue le quotidien ahurissant voire hallucinant d’un ministre. Les problèmes commencent juste après le sacrifice rituel que la famille oblige le nouveau promu à faire. Les parents, amis et alliés commencent à prendre d’assaut la maison du nouveau ministre. Il y a les frères, les cousins et leurs cousins, leurs enfants et parfois les amis de leurs enfants. A cette colonie, il faut ajouter les agents de sécurité dont le nombre est pléthorique. Parce qu’il y a les équipes du jour et celles de nuit.

Lire

Les mots et les maux du ministre

19 juillet 2020 à 18 06 57 07577

Cher ami,

Comme tu le sais, désormais, à chacun son tour sur les réseaux sociaux. Chaque personne qui a une parcelle de responsabilité ou qui aspire à l’assumer un jour aura son tour. Cette semaine, ce fut le mien. Même si ce n’est pas la première fois. Mon entrée au gouvernement n’était pas non plus passée inaperçue. Mais à la différence de la première, la seconde fois, les réactions étaient largement voire entièrement négatives.

Lire

La malhonnêteté, un problème de société: Comment stopper sa prolifération en Guinée ?

19 juillet 2020 à 6 06 32 07327


Plusieurs médias de la presse privée guinéenne et internationale dénoncent sans cesse la manière dont la corruption, les pots-de-vin ou le trafic d’influence affectent la société guinéenne. Ces médias montrent comment des personnes utilisent des positions privilégiées pour contourner les normes sociales et les règles afin de manipuler des informations, falsifier des documents, dissimuler une fraude ou une malversation financière, dans le seul but de préserver des intérêts individuels. Les conclusions du rapport de l’Agence nationale de lutte contre la corruption en Guinée (ANLC), publié endécembre 2019, montrent qu’entre 2011 et 2017, près de GNF 600 milliards de pots-de-vin sont payés chaque année.

Lire

Les jeunes de Siguiri suspendent leurs manifs : « si rien n’est fait pendant 15 jours… »

16 juillet 2020 à 13 01 55 07557

Après Kankan, c’est la ville de Siguiri qui a connu des manifestations pour exiger le respect des promesses du président Alpha Condé d’avant-hier, mardi 14 juillet 2020. Pour calmer les ardeurs des jeunes, une délégation de fils ressortissants de Kankan à Conakry s’est rendue à Siguiri au lendemain de la marche. Après avoir obtenu la libération de leurs camarades, les jeunes ont suspendu les manifestations pour permettre à la délégation de remonter leurs revendications à qui de droit, rapporte le Guineematin.com basé dans la préfecture.

Lire

Réinsertion des migrants : la Guinée et ses partenaires lancent les Mutuelles Communautaires de Croissance

15 juillet 2020 à 18 06 03 07037

L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et le gouvernement ont procédé ce mercredi, 15 juillet 2020, au lancement officiel des Mutuelles Communautaires de Croissance (MC2) pour les migrants de retour en Guinée. En partenariat avec l’OIM dans le cadre de l’initiative conjointe de l’Union Européenne, Afriland First Bank met en place des MC2 dans lesquelles les Groupements d’Intérêt Economiques (GIE) pris en charge par l’OIM trouveront un établissement bancaire pour développer les projets qui seront portés par les migrants qui ont accepté volontairement de rentrer au pays, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Lire

Covid-19 : Kankan ne respecte plus les gestes barrières

9 juillet 2020 à 21 09 38 07387

Depuis l’allègement de l’état d’urgence sanitaire, le constat révèle que bon nombre de citoyens de la commune urbaine de Kankan négligent les mesures barrières édictées par les autorités sanitaires, notamment le port de masques. Selon le constat fait sur place par le correspondant local de Guineematin.com, les mesures annoncées par le président de la République sont très peu observées par les citoyens.

Lire

Les mots et les maux du ministre : « je suis meurtri de voir des jeunes manifestants tués…»

5 juillet 2020 à 17 05 34 07347

Habib Yimbering Diallo

Cher ami,

Sachant que tu suis de très près tout ce qui se passe dans notre pays, j’imagine que tu as suivi les derniers développements de l’actualité chez nous. Une actualité qui fut émouvante la semaine écoulée. Celle relative à l’enterrement de 8 jeunes tués suite aux manifestations contre ce qui s’est passé le 22 mars dernier. Après six mois de rétention des corps, le gouvernement, auquel j’appartiens, a finalement rendu ces corps aux leurs.

Tu ne peux pas imaginer le sentiment qui fut le mien suite à ce drame. En effet, je suis devenu deux hommes dans un même corps. Le premier affiche hypocritement une sérénité à toute épreuve. Le second est déchiré voire meurtri par tout ce qui se passe. Le premier a un cœur. Il a de l’empathie pour les victimes et les leurs. Le second est cruel et inhumain. Le premier veut démissionner de ce gouvernement qui, pendant que les autres dirigeants du monde comptent les infrastructures réalisées en faveur de leurs populations, lui compte ses propres victimes. Le premier veut claquer la porte de la manière la plus virulente voire violente. Le second est obsédé par les avantages, les privilèges et le prestige.

Le véritable homme que je suis est le second. Parce que, comme dit le dicton, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Aucun homme ne peut fendre mon cœur pour voir la souffrance qui est la mienne. Ce que les hommes voient, c’est ma présence dans un gouvernement qui ne daigne même pas publier un message de compassion aux parents de ses victimes. C’est donc ma solidarité avec l’équipe à laquelle j’appartiens qui est visible et jugeable.

Pour revenir à l’inhumation de ces jeunes, mon gouvernement a une nouvelle fois brillé par son absence. Confirmant ainsi que, pour lui, il y a deux guinéens : le bon et le mauvais. Celui pour lequel il compatit et celui qu’il méprise. Il apporte une enveloppe financière à la famille d’une victime et réprime celle d’une autre victime. C’est cela le drame qui entraîne d’autres drames dans notre pays.

Pour te dire la vérité, je voulais assister à cet événement douloureux. Mais, je savais que les deux protagonistes, que sont les familles des victimes et mon gouvernement, n’apprécieraient ma présence. Les premiers me prendraient pour un hypocrite collabo dont la présence en ces lieux constitue une souffrance supplémentaire à leur douleur. Le gouvernement, quant à lui, devait interpréter ma présence comme la preuve que je joue double jeu. Mon prédécesseur avait l’avantage d’appartenir à une minorité qui ne fait partie d’aucun camp en présence. Ce qui n’est pas mon cas. Je ne veux pas trouver une excuse pour mon absence à cet événement. Je suis en train de te peindre la triste réalité qui est la nôtre.

Je me suis donc abstenu d’y aller la mort dans l’âme. Par crainte d’être hué voire lynché par la foule. Voilà, au-delà de toutes les apparences, la situation de ton ami. Une situation peu enviable. Du moins pour ceux qui ont un cœur. Mon état d’âme résume parfaitement l’autre dicton selon lequel tout ce qui brille n’est pas or. A priori, être ministre est une fonction enviable, ici comme ailleurs. Mais, être ministre dans un pays où des citoyens meurent pour des raisons politiques n’est pas confortable, d’autant plus que les tueries ne sont pas suivies d’enquêtes encore moins de condamnation.

A la lecture de ces lignes, tu vas te demander pourquoi j’ai pris la peine de t’écrire. En réalité, je ne t’ai pas expliqué la raison qui m’a obligé de t’adresser cette lettre. Il est indéniable que je fus profondément touché par le meurtre de ces jeunes ainsi que l’indifférence et le mépris dont le gouvernement s’est rendu coupable. Il y a cependant un autre fait qui m’a bouleversé plus que tout.

Je ne t’apprends rien en te disant que dans chaque famille il y a un homme qui est considéré comme le fou. C’est celui qui dit tout haut ce que les autres murmurent tout bas. En ce qui me concerne, le fou de la famille est aussi malheureusement un petit-fils. Il se réfugie derrière ce prétexte pour cracher tout à son pauvre grand-père que je suis. Le jeune homme vient de me dire qu’il ne me reconnait plus. Pas physiquement. Mais dans mes discours. Il estime que moi qui faisais le tour des radios privées de la capitale pour parler de la démocratie, de l’Etat de droit et de la transparence dans la gestion et la répartition des ressources de notre pays, j’ai changé radicalement.

Ce garçon est allé jusqu’à me dire, et devant d’autres personnes, que quand il m’écoute maintenant il a l’impression que je suis une marionnette. Il m’a assommé avec cette phrase : « grand-père, quand je vous vois et vous entends parler maintenant à la télévision nationale, j’ai l’impression que c’est une machine branchée et à laquelle on fait dire ce qu’on veut ». Après un tel affront fait comme la plaisanterie d’un petit fils, qu’est-ce que je pouvais faire. Rien !
Mais, ce qui m’a profondément bouleversé, c’est de savoir que c’est cette image que je risque de laisser à la postérité. Devant cette situation, la seule chose qui puisse sauver mon honneur, redorer mon blason et incarner l’image d’un homme juste prônant la justice et la justesse, c’est de faire comme mon prédécesseur : jeter l’éponge. Ce dernier est aujourd’hui perçu par l’opinion publique tant nationale qu’internationale comme un patriote et intègre. Alors qu’il a fait partie du système pendant beaucoup plus longtemps que moi qui suis parmi les derniers venus. J’allais dire les derniers à se salir.

C’est aussi cela la gratitude ou l’ingratitude de l’histoire. Ces sont les derniers actes posés par l’homme qui sont retenus. Je suis donc obsédé par l’idée d’emboîter le pas à mon prédécesseur ; mais, en même temps, quand je vois l’enthousiasme de ceux qui viennent de nous rejoindre à l’occasion du dernier remaniement, je me dis que le poste de ministre est véritablement une patate chaude entre les mains de son titulaire. Particulièrement pour ceux qui, comme moi, sont à la tête d’un département à problème. Ce que j’appelle un département à problème est de faire partie d’une équipe dont les méthodes et les pratiques sont aux antipodes de la dénomination d’un département ministériel.

Comment comprendre en effet qu’un département comme le mien ne soit pas représenté à l’inhumation de 8 jeunes tués lors d’une manifestation. Décidément, tu diras que je ne parviens toujours pas à effacer cette terrible image de ma mémoire. Celle de la mort de ces innocents dont le seul crime est d’avoir exercé pacifiquement un droit et l’absence de ceux-là qui sont censés être les protecteurs de tous les citoyens. Qu’ils soient partisans ou opposants. Qu’ils soient originaires de la région du président ou celle de l’opposant. Ce sont avant tout des Guinéens. Et, comme tel, ils ont les mêmes droits et devoirs. Non, j’allais dire qu’ils devaient avoir les mêmes droits et devoirs.
Pour terminer, ne sois donc pas surpris, cher ami, d’apprendre demain que j’ai rendu le tablier. Pour être enfin et pour toujours un citoyen libre. Libre de ses mouvements et surtout libre de mes opinions. Mais, comment le faire ? C’est là tout le problème. Et, c’est pour cela que je t’ai adressé cette longue lettre. C’est pour que tu m’aides. Non pas matériellement ou financièrement. Je dois avouer que ma patate chaude m’a mis à l’abri du petit besoin. Ce sont des conseils que j’attends de toi. Et, le plus tôt serait le mieux. Car plus le temps passe, plus l’oublie s’installe. Et plus j’accumule des cas comme celui-ci plus mon avenir, mon devenir et ceux de mes enfants sont compromis.

Ton ami, le futur ancien ministre, Habib Yembering Diallo

Toute ressemblance entre cette histoire et une autre n’est que pure coïncidence.

Lire

Lutte contre le Covid-19 : voici les nouvelles mesures prises par Alpha Condé

3 juillet 2020 à 10 10 50 07507

Dans le but de rendre plus efficace la lutte contre la pandémie du coronavirus en Guinée, le président de la République, Alpha Condé, a pris de nouvelles mesures qui doivent renforcer celles déjà en vigueur dans le pays. Il s’agit notamment du dépistage systématique de tous les agents de l’administration publique et une plus grande implication des responsables des quartiers et districts dans cette bataille.

Lire

Guinée : le ministère de la culture offre 50 millions aux artistes qui ont rendu hommage à Mory Kanté

1 juillet 2020 à 18 06 47 07477

Les artistes guinéens qui ont rendu hommage à leur collègue Mory Kanté, décédé le 22 mai 2020, ont présenté leurs œuvres au ministre en charge de la culture. Une cérémonie a été organisée à cet effet ce mercredi, 1er juillet 2020, au musée national de Sandervalia (Conakry), a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Lire

Réouverture des classes : 158 élèves présents sur 175 programmés au collège Sonfonia Rails

29 juin 2020 à 19 07 25 06256

Comme annoncé par le gouvernement, la réouverture partielle des classes, prévue pour ce lundi, 29 juin 2020, a été respectée dans plusieurs écoles de la commune de Ratoma. Au collège de Sonfonia Rails, 158 élèves ont répondu présents sur les 175 programmés. Dans les salles de classes sillonnées, élèves et enseignants portent tous des bavettes, avec un effectif variant de 20 à 25 élèves par salle, a constaté sur place Guineeematin.com à travers un de ses reporters.

Lire

Réouverture des classes : le lycée Elhadj Boubacar Biro Diallo de Sangoyah manque le rendez-vous

29 juin 2020 à 18 06 42 06426

Fermées au mois de mars dernier pour cause de COVID-19, les écoles guinéennes ont rouvert leurs portes ce lundi, 29 juin 2020, aux « élèves en classe d’examen ». La décision de cette « réouverture inquiétante » des classes a été prise par le gouvernement, via les trois départements en charge de l’éducation (Alphabétisation, Enseignement technique, Enseignement supérieur), malgré la hausse du nombre de cas positifs au COVID-19 que connait actuellement le pays.

Lire

GUITER SA : Situation générale des travaux réalisés depuis Onze (11) ans…

27 juin 2020 à 8 08 25 06256

Communiqué : Une opinion avisée, c’est d’abord celle-là au fait suffisamment de l’information et de la bonne information. Et cela ne saurait se démentir à un moment où les ‘’fake news’’ foisonnent sur la toile, et où certains ne semblent pas tellement se donner de peine pour éviter de causer des préjudices à autrui. Il y en a hélas ainsi qui portent souvent atteinte à la considération des individus, à la respectabilité de nombre d’entités bien organisées.

Lire

La ministre Djénab Dramé s’installe : « mon souci premier est de mériter la confiance… »

26 juin 2020 à 18 06 57 06576

La nouvelle ministre de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’emploi a officiellement pris fonction. La cérémonie de passation de service entre madame Djénab Dramé et son prédécesseur, Lansana Komara, a eu lieu ce vendredi 26 juin 2020 dans les locaux du département. Elle a connu la présence de plusieurs membres du gouvernement et d’autres cadres de l’administration centrale, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Lire

Guinée : les écoles sont fermées jusqu’en septembre pour les classes intermédiaires

25 juin 2020 à 18 06 54 06546

La rumeur est désormais confirmée ! Fermées après la déclaration de l’état d’urgence sanitaire par le président Alpha Condé, le 26 mars dernier, après la découverte des cas confirmés de covid-19, les écoles guinéennes ne rouvriront pas avant le mois de septembre prochain pour les élèves des classes intermédiaires. Même au mois de septembre, la réouverture des écoles primaires, collèges, lycées, universités, écoles techniques et professionnelles dépendra de l’évolution épidémiologique, a indiqué le gouvernement guinéen dans un communiqué transmis aux médias ce jeudi, 25 juin 2020.

Lire

Complaisance au sommet : Alpha Condé, un président influençable ; donc, vulnérable !

24 juin 2020 à 12 12 03 06036

Moins d’une semaine après leur limogeage du gouvernement, la plupart des ministres remplacés ont été nommés. Cette fois à la présidence de la République. Parmi les revenants, figure Cheick Taliby Sylla, limogé bien avant le dernier remaniement du gouvernement. Egalement parmi les bénéficiaires de ces dernières nominations, Claude Kory Koundiano, ancien président de l’Assemblée nationale. Outre ces deux personnalités, qui sont respectivement ministre conseiller et haut représentant du chef de l’Etat, il y a aussi les anciens ministres de la justice, de l’enseignement supérieur, des Télécommunications et de l’Education nationale qui font un come-back.

Lire

Plan de riposte économique à la crise sanitaire COVID-19 : Voici les mesures de la phase 2 de la riposte économique

23 juin 2020 à 21 09 20 06206


Discours de
Ibrahima Kassory Fofana, Premier Ministre, Chef du Gouvernement République de Guinée

 

Mes chers compatriotes,

 

Depuis l’apparition de la Covid-19, la vie est devenue différente et le monde a brusquement changé. Malgré la mobilisation et la détermination de tous les gouvernements du monde, le virus est encore là, avec nous, et met à risque notre santé et nos économies.

 

C’est pourquoi, il nous faut agir et réagir ensemble, afin de préserver nos vies, et que dis-je, garantir notre survie.

 

Le 6 avril dernier, par ma voix et au nom du Président de la République, le Gouvernement a pris l’engagement solennel de mener le combat contre la crise sanitaire liée à la COVID-19 en Guinée et de travailler à en atténuer les conséquences.

 

Le plan de riposte économique que je vous avais présenté à cette occasion constituait ainsi, vous vous en souviendrez, une première réponse du Gouvernement. Ce plan comporte une composante sanitaire, une composante sociale et une composante économique et financière, en guise d’appui au secteur privé.

 

Deux mois après la présentation de ce plan, je souhaite partager avec vous le bilan d’étape de la mise en œuvre des trente (30) premières mesures décidées. Je vous ferai aussi part des nouvelles initiatives du plan de riposte destinées à protéger et soutenir davantage nos concitoyens et notre économie face à cette menace mondiale.

 

Que retenir donc de la mise en œuvre de la phase 1 de la riposte ?

 

D’abord, la composante sanitaire.

Le dispositif de surveillance de l’épidémie et nos capacités de réponse sanitaire et de prise en charge des malades ont été renforcés grâce à la mise en œuvre de différentes actions, notamment :

– Le déploiement de la surveillance sanitaire, tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays, et tout particulièrement au niveau des postes frontières les plus fréquentés ;

– L’amélioration des capacités d’hébergement, pour une meilleure prise en charge des malades ;

– L’achat de tests rapides et de médicaments et la prise en charge des frais de laboratoires ;

– Le lancement d’essais cliniques par l’Institut de Recherche et de Développement des Plantes Médicinales et Alimentaires de Dubréka ;

– La venue de l’assistance médicale cubaine ;

– La mobilisation générale du corps médical guinéen ;

– Enfin, la consolidation du dispositif de riposte sanitaire sur les plans de renforcement des laboratoires, de la logistique, de la communication, de la coordination et de l’assistance technique.

À ce jour, cent cinquante-huit milliards de francs guinéens ont été mobilisés au titre de la composante sanitaire.

 

 

Ensuite, la composante sociale.

L’Agence Nationale d’Inclusion Économique et Sociale (ANIES), le fer de lance de cette composante sociale, a déployé ces dernières semaines, dans le cadre de son plan d’urgence, un premier ensemble d’actions de sensibilisation, d’accompagnement communautaire, de distribution de kits sanitaires et de désinfection d’une vingtaine de marchés et lieux publics.

 

L’État a instauré la gratuité des transports publics (bus et trains) à Conakry et pris à sa charge le paiement des factures d’eau et d’électricité des abonnés au tarif social pour la période d’avril à juin 2020.

 

L’Etat a également soutenu le pouvoir d’achat de la ménagère au travers d’allègements fiscaux sur les importations de riz et autres denrées de première nécessité.

 

À ce jour, l’État a mobilisé au titre de la composante sociale du plan de riposte économique du Gouvernement deux cent vingt-cinq milliards de francs guinéens.

 

Enfin, l’appui au secteur privé.

L’allègement des charges fiscales a bénéficié comme prévu aux entreprises des secteurs économiques les plus touchés par la crise :

– ainsi, les secteurs professionnels notamment de l’hôtellerie et du tourisme ont bénéficié de paiements au titre de la dette intérieure de l’État. Ils ont bénéficié également, de reports de paiement de leurs charges fiscales pour la période d’avril à juin 2020. Par ailleurs, l’État a renoncé, pour la même période, à la collecte de la TVA sur les entreprises de ces secteurs.

Ces mesures ont coûté (60) soixante milliards de francs guinéens à l’Etat.

– Les charges fiscales des entreprises du secteur du petit commerce (artisanat, maquis, bars et restaurants, cinémas et lieux de spectacle) ont été supprimées pour la période d’avril à juin 2020 ;

– Les moyennes entreprises réalisant un chiffre d’affaires compris entre                  500 000 000 et 1 500 000 000 de francs guinéens, qu’elles soient dans le commerce, l’industrie, les mines et carrières, la construction, ont bénéficié d’un report de paiement de leurs charges fiscales pour la même période allant d’avril à juin ;

– En outre, les pertes financières subies par les entreprises du secteur du spectacle ont été partiellement prises en charge par l’Etat ;

Au-delà de l’allègement fiscale des charges fiscales, la trésorerie des entreprises a aussi été soulagée grâce à la mise en œuvre d’autres mesures, notamment :

 

– La suspension de la facturation des pénalités de surestaries pour le secteur portuaire ;

– La mise à disposition d’un montant de deux cent milliards de francs guinéens dans un compte séquestre logé à la Banque centrale de la République de Guinée en vue d’accélérer les remboursements de crédits de TVA aux entreprises du secteur minier.

Mes chers compatriotes,

 

Dans le plan de riposte, il était prévu que les équipements de santé et produits assimilés entrant dans la lutte contre la COVID-19 soient exonérés de TVA à l’importation pour la période d’avril à juin 2020. Ceci a été mis en œuvre avec, à date, un coût pour l’État de cent milliards de francs guinéens.

 

Enfin, l’appui au secteur privé comprenait également deux mesures d’importance majeure destinées à renforcer les mécanismes de financement de l’économie. À ce titre :

– un Fonds de garantie bancaire a été mis en place pour un montant de cinquante milliards de francs guinéens, pour faciliter l’accès des PME-PMI au crédit bancaire ;

– un autre Fonds d’appui aux Groupements d’intérêt économique (GIE) et aux petites et moyennes entreprises les plus frappées par la crise et répondant aux conditions de financement, pour un montant de quarante (40) milliards de francs guinéens, a également été mis en place.

Le secteur de l’agriculture a déjà commencé à bénéficier de cet appui, notamment pour ce qui concerne l’anacarde et la pomme de terre. Nous sommes heureux de le dire à ce titre, quinze (15) milliards de francs guinéens ont été mis à la disposition des exportateurs d’anacarde, pour des subventions directes aux producteurs.

À ce jour, ce sont quatre cent quatre-vingt milliards de francs guinéens qui ont ainsi été mobilisés par l’État pour l’appui au secteur privé.

Au total, toutes composantes confondues, la mise en œuvre du plan de riposte à la COVID-19 pendant ces trois derniers mois aura représenté un montant de 845 milliards de francs guinéens, dont un effort budgétaire propre de l’Etat de 730 milliards de francs guinéens.

 

Mes chers compatriotes,

 

Mesdames et messieurs,

 

Ce bilan d’étape serait incomplet s’il ne mentionnait pas et ne mettait pas en exergue à juste titre, l’élan considérable de solidarité nationale qui s’est manifesté face aux difficultés et défis d’une crise inédite par son ampleur et ses effets.

 

Au titre de la solidarité nationale, c’est en effet un montant de trois cent cinquante-deux milliards de francs guinéens qui a déjà été encaissée en espèces, grâce à la contribution généreuse des acteurs nationaux, sur le compte spécial COVID-19 ouvert à la Banque centrale.

 

Par ailleurs, les dons effectués en nature dans le cadre du volet sanitaire du plan de riposte par le secteur privé national, les ONG et les entreprises multinationales ont été significatifs, pour une valeur totale de cent quatorze milliards de francs guinéens.

 

Au titre de la solidarité internationale, nos différents partenaires ont également apporté des appuis au Gouvernement. La Banque mondiale, par exemple, a mobilisé                 vingt-trois millions de dollars américains pour le volet sanitaire du plan de riposte. Le conseil d’administration de ladite institution a également approuvé, le 29 mai dernier, un financement de soixante-dix millions de dollars américains pour l’ANIES, sur lequel vingt-cinq millions serviront à financer en partie le plan d’urgence de l’ANIES sous forme de transferts monétaires dès ce début de mois de juillet 2020.

 

Il y a également lieu de se réjouir de l’approbation, la semaine dernière, d’un appui de près de cent cinquante millions de dollars américains par le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI).

 

Mesdames et messieurs,

 

Il est certain que l’effort budgétaire très exceptionnel consenti par l’État, complété par les contributions financières de nos concitoyens, du secteur privé national et la communauté internationale, ont facilité et permis, de limiter la propagation du virus dans notre pays, par la mise en œuvre rigoureuse de la phase 1 du plan de riposte.

 

Nonobstant le fait que le développement de la pandémie de covid-19 a été moins spectaculaire en Afrique contrairement aux projections alarmistes d’il y a trois mois, nous devons nous abstenir de tout triomphalisme.

 

Il n’est pas permis de relâcher les efforts sur les gestes barrières et les mesures d’hygiène préconisées. Le virus est bel et bien là, toujours actif. Les statistiques internationales de ces dernières semaines prouvent même qu’il circule de plus en plus vite et frappe de plus en plus fort sur notre continent.

 

La Guinée, en dépit d’un taux de létalité parmi les plus faibles, n’échappe pas à cette tendance. C’est la raison pour laquelle Il est essentiel de ne pas baisser la garde, car nul ne peut prédire comment évoluera la situation sanitaire dans notre pays pour les mois à venir.

 

Conscient de cette réalité, le Gouvernement que j’ai l’honneur de conduire, sous la haute direction de Monsieur le Président de la République, le Professeur Alpha CONDÉ, s’est attelé ces dernières semaines à concevoir un nouveau train de mesures de riposte en vue de renforcer nos capacités de résilience à la crise de la COVID-19.

Que sont-elles ces nouvelles initiatives inscrites dans la phase 2 de la riposte ?

 

À l’instar de la phase 1, la phase 2 du plan de riposte sera composée de volets sanitaires, social et économique. Les nouvelles mesures vont nous permettre de consolider dans la durée les acquis déjà obtenus sur les différents fronts de la riposte.

 

Sur le front sanitaire, les efforts de prévention et de dépistage seront poursuivis, étendus et intensifiés. A ce titre :

Dans la perspective de la réouverture prochaine des classes et pour protéger tant les élèves que le personnel enseignant, les établissements scolaires et universitaires feront l’objet d’opérations de désinfection. Des kits de protection sanitaire leur seront fournis de même qu’aux lieux de culte à l’intérieur du pays ;

Les marchés seront périodiquement fermés pour le nettoyage et la désinfection, selon un calendrier à établir par les autorités compétentes ;

Les administrations et les entreprises feront l’objet d’un dépistage systématique.

Enfin les projets de recherche scientifique seront encouragés et soutenus financièrement par le Gouvernement pour contribuer à la lutte contre la pandémie.

Le volet sanitaire de la phase 2 coutera cent cinquante milliards de francs guinéens pour les trois mois à venir.

 

Sur le front social, des mesures fortes sont décidées pour protéger davantage nos concitoyens et notamment les plus vulnérables d’entre eux :

L’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES) déploiera, dans les prochaines semaines, un vaste programme de transferts monétaires au bénéfice d’un premier groupe cible de 240 000 ménages, à raison de 250 000 francs guinéens par ménage et par mois. Ces transferts seront accompagnés de distribution de vivres aux foyers communautaires infectés et de la poursuite de la campagne de sensibilisation et de distribution de kits sanitaires entreprises en phase 1;

Toutes les mesures destinées à soulager directement les populations, à savoir la gratuité de l’eau, de l’électricité et des transports publics (bus et train) sont reconduites pour trois mois, soit de juillet à septembre 2020 ;

Le paiement de la redevance sur les droits de douane à l’importation pour les denrées de première nécessité est suspendu jusqu’à la fin de l’année. Cette mesure est déjà effective depuis le 1er juin. Les denrées concernées sont le riz, le sucre, le lait, l’huile et l’oignon ;

Une réserve de sécurité alimentaire sera créée pour parer tout risque de crise d’approvisionnement, notamment pendant la période de soudure (août et septembre 2020) ;

Les droits de douane applicables à l’importation des produits de pêche sont suspendus, à l’exception de la RTL et un programme d’importation de 6 000 tonnes de poissons congelés va être mis en œuvre sous l’égide du ministère chargé de la pêche et de l’économie maritime pour résorber le déficit projeté ;

Les taxes frappant les contrats d’assurance santé et d’assurance vie seront réduites et les primes d’assurances sur la vie seront désormais déductibles de l’assiette imposable au titre des années 2020 et 2021 ;

L’inclusion financière sera encouragée par la facilitation de l’accès du plus grand nombre d’usagers aux services financiers digitaux ;

 

Sur le front économique, des appuis aux entreprises et aux activités économiques seront accentués et complétés. Ainsi :

 

L’État a décidé de prendre à sa charge 50% des charges fiscales reportés en phase 1 pour les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie, ainsi que les facture d’eau et d’électricité des établissements de ces secteurs économiques ;

Pour le secteur du tourisme encore, l’effort de règlement des arriérés de l’Etat vis-à-vis des agences de voyage sera poursuivi.

Dans la même logique, les entreprises du secteur de l’hôtellerie et du tourisme verront réduites de moitié le montant de leur contribution foncière unique et de leur patente, en contrepartie du renouvellement des contrats de travail en cours.

Des subventions seront accordées aux institutions de microfinance, à travers le fonds d’appui aux Groupements d’intérêt économique (GIE), pour les aider à faire face aux charges liées à la pandémie et équilibrer leurs bilans.

Toutes les entreprises seront exonérées du paiement de la taxe d’apprentissage jusqu’à la fin de l’année 2020, à condition qu’elles s’engageant pour toute la période à conserver leurs effectifs et à leurs payer au moins 70 % de leur salaire nominal d’aujourd’hui ;

 

Aussi, l’Etat veillera-t-il à ce que la libre circulation des marchandises soit facilitée sur le territoire national afin de garantir la stabilité des prix à la consommation. Nous sommes conscients que ceci est une condition sine qua non pour un bon approvisionnement des populations en produits alimentaires, et une nécessité pour la stabilité des prix.

 

C’est pourquoi des laissez-passer spécifiques continueront à être délivrés aux transporteurs qui acheminent les vivres et les matériaux de construction à Conakry et à l’intérieur du pays, sous la responsabilité des ministères chargés de la défense et de la sécurité.

 

La phase 2 du plan de riposte se devait de reconnaître l’implication exceptionnelle qui a été et qui est toujours celle des personnels de santé ainsi que des forces de défense et de sécurité qui les accompagne dans la lutte contre la COVID-19. Les effectifs impliqués dans la riposte percevront donc des primes exceptionnelles sur la période de trois mois de juillet à septembre 2020.

 

Les différents ministres concernés par les mesures que je viens d’indiquer présenteront dans les prochains jours chacun en ce qui le concerne les détails des différentes actions du Gouvernement.

 

Mes chers compatriotes,

Je mesure les bouleversements de notre mode de vie et les sacrifices consentis par chacun et tous depuis l’apparition de la COVID-19.

 

Comme l’a fait remarquer le Président de la République, nous devons faire le choix de la responsabilité, pour lutter efficacement contre la pandémie et briser la chaine de contamination dans notre pays.

À ce propos, il me plait de redire les félicitations de Monsieur le Président de la République, au peuple de Guinée qui s’est montré à la hauteur des attentes en observant avec discipline et sacrifice les recommandations des autorités sanitaires.

 

 

 

Comme d’autres épreuves traversées, nous sommes convaincus que celle de la COVID-19 passera, elle aussi, grâce à notre effort national de solidarité et notre capacité de résilience quand il s’agit de notre pays, notre chère Guinée, que nous sommes disposés à aimer, défendre et protéger. C’est en fait l’héritage de notre histoire et notre espérance pour assurer des lendemains meilleurs à chacun et à tous.


Que Dieu bénisse la Guinée et les Guinées.

 

Je vous remercie.

Lire