Vindicte populaire à Kankan : un mort !

12 novembre 2019 à 9 09 53 115311

Les scènes de vindicte populaire refont surface dans la commune urbaine de Kankan. Deux présumés voleurs de motos, Mory Sagna et Moussa Condé, se sont faits pourchassés par une foule en colère au quartier Hérémakono 2, dans la commune urbaine. Rattrapé par des jeunes déchaînés, Mory Sagna a été battu à mort dans la journée le dimanche dernier 10 novembre 2019, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Pour lutter contre le phénomène de vol et de criminalité qui prend de l’ampleur dans la cité de Kankan, les citoyens usent parfois de la méthode forte et vont jusqu’à se rendre justice. C’est ainsi qu’au quartier Hérémakono 2, Mory Sagna et Moussa Condé, deux présumés voleurs de moto, ayant échoué à leur tentative, se sont retrouvés entre les mains d’une foule déchaînée.

Un citoyen joint au téléphone par Guineematin.com est revenu sur les faits. « Je quittais chez moi le dimanche matin. Arrivé au niveau de la pompe, j’ai vu deux motards pourchassés par des chauffeurs de taxis motos. Quand j’ai demandé, on m’a dit que ce sont des voleurs. Alors, je me suis joint à eux. C’est comme ça qu’on les a pourchassés en direction de la clinique de Dr Kouyaté. C’est après là-bas qu’on a mis main sur un. J’ai proposé à ce qu’on l’amène chez le chef du quartier. Les jeunes ont décidé de l’amener plutôt au camp. Ils étaient au nombre de deux. J’ai dit à un motard de conduire celui qui a été arrêté dans une cour pour ne pas qu’on le tue. Entre temps, on m’a appelé pour me dire qu’on a arrêté le second vers la station et qu’ils veulent le tuer », a-t-il témoigné.

Le second présumé voleur, Mory Sagna, rattrapé au niveau d’une station service de la place, n’a pas eu assez de chance. Il se fera violemment passé à tabac. « Le second là a été attrapé et frappé par d’autres jeunes au niveau de la station Total. Donc, on l’a retrouvé dans l’agonie. Il n’était pas encore mort. Quand les forces de l’ordre sont venues sur les lieux, ils n’ont pas voulu toucher le corps vu la gravité de son état. Ils ont plutôt décidé de faire appel à une ambulance. C’est comme ça que ça s’est passé», a-t-il expliqué.

Il faut noter que le jeune Mory Sagna a succombé à ses blessures sur le champ avant même que les urgences n’arrivent. Son compagnon d’infortune, Moussa Condé, a été arrêté et conduit au camp Soundjata Keïta.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Confirmé à son poste, l’IRE de Kankan réagit : « je suis très ravi »

6 novembre 2019 à 12 12 54 115411

Comme annoncé précédemment, le président de la République a procédé le lundi, 04 novembre 2019, à des remaniements à la tête des inspections régionales de l’éducation. Certains inspecteurs ont été remplacés et d’autres comme celui de Kankan ont été confirmés. Au micro du correspondant de Guineematin.com sur place, l’IRE de Kankan Famoro Keita a réagi à cette décision du chef de l’Etat. Se disant heureux de la confiance renouvelée en sa personne, le responsable éducatif n’a pas manqué de remercier le président Alpha Condé et tous ceux qui l’aident dans son travail.

« Je remercie le président de la République, Alpha Condé, pour m’avoir renouvelé sa confiance. Je remercie aussi tous les enseignants de la région administrative de Kankan, tous les élèves, les parents d’élèves et les amis de l’école, sans oublier le gouverneur de région, les préfets qui nous appuient dans notre noble tâche qui est l’éducation, sans oublier aussi ma maman. En tout cas moi je suis très ravi », a-t-il déclaré.

Assis dans son bureau et entouré de plusieurs cadres régionaux et préfectoraux mais aussi des responsables de la coordination régionale du RPG Arc-en-ciel venus le féliciter, Famoro Keïta estime que c’est avec le concours de tous qu’il réussit sa mission. « Tout seul, je ne peux rien. Dans ma région, c’est les enseignants, les élèves, les parents d’élèves, les autorités administratives et politiques qui m’appuient. Parce que quand nous prenons l’an passé, on a été appuyé par les partis politiques, sinon ce n’était pas facile de gérer l’année passée 2018-2019. Donc nous remercions aussi le RPG Arc-en-ciel », a-t-il dit.

L’inspecteur régional de l’éducation de Kankan dit mesurer les nouveaux défis qui l’attendent et promet de redoubler d’ardeur pour pour maintenir le cap de la réussite.

Selon plusieurs observateurs, la confirmation de monsieur Keïta dans ses fonctions n’a rien de surprenant, d’autant plus que le secteur éducatif est fortement politisé à Kankan. Les grèves des enseignants appelées par le SLECG d’Aboubacar Soumah n’ont jamais eu d’effet dans la région. Et tout récemment, les écoles de la commune urbaine ont été fermées à l’occasion de la mobilisation organisée à Conakry pour accueillir le président Alpha Condé, qui rentrait d’une mission à l’étranger.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Kankan : une femme jette l’enfant de sa coépouse dans un puits

6 novembre 2019 à 9 09 57 115711

C’est dans la nuit du lundi au mardi, 05 novembre 2019, que le corps sans vie du jeune Ibrahima Sanoh, 5 ans, a été repêché d’un puits situé dans la concession de sa famille au quartier Bordo, dans la commune urbaine de Kankan. Sa marâtre Diaka Traoré, âgée de 19 ans, est accusée d’avoir jeté l’enfant dans le puits. Elle a été interpellée par les services de sécurité et devrait être jugée pour assassinat, a appris Guineematin.com à travers son correspondant basé à Kankan.

Aly Touré, procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan

Selon Aly Touré, procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, après avoir repêché le corps du jeune, les officiers enquêteurs n’ont constaté aucune trace de violence sur le corps. « C’est ainsi qu’ils se sont posé des questions, ils ont approfondi les enquêtes. Son père Amadou Sanoh, auditionné à cet effet, a dit qu’il ne connait rien de cette affaire et qu’il faut demander à sa seconde épouse, madame Diaka Traoré, à qui l’enfant a été confié. Cette dernière, auditionnée, a répondu effectivement que c’est elle qui a pris l’enfant par les bras et l’a entraîné et précipité l’enfant dans le puits en le prenant par les pieds », a-t-il expliqué.

Le procureur ajoute que la jeune dame a laissé entendre qu’elle a agi de façon inconsciente. Elle dit avoir une dépression mentale qui l’amène parfois à faire des choses sans le savoir. Un argument que ne croit pas cependant Aly Touré. « C’est un acte criminel qui ne dit pas son nom et qui ne peut rester impuni. Elle déclare qu’elle est atteinte de maladie de diable qui lui fait faire des crises… Mais ça ne saurait motiver son acte. Elle ne présente aucun signe de maladie psychologique. C’est pourquoi la procédure a été instruite. Nous avons requis l’ouverture d’une information pour les faits d’assassinat contre madame Diaka Traoré et probablement dans un mois le dossier sera jugé devant tout Kankan », annonce le procureur de la République près le TPI de Kankan.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Camp Soundiata de Kankan : le Colonel Sidiki Diakité rappelle les prouesses de l’Armée

1 novembre 2019 à 18 06 51 115111

A l’instar des autres régions de la Guinée, la fête marquant l’an 61 de la création de l’Armée nationale a été célébrée à Kankan ce vendredi, 1er novembre 2019. La cérémonie, organisée dans l’enceinte du camp de la troisième région militaire, Soundiata Keita, a regroupé l’ensemble des corps militaires et paramilitaires ainsi que plusieurs cadres territoriaux et administratifs. L’accent a été mis sur la naissance et l’implication de notre armée dans les luttes de libération de l’Afrique, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Tout a commencé par les honneurs rendus au tricolore national. Ensuite, il s’en est suivi le défilé des différentes compagnies des corps militaires et paramilitaires, sous le regard admiratif des autorités et populations de Kankan.

Colonel Aboubacar Sidiki Diakité, commandant de la 3ème région militaire de Kankan

Dans son discours de circonstance, le Colonel Aboubacar Sidiki Diakité, commandant de la 3ème région militaire de Kankan, a fait un aperçu sur les différentes péripéties qui ont conduit à la création de l’armée guinéenne. « Le 07 avril 1959, la rebaptisation des camps militaires fut adoptée : le camp général Gallieni devenu camp Kémé Bouréma à Kindia, actuel 1ère région militaire de la Guinée ; le camp Général Marshala, devenu Camp El Hadj Oumar Tall à Labé, actuel 2ème région militaire ; le camp général Archinard, devenu camp Soundiata Keita de Kankan, actuel 3ème région militaire ; et le camp capitaine Hawke, est devenu camp Béhanzin de N’zérékoré, actuel 4ème région militaire. Le 14 avril 1959, la création du bureau de recrutement national ; le 1er Octobre 5919, premier recrutement dans l’armée ; et, l’organisation des armées a été remplacée le 18 décembre 1958 par un Etat major de la défense nationale à sa tête le capitaine Koumandian Keita ».

Par ailleurs, le Colonel Aboubacar Sidiki Diakité est revenu sur le combat mené par l’Armée Guinéenne dans le cadre de l’appui aux pays frères d’Afrique en proie à de l’instabilité intérieure. « Cette jeune armée s’est engagé à participer aux opérations de maintien de la paix en Afrique : en 1961, au Congo ; en 1973, en Guinée-Bissau ; en 1975, en Angola ; en 1976, au Bénin ; en 1990, au Libéria ; en 1990, en Guinée-Bissau ; en 2001, en Siéra-Léone ; et depuis 2012, au Mali ».

Général Mohamed Gharé, gouverneur de la région de Kankan

Présent à cette célébration, le gouverneur de la région de Kankan, le Général Mohamed Gharé, a rendu un vibrant hommage à la grande muette dans sa globalité. « Messieurs les officiers, sous-officiers et hommes de rang, l’armée Guinéenne a aujourd’hui 61 ans. C’est 61 ans de combat, 61 ans de lutte pour le développement économique et sociale de ce pays. Nous savons qu’aujourd’hui l’armée Guinéenne est organisée. L’armée Guinéenne n’a jamais manqué à son devoir. L’armée Guinéenne s’est hissée au haut du sommet du développement de la protection de l’intégrité territoriale de notre pays. C’est le lieu et le moment donc de rendre un vibrant hommage à notre vaillante armée. 61 ans de lutte, 61 ans de combat, 61 ans de loyauté vis-à-vis de la population guinéenne», a-t-il laissé entendre.

La célébration de l’an 61 de la création de l’armée guinéenne s’est déroulée dans une ambiance de fête, sur un fond sonore concocté par les fantassins du camp Soundjata Kéita.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Pépé Balamou du SNE s’indigne : « l’éducation n’est pas la priorité de notre gouvernement »

29 octobre 2019 à 13 01 08 100810
Michel Pépé Balamou, Secrétaire général du SNE

Dans un entretien qu’il a accordé à un journaliste de Guineematin.com hier, lundi 28 octobre 2019, le secrétaire général du Syndicat National de l’Education (SNE) s’est exprimé longuement sur l’actualité du secteur éducatif guinéen. Michel Pépé Balamou est revenu notamment sur le faible niveau des élèves et de certains enseignants, la nécessité d’améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants, mais aussi les infrastructures scolaires publiques et les programmes d’enseignement. Il a regretté et déploré le peu d’intérêt que les dirigeants du pays accordent au secteur éducatif, appelant à de mesures urgentes pour rectifier le tir.

Décryptage !

Guineematin.com : on a appris que le Syndicat National de l’Education (SNE), le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) version Kadiatou Bah, et la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Education (FSPE) ont été reçus par l’inspecteur général du travail, Dr Alya Camara, pour échanger sur une éventuelle revalorisation des primes liées à la profession enseignante. Qu’en est-il réellement ?

Michel Pépé Balamou : effectivement, nous sommes en intersyndical avec la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Education qui existe depuis 1945, bien avant l’indépendance de la Guinée, et le SLECG de dame Kadiatou qui existe depuis 1992 et également le SNE qui n’a qu’un an. C’est par rapport à la situation des enseignants. Puisqu’une revendication était sur table par rapport aux 8 millions (réclamés par le SLECG d’Aboubacar Soumah comme salaire mensuel par enseignant, ndlr). Et plus de deux ans ou trois ans de grève, on n’est pas parvenu à obtenir même un centime pour les enseignants. Donc aujourd’hui, les enseignants vont en classe démoralisés, démotivés et ils n’enseignent presque pas.

Et, c’est pourquoi nous, nous nous sommes dit, soucieux de la qualification, de la bonne marche du système éducatif, qu’il fallait interpeller le gouvernement pour dire attention, les enseignants doivent bénéficier de quelque chose. Et bénéficier de ce quelque chose, ce sont les primes liées à la profession enseignante. Vous avez la prime de craie, la prime de documentation, la dotation en denrées de première nécessité en tant d’autres éléments que nous sommes en train de défendre. Mais aujourd’hui, ça doit être acté, mais il faut attendre le budget de 2020 pour pouvoir intégrer ces éléments-là dedans. Et, nous sommes toujours sur la même longueur d’onde et je crois que les négociations continuent jusqu’à date.

Guineematin.com : parlant toujours du système éducatif guinéen, on constate que le niveau des élèves devient de plus en plus bas dans notre pays. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?

Michel Pépé Balamou : c’est vraiment une grande déception parce que « tant vaut une école, tant vaut la nation » pour paraphraser Victor Hugo. Une économiste aussi disait qu’il n’y a de ressources que d’hommes. La Guinée est un scandale géologique dans lequel tous les métaux précieux qui existent à l’inventaire scientifique se trouvent. Mais, le Guinéen est un mendiant, assis sur un sac d’or aujourd’hui. La Guinée est le château d’eau de l’Afrique occidentale mais il est très difficile d’avoir de l’eau en Guinée. Donc, la meilleure ressource, quand l’homme est mieux qualifié c’est cet homme-là qui peut exploiter cette ressource là en produit fini. Mais, nous comprenons aujourd’hui que l’éducation n’est pas la priorité de notre gouvernement, malheureusement. On le chante pour dire oui, l’éducation, on a construit 6000 classes etc.

Quand vous prenez le domaine des infrastructures, la Guinée est l’un des rares pays aujourd’hui dans le monde où on continue encore d’enseigner certains élèves sous des hangars, où des parents d’élèves continuent de payer des enseignants communautaires, de construire des écoles communautaires pour eux-mêmes. La Guinée est l’un des rares pays aujourd’hui où le standard minimum de budget alloué à l’éducation qui devrait être entre 40 à 50% est aujourd’hui entre 12 et 13%. La Guinée est le seul pays au monde aujourd’hui où l’enseignement privé secondaire a pris le dessus sur l’enseignement secondaire primaire public. Parce que quand vous partez dans les pays de la sous-région, les écoles publiques sont les plus valorisées que les écoles privées.

Mais chez nous ici, c’est le contraire. Et pourquoi ? Parce que nos gouvernants sont les premiers saboteurs de notre système éducatif. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas leurs enfants dans les écoles publiques. Ceux dont les enfants sont ici, sont tous dans les écoles franco-guinéennes ou dans les écoles françaises. Sinon tout le reste étudie dans les écoles occidentales. Mais, regardez pendant le premier régime, le premier président de la République, Sékou Touré, son fils Mohamed Touré, sa fille Aminata Touré qui est maire de Kaloum aujourd’hui, ils ont tous étudié en Guinée. Ceux-ci ont côtoyé les enfants des pauvres en Guinée. Pour valoriser notre école, c’est d’abord nos dirigeants qui doivent la valoriser en faisant quoi ? En acceptant que leurs enfants étudient ici.

Si leurs enfants étudient ici, je crois qu’ils vont créer les meilleures conditions optimales. Aujourd’hui, les meilleures conditions d’études sont dans le privé. C’est le privé qui fait preuve de rigueur, qui sélectionne des enseignants qui ont le niveau. Si tu n’as pas le niveau, les élèves disent que tu n’as pas le niveau, on te chasse. Mais au public, on ne peut pas le faire. Donc ça, c’est du point de vue infrastructures. Quand vous prenez le programme d’enseignement, il y a eu un effort d’harmonisation des programmes en 2009, mais ça n’a été limité qu’aux programmes de Maths, Physique et Chimie. Mais aujourd’hui, quand vous prenez les sciences sociales, un élève guinéen quitte ici il part à l’extérieur, ça serait comme s’il commençait à étudier aujourd’hui.

Parce que les programmes d’enseignement sont complètement vétustes chez nous, on continue d’enseigner ce qui est archaïque aux enfants alors que le monde évolue. Il faut adapter les programmes aux contextes d’aujourd’hui, aux réalités actuelles, à ce que les élèves eux-mêmes vivent. Parce que l’action pédagogique ne doit pas tourner autour du maître mais plutôt autour de l’élève et de ses aspirations. On a aujourd’hui les réseaux sociaux, on a internet, dont les enfants s’approprient la paternité pour jouir de leur vie. Mais, s’ils vont à l’école on ne leur parle rien de tout cela, on leur parle de l’archéologie, de l’art africain, des choses qui n’ont rien à avoir avec leur réalité. Vous aller voir que le système va s’affaisser progressivement.

Et, les enseignants qui sont recrutés, certains sont recrutés sur la base politique, certains sont recrutés sur la base du copinage, du népotisme alors que la politique ne doit pas s’inviter à l’école. Il faut dépolitiser l’école. Si on doit accompagner son parent à accéder à la fonction publique, il faut l’envoyer dans un autre secteur mais pas dans l’éducation. Donc voici tant de questions qui minent l’éducation et le SNE va organiser une commission de réflexion autour du système éducatif guinéen pour faire le diagnostic mais aussi proposer des solutions.

Guineemation.com : lors des récentes manifestations appelées par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) et interdites par les autorités du pays, le SLECG d’Aboubacar Soumah a appelé les enseignants à rester à la maison pendant la période des troubles. Vous au SNE, on ne vous a pas entendu sur la question. Quelles en sont les raisons ?

Michel Pépé Balamou, Secrétaire général du SNE

Michel Pépé Balamou : oui, c’est une très belle remarque et c’est une très belle observation. Vous savez, le syndicat est apolitique, le syndicat travaille sur la base d’une loi fondamentalement dans le pays. Vous avez le code du travail qui régit les rapports entre les travailleurs du privé et leurs patrons et la loi L28 qui régit le statut de la fonction publique. Donc, le politicien va à la conquête du pouvoir en vue de l’exercer, et pour cela, il a besoin du soutien populaire. Le syndicaliste cherche à manger et à faire manger ses syndiqués. Donc nous, notre devoir régalien consiste à défendre les intérêts matériels et moraux de nos mandants. Mais, vouloir appeler les enseignants à rester à la maison et les parents d’élèves à garder leurs enfants à la maison pour des raisons sécuritaires, relève du pouvoir régalien de l’Etat.

Vous avez vu par rapport au terrorisme au Burkina par exemple, on égorge des enseignants dans le nord du Burkina avec le terrorisme, on prend en otage des élèves. Mais, jamais un syndicat du Burkina n’a demandé à un enseignant de rester à la maison. Mais au contraire, si nous voulons travailler, on peut demander au gouvernement qu’eu égard à l’instabilité politique qui a cours actuellement au pays et pour permettre aux enseignants et aux élèves d’étudier, le syndicat demande au gouvernement de prendre des mesures sécuritaires idoines pour pouvoir sécuriser les concessions scolaires. Voilà le langage qu’un syndicaliste doit tenir.

Nous, nous ne condamnons pas ceux qui ont tenu ce langage. Mais nous, nous pensons que le syndicalisme ne consiste pas à inciter les gens à aller vers la violence, mais à défendre les intérêts moraux et matériels des enseignants. Peut-être on peut jouer à l’arbitrage, à l’apaisement, le compromis entre les acteurs politiques mais on n’a pas le droit de s’immiscer. On ne peut s’immiscer que lorsque l’instabilité politique atteindra une croissance exponentielle et que cela serait de nature à empêcher les travailleurs à aller travailler, à générer des ressources à pouvoir bénéficier de leurs salaires. En ce moment, le combat deviendra un combat citoyen et on ne tardera pas à s’y mettre.

Guineematin.com : vous rappeliez tantôt que le Syndicat National de l’Education (SNE) a une année d’existence, comment se porte aujourd’hui cette organisation ?

Michel Pépé Balamou : le Syndicat National de l’Education (SNE) se porte à merveille, nonobstant les préjugés et les stéréotypes qui étaient de nature à salir sa réputation. Aujourd’hui, j’ai effectué une tournée à l’intérieur du pays notamment en Haut Guinée et en Guinée Forestière, j’ai visité nos camarades de Yomou, de N’Zérékoré, de Kissidougou, de Kankan et de Mandiana. Et, laissez-moi vous dire que le SNE est en train de mobiliser les enseignants. Et au jour d’aujourd’hui, nous constituons la deuxième force syndicale de l’éducation après le SLECG d’Aboubacar Soumah. Et cela, on a qu’un an d’existence, alors que les autres ont plus de 60 ans d’existence. Ce qui veut dire qu’avec le programme et la plateforme que nous revendiquons aujourd’hui, si on parvient à faire aboutir ça aux enseignants, le SNE deviendra la force syndicale la plus représentative dans notre pays.

Guineematin.com : on apprend cependant que certains membres du collectif des enseignants contractuels issus de l’ISEEG et des ENI qui étaient avec le SNE, se sont affiliés au SLECG de dame Kadiatou Bah alors que d’autres sont courtisés par le camp d’Aboubacar Soumah. Comment réagissez-vous face à cette situation ?

Michel Pépé Balamou : oui, le SNE a été la première structure syndicale à engager les enseignants contractuels dans un combat pour leur engagement à la fonction publique parce que ces jeunes-là ce sont battus pour sauver l’école de la République. Mais aujourd’hui, toutes les structures syndicales veulent les avoir à leurs côtés, et c’est de bonne guerre. Nous, on ne va pas faire la guerre à une structure syndicale d’autant plus que toutes structures syndicales œuvrent à l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants, donc à défendre les intérêts matériels et moraux des enseignants. Peut-être, la démarche n’a pas été bonne, mais nous allons nous retrouver dans l’intersyndicale de l’éducation pour pouvoir mettre les points sur les i.

En ce qui concerne le collectif des enseignants contractuels issus de l’ISEEG et de l’ENI, ils auraient reproché au secrétaire général du SNE d’avoir dit qu’ils n’ont pas de niveau étant donné que nous, nous avons fait un diagnostic du système éducatif, en commençant par nous-mêmes enseignants pour dire qu’aujourd’hui, il y a un besoin de formation des enseignants. Et cela est établi non seulement par le ministère, par les populations et tous les acteurs sociaux pour la bonne marche de notre système éducatif. Mais, vouloir nous qualifier de ceux-là qui sont opposés aux intérêts des enseignants issus de l’ISEEG et de l’ENI, c’est mal comprendre. Et, en ce qui concerne le fait qu’ils soient courtisés par le SLECG d’Aboubacar Soumah, nous nous considérons comme étant le comble de l’ironie et de la démagogie.

Parce que ce sont eux-mêmes qui ont dit que ces enseignants contractuels étaient des mécaniciens, des maçons, des menuisiers qu’on a ramassés pour venir enseigner nos enfants et que c’est vraiment un crime intellectuel puisque ces enfants-là ne connaissent rien. Et, après la grève, ce sont les mêmes enseignants du SLECG d’Aboubacar Soumah qui sont venus frapper les enseignants contractuels dans les classes, déchirer les cahiers et autres-là. Si aujourd’hui c’est eux qui courtisent, le SNE reste serein, vigilant et nous savons que la victoire est de notre côté et que les plus conscients de ces contractuels comprendront que Dieu n’aime pas l’ingratitude et ne fera pas cet acte d’ingratitude au niveau du SNE.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Kankan : 36 maliens et 4 guinéens, se disant travailleurs de QNET, mis aux arrêts

25 octobre 2019 à 20 08 20 102010
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Les opérations de patrouille des services de défense et de sécurité, initiées depuis bientôt un mois par les autorités de Kankan, se poursuivent. Après l’arrestation d’un groupe de jeunes prostitués libériens, 40 jeunes, dont 36 de nationalité malienne, ont été arrêtés et transportés au camp Soundiata Keita. Ces individus, se réclamant tous membres de la société de vente en réseau QNET, ont été présentés aux médias ce vendredi, 25 octobre 2019, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La synergie d’action des hommes en uniformes à Kankan a permis d’interpeller, dans la nuit du jeudi au vendredi, 25 octobre 2019, 40 invendus, dont 36 maliens. Interrogés devant les médias, ils soutiennent ne pas être des malfaiteurs, mais collaborateurs de la sulfureuses société QNET.

Selon Sayon Camara, un d’entre eux, « c’est QNET que moi je fais et qu’ils font eux aussi. On a un compte. Chacun peut donner ses identifiants et à l’aide de la connexion, on peut procéder à la vérification. Ça ne veut dire pas que certains parmi nous sont des malfaiteurs. Ils font QNET et quand tu fais QNET, tu as un numéro matricule international. A l’aide de ça, on peut vérifier l’identité de chacun », a-t-il dit.

Le gouverneur de Kankan, le Général Mohamed Gharé est revenu sur l’interpellation de ces individus. « Ces gens que vous voyez, des étrangers en grande majorité des maliens, se sont retrouvés à Kankan un à un, pour se regrouper dans deux quartiers, Senkefara et Aéroport. Et tous ces deux groupes logent dans la même cour. Qui les loge ? Qui les nourrit ? Pour quel but ? Pourquoi ces gens se retrouvent chez nous maintenant-là et ce moment-ci ? »

L’autre fait qui intrigue le gouverneur, ce sont les amulettes retrouvées avec les jeunes après leur arrestation. « On a retrouvé des objets de protection traditionnelle. Protection traditionnelle contre des balles. Quand on vient chercher de l’argent dans un pays, on n’a pas besoin de venir avec une protection anti balle. C’est pourquoi, une enquête sérieuse et approfondie va être ouverte. Parce que pour nous, QNET n’est qu’une couverture. Sinon, il y a pas de raison que des individus se retrouvent un à un ou à petit groupe dans une préfecture en un même lieu. L’enquête va être approfondie et on saura ce qui est caché derrière. On va savoir qui les a fait venir, qui les logeait et qui les nourrissait », a-t-il laissé entendre.

A noter que ces types d’arrestations de jeunes en grand nombre ont été aussi effectués à Conakry et dans d’autres villes de l’intérieur du pays.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Fria : une centaine d’inconnus liés à QNET mis aux arrêts par les autorités

25 octobre 2019 à 20 08 06 100610
Lansana Boffa Camara, maire de la commune urbaine de Fria,
Lansana Boffa Camara, maire de la commune urbaine de Fria

Les arrestations d’individus inconnus se multiplient à travers la Guinée. Après Coyah, Dubréka, Siguiri et Kankan, c’est à Fria qu’une centaine de personnes se réclamant de QNET ont été retrouvées dans la commune urbaine ce vendredi 25 octobre 2019. L’information a été confirmée par le maire, Lansana Boffa Camara qui rassure que les individus sont suivis à la loupe pour savoir les raisons de leur présence dans la cité de l’alumine, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Contrairement aux rumeurs qui font état de 250 personnes, le maire de la commune urbaine de Fria a précisé qu’il s’agit « d’une centaine de personnes non identifiées qui sont venues. Ils sont venus alors que nous n’étions pas informés. Mais, nous sommes en train de les prendre en main. On a déjà mis une commission sur place qui est en train de suivre ces gens », a expliqué Lansana Boffa Camara.

En ce qui concerne l’identité de ces individus, le maire de Fria a laissé entendre que les vérifications sont en cours. « On est en train de les cerner, de voir clair ce qu’il y a. Mais ils sont tous guinéens, ils sont de la société QNET. Ils sont venus sans nous informer et on a constaté qu’ils sont arrivés pas dans les meilleures conditions. Donc, on a pris le train en marche et on est en train de les identifier. Ils sont localisés, nous savons partout où ils sont ».

En outre, notre interlocuteur a indiqué que cette information a été largement commentée dans la commune urbaine. « Ce qui fait que les gens parlent beaucoup, c’est parce qu’ils sont mal entrés ici. Ils nous ont dit qu’ils sont venus dans le cadre de la formation en marketing par rapport à ce commerce en ligne. Ils sont dans un lieu connu et c’est là que nous les avons rencontrés », a fait savoir le maire.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Kankan : en cavale, le chargé de l’organisation du FNDC se dit traqué par Aziz Diop

25 octobre 2019 à 18 06 01 100110

Les temps sont durs pour l’antenne régionale du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) de Kankan. Alors que le procureur « refuse » d’élargir certains de ses membres pourtant innocentés par le juge, c’est le chargé à l’organisation du FNDC qui se dit traqué par le préfet Aziz Diop. Depuis l’arrestation de ses amis il y a dix jours, Ibrahima Simagan a pris la poudre d’escampette, de peur de se faire arrêter par le tout puissant préfet, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Les sièges de l’Union des Forces Républicaines (UFR) et de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) ont été récemment victimes de saccages et de jets de pierres à Kankan. Les partisans du FNDC ont été mis aux arrêts, jugés et innocentés par le tribunal mais gardés en prison pour certains, sur ordre du procureur Aly Touré.

Cette situation dénote de la volonté des autorités de Kankan de restreindre la marge de manœuvre de tout contestataire, notamment ceux qui sont opposés au projet de 3ème mandat. Les membres du FNDC de Kankan sont dans l’œil du cyclone et en subissent de plein fouet les conséquences.

Celui qui se dit aujourd’hui dans la ligne de mire du préfet, c’est Ibrahima Simagan, membre du bureau des jeunes de l’UFR et chargé à l’organisation de l’antenne régional du FNDC. C’est lui qui avait appelé les citoyens de Kankan à se tenir prêt pour le 14 octobre sur les réseaux sociaux. Depuis lors, monsieur Simagan n’est pas tranquille.

Ibrahima Simagan, du bureau des jeunes de l’UFR, membre du FNDC Kankan

« Le lundi 14 octobre 2019 à 14h j’ai reçu un appel. L’intéressé m’a demandé où j’étais, il m’a dit « ah dis donc tu ne peux pas me dire où tu es ? Si tu ne le dis pas on va t’arrêter, parce qu’on te cherche comme ça ». Automatiquement, j’ai su que c’est le Préfet. Mais, comme il ne m’a pas dit son nom, moi aussi je n’ai pas dit où j’étais. Le lendemain, il m’a rappelé. Il m’a dit Simagan, va te présenter à la police. Je lui ai demandé ce que j’avais fait, il m’a dit qu’on me recherche. Je lui ai demandé ce que j’ai fait pour qu’on me recherche ? Il m’a dit qu’on a besoin de moi, qu’il faut que je me présente au commissariat. Ensuite, il m’a demandé où je suis. Je lui ai répondu que je ne suis pas à Kankan. Après, il m’a dit clairement que c’est lui, le préfet de Kankan Aziz Diop. Moi aussi, j’ai raccroché mon téléphone », a expliqué Ibrahima Simagan.

Aziz Diop, préfet de Kankan

Interrogé par le reporter de Guineematin.com, le préfet Aziz Diop a balayé d’un revers de la main ces accusations. « Franchement, même si ce monsieur là se présente ici, je ne peux pas le reconnaître. Je ne l’ai jamais appelé, il a son numéro avec les services de sécurité et au moment où je vous parle, je sais où il est. Si je veux l’arrêter, il est dans une sous préfecture. Il a fait une incitation à la rébellion », accuse le préfet.

Il est toutefois difficile de croire à cette position du préfet d’autant plus qu’à travers un enregistrement sonore, on peut clairement entendre le Préfet se présenter et demander à Ibrahima Simagan de se rendre à la police au risque de se faire arrêter.

Pour sa part, monsieur Simagan, responsable de l’antenne régionale du FNDC est en fuite. Il se dit menacé et ne compte pas pour l’instant revenir à Kankan.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Pas de manif du FNDC à Kankan : le coordinateur régional en donne les raisons

25 octobre 2019 à 16 04 38 103810
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Le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) avait appelé ses partisans à des marches à travers la Guinée ce jeudi, 24 octobre 2019, pour dénoncer les velléités du président Alpha Condé à s’accrocher au pouvoir. A l’image du 14 juillet dernier, cette autre manifestation n’a pas eu lieu dans la ville de Kankan. Si d’aucuns pensent que les intimidations et autres menaces proférées par le préfet en sont la cause essentielle, la coordination locale du FNDC soutient tout le contraire, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Toutes les activités de la ville de Kankan, fief du parti au pouvoir, ont tourné comme d’ordinaire ce jeudi. La ville grouillait de monde et aucune manifestation n’a été signalée.

Aziz Diop, préfet de Kankan

Selon plusieurs observateurs, l’antenne locale du FNDC a cédé aux intimidations du préfet, Aziz Diop qui n’a jamais cessé de martelé que le FNDC n’existe pas à Kankan. Mais, selon Cheick Mohamed Kaba, coordinateur régional du FNDC, c’est plutôt d’autres raisons qui expliquent cet état de fait. « Nous n’avons pas manifesté aujourd’hui pour deux simples raisons qui sont faciles à comprendre. D’abord, nous avons nos militants qui sont en prison. Le tribunal a ordonné leur libération, le procureur a fait appel. Donc, nous sommes dans les démarches. Le deuxième aspect, nous avons nos camarades de Siguiri qui sont arrêtés et transférés à Kankan ici. Donc, nous cherchons à les faire libérer. Ensuite, l’autorisation de marche est tombée hier. Donc, on n’était pas suffisamment préparé », a expliqué Cheikh Mohamed Kaba.

Ibrahima Simagan

Un argument rejeté par le responsable chargé à l’organisation de l’antenne régionale du FNDC. Selon Ibrahima Simagan, joint au téléphone, les membres du FNDC ne se sont pas entendus sur la démarche à suivre, précisant qu’au cours d’une réunion, plusieurs d’entre eux se seraient opposés à l’idée d’une manifestation.

Mais, Cheick Mohamed Kaba dit ne pas être au courant de cette divergence. « Sincèrement, je ne suis pas au courant de ce que vous dites là. Nous, on est tenu de suivre le mot d’ordre du front. Je ne suis pas informé de cette divergence à laquelle vous faites allusion ».

Interrogé sur les agissements du préfet, Cheikh Mohamed Kaba a dit que le préfet, Aziz Diop est bien dans son rôle. « Il a raison, il est dans son rôle de préfet. D’abord, il est militant du RPG. Même s’il dit aujourd’hui que l’opposition n’existe pas à Kankan, il est dans son rôle. Moi, je peux dire et j’affirme que je suis majoritaire en Haute Guinée ».

Pour terminer, monsieur Kaba a laissé entendre que si les membres du FNDC arrivaient à recouvrer la liberté, ils se feront entendre lors des prochains appels à manifester.

Il faut tout de même signaler que la dernière fois que le front avait manifesté à Kankan, le 30 avril 2019, ses partisans avaient été pris à partie, copieusement passés à tabac par les militants du RPG Arc-en-ciel.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Des camions de bois saisis à Kankan : les exploitants du bois interpellent les autorités

23 octobre 2019 à 9 09 14 101410

Il y a plus d’une semaine, la section des eaux et forêts de Kankan a arraisonné plus d’une dizaine de camions remplis de bois coupés dans différentes forêts de la région. Les agents chargés de la protection de l’environnement jugent les taxes payées par les exploitants de bois insuffisantes. Face à l’impasse qui perdure, les acteurs de la filière ont décidé de saisir le préfet de Kankan dans l’espoir de trouver solution à ce problème, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Lancinè Keïta, membre du bureau de la filière de bois

Tôt ce mardi, 22 octobre 2019, les exploitants du bois : vendeurs et menuisiers se sont donné rendez-vous dans les locaux de la préfecture de Kankan pour discuter avec les autorités de la situation qu’ils jugent préoccupante. Ils espèrent que ces démarches leur permettront de faire libérer les camions arraisonnés dans les différents barrages à la rentrée de la ville. « Il y a onze à douze camions remplis de bois qui sont arraisonnés depuis plus d’une semaine dans les barrages vers Kouroussa, Kissidougou et Kankan-Coura. Donc aujourd’hui on est venus voir les autorités pour trouver une solution à ce problème », a déclaré Lancinè Keïta, membre du bureau de la filière de bois.

Outre la question de l’arraisonnement de ces camions qui paralyse leurs activités, ces professionnels du bois souhaitent également la diminution de la taxe qu’ils payent. « Avant, on payait 400 000 GNF pour les camions de six roues et 500 000 GNF pour ceux de dix roues. Mais depuis l’arrivée du nouveau directeur du service des eaux et forêts, ces taxes sont passées à 800 000 GNF pour les camions de six roues et 950 000 GNF pour ceux de dix roues. A Conakry, le bois se vent à 900 000 GNF alors qu’ici nous le vendons à 400 000 GNF, donc on ne peut pas payer les mêmes taxes que ceux de Conakry », a-t-il souligné.

Au sortir de leur entretien avec le préfet de Kankan et les responsables des eaux et forêts, les acteurs de la filière bois annoncent que des solutions préalables sont trouvées. « On a conclu d’abord de payer les anciens tarifs pour libérer les camions arraisonnés parce que c’était ça notre priorité ». Une nouvelle rencontre est prévue demain, mercredi, pour discuter et essayer de trouver une solution définitive au problème lié à la hausse des taxes.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Manque de courant à Kankan : visite guidée des jeunes à la centrale thermique d’EDG

10 octobre 2019 à 19 07 27 102710

La ville de Kankan a été secouée ces derniers temps par des protestations liées au manque d’électricité. Pour y faire face, les responsables du secteur ont fait venir de Conakry trois (3) groupes électrogènes qui sont entrain d’être installés pour améliorer la desserte en électricité de la capitale de la Haute Guinée. C’est pour s’enquérir de l’évolution des travaux que les responsables locaux d’Electricité de Guinée et les jeunes ont fait un tour dans la centrale thermique ce jeudi, 10 octobre 2019, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Après plusieurs manifestations des jeunes et des négociations menées avec les autorités de la place pour l’amélioration de la desserte du courant électrique, trois groupes électrogènes sont entrain d’être montés dans la cour de la centrale thermique de Kankan. C’est pour évaluer l’évolution des travaux sur le terrain que cette visite a été initiée et qui concerne les jeunes de la commune et les responsables locaux d’Electricité de Guinée (EDG).

Souleymane Camara

Selon Souleymane Camara, directeur régional d’DEG, depuis l’arrivée des groupes et des techniciens, le travail se fait sans relâche. « Depuis l’arrivée de l’équipe et ces trois groupes électrogènes, nous n’avons pas eu de temps de repos, on ne fait que travailler, il y a le disjoncteur principal ici. Donc, je vous informe qu’il n’y a rien ici à part le travail. Nous sommes même arrivés au câblage dans la salle de commande, mais nous n’avons pas terminé d’abord parce que ce n’est pas un petit travail. Nous demandons la patience de la population », a-t-il lancé.

Pour sa part, Oumar Fofana, porte-parole des jeunes manifestants de Kankan, cette visite vise à toucher du doigt les réalités sur le terrain en vue de connaitre le niveau d’avancement des travaux. « C’est une visite guidée pour venir toucher du doigt les réalités qui prévalent réellement à l’EDG de Kankan. Depuis le retour de la mission à Conakry nous savons que les groupes sont venus et les techniciens aussi sont arrivés. Donc, il fallait qu’on vienne voir les réalités ».

Oumar Fofana

Poursuivant son intervention, Oumar Fofana a laissé entendre que la fourniture du courant électrique pour la ville de Kankan de 19 h à 4 h reste leur combat. « Le programme de 19 h à 4 h du matin sera respecté. C’est ça notre combat et notre idéologie. Pour l’instant, nous constatons des coupures intempestives et cela est dû aux problèmes techniques. Donc, nous avons vu les techniciens qui sont à pied d’œuvre pour résoudre ce problème », a-t-il conclu.

Il faut noter que trois nouveaux groupes électrogènes sont attendus à Kankan dans les prochains mois dans le cadre de l’amélioration de la desserte. Mais, selon plusieurs observateurs, la solution à cet épineux dossier réside dans la construction de barrages hydro-électriques.

Nous y reviendrons !

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Kankan : un enseignant retrouvé mort dans un puits

8 octobre 2019 à 17 05 43 104310

Le corps sans vie d’un homme de 42 ans a été retrouvé dans un puits ce mardi, 08 octobre 2019, dans la commune urbaine de Kankan. Les circonstances dans lesquelles il s’est retrouvé dans ce puits restent encore floues, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Sékou Keita, c’est le nom de la victime. Il est le fils d’Ibrahima Kalil Keita, président du conseil de quartier de Bordeaux. C’est tard la nuit que sa famille l’a retrouvé mort dans un puits. Cela, quelques jours seulement après avoir échappé de justesse à une noyade dans une rivière.

Ibrahima Kalil Keita, président du conseil de quartier de Bordeaux

« Le samedi passé, en provenance de la localité de Babila (Préfecture de Kouroussa), il a glissé et est tombé dans l’eau. Les pêcheurs l’ont prêté secours. Le dimanche matin, je suis allé le chercher pour le faire admettre à l’hôpital où il a suivi un traitement. A 18 heures, nous sommes rentrés à la maison. Toute la journée du lundi, il n’y a avait aucun problème chez lui en dehors du fait qu’il se plaignait de douleurs au niveau du ventre. Pendant que nous dormions la nuit, vers 1 h 55 minutes, j’ai été alerté par sa femme me disant que mon fils a disparu. Quand nous sommes sortis, nous avons constaté que sa paire de chaussures, sa bouilloire remplie d’eau et sa torche se trouvaient auprès du puits qui était ouvert. C’est ainsi que nous avons regardé et avons trouvé son corps dans le puits », a expliqué le père du défunt.

Le chef de quartier de Bordeaux précise que son fils ne souffrait pourtant d’aucune maladie mentale. « Il n’en souffrait pas. C’était même un instituteur à Kouroussa plus précisément dans la localité de Troban, dans la sous-préfecture de Babila », souligne Ibrahima Kalil Keita, qui se dit affligé par cette mort. « Nous nous attendons tous à la mort. Mais, le fait qu’il soit mort jeune, c’est ce qui nous afflige le plus ma famille et moi ».

Sékou Keita a été inhumé ce mardi au grand cimetière de Korkoudouni. Il laisse derrière lui une veuve et deux enfants.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Paix et cohésion culturelle en Haute Guinée : OCPH et WANEP-Guinée magnifient le bilan de leurs actions

4 octobre 2019 à 7 07 26 102610

L’Organisation Catholique pour la Promotion Humaine (OCPH) en consortium avec WANEP Guinée (West Africa Network Peace Building) est au terme de son projet intitulé « Cohésion Culturelle pour la Paix et la Prospérité ». Une initiative mise en place en partenariat avec Catholique Relief Service (CRS) sous financement de l’Agence Américaine pour le Développement Internationale (USAID) pour une période de deux ans. C’est pour faire le bilan de ce projet en Haute Guinée que ses initiateurs ont organisé un point de presse ce jeudi, 03 octobre 2019 dans la ville de Kankan, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Il a été question au cours de cet échange avec les médias des avancées enregistrées dans l’exécution de ce projet intitulé « projet de Cohésion Culturelle pour la Paix et la Prospérité ». Un projet mis en œuvre par Catholique Relief Service dans trois communes de Conakry et en Haute Guinée.

Selon nos informations, c’est au total 68 localités qui sont ciblées dans les 7 zones d’intervention du projet à savoir : Conakry (communes de Matam, Matoto et Ratoma) et Haute Guinée (Kankan, Siguiri, Kouroussa et Dinguiraye).

Oua-Oua Célestin Dramou, coordinateur du projet Cohésion Culturelle pour la Paix et la Prospérité

Selon Oua-Oua Célestin Dramou, coordinateur du projet Cohésion Culturelle pour la Paix et la Prospérité, « sept (7) plateformes ont été créées avec un total de 245 membres, soit 35 par localité pour conduire les activités de sensibilisation, de plaidoyer, mobilisation sociale et de collecte d’information sur les conflits. Ensuite, les 245 membres des 7 plateformes sont formés à la médiation, à la prévention et à l’atténuation des conflits et à la cohésion sociale pour les activités de sensibilisation, de plaidoyer, de mobilisation sociale et de collecte d’informations sur les conflits ».

En termes de résultat, les leaders d’opinion ont été engagés efficacement dans la promotion de tolérance, la réconciliation et la coexistence pacifique. Les femmes ont également contribué à la réconciliation politique. Quant aux jeunes leaders, ils ont collaboré pour promouvoir des élections pacifiques, précisent les organisateurs.

Jonas Mamady Kamano, coordinateur national du projet Cohésion Culturelle pour la Paix et la Prospérité

Selon Jonas Mamady Kamano, coordinateur national du projet Cohésion Culturelle pour la Paix et la Prospérité, la Haute Guinée a été choisie comme cible à cause de l’existence massive des zones minières dans la région. « En Haute Guinée, on n’a pas ciblé toutes les préfectures. On a ciblé des zones où il y a une présence de mines. A Kankan, peut-être qu’il n’y a pas de mines, mais il y a des petits soulèvements ici », a-t-il laissé entendre.

Selon les organisateurs, la prochaine étape du projet devrait toucher la région de la Guinée Forestière.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Un journaliste agressé par le maire de Kankan : ce que compte faire le RPG Arc-en-ciel

3 octobre 2019 à 10 10 17 101710
Mamby Camara, secrétaire permanent du RPG Arc-en-ciel à Kankan

Le Journaliste reporter, Fodé Bangaly Fofana, du Groupe Dabo Médias, a été agressé il y a juste une semaine par le maire de la commune urbaine de Kankan, Mory Kolofon Diakité. Pendant que le mis en cause est frappé de boycott par les médias locaux, ses collaborateurs du RPG Arc-en-ciel tentent de recoller les morceaux, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

L’agression physique et verbale suivie de menace de mort contre notre confrère, Fodé Bangaly Fofana, a choqué les hommes de médias de Kankan. C’était à l’occasion d’une opération de déguerpissement au grand marché de Dibida, dans la commune urbaine le jeudi 26 septembre dernier. Venu couvrir cet évènement, Fodé Bangaly Fofana avait été pris à partie et menacé de mort par Mory Kolofon Diakité. Réunie d’urgence, l’Association des Journalistes de Kankan avait décidé dans la foulée de bouder les activités de la mairie.

Interrogé par notre reporter sur cette agression contre notre confrère, Mamby Camara, secrétaire permanent du RPG Arc-en-ciel à Kankan, parle d’un fâcheux incident et regrette les agissements de son collègue. « Je ne voudrais pas personnellement revenir sur ça, parce que j’ai fait ce que je devais faire. La presse est libre, personne ne peut porter main sur un élément de la presse. Les journalistes ne font que leur travail. Pour moi, ça a été un incident très fâcheux », a-t-il dit.

A la question de savoir si quelque chose a été entrepris au sein de sa formation politique contre le maire, Mamby Camara répond : « au sein du parti, nous l’avons condamné à notre manière. A cette occasion nous nous sommes dit que, quand ce temps là va passer, nous allons réunir toute la presse de Kankan pour présenter officiellement nos excuses. Parce que ce qui s’est passé n’honore pas la région de Kankan, encore moins la Haute Guinée », a-t-il laissé entendre.

Il reste à savoir si le maire, Mory Kolofon Diakité, va se plier à cette exigence, surtout que les journalistes de Kankan campent sur leur position. C’est peut-être pour cette raison que le maire n’a pas daigné prendre la parole dans la journée d’hier mercredi, 02 octobre 2019, à l’occasion de la célébration de l’an 61 de l’accession de la Guinée à l’indépendance.

Nous y reviendrons !

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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2 octobre 2019 : « absence de l’Etat républicain, démission de la classe politique »

3 octobre 2019 à 0 12 07 100710
Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo

« Quand je vois aujourd’hui qu’on est en train de parler de la proclamation de l’indépendance nationale, je vois qu’on est en train de parler du 2 octobre 1958, je suis vraiment désolé, je suis triste parce que l’évènement est banalisé. On ne sent pas. Si la presse n’en parlait pas, personne n’en parle. C’est une démission. C’est pour cette raison, avec tout le respect que je dois à tout le monde, je suis obligé de dire que je ne retrouve pas l’Etat républicain, je ne retrouve pas l’esprit républicain des partis politiques. Je ne retrouve pas l’esprit républicain de l’Assemblée Nationale », a confié à Guineematin.com, à travers la vidéo ci-dessous, l’ancien maire de Labé, Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo, membre du bureau exécutif national de l’Union pour le Progrès et le Renouveau (UPR).

Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo, professeur de français à la retraite, appartenant à la première promotion de l’école normale secondaire de Dabadou, Kankan a exercé d’abord des responsabilité syndicale à Macenta, N’Zérékoré et Kaloum avant d’être dans les organismes de la JRDA comme chargé des sports, des arts et de la culture puis inspecteur politique et directeur général par intérim du contrôle politique près le Ministère du Développement Rural (MDR) de Kindia pour se retrouver plus tard, à partir de 2000 maire UPR de la commune urbaine de Labé.

Dans cet entretien qu’il a accordé à un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée, ce membre du bureau exécutif national de l’UPR dénonce la timidité de l’Etat et de la classe politique avec laquelle le 2 octobre 1958, évènement de grande portée historique est rappelé.

Depuis Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com
Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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Banankoro : la formation des membres des CAERLES lancée sur fond de division

1 octobre 2019 à 12 12 50 105010

L’atelier de formation des membres des CAERLES (Commissions Administratives d’Etablissement et de Révision des Listes Électorales) a démarré hier, lundi 30 septembre 2019, dans la sous-préfecture de Banankoro. Mais, les travaux se tiennent sur fond de division. Deux personnes se disputent le poste de rapporteur de la CEPSI, a appris Guineematin.com à travers son correspondant sur place.

Aly Bocar Samoura, commissaire de la CENI

Sur les 230 membres des Commissions Administratives d’Etablissement et de Révision des Listes Électorales de Banankoro, Soromaya et Sibiribaro, concernés par cet atelier, 219 ont répondu présent à l’ouverture des travaux. Une cérémonie au cours de laquelle, Aly Bocar Samoura, commissaire de la CENI et superviseur de l’axe Kouroussa-Kankan-Kérouané, a salué le calme qui prévaut sur le terrain. « Contrairement à ce que certains racontent sur Banankoro, j’ai constaté qu’il y a le calme et que tout se passe bien sur le terrain. Je demande donc à tout un chacun de collaborer avec les facilitateurs pour faciliter la formation », a lancé ce membre de la CENI centrale.

Sékou Touraman Diakité, préfet de Kérouané

C’est le préfet de Kérouané, Sékou Touraman Diakité, accompagné d’une forte délégation, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de cet atelier. Il a promis le soutien des autorités locales aux membres des CARLES dans leurs travaux. « Nous, autorités préfectorales et de la collectivité, sommes engagés à vous accompagner dans ce processus. Vous êtes à Kérouané pour le recensement des électeurs. Avec cette laborieuse population, on vous accompagnera dans votre mission », a-t-il assuré.

A noter toutefois que cet atelier se tient dans un contexte quelque peu tendu. En effet, deux membres de la CESPI de Banankoro se disputent le poste de rapporteur de ce démembrement de la CENI. A l’ouverture des travaux, le commissaire de la commission électorale présent sur le terrain avait annoncé que ce poste revient à Yakouba Kandé, parce que c’est le nom de ce dernier qui se trouve à la CENI. Mais, il est revenu un peu plus tard pour annoncer que c’est plutôt Ibrahima Camara qui est le rapporteur de la CESPI, arguant que c’est le juge qui lui a fait comprendre que c’est ce dernier qui a été élu à ce poste.

Ce qui a irrité Yakouba Kandé qui menace de porter plainte contre le commissaire de la CENI Aly Bocar Samoura.

A suivre !

De Banankoro, Moussa Oulen Traoré pour Guineematin.com

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Conakry : 30 jeunes diplômés à l’école de la logistique urbaine

30 septembre 2019 à 16 04 05 09059

Le Centre du Commerce International (ITC) a procédé au lancement d’un atelier de formation sur la logistique urbaine en faveur de trente (30) jeunes diplômés ce lundi, 30 septembre 2019. La démarche s’inscrit dans le cadre de sa mission d’accompagnement des jeunes en quête d’emploi ou souhaitant créer une entreprise ou renforcer leurs activités. Une initiative prise en collaboration avec le ministère du Commerce et ses partenaires, à travers le programme INTEGRA du gouvernement guinéen et de l’union européenne, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette activité cible 30 jeunes diplômés et va s’étendre sur une semaine. Elle s’inscrit dans le cadre de la création d’emplois par le biais de la formation en Logistique pour absorber une partie des jeunes qui arrivent chaque année sur le marché de l’emploi.

Mme Hann Djénaba Keita, coordinatrice du Centre du Commerce International

La coordinatrice du Centre du Commerce International (ITC), madame Hann Djénaba Keita, est revenue sur les objectifs visés par son institution. « L’idée d’INTEGRA est de favoriser l’insertion socioprofessionnelle des jeunes, de maîtriser la migration irrégulière et de faire comprendre aux jeunes guinéens qu’il y a bien sûr des opportunités dans notre pays. On espère que pendant cette semaine de formation que vous allez êtres très proactifs et que vous allez poser les questions nécessaires pour pouvoir enrichir vos connaissances afin de pouvoir vous lancer », a-t-elle laissé entendre.

Ismaël Souaré, représentant du ministre du Commerce à cette cérémonie

De son côté, le représentant du ministre du Commerce à cette cérémonie, Ismaël Souaré, a salué l’initiative avant de féliciter les organisateurs. « La formation des jeunes, l’emploi pour les jeunes, est une priorité pour le gouvernement guinéen et cet atelier fait partie des actions concrètes que la Guinée met en place avec ses partenaires, l’Union Européenne, et dans le cas présent avec l’ITC. Je tiens à saluer le choix du thème, à savoir la logistique parce que vous savez, la logistique est au cœur de toute activité économique. Cette formation permettra à des jeunes que vous êtes d’acquérir des qualifications qui vous permettront de contribuer à la création d’emplois en Guinée. Je félicite les organisateurs, je vous encourage à êtres très assidus », a t- il dit.

Alhassane Camara, Directeur général du groupe GLOBTRANS

Pour sa part, Alhassane Camara, Directeur général du groupe GLOBTRANS, un des partenaires de cette activité, a expliqué que cette initiative vise à lier la théorie à la pratique au profit des jeunes diplômés. « Ce que nous visons c’est de donner l’opportunité à des jeunes guinéens, qui ont eu un cursus que l’on connait tous et qui ont un grand problème d’adéquation entre la formation et l’emploi. Nous avons l’opportunité dans cette entreprise, au-delà du théorique qu’ils suivront et qu’ils vivront, de leur apporter du pratique. Ça sera dans nos infrastructures de maintenance et éventuellement dans le reste des activités que nous avons liées à la logistique. L’objectif étant vraiment dans une structure de formation que nous souhaitons performante, de donner l’opportunité réelle d’avoir une adéquation entre la formation et l’emploi ».

Tidjane Diop, conseiller principal en logistique pour le Centre de Commerce International

Le conseiller principal en logistique pour le Centre de Commerce International (ITC), est revenu sur les activités qu’ils comptent mener sur le terrain. Selon Tidjane Diop, « le Centre du Commerce International l’ITC, à travers le projet INTEGRA, se déploie en Guinée à travers différentes composantes. Je suis personnellement en charge du Transport-logistique dans la composante transport logistique, nous avons déjà différentes spécialités. Donc, cette semaine nous serons dans la logistique dans l’export, la logistique urbaine. Nous allons accompagner les jeunes qui ont des motos en utilisant les champions locaux qui ont développé des applications et nous accompagnerons des jeunes en les aidant à améliorer leur technologie et leur offre de service en termes d’applications. Mais tous ces jeunes en moto qui travaillent pour ces entreprises, nous les équiperons avec des sacs isothermes pour certains, pour d’autres non isothermes. Nous avons déjà acquis une centaine de sacs. Donc, ces jeunes bénéficieront de ces sacs qui sont entre Conakry, Labé, Boké et Kankan, se balader, faire des livraisons avec ces sacs que nous appelons des sacs INTEGRA ».

Selon nos informations, sur les trente (30) jeunes formés, dix (10) seront choisis pour représenter l’institution sur toute l’étendue du territoire national afin d’accompagner les autres bénéficiaires qui sont déjà sur le terrain. L’objectif global est de contribuer à la prévention et à la limitation de la migration irrégulière, la réintégration des migrants de retour et l’insertion socio professionnelle durable des jeunes guinéens.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 224623532504

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Kankan : à la rencontre des femmes de Sabadou Baranama, en croisade contre la pauvreté

30 septembre 2019 à 9 09 23 09239

Les femmes de la sous préfecture de Sabadou Baranama, localité située à 75 kilomètres de la commune urbaine de Kankan, mènent diverses activités génératrices de revenus pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Mais, ces femmes qui exercent dans la transformation de plusieurs aliments à forte consommation dans la région, rencontrent d’énormes difficultés aussi bien pour la production que pour l’écoulement des produits, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Dans la sous-préfecture de Sabadou Baranama, comme partout ailleurs en Guinée, les femmes participent largement au développement de la localité à travers des activités génératrices de revenus. Constituées en groupement, ces femmes font entre-autres, la transformation et la production du beurre de karité, de la confiture de papaye et de la mangue, du fonio, du savon produit à base du karité et du miel, du coco, du gingembre et de la mangue sèche, mais aussi du café à base de soja.

Fatoumata Koulibaly

Mais, les difficultés que ces femmes rencontrent sont énormes. Selon Fatoumata Koulibaly, chargée à l’organisation du groupement des femmes de Sabadou Baranama, « les difficultés qu’on rencontre ici dans notre travail sont immenses. Il y a d’abord le manque de matériels de travail. Ensuite, quand on fini de travailler, il n’y a personne pour venir acheter nos produits. On ne sait pas comment écouler nos marchandises, il n’y a pas de marché. Pourtant, ces produits ont des dates limitées. C’est décourageant », a dit la dame.

Dans cette sous-préfecture, il n’y a pas que la transformation et la production des aliments que mènent les femmes comme activités. Elles fabriquent aussi des tissus traditionnels et des chaussures à base de sachets plastiques, mais la clientèle se fait rare. « On fabrique des tissus traditionnels et on les coud nous-mêmes, on fabrique des chaussures à base de sachets d’eau plastique. Si on a des difficultés, c’est parce que les gens ne savent pas ce qu’on fait ici. On a fait passer tout ça à la radio, mais ça n’a pas marché. On ne voit personne venir acheter quelque chose », s’est plaint Fatoumata Tounkara.

Devant ces difficultés, la chargée à l’organisation du groupement des femmes de Sabadou Baranama, lance un appel aux autorités. « On veut que le gouvernement nous vienne en aide, pour qu’on ne soit plus ici. On veut être connu hors de Sabadou Baranama. C’est ce qui nous fera vendre nos marchandises. Il y a une dame, c’est elle notre créancière. Elle nous donne de l’argent pour acheter nos matériels. Après, on la rembourse. Mais, on veut que ce soit le gouvernement qui nous donne de l’argent pour travailler », a-t-elle sollicité.

Parlant des institutions de micro-finances, notamment de la Mutuelle Financières des Femmes Africaines (MUFFA), censée les accompagner dans leurs activités génératrices de revenus, Fatoumata Koulibaly affirme qu’elles ne bénéficient rien de cette structure.

Malgré tout, à l’image de leurs sœurs des autres régions, les femmes de Sabadou Baranama sont dans une dynamique de lutte contre la pauvreté à travers de nombreuses initiatives.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Conakry : 28 nouveaux volontaires du corps de la paix prêtent serment

28 septembre 2019 à 10 10 46 09469

Après 3 mois de cours suivis au centre de formation américain de Bagakoundou, situé à Dubreka, vingt-huit (28) volontaires du corps de la paix ont prêté serment ce vendredi, 27 septembre 2019, à Conakry. Dans les prochains jours, ils seront déployés à l’intérieur du pays pour enseigner dans des écoles pendant deux ans, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La présence du corps de la paix en Guinée vise à favoriser un échange culturel et linguistique entre guinéens et américains. C’est dans ce cadre que ces 28 enseignants sont arrivés dans notre pays. Avant leur déploiement sur le terrain, ils ont suivi une formation de trois mois pour apprendre le français et les langues locales. Une formation couronnée par un succès, selon Audu Besmer, chargé d’affaires à l’ambassade des Etats-Unis en Guinée.

Audu Besmer, chargé d’affaires à l’ambassade des Etats-Unis en Guinée

« C’est avec un immense plaisir que je m’adresse à vous cet après-midi à l’occasion de l’assermentation de notre dernière classe de 28 volontaires du corps de la paix. Tous les 28 qui sont arrivés le 3 juillet, ont terminé leur programme de formation avec succès et réaffirment leur engagement. Le corps de la paix est un élément important du partenariat entre les USA et la Guinée depuis 1963, année de l’arrivée ici des premiers volontaires. Je tiens personnellement à remercier le personnel et les formateurs techniques qui ont encadré ces volontaires tout au long de leur formation initiale. Je tiens également à remercier le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation pour leur coopération tellement indispensable au succès du programme », a déclaré le diplomate américain.

Sébastean Zenzo Selarque

En prêtant serment, les volontaires du corps de la paix ont pris l’engagement d’accomplir correctement leur mission sur le terrain. Celle de contribuer à la formation des élèves guinéens. « Je suis venu en Guinée pour être professeur de mathématiques au lycée Pathé Diallo de Mandiana. Et, je compte apporter mon soutien aux autres enseignants ainsi qu’aux élèves de là-bas afin d’améliorer le système éducatif dans cette localité », a promis Sébastean Zenzo Selarque, l’un des volontaires.

Dr Diéné Keïta, ministre de la coopération internationale et de l’intégration africaine

Présente à cette cérémonie, la ministre guinéenne de la coopération internationale et de l’intégration africaine, Dr Diéné Keïta, a remercié le corps de la paix pour le soutien qu’il apporte à la Guinée. « Je voudrais vous dire au nom du président de la République et au nom du Premier ministre toutes mes félicitations. La philosophie du corps de la paix est absolument unique. Vous êtes là pour partager ce que votre pays a de plus beau : sa générosité et son courage. Merci pour mon pays, merci pour tous les jeunes guinéens qui vont bénéficier de cette générosité ».

Parmi ces 28 nouveaux volontaires du corps de la paix, il y a dix-huit(18) professeurs de mathématiques ; huit (8) professeurs de sciences (Physique, Chimie et Biologie) ; et deux (2) professeurs de langue anglaise. Ils seront répartis entre les préfectures de Kindia, Boké, Gaoual, Mamou, Dalaba, Pita,Tougué, Mali,Télémélé, Dabola, Dinguiraye Kouroussa, Kankan, Siguiri, Mandiana, Kissidougou et Guéckédou.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 623532504

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Kankan : le centre de santé de Sabadou Baranama entre manque de matériels et faible affluence

25 septembre 2019 à 12 12 26 09269

La sous-préfecture de Sabadou Baranama, située à soixante quinze (75) kilomètres de la commune urbaine de Kankan, n’a qu’un seul centre de santé pour ses seize (16) districts. Dans ce centre, le constat révèle à la fois un manque de matériels de travail pour les infirmiers et agents techniques de santé mais aussi une faible fréquentation des lieux par les populations, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé à Kankan.

La couverture médicale du territoire national est loin d’être une réalité. La sous-préfecture de Sabadou Baranama, dans la préfecture de Kankan, n’échappe pas à cette triste réalité. Composée de 16 districts, cette sous-préfecture est dotée d’un centre de santé digne de nom. Le seul hic est le manque de matériels et la faible affluence des populations.

Mamady Traoré, chef adjoint du centre de santé de Sabadou Baranama

Selon Mamady Traoré, chef adjoint du centre de santé de Sabadou Baranama, la structure n’a pas tous les matériels nécessaires pour faire face aux besoins « L’Etat vient de mettre à notre disposition des clefs USB sur lesquelles se trouvent des documents que nous devons remplir pour exprimer nos besoins. On est en manque de beaucoup de matériels. On a fait des recommandations. Aussi, il y a un autre besoin, c’est vrai qu’on a un bâtiment digne de nom, mais on doit changer les tôles maintenant, on ne peut pas prendre le risque avec les documents administratifs », a-t-il laissé entendre.

Ce centre de santé, situé en plein cœur de la commune rurale de Sabadou Baranama, est très peu fréquenté par les populations. D’ailleurs, lors de la visite des lieux par notre reporter ce mardi 24 septembre 2019, les portes étaient fermées aux environs de 16 heures. Il n’y avait ni un membre du personnel, ni un patient.

Interrogé sur cet état de fait, monsieur Traoré a apporté des précisions : « quand vous êtes venus, j’étais parti me laver. Tout le personnel était là jusqu’à 16 heures, mais ils sont rentés à la maison. On ne peut pas garder des malades ici comme dans les hôpitaux. Ici, on observe les patients, quelques fois on fait de la perfusion. Mais, on ne les garde pas longtemps. C’est pourquoi vous ne les avez pas trouvé ici », a dit notre interlocuteur.

En outre, Mamady Traoré a appelé les citoyens à s’intéresser davantage à leur centre de santé pour bénéficier des services qui leurs sont offerts. « Ce que je peux dire aux populations de Sabadou Baranama et environnants, il y a beaucoup d’opportunités ici. Ne laissez pas les maladies en finir avec vous. Venez à temps à l’hôpital avant qu’il ne soit tard. Les médicaments contre le paludisme sont gratuits, les moustiquaires aussi », a-t-il précisé.

Le centre de santé de Sabadou Baranama compte 9 membres du personnel, dont 5 femmes. Cette sous-préfecture, composée de seize (16) districts, compte huit (8) postes de santé.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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