Révision des listes électorales : Sidya Touré fait des révélations et menace

4 décembre 2019 à 21 09 37 123712
Sidya Touré, président de l’UFR

Le président de l’Union des Forces Républicaines (UFR) est très en colère contre les nombreux dysfonctionnements constatés dans les opérations de révision des listes électorales en cours dans notre pays. Sidya Touré accuse le pouvoir de Conakry de vouloir ainsi préparer un 3ème mandat pour Alpha Condé. L’opposant l’a dit dans une interview accordée à un reporter de Guineematin.com ce mercredi, 4 décembre 2019. Le patron de l’UFR a mis l’occasion à profit pour parler des soupçons de corruption qui pèsent actuellement sur le maire de Matam, Seydouba Sakho, membre du bureau politique de son parti.

Décryptage !

Guineematin.com : les opérations d’enrôlement et de révision des listes électorales se poursuivent sur le terrain depuis quelques jours. Quelle lecture faites-vous de ce processus émaillé de couacs ?

Sidya Touré : écoutez, je dois vous dire que je suis extrêmement choqué par la manière dont ces choses se déroulent. Ce n’est pas digne de nous, de voir ce que nous voyons aujourd’hui sur le terrain. Alpha Condé a lancé une opération d’enrôlement parce qu’il ne voyait plus de possibilités par le référendum pour faire passer son idée de troisième mandat. Donc, tout ce qui se déroule aujourd’hui comme nous le voyons n’a pas d’autre objectif que de se créer une assemblée qui serait suffisamment majoritaire pour modifier cette fameuse constitution puisqu’il n’a pas d’autre objectif dans la vie aujourd’hui que de demeurer au pouvoir. Alors à quoi assistons-nous ?

Depuis un certain temps vous le voyez, ça passe un peu partout dans les réseaux sociaux, des enfants dès fois des moins de 10 ans qui sont recensés partout à travers la Guinée. C’est un vrai drame d’apprendre à ces gens-là de tricher, des petits, parce qu’ils savent très bien que ce n’est pas eux, mais on leur inculque ça déjà. Dans un pays, sur le plan purement citoyen, c’est quelque chose d’inacceptable. Mais vous avez aussi dans les fiefs de l’opposition des machines qui ne fonctionnent pas, des opérateurs au lieu d’être deux c’est simplement une seule personne qui est là ou dès fois vous avez un ou deux opérateurs mais qui n’ont pas la compétence pour faire marcher la machine en question ou bien dans les zones comme Matoto aujourd’hui ou Boké dans toute sa zone où n’avez pas de récépissés. Je peux multiplier ça par des tapes touches qui font un franc au recensement en dehors de la zone spécifique de la Haute Guinée qu’Alpha a ciblée au quel vous avez des kits supplémentaires. On en a envoyé 34 à Kankan, il n’y a même pas trois jours ; à Mandiana, 24 ou 25. C’est ainsi de suite ce à quoi nous assistons. Ce n’est pas une révision de listes électorales, c’est une opération qu’Alpha a entreprise avec ces gens qui se fait hors de toute légalité. La révision du fichier électoral, c’est écrit dans le Code Electoral qui est une loi de la République. Dire que la révision a lieu chaque année du 01 octobre au 31 décembre soit 92 jours ; vous décrétez que vous allez faire une révision exceptionnelle à l’intérieur d’une révision légale qui est prescrite par la loi. Une décision du président de la CENI ne veut pas aller contre la loi et vous n’en donnez que 25 jours pour le faire dans les circonstances que nous connaissons.

Donc, nous avons aujourd’hui en cours une opération dramatique pour notre pays. Quelque chose qui va nous amener à nous affronter forcément parce qu’on est en train de changer même au sein de notre pays, si vous voulez la répartition géographique de nos populations. On ne sait pas dans quel objectif autre que de créer des troubles.

Guineematin.com : vous dénoncez le processus d’enrôlement des électeurs, alors qu’on sait que vous y participez sur le terrain. Vous y avez envoyé vos représentants pour prendre part au processus. Aujourd’hui, qu’est-ce que vous comptez faire pour mettre fin à ces disfonctionnements ?

Sidya Touré : nous avons déployé nos agents au départ. Mais vous savez, ils ne sont pas de bonne foi. Mais nous savions dès le départ que ce n’était pas quelque chose de sérieux parce que nous avions jamais eu des informations correctes sur ces machines, nous n’avons jamais été d’accord sur les 25 jours ainsi de suite. Mais, nous avions demandé aux citoyens d’aller se recenser parce que c’est un devoir pour eux de figurer sur le fichier électoral. Mais, je parle des citoyens qui ont 18 ans. Donc, nous ne pouvons pas dire que vous ne vous recensez pas. Nous nous apercevons que plus le temps passe, que nous sommes devant une opération complètement organisé et dont l’objectif est de saborder le fichier électoral guinéen et nous sortir un fichier qui n’est même pas celui de la CENI. Donc, nous savons à quoi nous en tenir. Nous allons publier un communiqué et après cela nous allons prendre des décisions. Parce que je vous dis que cette élection n’a pas d’autre objectif que de donner un 3ème mandat à monsieur Alpha Condé.

Si monsieur Alpha Condé doit quitter le pouvoir, en juin on doit organiser les élections présidentielles. Parce que n’oubliez pas, le 1er tour des élections présidentielles de 2010 a eu lieu le 27 juin. Si nous respections notre constitution, l’élection présidentielle doit se tenir en juin 2020. Si Alpha doit partir, à quoi lui servirait une Assemblée où il doit avoir 87 députés sur 114 ? Parce que si un nouveau Chef d’Etat doit être installé, c’est ça qui doit être le cas en 2020, ce dernier aura besoin d’une majorité à l’Assemblée nationale pour gouverner. Donc, on n’aura pas besoin de cette Assemblée-là. Donc, si on s’entête là-dessus et qu’on fait tout ce qu’on fait aujourd’hui, ça veut dire qu’Alpha Condé n’a pas envie de partir et que comme il n’y a pas de référendum, nous sommes en train d’assister à quelque chose qui se met en place pour lui permettre de changer la constitution et de rester. Donc, nous ne l’accepterons pas et au moment venu, nous allons donner des mots d’ordre nécessaires pour ça. Et, nous nous retrouverons mêmes avec le FNDC pour débattre de quelque chose qui va dans le sens du 3ème mandat d’Alpha Condé.

Guineematin.com : on sait quand-même que les élections législatives pointent à l’horizon, une date a déjà été donnée. La jeunesse constitue une masse importante de la population guinéenne, comment vous préparez les jeunes à ces élections notamment dans la députation dans les préfectures ?

Sidya Touré : c’est en cours, on verra bien si nous devons aller à ces élections-là, nous donnerons des informations adéquates. Pour le moment, nous faisons en sorte qu’effectivement nous ayons et des femmes et des jeunes qui nous représentent dans ces différentes élections.

Guineematin.com : avec tout ce que vous avez eu à dénoncer, est-ce qu’avec tout cela vous irez à ces élections ?

Sidya Touré : de cette manière-là, nous allons demander que tout ceci soit remis à plat. Nous avons un comité de suivi demain avec tout le monde, y compris l’Union Européenne, les Etats Unies et autres. Nous allons demander qu’on remette à plat ce fichier électoral, sinon à quoi voulez-vous que ça vous serve ? Au moment où je vous parle, on m’a cité au moins cinq zones y compris Coyah et autre où les opérateurs de saisie sont en grève parce qu’ils n’ont pas été payés.

Guineematin.com : par rapport toujours à ces opérations d’enrôlement, on sait que les ambassadeurs de la Guinée dans certains pays de la sous-région ont demandé l’arrêt des opérations. Ils justifient leur décision pour des raisons administratives. Comment vous avez accueilli cela ?

Sidya Touré : c’est toujours la même volonté, partout où on pense qu’il y a des électeurs potentiellement de l’opposition, tous les barrages ont été érigés de telle sorte que cela ne se passe pas. Et quand on a vu que cela ne suffisait pas, dans le cas du Sénégal on a carrément suspendu. Ce que j’ai oublié de vous signaler, c’est par exemple ce qui se passe dans les communes comme Kankan et Kaloum où vous avez des CAERLE qui sont pratiquement étendues dans la clandestinité. On nous a pris 8 CAERLE à Kaloum, je crois un au camp Makambo où on n’a pas accès et d’autres ailleurs. Et pendant ce temps, les CAERLE qui sont installées légalement ont des problèmes pour fonctionner.

Donc, tout ceci résulte toujours cette de même volonté non pas d’avoir un processus électoral avec un recensement concernant des citoyens de 18 ans, mais de procéder dans les fiefs contrôlés par le parti au pouvoir à un recensement des populations parce que ce n’est plus les plus de 18 ans, c’est tout le monde ; et ensuite de faire en sorte que des blocages soient institués dans les zones qui sont favorables aux partis de l’opposition ; aujourd’hui nous n’avons même pas 20% de recensés dans nos zones. Donc, voilà ce à quoi nous allons aboutir.

Guineematin.com : on va parler de ce problème qu’il y a actuellement à la marie de Matam. Le maire de cette commune, la seule qui est dirigé par un cadre de l’UFR, est accusé de corruption, de gestion opaque par ses collègues conseillers. Comment réagissez-vous ?

Sidya Touré : j’ai entendu tout ce bruit-là hier, ce n’est pas venu de quelqu’un de chez nous. Malheureusement, c’est un conseiller je crois de l’UFDG qui a raconté tout ça. Bon, je crois qu’il ne faut rien exagéré. J’ai demandé au vice-président du parti de convoquer tout ce monde hier soir, il doit me faire le compte-rendu aujourd’hui, mais je n’en fait pas un problème ; ce n’est pas parce que quelqu’un dit qu’il y a un problème qu’il y en a un. Si c’est le cas, on le saura ; et si c’est le cas, on prendra des décisions.

Guineematin.com : comment vous vous préparez aux prochaines manifestations que le FNDC va organiser ?

Sidya Touré : nous allons avoir un comité de pilotage du FNDC d’ici le week-end. A partir de là, nous vous tiendrons au-courant de la décision qui aura été prise.

Interview réalisée par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Bill de Sam rassure : « le problème de troisième mandat est enterré en Guinée »

30 novembre 2019 à 17 05 19 111911

L’assemblée générale de l’UFR de ce samedi, 30 novembre 2019, a été consacrée en partie à la célébration de la libération des leaders du FNDC. Ces acteurs politiques et de la société civile ont été remis en liberté jeudi dernier par la Cour d’appel de Conakry après un mois et deux semaines de détention.

Parmi eux, figurait et Alpha Soumah, alias Bill de Sam, un des responsables du parti de Sidya Touré. Il a pris la parole à l’occasion de cette rencontre hebdomadaire pour remercier tous ceux qui les ont soutenus pendant leur détention, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Pour cet ancien rappeur, le pouvoir a tenté de casser le mouvement du FNDC en arrêtant ses leaders, mais cette tentative s’est soldée par un échec. « Ils ont essayé de nous briser, ils ont essayé de nous effrayer brusquement, ils ont essayé de freiner l’élan patriotique des Guinéens… mais ils ont échoué. Ils ont échoué dans la mesure où ils nous ont permis de découvrir l’hôtel 5 Etoiles de Kaloum (la maison centrale, ndlr). Ils ont échoué dans la mesure où toute la Guinée sait désormais que c’est un coup d’Etat constitutionnel qui consistait à décapiter le mouvement du FNDC. Ils ont essayé mais ils n’ont pas réussi.

C’est nous qui avons aujourd’hui la victoire. Je peux vous rassurer que le problème de troisième mandat est enterré en Guinée. Je peux aussi vous rassurer que tripatouillage constitutionnel est en cours mais c’est aussi un échec de leur part. Ce que je peux vous dire aussi, c’est qu’en 2020, le président Sidya Touré sera à Sékoutouréyah. Au niveau du parti nous sommes prêts, nous allons demander l’adhésion massive de tous les indécis, nous allons demander l’adhésion de tout le peuple de Guinée aux idéaux de Sidya Touré, parce qu’ici à l’UFR, c’est la nation, la vraie », a dit Bill de Sam sous les ovations de l’assistance.

Propos recueillis par Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Guinée : l’opposition « plurielle » se retrouve pour mieux affronter le régime Alpha Condé

28 novembre 2019 à 12 12 19 111911

C’est au QG de l’UFDG, principal parti de l’opposition guinéenne, que cette rencontre a été organisée ce jeudi, 28 novembre 2019. Aux côtés du chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, il y avait les leaders et/ou délégués de la quasi-totalité des partis politiques de l’opposition : Sidya Touré de l’UFR (qui est reparti un peu plutôt), Faya Millimono du BL, Me Kabélé Camara du RGD, Bah Oury de l’UDD, Dembo Sylla de UDG, Elhadj Ibrahima Kalil du PEDN, Etienne Soropogui du parti Nos Valeurs Communes, Misbaou Sow du RFD…

Au sortir de cette rencontre, on apprend que les opposants au régime Alpha Condé veulent s’engager dans une plateforme politique commune pour mieux mener le combat du respect des lois de la République.

A rappeler qu’ils sont tous du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) et continuent leur combat dans cette structure, dirigée par Abdourahmane Sanoh de la société civile, parallèlement à leur lutte politique.

Alpha Mamadou Diallo reviendra plus en détail sur cette rencontre

A suivre !

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Tournée d’Alpha Condé à l’intérieur : les révélations accablantes de Sidya Touré

23 novembre 2019 à 20 08 13 111311

Comme à ses habitudes, l’opposant Sidya Touré s’est montré très amer à l’endroit du pouvoir lors de l’assemblée générale hebdomadaire de son parti de ce samedi, 23 novembre 2019. Le président de l’UFR a fustigé l’attitude du régime Alpha Condé qu’il accuse d’avoir fait de la Guinée un « Etat de non droit », a constaté Guineematin.com à travers ses reporters qui étaient sur place.

Sidya Touré a commencé par évoquer l’opération d’enrôlement et de révision des listes électorales lancée officiellement jeudi dernier dans tout le pays. Il s’insurge notamment contre le délai prévu pour cette opération, qu’il juge très court. « En principe, l’enrôlement des électeurs se fait chaque année. Mais il y a quatre ans qu’on ne l’a pas fait. Ça veut dire qu’il y a beaucoup d’électeurs qui n’ont pas leurs noms dans le fichier électoral aujourd’hui. Mais on fixe les délais n’importe comment.

Un processus de recensement qui devait durer au moins trois mois, on a réduit le délai à 25 jours. Et pendant la même période, le président de la République est en campagne à travers le pays. On fait le recensement ou on fait la campagne ? Comment cela peut aller ensemble ? On est dans quel pays ? Non seulement le processus a été raccourci mais en même temps ils sont en campagne », a-t-il déploré, avant d’inviter les militants de l’UFR à se mobiliser massivement pour aller se faire enrôler et au moment venu, aller récupérer leurs cartes d’électeurs pour pouvoir voter.

Evoquant la tournée du président Alpha Condé à l’intérieur du pays, le président de l’UFR a fait des révélations accablantes sur la stratégie de mobilisation du pouvoir. « Aujourd’hui, tout ce qui existe comme fonctionnaires, policiers, gendarmes, armée, depuis N’Zérékoré en passant par Macenta, Guéckédou, Kouroussa, Dabola, Siguiri, ils sont tous à Kankan. Ici même (Conakry, ndlr) il y a plusieurs cars qui ont quitté ici pour aller à Kankan. Tout ça pour prouver qu’il y a des gens avec le pouvoir.

Toi tu es au pouvoir depuis 9 ans tu cherches encore à prouver qu’il y a des gens avec toi ? Ceux qui sont réunis à Kankan aujourd’hui, les mêmes vont aller demain à Siguiri pour aller faire la même chose. Mes représentants là-bas me disent qu’à partir de ce soir, les voitures ne sont pas autorisées à sortir de Siguiri. Vous pouvez rentrer mais vous ne pouvez pas sortir. Tout ça pour prouver qu’il y a des gens derrière eux », s’indigne l’opposant.

Sidya Touré assure cependant que toutes les stratégies du régime actuel ne lui permettront pas de se maintenir au pouvoir au-delà de 2020. Car le FNDC qui, selon lui, incarne la large majorité du peuple de Guinée, est bien déterminé à l’en empêcher. « On a subi pendant 9 ans et plus. Maintenant là, ce que nous disons, c’est que nous n’accepterons pas une présidence à vie ici. Nos camarades doivent être libérés. Sanoh, Koundouno, Diallo, Bill de Sam, Badra et tous ceux dont je n’ai pas cité les noms, ce sont des gens qui ont été kidnappés chez eux, ils doivent être libérés…

Mobilisez-vous massivement mardi prochain pour montrer au monde entier qu’il n’y a pas un autre esprit en Guinée aujourd’hui que le refus du 3ème mandat. Demandez à la vendeuse d’arachide si elle est pour le 3ème mandat, elle vous dira non. Ce sont des arrivistes qui sont autour du président. Le RPG initial tend à disparaître. Ceux qui se sont accaparés des richesses du pays, c’est eux qui parlent. Mais, ils ont au moins 5 millions de dollars sur leurs comptes.

Oui, les anciens du RPG sont dans la misère. Les opportunistes qui rôdent autour du Chef de l’Etat actuellement sont en train de s’enrichir. Ils ne parlent pas pour le pays, ou pour le programme du RPG, cela ne les intéresse pas, ils parlent pour leurs poches. Ils parlent parce qu’ils savent qu’au moment où ils parlent, leur cœur bat au rythme de l’argent de la bauxite et autres », a laissé entendre l’ancien Premier ministre.

Ibrahima Sory Diallo et Saa Foko Millimono pour Guineematin.com

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Sidya Touré déverse sa colère sur Alpha Condé : un président en fin de mandat qui cherche des foules

23 novembre 2019 à 14 02 35 113511

Le président de l’UFR a présidé l’assemblée générale hebdomadaire de son parti ce samedi, 23 novembre 2019. Sidya Touré a appelé ses militants, sympathisants et l’ensemble du peuple de Guinée à se mobiliser pour répondre aux appels à manifestation du Front national pour la défense de la Constitution. Pour l’ancien Premier ministre, il faudrait que la mobilisation du mardi prochain soit de taille.

Parlant des campagnes menées actuellement à l’intérieur du pays par le président Alpha Condé, Sidya Touré a déploré qu’un chef d’Etat en fin de mandat se mette ainsi à la recherche des foules pour se faire applaudir. L’opposant estime que le chef de l’Etat devrait utiliser le temps qui lui reste à la tête de notre pays pour le travail et non des bains de foule. Le patron de l’UFR a accusé le président de la République de transporter des gens d’une préfecture à une autre, d’une région à une autre pour chercher des images qui le montrent dans la foule.

Par ailleurs, Sidya Touré retrouve que le président humilie la Guinée, au moment où ses homologues sont occupés à travailler pour leurs concitoyens, Alpha Condé leur envoie des images pour dire qu’il est avec son peuple…

A suivre !

Ibrahima Sory Diallo et Foko Millimouno reviendront sur cette assemblée générale de l’UFR

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Obsèques des victimes du 3ème mandat, propos d’Alpha Condé à N’Zérékoré… Saïkou Yaya à Guineematin

20 novembre 2019 à 22 10 28 112811
Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines

L’actualité sociopolitique guinéenne est chargée avec les manifestations meurtrières contre le 3ème mandat pour Alpha Condé. Le gouvernement n’a toujours pas rendu les huit corps des jeunes assassinés en marge des manifestations du Front National pour la Défens de la Constitution (FNDC). Une situation qui révolte le député Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines (UFR). Dans une interview accordée à un reporter de Guineematin.com ce mercredi 20 novembre 2019, monsieur Barry dénonce la déshumanisation de notre société. Il en a profité pour répondre au discours du président Alpha Condé, tenu ce weekend à N’zérékoré.

Guineematin.com : le gouvernement a décidé de retenir les corps des jeunes tués en marge des dernières manifestations pour, dit-il, poursuivre les autopsies. Ce qui de facto a amené le FNDC à reporter les obsèques de ces victimes. Comment avez-vous accueilli cette décision ?

Saïkou Yaya Barry : c’est avec le cœur serré que j’ai appris cette nouvelle. Ça prouve que les gouvernants actuels n’ont pas de respect même pour les morts dans notre pays. Il y a eu une déshumanisation des citoyens dans notre pays. Nous comprenons que c’est une manière de torturer la population sur cette question-là alors que le combat que nous menons continuera. Nous estimons aujourd’hui que la population guinéenne est aujourd’hui prête pour se battre jusqu’à la dernière minute pour défendre la constitution guinéenne. Ces jeunes gens, morts à la fleur de l’âge, il faut le reconnaître, c’est une manière de décimer une jeune génération de notre pays. Vous n’êtes pas sans savoir que tous ceux qui sont morts, ont moins de 25 ans, c’est-à-dire que l’âge moyen varie de 10 à 15 ans. Ça veut dire qu’ils veulent décimer une partie de la génération guinéenne, finir avec eux. Et, dans un sens aussi, donner l’impression que c’est une ethnie qui est concernée par la riposte, alors qu’aujourd’hui la majeure partie des Guinéens est déterminée à se défendre sa constitution. Nous avons écouté l’un des responsables du parti au pouvoir, en l’occurrence l’honorable Amadou Damaro Camara. C’est même déplorable parce qu’il a une femme Peulh ; en disant que c’est seulement une région de la Guinée qui est opposée à ce projet machiavélique de nouvelle constitution. Alors que toutes les régions sont opposées à ce projet.

Guineematin.com : comment l’UFR accueille la mise en place de l’Agence Nationale d’Inclusion Economique et Financière (ANIES) ?

Saïkou Yaya Barry : quand on parle de l’indice de développement, on parle de lutte contre la pauvreté. Si tel est le cas, c’est tous les Guinéens qui sont concernés. Mais malheureusement, l’objectif qui est visé ici, c’est un objectif politique qui l’amène vers la région de la Moyenne Guinée afin de commencer à battre campagne. Vous avez vu les affiches ? Les affiches démontrent la volonté affichée des populations à ce projet machiavélique. Moi je vais dire que si la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire sont intéressés par cette action, je suis ouvert à cette question. Mais, la manière dont on l’utilise à l’intérieur du pays, c’est tout autre. Je crois que cette discussion doit se faire à l’Assemblée nationale pour donner les méthodes et la manière dont cela doit se faire. Mais, je ne me souviens pas avoir lu ce document dans ce cadre-là et qui montre suffisamment que les populations les plus pauvres seront prises en compte réellement dans ce projet.

Guineematin.com : le président de la République lors de sa dernière visite à N’Zérékoré a dit qu’il ne laissera pas la Guinée dans les mains des bandits. Comment vous réagissez à ce pan du discours d’Alpha Condé ?

Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines

Saïkou Yaya Barry : d’abord il n’est pas Dieu. Je vais rappeler que Sékou Touré n’avait jamais prévu que c’est Lansana Conté qui allait le remplacer et Lansana Conté n’avait jamais prévu que c’est lui Alpha Condé qui allait être là. On a tendance à croire que c’est lui le peuple, par rapport à ce qui est la volonté populaire pour désigner le chef. La deuxième chose qu’il faut retenir, c’est que la quintessence des bandits économiques, du système Conté au système Dadis de la transition sont autour de lui. Il est entouré par les plus grands délinquants économiques du pays. Je ne peux pas les citer parce que plus de 70% de ceux qui l’entourent sont dans ce cadre-là. Je me demande de quels bandits il parle parce qu’en réalité, les bandits sont avec lui. Les vrais guinéens qui veulent qu’il y ait le changement dans ce pays, qu’il y ait la prospérité pour les Guinéens, aujourd’hui sont dans l’Opposition, il faut le reconnaître. Il a pris l’habitude d’indexer toujours ceux qui savent bien faire. Le problème qu’a Alpha Condé, c’est qu’il ne veut pas voir la Guinée se développer à son temps. Parce que les temps que les Guinéens lui ont donné pour gérer la Guinée, il n’a rien fait. Il ne fait qu’indexer les autres. En attendant, qu’est-ce que lui, il a fait ? Voilà le problème que nous avons. Aujourd’hui, il veut mourir au pouvoir et on ne parlera du développement qu’après lui parce qu’avec lui, on ne peut pas. Sinon, en ces temps si vous avez constaté, vous avez vu l’état de nos routes ? Qu’est-ce qu’il a pu apporter aux Guinéens tout ce temps ? Une école ? Une université ? Un système hospitalier de qualité ? Non. Tout ce qu’il a comme projet, c’est comment les guinéens peuvent se diviser entre eux, comment les guinéens vont s’embraser entre eux, comment les guinéens vont se regarder en chiens de faïence. C’est cela son objectif. C’est ce qui l’a amené ici. Et je crois que les Guinéens commencent à comprendre et je pense qu’il ne peut rien contre la volonté de Dieu sur ce qui se fera dans ce pays-là.

Guineematin.com : c’est la fin de cet entretien, avez-vous un dernier mot ?

Saïkou Yaya Barry : ce que je demande, j’appelle les Guinéens à réfléchir très bien. Alpha Condé n’aime personne, mais il utilise quelques personnes pour se servir de nous ; malheureusement. Vous avez vu aujourd’hui le cas des blocs vendus. Sinon ça ne sert à rien à la fin d’un mandat de vendre les blocs 1 et 2 de Simandou si ce n’est que prendre quelques billets de banques. Alors que nous avons d’autres priorités aujourd’hui. Donc, les Guinéens doivent se lever pour se battre ensemble pour trouver quelqu’un de capable pour changer notre condition de vie.

Interview réalisée par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Manif contre le 3ème mandat : l’UFR, le BL et l’UFDG invitent à investir les rues de N’zérékoré

20 novembre 2019 à 17 05 17 111711

Les responsables des partis politiques de l’opposition et les acteurs de la société civiles de N’zérékoré, tous membres du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), se sont réunis ce mercredi, 20 novembre 2019. La démarche visait à statuer sur les derniers réglages en prélude à la marche programmée pour demain jeudi et qui vise à s’opposer au projet de nouvelle constitution. Les membres des formations politiques appellent leurs militants et sympathisants à se mobiliser fortement contre le 3ème mandat, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Après la réception accordée au président Alpha Condé le weekend dernier, le FNDC de N’zérékoré compte battre le pavé contre le 3ème mandat. La marche pacifique partira du rond-point du Gouvernorat pour le Terrain Rouge Scierie.

A la fin de la rencontre de ce mercredi, les partis d’opposition, membre du FNDC N’zérékoré, ont appelé leurs partisans à se mobiliser pour barrer la route aux promoteurs du 3ème mandat. Ils invitent par ailleurs les services de sécurité à l’esprit démocratique.

Cécé Loua

Pour le coordinateur régional de l’Union des Forces Républicaines (UFR) de N’zérékoré, Cécé Loua, la population doit démontrer son opposition à toute violation de la Constitution. « Demain, c’est le jour j pour que le FNDC N’zérékoré, en collaboration avec les partis politiques de l’opposition, manifeste dans les rues de Nzérékoré. Donc, militants et militantes de l’UFR de Nzérékoré, c’est le lieu demain de montrer notre détermination que nous sommes pleins dans le FNDC, que nous sommes contre le 3ème mandat, le referendum et le changement constitutionnel. Donc, sortez demain massivement pour que nous montrions à l’opinion nationale et internationale que le problème de 3ème mandat est un non évènement et que notre préfecture ne marchera pas dans le sillage des promoteurs du 3ème mandat », a-t-il laissé entendre.

Moise Haba

Quant à Moise Haba, responsable local du Bloc Libéral, le rendez-vous du jeudi n’est pas à rater. « C’est le moment de dire aux responsables et militants du BL que l’heure est venue pour faire le baptême de notre jeune démocratie demain. C’est un rendez-vous à ne pas rater. Il revient aux forces de l’ordre de revêtir leur caractère républicain. Ils doivent prendre leur responsabilité », a-t-il conseillé.

Mamadou Maladho Diaouné

Pour sa part, Mamadou Maladho Diaouné, chargé aux affaires électorales de l’UFDG, souhaite plus de 30 000 opposants dans la rue. « Comme on l’avait déjà dit, le 3ème mandat ne passera pas ici à N’Nzérékoré. Il n’y aura pas de référendum ici à N’zérékoré. Si les promoteurs étaient 20 000 à la place de martyrs, nous demain, nous devons être plus de 30 000 manifestants de façon pacifique dans les rues de Nzérékoré. Et, nous devons faire en sorte que nous puissions montrer à la face du monde que nous ne voulons pas de nouvelle constitution, nous ne voulons pas d’un référendum… »

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Saikou Yaya de l’UFR flingue le gouvernement « qui se comporte en djihadiste »

16 novembre 2019 à 17 05 13 111311

La dispersion de la dernière marche du FNDC par les forces de l’ordre et les tueries qui ont suivi sur l’Axe le Prince ont été les sujet phares débattus à l’assemblée hebdomadaire de l’UFR, ce samedi 16 novembre 2019. Le député Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de la formation politique, a fustigé ces situations, accusant le gouvernement guinéen de se comporter comme une organisation djihadiste, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR

A l’entame de sa communication, l’honorable Saikou Yaya Barry a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence à la mémoire de toutes les victimes du régime Condé, mais particulièrement celles de la marche du jeudi, 14 novembre 2019. Fustigeant la répression d’une manifestation pourtant pacifique, l’opposant a déclaré que « nous avons un gouvernement qui se comporte en djihadiste, et nous avons une opposition qui se comporte en légaliste. Ils nous opposent des forces asymétriques et nous en tant qu’opposants, nous leur opposons une force conventionnelle. Ça ne peut pas marcher.

Il faudrait bien nous aussi qu’on réfléchisse sur les mêmes forces asymétriques qu’ils nous opposent. On sera obligés de se présenter aussi avec des forces asymétriques. Parce que ce n’est pas normal que tu adresses une correspondance et on refuse de te répondre en violant la loi. Tu cherches à respecter la loi en pratiquant ce que la loi te confère et on sort pour tuer des enfants », a dénoncé ce responsable de l’Union des Forces Républicaines.

Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR

L’honorable Saïkou Yaya Barry affirme que le pouvoir a infiltré cette manifestation du Front National pour la Défense de la Constitution dans le but de créer un climat afin de s’attaquer aux leaders du FNDC dont Sidya Touré, président de l’UFR et Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, entre autres. « On infiltre la marche par des escadrons de la mort qui, certainement, étaient préparés pour s’attaquer aux leaders. On les habille comme nous, ils se retournent pour provoquer la police et la gendarmerie pour permettre à cette gendarmerie de s’attaquer aux leaders et aux jeunes qui étaient en train de manifester sans armes et paisiblement.

Nous sommes dans quel pays ? Ça se passe sur l’autoroute et on va tuer à Bomboly sur la route le Prince. Ça se passe sur l’autoroute et on tue des élèves sur la route le Prince, à Hamdallaye. Il est important que les Guinéens de tout bord réfléchissent sur ceux-là qui sont au somment de l’Etat. Parce que j’ai comme l’impression qu’Alpha Condé est en train de décider de semer le chaos dans notre pays. Nous Guinéens, devons réfléchir et analyser cette situation pour combattre et résister », a lancé l’opposant.

Par ailleurs, le secrétaire exécutif de l’UFR a fait savoir que son parti est le plus visé par le pouvoir d’Alpha Condé. Car, soutient-il, « l’arrivée de Sidya Touré au pouvoir montrera aux Guinéens quelque chose de nouveau, comment un pays peut être géré. Alpha Condé ne veut pas voir ça à son vivant. Il ne veut pas qu’on montre l’incompétence de gestion qu’ils ont. Donc, il faut tout faire pour empêcher Sidya Touré d’arriver au pouvoir. C’est ça leur objectif mais Dieu ne va pas l’accepter », a-t-il assuré.

Mohamed Tall, ancien ministre de l’élevage et membre du bureau exécutif de l’UFR

Pour sa part, Mohamed Tall, ancien ministre de l’élevage et membre du bureau exécutif de l’UFR, a invité les militants de son parti à s’armer davantage de courage pour continuer le combat. « Aujourd’hui, on n’est pas loin du but. Restons mobilisés et déterminés. La Guinée est sous les projecteurs du monde entier. La bestialité avec laquelle on nous traite a fini par toucher l’ensemble des pays démocratiques et libres. Continuons, nous ne sommes pas loin de l’objectif. Si quelqu’un n’a pas d’autres solutions sauf la violence, c’est qu’il est aux abois. Ayons ça à l’esprit, continuons et ça va payer », a exhorté le chef de cabinet de Sidya Touré.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Sidya Touré droit dans ses bottes : « nous allons marcher sur notre itinéraire »

14 novembre 2019 à 12 12 08 110811

Le FNDC est bien décidé à marcher ce jeudi, 14 novembre 2019, sur l’autoroute Fidel Castro jusqu’au palais du peuple. Hier soir, le gouvernorat de Conakry a demandé aux organisateurs de cette marche contre un troisième mandat d’emprunter leur itinéraire habituel. Mais, le Front National pour la Défense de la Constitution n’entend pas cette fois se plier à cette injonction.

Sidya Touré, président de l’UFR et membre du comité du comité de pilotage du FNDC, a confirmé cette position aux micros des journalistes dont un de Guineematin.com présents à son domicile ce jeudi matin. L’opposant qui s’apprêtait à sortir pour rejoindre le point de ralliement, a laissé entendre que cette marche partira du rond-point de l’aéroport de Conakry pour s’achever sur l’esplanade du palais du peuple.

« Nous allons marcher sur notre itinéraire. Ils (les partisans du pouvoir, ndlr) étaient là-bas la fois passée, donc nous aussi nous allons partir là-bas. Ça serait illégal de la part des forces de l’ordre de nous attaquer », a dit Sidya Touré, avant d’appeler les Guinéens « à se mobiliser pour aller marcher, c’est la seule solution pour s’opposer au troisième mandat. Je ne vois vraiment pas pourquoi il faut qu’il y ait de la violence. Nous avons prouvé lors de nos précédentes manifestations qu’on peut manifester sans qu’il n’y ait violence. Donc s’ils ne nous provoquent pas, il n’y aura pas violence. Les jeunes veulent marcher jusqu’au palais du peuple et rentrer », indique le président de l’UFR.

Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

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Comité inter-parties : l’UFDG et l’UFR boudent les travaux

13 novembre 2019 à 12 12 09 110911

En prélude aux élections législatives prévues le 16 février 2020, la CENI a convié les membres du comité inter-parties à une rencontre ce mercredi, 13 février 2019, à Conakry. L’objectif est d’échanger avec les parties prenantes du processus électoral sur les préparatifs de ces élections. Mais, les grands partis politiques d’opposition n’ont pas répondu à l’invitation de la commission électorale, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui est sur place.

Dans la salle, on note la présence de représentants de nombreux partis politiques membres du comité inter-parties. Mais aussi des organisations de la société civile : COFFIG, COJELPAID, REFMAP, CENAFOD, CNOSCG. Des institutions internationales comme l’USAID, la CEDAO, le PNUD et OSIWA sont également représentés à la rencontre.

Selon l’ordre du jour communiqué par la CENI, les travaux vont porter essentiellement sur le partage des résultats de mise en place et de formation des membres des commissions administratives d’établissement et de révision des listes électorales (CAERLE) ; échange sur l’état d’avancement des opérations d’identification des électeurs sur le terrain ; échange sur l’état d’avancement des travaux préparatoires des opérations de révision des listes électorales.

Ces travaux se déroulent cependant sans les grands partis politiques d’opposition. Selon le constat de notre reporter, l’UFDG et l’UFR n’ont pas répondu favorablement à l’invitation de la Commission Electorale Nationale Indépendante. Les places qui leur sont réservées restent toujours vides.

L’UFDG a déjà fait savoir son opposition à aller à des élections législatives dans le contexte actuel et promis de rencontrer les autres formations politiques d’opposition du pays pour former un bloc, afin d’exiger la satisfaction de certaines conditions préalables avant d’aller à ces élections.

Ces conditions sont : la libération des leaders du FNDC incarcérés, l’installation des conseils de quartiers et ceux régionaux, et le renoncement au projet de changement de l’actuelle constitution qui permettrait au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Saïkou Yaya sur la convocation du corps électoral : « nous sommes dans un Etat néant… »

12 novembre 2019 à 11 11 28 112811
Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l'UFR
Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR

Le décret présidentiel convoquant le corps électoral pour les législatives, pris dans la nuit d’hier lundi, 11 novembre 2019, continue de faire des vagues en Guinée. L’opposition politique dénonce ce décret qui convoque un corps électoral inexistant. Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com dans la matinée de ce mardi, un Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines (UFR), se dit étonné que le président prenne un tel décret.

Comme il sait bien le faire, Saïkou Yaya Barry ne manque pas l’occasion de tirer à boulets rouges sur la façon dont la Guinée est gouvernée. C’est le cas en ce qui concerne le décret pris hier et qui convoque le corps électoral pour les élections législatives du 16 février 2020. « Je ne pense que nous soyons aujourd’hui dans un Etat normal. Parce que le problème fondamental, je n’arrive pas à concevoir qu’un homme de Droit, le président de la République soit capable de convoquer un corps électoral qui n’existe pas. Le corps électoral commencera à exister à partir du 21 novembre 2019, parce qu’il y aura une révision. C’est en ce moment seulement, une fois que ce processus terminé, qu’il aura un corps électoral. C’est à partir de là qu’il signera un décret convoquant le corps électoral. Mais, tu ne peux pas mettre en mission une personne qui n’existe pas. Il ne peut pas convoquer un corps électoral inexistant », martèle Saïkou Yaya Barry.

La prise de ce décret démontre que la Guinée n’est pas un Etat, insiste le cadre de l’UFR. « Nous sommes dans quel pays ? Tout est à l’envers. Tout ce qu’on peut faire normalement, on le fait autrement. Je ne sais pas dans quoi nous vivons. Il y a des principes et des règles à respecter et c’est le minimum qu’on peut faire pour qu’un Etat existe. Une élection aussi importante que les législatives, le corps électoral doit exister, tu dois savoir si c’est 4 ou 5 ou 6 millions d’électeurs, les connaitre avant de les convoquer. Dans quoi sommes-nous là ? Dans un Etat néant », lance-t-il.

Par ailleurs, monsieur Barry pense que ce décret qui doit être pris 70 jours avant la date du 16 févier 2020 est illégal, parce qu’on en est à plus de 90 jours. « Ce décret est totalement dans l’illégalité. Est-ce que c’est lui qui gère le pays aujourd’hui ? Est-ce que c’est quelques hommes qui sont entrain de réfléchir pour tout chambouler dans notre pays ? Je me pose des questions. Parce que dans un pays normal, en suivant un minimum de respect des règles, de lois et de principes, il y a des trucs de la République sur lesquels on ne peut pas se dérober », soutient notre interlocuteur.

A la question de savoir si l’UFR prendra par à ces élections du 16 février 2019, Saïkou Yaya dit que le débat est ailleurs. « Le problème, ce n’est pas de savoir s’il faut aller à ces élections ou pas. Nous disons que nous participerons à toutes les élections en République de Guinée. Mais, je demande aux guinéens de bien voir dans quoi nous sommes. Dans quoi nous nous lançons là ? Quel système de gouvernance est entrain de nous gérer ? C’est là le problème ».

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 17 99 17

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Marche du FNDC : Sidya Touré tacle le régime Alpha Condé

7 novembre 2019 à 20 08 22 112211

Comme annoncé précédemment, le Front National pour la Défense de la Constitution a réussi sa deuxième marche pacifique contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé à Conakry. Une impressionnante foule a défilé dans les rues de la capitale guinéenne pour exiger la libération des leaders du FNDC incarcérés et le renoncement au projet de changement de la constitution qui permettrait au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

Tout comme celle du 24 octobre dernier, cette autre manifestation a été clôturée par un meeting tenu sur l’esplanade du stade du 28 septembre de Conakry. Certains leaders du FNDC, dont Sidya Touré, ont pris la parole pour dire quelques mots à leurs partisans. Le président de l’UFR n’a pas manqué de saluer la mobilisation, tout en se moquant de la réception du président Alpha Condé, organisée la semaine dernière par le pouvoir, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans son discours, l’opposant a commencé par rendre hommage à tous les jeunes tués depuis le début des manifestations contre le projet de troisième mandat du président Alpha Condé. Il a fustigé aussi l’incarcération des leaders du FNDC et exigé leur libération. « Les responsables du FNDC sont encore en prison. Ils sont en prison parce qu’on les a kidnappés dans leurs domiciles. Ça veut dire que ce n’est pas l’application de la loi, il s’agit de la volonté de l’Etat. Et, c’est quelque chose qu’il faut combattre. Nous exigeons la libération immédiate de nos camarades », a-t-il lancé.

En ce qui concerne le combat contre un troisième mandat, le président de l’UFR estime que cette mobilisation prouve à suffisance que les Guinéens sont opposés à ce projet. « Aujourd’hui, nous sommes sortis une deuxième fois pour donner la preuve que nous n’avons pas besoin d’être achetés pour aller dans la rue et défendre notre opinion. Nous sommes sortis pour montrer qu’on n’a pas besoin de nous réquisitionner, qu’on n’a pas besoin de donner de l’argent aux chefs de quartiers, qu’on n’a pas besoin de se mettre aux carrefours pour distribuer de l’argent.

Nous avons dit aux Guinéens : sortez pour démontrer que nous sommes complètement à un troisième mandat d’Alpha Condé. Et, vous venez de le prouver. Alors merci à vous, et nous sommes fiers de ce que nous venons de réaliser. Nous n’accepterons pas qu’une dictature s’impose dans notre pays », a assuré Sidya Touré.

Dans la continuité de son combat contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé, le Front National pour Défense de la Constitution appelle à une manifestation le jeudi prochain à Conakry.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 621 09 08 18

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Guinée : le FNDC annonce une nouvelle manifestation à Conakry le jeudi prochain, 14 novembre (Discours)

7 novembre 2019 à 17 05 13 111311

C’est une marée humaine qui a déferlé à l’Esplanade du stade du 28 septembre ce jeudi, 07 novembre 2019, aux environs de 15 heures, entonnant en chœur « Amoulanfé ! Gassata ! Até Ben ! (ça ne marchera pas, en soussou, poular et malinké). Une manière pour les membres du FNDC de dire au régime que le troisième mandat du président Alpha Condé ne passera pas en République de Guinée.

Après l’hymne national, Liberté, c’est le président de l’UFR qui a ouvert le bal des discours. Sidya Touré a invité le président Alpha Condé à tirer les leçons de cette forte mobilisation des Guinéens qui sont prêts à tout, sauf accepter son projet d’un pouvoir à vie. Le leader de l’UFR a rappelé qu’aucune des personnes mobilisées ce jeudi n’a été payée, ni contrainte à marcher cette si longue distance qui sépare la Tannerie (point de départ) à l’Esplanade du stade du 28 septembre (point d’arriver et lieu du meeting).

Pour sa part, le président de l’UFDG a d’abord salué la forte mobilisation des Guinéens à qui il a demandé encore plus de détermination pour les prochaines manifestations qui se poursuivront jusqu’à l’annonce du président Alpha Condé qu’il se pliera aux lois guinéennes et qu’il ne fera pas un troisième mandat. Cellou Dalein Diallo a regretté et dit son étonnement d’entendre un haut responsable de la police nationale affirmer que le gaz lacrymogène lancé dans la mosquée de Bambéto et au cimetière a été entraîné en ces lieux par le vent, alors que tous ceux qui y étaient sont témoins de ce qui s’est passé. Après avoir présenté ses condoléances aux familles éplorées, le chef de file de l’opposition a rappelé qu’il y a déjà 16 personnes qui ont été tuées depuis le 14 octobre à Conakry (14) et à l’intérieur du pays (2 à Mamou), uniquement pour demander au président Alpha Condé de respecter la Constitution guinéenne sur laquelle il a juré deux fois (en 2010 et 2015).

Clôturant les discours, le coordinateur par intérim du FNDC a annoncé une autre grande marche le jeudi prochain, 14 novembre 2019. Rassuré par les mobilisations chaque fois plus importantes que les précédentes, Foniké Mengué a précisé que la prochaine marche partira du rond-point de l’aéroport pour le palais du peuple. « Parce que l’esplanade du stade ne peut plus contenir nos marcheurs », a-t-il ajouté.

A rappeler que les trois intervenants, qui ont parlé au nom des manifestants de ce jeudi, ont demandé la libération immédiate des leaders du FNDC arbitrairement arrêtés et condamnés : Abdourahmane Sanoh, Sékou Koundouno, Ibrahima Diallo, Badra Koné, Elie Kamano, Bill de Sam, Baïlo Destin en Main…

A suivre !

De l’Esplanade du stade du 28 septembre, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Sidya Touré galvanise la troupe : « les guinéens doivent prendre leur courage en main »

4 novembre 2019 à 19 07 11 111111

Comme annoncé précédemment, les 11 jeunes Guinéens tués lors des manifestations du 14 octobre et les jours suivants ont été inhumés ce lundi, 04 novembre 2019. Peu avant cette inhumation, Guineematin.com a donné la parole à Sidya Touré, président de l’Union des Fores Républicaines (UFR) et membre du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). L’ancien Premier ministre a invité les Guinéens à redoubler d’efforts dans le combat contre le projet de 3ème mandat pour Alpha Condé.

D’entrée de jeu, le président de l’UFR a dénoncé la gestion des corps par les autorités, ballotés entre la morgue d’Ignace Dean et l’hôpital Sino-guinéen. « Nous sommes réunis à l’hôpital Sino-guinéen de Kipé pour les corps des jeunes gens qui ont été froidement abattus les 14 et 15 octobre par les forces de l’ordre de Guinée. Ces corps ont été déposés dans un premier temps en dehors de la morgue elle-même. Donc, il y a eu des débuts de décomposition. C’est par le fait qu’il y a eu des cris partout qu’on a du les réintégrer. Mais malheureusement, nous assistons aujourd’hui à l’enterrement des corps qui sont en partie décomposés ».

Ces victimes sont des martyrs tombés sur le champ d’honneur, ajoute-t-il, en luttant contre le 3ème mandat que veut s’octroyer Alpha Condé. « Nous sommes là pour rendre hommage à ces jeunes gens qui sont morts. Il y en a 11 ici, mais en réalité il y a eu 14 morts pendant ces manifestations, à Mamou et Maréla. Donc, nous sommes là pour leur rendre hommage et c’est d’autant plus frustrant que nous venons de sortir de deux manifestations en une semaine : une de l’opposition et l’autre du pouvoir où il n’y a eu aucun mort. Donc ceux-là, ont été froidement abattus, froidement assassinés alors qu’ils étaient en train d’exercer un droit constitutionnel en donnant un avis contraire à l’idée d’un 3ème mandat dans notre pays», a-t-il déploré.

Pour Sidya Touré, il était important d’être là pour partager la douleur des familles éplorées. « Nous sommes là d’abord pour soutenir les familles. Quand vous perdez un enfant, ceux qui ont des enfants et qui ont une famille, savent ce que cela représente. Donc, nous venons soutenir les familles, mais en temps nous venons crier notre colère par le fait que des jeunes gens de 16 ans ont été abattus dans leur cour, nous venons crier notre colère par le fait que les guinéens doivent avoir le droit en 2019 de pouvoir s’exprimer sans être froidement abattus. Des manifestations ont montré que cela peut être possible. Donc, il y avait une volonté délibérée de tuer les gens, de les effrayer, de mettre une chape de plomb sur la Guinée. Ce qui ne se fera pas parce que nous ne l’accepterons pas ».

En outre, le président de l’UFR invite à ne pas reculer devant la volonté de commettre un coup d’Etat constitutionnel dans notre pays. « Le combat doit continuer. Ce qui est en train de se préparer est un coup d’Etat. Nous ne pouvons pas changer la forme républicaine en Guinée, nous ne pouvons pas intervenir pour dire qu’il faut faire un referendum sur la laïcité, nous ne pouvons pas intervenir pour dire qu’il faut faire des réformes sur les deux mandats transcrits dans la constitution. Donc, les Guinéens doivent prendre leur courage en main pour combattre ce régime qui veut nous mettre en place un régime autocratique et surtout dont le résultat est médiocre », a-t-il martelé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Mohamed Tall sur l’accueil d’Alpha Condé : « ça doit susciter un sentiment de révolte »

1 novembre 2019 à 14 02 56 115611

La mobilisation organisée hier, jeudi 31 octobre 2019, par la mouvance présidentielle et ses alliés à Conakry pour accueillir le président Alpha Condé, qui rentrait d’une mission à l’étranger, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique guinéenne. Interrogé par un journaliste de Guineematin.com sur la question, Mohamed Tall, directeur de cabinet du président de l’UFR, Sidya Touré, dénonce et condamne une situation tout à fait révoltante.

Mohamed Tall, directeur de cabinet du président de l’UFR

« C’est quelque chose qu’on doit condamner fortement, très fortement. On a vu comment ils ont mobilisé tous les moyens de l’Etat. Ils ont réquisitionné les agents publics, les élèves, les bus ont été réquisitionnés, ils ont mobilisé à peu près 30 milliards de francs pour une cause qui porte préjudice au pays et aux Guinéens. Une cause qui constitue véritablement un recul pour la démocratie. Cela doit susciter un sentiment de révolte chez tout le monde. Parce que c’est la nature du régime qui se révèle. C’est un régime qui se veut dictatorial et qui l’assume maintenant », soutient l’opposant.

Pour l’ancien ministre de l’Elevage, cette situation ne fait que galvaniser le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) dans son combat contre le projet de changement de l’actuelle Constitution qui ouvrirait la voie à un troisième mandat au président Alpha Condé. C’est pourquoi, Mohamed Tall appelle les Guinéens à se mobiliser massivement pour participer aux manifestations du lundi prochain. « On invite tous les Guinéens qui sont des patriotes, qui ne veulent pas que notre pays sombre, qui ne veulent pas que le tissu social soit déchiré, qui veulent que le pays progresse, que les acquis démocratiques soient préservés et qu’on puisse se mettre sur le chemin du développement, tous ces gens-là sont invités à manifester contre ce projet (de troisième mandat pour le président Alpha Condé, ndlr) qui n’apportera rien à personne et qui est très préjudiciable à notre pays.

On a aujourd’hui un certain nombre de personnes qui, parce qu’ils gagnent des dizaines de millions de dollars par an, veulent nous imposer une dictature et nous priver de tout, détruire notre vie. Ils ne veulent pas rester au pouvoir pour faire des routes, des hôpitaux ou construire des universités, ils veulent rester là pour continuer à gagner les revenus futurs des activités minières. Et ça leur procure des dizaines de millions de dollars par an. Dans le même temps, la population guinéenne est en train de s’appauvrir jour après jour et à perdre nos libertés chèrement acquises. On ne doit pas et on ne peut admettre cela », prévient le directeur de cabinet de Sidya Touré.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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Le gouvernement oblige le FNDC à reporter les obsèques : Sidya Touré révolté

30 octobre 2019 à 13 01 50 105010

Comme annoncé précédemment, le Front National pour la Défense de la Constitution s’est résolu à reporter les funérailles des personnes tuées en marge de ses manifestations des 14, 15 et 16 octobre 2019, à Conakry. Les obsèques qui étaient prévues ce mercredi, 30 octobre, sont renvoyées à demain, jeudi. Une décision due au refus du gouvernement de rendre les corps des victimes à leurs familles. Si les autorités invoquent les autopsies en cours pour justifier ce refus, l’opposant Sidya Touré, lui, dénonce une déshumanisation de la vie politique guinéenne, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

« Je n’ai réellement pas de mots pour exprimer ma déception et surtout ce que nous observons ce matin. On ne peut pas déshumaniser la politique guinéenne à ce point-là. Un enterrement chez nous, dans notre culture, c’est quelque chose de sacré, c’est notre dernière demeure à tous. Ces jeunes gens et enfants ont été tués dans des conditions abominables. Le fait de leur rendre hommage aujourd’hui et de les enterrer correctement, même quand on est membre de ce gouvernement on peut avoir un peu d’humanité et se dire qu’on ne peut pas faire ça.

Les parents sont là, nous sommes tous venus, il n’y a aucune contestation : enlever les corps et aller les enterrer. Nous sommes arrivés à un tel degré dans ce pays que vous constatez tous comment est-ce que ces parents qui sont là, depuis 14 jours quelque fois depuis que leurs enfants sont morts, n’arrivent pas à récupérer les corps pour les enterrer. Il n’y a pas de possibilité d’accepter un tel comportement », a dit le président de l’UFR.

Selon l’opposant, ce refus du gouvernement de rendre les corps des victimes aujourd’hui est motivée tout simplement par la réception que le pouvoir compte réserver au président Alpha Condé, qui rentre demain d’un séjour à l’étranger. « Je dois avouer que c’est simplement parce que demain on veut faire un montage pour recevoir Alpha Condé avec des militaires habillés en civil, avec des milliards de francs guinéens distribués partout dans les quartiers. Mais ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une manifestation du FNDC, c’est un enterrement, il faut avoir un peu de respect. Mais, on a l’impression que ce pays ne respecte rien. En tout cas quand il s’agit de ce gouvernement, tout est possible.

Alors, nous nous préparons à une telle éventualité. Et je dois dire à tout un chacun, nous restons vigilants par rapport à cela. Moi, je suis venu pour représenter les partis politiques, mais il y a ici le responsable du FNDC qui normalement dirige la délégation, il va en tirer les conséquences et dans les heures à venir, nous allons publier un communiqué. (…) Les informations qu’on nous a données, c’est qu’hier à 17 heures, les corps étaient là, tout était prêt. On nous avait dit que la seule chose qui restait c’était les rapports d’autopsie à signer et que cela pouvait être signé à n’importe quel moment. Donc ce qui se passe aujourd’hui relève de la décision politique pure, voilà ce que nous déplorons », a-t-il conclu.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Manifs contre un 3ème mandat en Guinée : « nous mobiliserons plus de gens dans la rue »

30 octobre 2019 à 8 08 46 104610
Mamadou Alimou Bah de l’UFR, membre du FNDC

Mamadou Alimou Bah, un jeune membre de l’UFR (le parti dirigé par Sidya Touré), est l’un des acteurs majeurs de la mobilisation des citoyens derrière le combat du FNDC à Conakry. Au cours d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, il est revenu sur son engagement dans le combat contre un troisième mandat du président Alpha Condé en Guinée et les manifestations projetées par le Front National pour la Défense de la Constitution tous les lundis jusqu’à l’aboutissement de son combat.

Décryptage !

Guineematin.com : vous êtes membre du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), une structure qui s’érige contre le changement de l’actuelle Constitution qui déboucherait sur un troisième mandat pour le président Alpha Condé. Qu’est-ce qui vous a poussé à militer au sein de ce mouvement ?

Mamadou Alimou Bah : je suis membre actif de l’UFR et vous savez que l’UFR est actif aujourd’hui au sein du FNDC. Donc, si aujourd’hui je suis au sein du FNDC, c’est parce que l’UFR adhère de façon pleine et entière aux idéaux du FNDC d’une part. Et d’autre part, je suis jeune, je suis conscient que la situation actuelle n’est pas favorable aux jeunes. La situation guinéenne est chaotique. Donc, il est du devoir de chacun de se lever aujourd’hui pour qu’il y ait un vrai changement. Il y a certains qui aiment confondre la lutte du FNDC au bilan du Professeur Alpha Condé, mais moi personnellement je ne parle pas actuellement du bilan du Professeur Alpha Condé.

Tout ce que nous voulons, c’est qu’Alpha a fait ses deux mandats, il a juré qu’il va respecter la Constitution, il n’a qu’à aller après ses deux mandats. Donc le bilan, on le fera après. C’est une question de respect de la loi. Mais aujourd’hui, on a vu les velléités du Professeur Alpha Condé, ce n’est plus caché. Si au début il y avait des doutes, maintenant on l’a su à travers ses multiples sorties. Et là, nous allons nous donner corps et âme pour défendre cette Constitution. C’est entre autres ce qui me pousse à adhérer au sein du FNDC et à mener le combat avec nos amis qui sont du FNDC.

Guineematin.com : il y a des gens qui pensent que le FNDC est un mouvement qui lutte contre la personne d’Alpha Condé. Qu’est-ce que vous avez à dire à ces personnes ?

Mamadou Alimou Bah : loin de là, nous ne luttons pas contre Alpha Condé, nous luttons contre un système. Nous luttons contre ceux qui veulent changer la Constitution dans le but d’octroyer un mandat à vie à un président. Si Alpha Condé décide de respecter la Constitution, on va le laisser terminer paisiblement son mandat. Donc notre combat, ce n’est pas contre une personne, c’est contre un système qui veut changer cette Constitution. Tout le monde sait comment cette Constitution a été obtenue. Il y a certaines personnes qui disent qu’en 2001 on a changé la Constitution. Mais en 2001, il n’y avait pas d’articles qui étaient cadenassés.

Donc, c’est partant de cette expérience qu’en 2010, les gens se sont retrouvés pour essayer de cadenasser certains articles qu’on ne peut aujourd’hui en aucun cas changer. Donc, on ne doit pas parler aujourd’hui du changement de Constitution. On peut modifier mais même si c’était le cas, pourquoi attendre maintenant pour le faire ? Nous ne sommes pas d’accord.

Guineematin.com : vous représentez le FNDC à Wanindara et vous êtes dans la commission organisation de cette structure. Votre quartier est l’un des ceux qui sont le plus actifs dans la mobilisation menée par le Front National pour la Défense de la Constitution. Quelle est votre stratégie de mobilisation ?

Mamadou Alimou Bah

Mamadou Alimou Bah : notre stratégie de mobilisation, nous le faisons de porte en porte. Mais d’ailleurs, la situation actuelle est en notre faveur. On sait que tous les Guinéens tirent le diable par la queue. Donc rien que ça, la mobilisation est acquise. Aujourd’hui, en Guinée, les gens souffrent. Nous rencontrons des difficultés parfois, il y a des gens qui nous disent que les manifestations les fatiguent puisqu’ils vivent au jour le jour. Ça seulement, ça peut être un motif de soulèvement. Parce qu’avec toutes les richesses que nous avons, le Guinéen ne devrait pas souffrir.

Donc, les gens envoient des arguments, mais nous essayons de les satisfaire. Nous faisons une mobilisation de porte à porte, nous leur disons pourquoi le FNDC aujourd’hui est en train de se lever contre ceux qui veulent changer la Constitution. Donc, finalement, les gens adhèrent et les gens sont en train d’adhérer. Vous avez vu lors de la première manifestation comment Ratoma est sortie et lors de la deuxième manifestation, là on n’en parle même pas.

Guineematin.com : lors des premières manifestations justement, il y a eu des victimes : des morts et des blessés. Quel est votre sentiment par rapport à ces situations ?

Mamadou Alimou Bah : c’est un sentiment de tristesse. Aujourd’hui, nous sommes meurtris, mais ça ne va pas nous décourager. Parce que nous savons qu’ils le font pour nous dissuader, mais ça c’est une illusion de leur côté. Nous n’allons pas reculer, nous sommes plus que motivés, c’est un combat noble. Je m’excuse, mais vous savez, c’est un sacrifice, chaque combat a un coût. Mais là, ça ne vient pas de nous. Ce sont eux qui devaient assurer notre sécurité, mais ce sont eux malheureusement qui sont en train de tuer les jeunes gens. C’est un sentiment de tristesse que nous avons.

Mais, nous allons malgré tout continuer le combat. Et nous voulons faire plus que ce que nous avons fait avant. Nous comptons mobiliser plus de gens dans la rue. Vous avez vu ce qui s’est passé en France, au Sénégal (les manifestations organisées par les antennes du FNDC dans ces pays, ndlr), je pense que vous avez eu les échos. Eux, ils voulaient interdire les manifestations mais on a essayé de nous mettre en contact avec la société civile sénégalaise tels que le mouvement « Y en marre » et d’autres. Et, ils ont décidé de nous venir en aide, ils ont projeté une manifestation pour le 2 novembre. Et aujourd’hui, vous savez qu’il y a forte communauté guinéenne au Sénégal, donc ils ont décidé nous accompagner dans ce noble combat. En Guinée, on a fait un calendrier de manifestations qu’on va mettre en exécution. Donc on va organiser des manifestations tous les lundis désormais jusqu’à ce que le président Alpha Condé renonce à son 3ème mandat. Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout.

Guineematin.com : c’est la fin de cet entretien. Un dernier mot ?

Mamadou Alimou Bah : mon dernier mot, c’est à l’endroit des jeunes de toute la Guinée et ceux de Wanindara en particulier. Je leur dirai de redoubler d’efforts. Aujourd’hui, la situation est vraiment critique en Guinée. Avant 2010, la Guinée ne produisait que 10 millions de tonnes de bauxite par an. Aujourd’hui, on est à 60 millions de tonnes. Il n’y a pas de répercussion de cette exploitation sur les pauvres guinéens que nous sommes. Et ceux qui bénéficient de ces richesses ne veulent pas que ça finisse. C’est cela la réalité.

Entretien réalisé par Mamadou Baïlo Keïta et décrypté par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Retour de certains députés de l’UFR au Parlement : « c’est leur affaire », réagit Saïkou Yaya

26 octobre 2019 à 21 09 04 100410

L’honorable Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR et député du parti à l’Assemblée nationale, a réagi à la décision de certains députés de la formation politique de participer aux activités de l’Assemblée nationale contre la volonté de leur camp. Alors que les groupes parlementaires Alliance Républicaine (de l’UFR) et Libéral-Démocrate (de l’UFDG) ont décidé de retirer leurs députés des travaux parlementaires, deux élus de l’Union des Forces Républicaines et certains de ses alliés ont pris part à la plénière du Parlement d’hier, vendredi 25 octobre 2019.

En réponse à cette attitude, Saïkou Yaya Barry estime que ces députés ont trahi le peuple qui les a élus et indiqué que l’histoire les jugera pour cela. Il l’a dit à l’occasion de l’assemblée générale de son parti de ce samedi, 26 octobre 2019, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

« Nous députés de l’UFR, nous parlons en votre nom (au nom des militants du parti, ndlr). C’est vous qui êtes dans les manifestations avec nous. C’est vous qui demandez de défendre la Constitution. Nous ne pouvons pas nous dérober de la demande faite par vous les citoyens de ce pays. Nous députés, vous nous avez élus, vous nous avez choisis pour vous défendre. On ne peut pas vous laisser manifester sans vous accompagner parce que c’est grâce à vous que nous sommes députés. Si parmi nous, il y a des personnes qui ne respectent pas les mandats donnés par vous, c’est leur affaire, ils tireront toutes les conséquences à l’avenir parce que je pense que l’histoire est là pour tout le monde.

Ça démontrera la position qu’ils occupent dans la vie de notre nation et dans le noble combat que nous menons sur le terrain… Eux, ils ont décidé de ne pas nous accompagner dans le combat que nous menons. Chacun a son droit, mais ça nous permet de tirer les leçons et de savoir comment nous comporter. Mais, je vais vous assurer que les députés de l’UFR qui ont décidé de suspendre leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale sont avec vous, se battent avec vous, resteront avec vous durant tout le combat qui sera mené », a promis le secrétaire exécutif de l’UFR.

Propos recueillis par Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 00224 622919225 / 666919225

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L’UFR en colère : « le président de la CENI doit être poursuivi pour haute trahison… »

26 octobre 2019 à 19 07 39 103910

L’incapacité de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) à organiser les élections législatives avant 2019 continue de susciter l’indignation au sein des partis politiques de l’opposition. L’Union des Forces Républicaines (UFR) souhaite que des poursuites judiciaires soient engagées contre maitre Amadou Salifou Kébé, président de la CENI, « pour haute trahison ». C’est le 1er vice-président Bakary Goyo Zoumanigui, qui l’a annoncé ce samedi, 26 octobre 2019, à l’occasion de l’assemblée du parti, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

A l’ouverture de la séance, Bakary Goyo Zoumanigui a indiqué que le président de la CENI, maître Salif Kébé, doit être poursuivi pour avoir trahi son serment. « Je dois revenir sur le cas du président de la CENI. Ce monsieur, n’excluez pas que demain, qu’il soit poursuivi pour haute trahison. Il doit être poursuivi pour haute trahison parce quand il a été élu, il a prêté serment de respecter un certain nombre de dispositions légales de notre pays. Le président de la CENI, en choisissant la date du 28 décembre 2019 pour les élections législatives, a posé un acte dangereux qui constitue une haute trahison parce qu’il n’a pas écouté ses pairs, alors qu’il savait intimement que cette date ne pouvait pas être tenue. Et il faut tout faire pour ce monsieur soit jugé parce qu’il a trahi le peuple de Guinée, il a trahi son serment. Donc, il ne suffit pas de le déposer seulement, il doit être poursuivi par la justice », a martelé monsieur Zoumanigui.

Goyo Zoumanigui, premier vice-président de l’UFR

Toutefois, ce proche de Sidya Touré regrette la non-mise en place de la Haute Cour de Justice qui aurait pu permettre de juger certains hauts cadres. « Malheureusement, la Haute Cour de justice qui est habilitée à juger les cas comme ça, n’existe pas. Parce que la gouvernance qui nous dirige, elle a tout fait pour que cette cour ne soit pas mise en place. Si cette cour existait, je crois que des plaintes seraient déjà déposées devant cette cour pour dire que non seulement le président de la CENI, mais d’autres cadres du gouvernement doivent être jugés pour les actes qu’ils posent, les détournements de fonds. Aujourd’hui, si le président de la République parle de référendum, de changer la constitution, c’est parce qu’il sait que cette cour n’existe pas… Et nous devons œuvrer pour que ce monsieur soit jugé un jour », a-t-il lancé.

Plus loin, Bakary Goyo Zoumanigui a dénoncé le manque d’indépendance de la justice avant d’inviter les militants à redoubler d’engagement dans le combat contre le 3ème mandat. « Nos camarades qui ont dit qu’ils vont manifester leur désaccord par rapport au changement de la constitution ont été arrêtés 72 heures avant même l’évènement. Ça veut aujourd’hui chez nous que la justice, elle est rendue par des gens qui ne sont pas à la hauteur. C’est l’ancien ministre de la justice, Cheick Sako, qui a vite vu et il a démissionné de son poste. Donc, le combat que nous avons commencé, nous devons le continuer, rien ne doit nous décourager. Je vous exhorte à rester vigilants et suivre le mot d’ordre du FNDC », a-t-il martelé.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Manifestation du FNDC à Conakry : le film d’une « marche funèbre » qui enterre le projet du 3ème mandat

25 octobre 2019 à 9 09 44 104410

C’est un pari réussi pour le front national pour la défense de la constitution (FNDC) en Guinée. Au lendemain d’une vague de « décisions synchronisées » qui a condamné plusieurs de ses responsables et militants à la prison ferme, ce mouvement anti-3ème mandat a drainé hier, jeudi 24 octobre 2019, une marée humaine à l’esplanade du stade du 28 septembre. Une foule compacte qui est sortie exprimer de vive voix son opposition à un projet de nouvelle constitution qui pourrait permettre au président Alpha Condé de rester au pouvoir au-delà de 2020, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi cette file interminable d’hommes et de femmes venus des différents quartiers de Conakry.

Un calme trompeur, une journée de marche pacifique, une marée humaine dans les rues de Conakry. Ce jeudi de manifestation du front national pour la défense de la constitution sera, surement, gravé dans les annales de l’histoire sociopolitique de la Guinée. Malgré les séquestrations, les arrestations, les procès synchronisés et la condamnation de plusieurs de ses membres à Conakry et à l’intérieur du pays, le FNDC a fait une démonstration de force qui a surpassé de loin les attentes. A l’appel de ce mouvement anti-3ème mandat, un déferlement humain d’une rare intensité a été enregistré dans les rues de Conakry. Des marcheurs (plus d’un million, selon le FNDC) venus de différents endroits de la capitale sont sortis exprimer leur opposition à un référendum constitutionnel qui permettrait à l’actuel chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé, de briguer un autre mandat à la tête de la Guinée.

Dans la matinée, alors que les militants anti-3ème mandat ralliaient la Tannerie (lieu de départ de la marche) dans la commune de Matoto, un silence trompeur régnait au domicile de Sidya Touré, le président de l’Union des forces républicaines (un parti politique membre du FNDC). A 9 heures, la dizaine de gardiens, de chauffeurs et de jeunes cadres du parti républicain qui se trouvaient dans la cour de l’ancien Haut représentant du chef de l’Etat, dégageaient un leurre. Comme si cette journée était ordinaire, ils écoutaient une émission de radio locale et faisaient des commentaires un peu sévères à l’endroit des animateurs de ladite émission. « Vous n’avez rien compris. Sortez de votre studio pour vivre la réalité du terrain », disaient-ils entre autres pour marquer leur désapprobation face aux commentaires qu’ils entendaient à la radio. Tout paraissait normal en ce jour de grande mobilisation pour une manifestation contre un projet de nouvelle constitution. Tout ce temps, Sidya Touré était à l’intérieur de sa maison. Il a fallu l’arrivée (à 10 heures 28’) du secrétaire général de son parti, Saïkou Yaya Barry, pour qu’il sorte de sa forteresse.

Quelques minutes plus tard, le leader de l’UFR (vêtu d’un costume bleu) et sa suite prirent le chemin de la Tannerie, pour rejoindre les militants et sympathisants du FNDC. Sur la route qui leur a conduit à ce point de ralliement, on pouvait voir quelques citoyens arrêtés sur le trottoir. D’un geste de la main, ils saluaient le cortège de l’UFR avant de lancer en Soussou : « Amoulanfé (ça ne marchera pas) ».

A Gbéssia et Yimbaya, Sidya Touré a été acclamé par des groupes de jeunes dont certains à moto. Par moment, « Dounké-Manguè (le court président) » comme ils l’appelaient affectueusement, ouvrait la portuaire de son véhicule, sortait la tête, arborait un large sourire et saluait ces jeunes qui tenaient à lui serrer la main.

A son arrivée à la Tannerie (aux environs de 11 heures), il n’y avait pas un monde impressionnant sur ce lieu. Des leaders politique comme Faya Milimono du parti BL, Ousmane Kaba du PADES, Me Kabélé Camara du RGD, Siaka Barry de Guinée Debout… avaient déjà été signalés présents sur ce lieu de ralliement. Mais, le temps pour le cortège de Sidya Touré de tourner et changer de direction, une foule immense a déferlé sur la chaussée. La marche pacifique contre le troisième mandat commence sur fond de slogan et les véhicules des leaders de l’UFR et de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée), Cellou Dalein Diallo, se retrouvent côte à côte. Ce dernier avait à ses côtés le coordinateur national du FNDC par intérim, Oumar Sylla (Fonikè-Manguè). « Amoulanfé ! Alpha zéro ! Justice zéro ! A bas le troisième mandat », disaient les marcheurs qui tenaient des pancartes et des prospectus sur lesquels on pouvait lire : « 2020 un autre ! Non au troisième mandat ! Non à la nouvelle constitution ! Amoulanfé » ou encore « Libérez nos camarades ! Libérez nos frères du FNDC ! Démocratie en danger ! Alpha Condé n’est pas le seul guinéen, il doit partir en 2020 ».

Une marée humaine, composée d’hommes et de femmes de tous les âges et sans discrimination, était dans la rue. Certains à pieds, d’autres à motos, ces guinéens ont battu le pavé au rythme de chants et de danses pour dénoncer les velléités du président Alpha Condé de diriger la Guinée après 2020. Pas besoin de se connaître, la cause à défendre (la constitution de Mai 2010) en vaut la peine. Comme une seule famille, on rit, on s’asperge de l’eau, on s’excuse des bousculades, on partage le moindre manger, on s’entre aide pour retenir ceux qui trébuchent sous le poids de la fatigue.

Sous un soleil peu clément, la marche qui s’est déroulée dans trois communes de Conakry (Matoto, Ratoma et Dixinn) a été éprouvante. Mais, la détermination des marcheurs n’a jamais faibli. D’ailleurs, tout au long du trajet qui les a conduits à l’esplanade du stade du 28 septembre, les marcheurs ont été galvanisés par des femmes, des élèves, des ouvriers… qui étaient debout du haut des bâtiments à étage ou arrêtés devant des concessions au bord de la route.

Impressionné par le niveau de la mobilisation, le leader de l’UFR s’est permis de faire une confidence. « Depuis 2001, je n’ai jamais vu une telle mobilisation », a dit Sidya Touré à l’esplanade du stade du 28 septembre où la marche a pris fin par un meeting.

« La marche que nous étions en train d’effectuer, c’est la marche funèbre du troisième mandat », renchérit Cellou Dalein Diallo, le leader de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne.

A noter qu’aucun incident n’a été enregistré entre les marcheurs et les forces de l’ordre qui ont encadré cette marche pacifique et citoyenne. Il faut tout de même regretter un accident entre deux manifestants dans la matinée qui a entraîné la mort d’un motard.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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