Dans l’après-midi de ce dimanche, 18 mars 2018, le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a conféré avec les médias nationaux et internationaux à son QG à Hamdallaye. L’objectif de cette sortie médiatique du chef de file de l’opposition guinéenne vise à réagir à la récente communication du procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était à la rencontre.

D’entrée Cellou Dalein Diallo a d’abord précisé que ce n’est parce qu’un de ses militants a pris une photo avec lui qu’il peut savoir tout ce que ses militants font à travers le pays, l’Afrique et le monde…

« J’ai beaucoup de militants, vous le savez, en Guinée, en Afrique et dans le monde. Ce n’est pas parce qu’un militant, un citoyen guinéen a posé avec le président de l’UFDG, chef de l’opposition guinéenne qu’il va falloir dire que je suis associé à tout ce que chacun des militants font quotidiennement. Nous sommes sûrs de n’avoir pas été associés à quelque crime que ce soit, s’il en a existé ; et, donc, nous n’avons pas d’inquiétude, bien que nous n’ayons pas confiance à la justice ! Mais, nous n’avons pas d’inquiétude particulière. Nous pensons que c’est une diversion comme on l’a dit. Aujourd’hui, après 94 victimes tuées à bout portant, qui n’ont pas eu droit à la justice, pour lesquelles les autorités de ce pays n’ont déclenché aucune enquête, n’ont exprimé aucune compassion vis-à-vis des proches. Aujourd’hui sur ce terrain, il est en difficulté parce que c’était de son devoir, au moment de la commission de ce crime, de déclencher immédiatement des enquêtes pour identifier les auteurs de ces crimes et les déférer devant le tribunal. Pourquoi depuis 2011, malgré tous les engagements pris dans le cadre des dialogues politiques et consignés dans les accords politiques, le Gouvernement n’a rien fait jusqu’à présent ? », s’est-t-il interrogé.

Par ailleurs, Cellou Dalein Diallo a rappelé que c’est l’impunité qui favorise la récidive : « si le problème de Diakariaou qui a été la première victime d’Alpha Condé avait été bien traité par la justice, je suis sûr qu’on n’aurait pas autant de victimes aujourd’hui », a-t-il précisé.

En ce qui concerne les manifestations appelées par l’opposition depuis les élections locales du 04 février et qui sont souvent réprimées dans le sang, Cellou Dalein Diallo a dit avoir échangé depuis le début avec monsieur Tibou Kamara, ministre conseiller personnel du président de la République ; ainsi que le médiateur de la République, Mohamed Saïd Fofana.

« Au terme de nos discussions, on s’était mis d’accord que le président s’engageait à demander à la CENI de recevoir nos réclamations, de les examiner en âme et conscience et d’en faire un rapport au président de la République. Vous vous souviendrez que le président de la CENI avait diffusé un communiqué à cet égard. Et, nous avons envoyé nos représentants à la CENI, ils ont discuté des modalités. Au moment même de cette discussion avec le représentant de l’UFDG, le président de la CENI a appelé à la présidence pour avoir des précisions. Au sortir de cet entretien, le président de la CENI a compris qu’il était consulté en tant qu’expert électoral et il s’est engagé à faire ce travail à son âme et conscience pour faire le rapport à qui de droit, en l’occurrence monsieur le président de la République. (…). Lorsque nous sommes allés maintenant à l’exercice des présentations, des justifications de nos griefs, le président de la CENI a dit qu’il n’avait pas de base juridique, qu’il ne pouvait pas continuer l’exercice qu’on avait entamé. A partir de là, la crise a continué, on a considéré qu’on avait été trahi puisqu’on nous avait fait comprendre que cet engagement du président de la République était ferme et que lorsqu’il aurait le rapport de l’expert, pour la circonstance qui était la CENI, qu’il aurait pu trouver une politique pour réparer les préjudices subis par l’UFDG et les autres partis politiques », a expliqué le principal adversaire du chef de l’Etat.

Propos recueillis et décryptés par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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