L’urbanisation galopante et désordonnée de certains pays ouest africains retient l’attention des institutions de Breton Woods. C’est le cas de la Banque Mondiale qui dresse régulièrement des rapports traitant de développement dans la région. C’est dans cette dynamique que la Banque a dressé le bilan économique et social de la région Guinée, Mali, Niger et Tchad portant sur les défis de l’urbanisation dans ces pays, a appris Guineematin.com, à traves un de ses reporters.

C’est à travers une vidéoconférence, dénommée rencontre régionale de la presse, que des journalistes des ces quatre pays et des cadres de la Banque Mondiale ont échangé hier mercredi, 20 juin 2018.  A Conakry, c’est le siège de la représentation de l’institution en Guinée qui a servi de cadre aux échanges. Les défis de l’urbanisation galopante ainsi que son impact sur le revenu des ménages dans ces pays ont été abordés par les participants.

« On estime jusqu’en 2030, les zones urbaines au Mali, au Niger et en Guinée accueilleront, respectivement, au moins 400.000, 190.000 et 150.000 résidents chaque année. Cependant, ces pays ne se trouvent pas aujourd’hui au même stade d’urbanisation. Environ 40% de la population du Mali et de la Guinée vivent actuellement dans les zones urbaines, tandis que les niveaux d’urbanisation au Niger (20%) accusent un retard par rapport aux autres pays ». Tel est l’extrait du contenu du rapport, 5ème du genre, publié par la Banque Mondiale et intitulé « Bilan économique AFCW3 », portant sur Conakry, Bamako et Niamey.

Par ailleurs, ce rapport, qui est une étude analytique de l’urbanisation, précise « qu’aucune de ces trois capitales ne parvient à accroître sa compétitivité ni à garantir des services urbains à ses habitants ».

En termes de performance, ce rapport dévoile un tableau sombre pour Bamako, Niamey et Conakry. « Dans ces trois villes, la productivité du travail, calculée en tant que valeur ajoutée brute (VAB) par habitant, est faible et est restée inchangée ces quinze dernières années par rapport à la moyenne pour 15 villes d’Afrique subsaharienne ».

Se fondant sur la croissance rapide de la population urbaine en Afrique de l’Ouest de 2000 à 2015, le rapport de la Banque Mondiale indique que « cette urbanisation rapide ne s’est pas accompagnée de gains proportionnels en termes de PIB (Produit Intérieur Brut) par habitant ».

Pour arriver à de telles affirmations, les experts de la Banque Mondiale se sont penchés sur la répartition de l’expansion urbaine, la répartition des modes de transport par rapport à la totalité des déplacements par ville, l’accès à l’électricité et à l’eau, le prix du transport et  de la nourriture en fonction du PIB…

Pour le cas spécifique de la notre pays, la Banque mondiale révèle que « la Guinée se heurte à d’importantes difficultés multidimensionnelles en matière de gouvernance, qui se reflètent dans la faible qualité de ses institutions. A cela s’ajoutent des obstacles, tels que la faiblesse de la production agricole et des investissements privés ; l’insuffisance du capital humain et le manque d’accès aux services sociaux ; l’urbanisation rapide et non planifiée et la mauvaise gestion des ressources budgétaires et naturelles ».

Devant cette situation, l’explosion démographique dans ces pays « pourrait se transformer en catastrophe démographique, accompagnée d’instabilité urbaine si les villes ne répondent pas aux aspirations de ces jeunes. C’est pourquoi, le processus et les opportunités offerts par l’urbanisation méritent une attention particulière », a laissé entendre Meskerem Brhane, responsable des programmes d’urbanisation de la Banque mondiale au Mali, au Niger et en Guinée.

Pour faire face à ces défis, la Banque Mondial préconise notamment « d’accroître la productivité agricole et soutenir les investissements du secteur privé pour promouvoir la diversification économique ; d’augmenter le capital humain pour soutenir une croissance inclusive ; d’améliorer les possibilités économiques grâce à l’intensification du développement urbain ; et de consolider la gestion des ressources budgétaires et naturelles ».

Une synthèse réalisée par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel. (00224) 628 17 99 17

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