Comme nous l’annoncions précédemment, la présidente de la CEPI de Yomou a été victime d’une tentative d’assassinat dans la nuit du samedi au dimanche dernier. Sauvée de justesse, madame M’mah Dopavogui que Guineematin.com a jointe au téléphone, est revenue longuement sur sa mésaventure.

A peine remise du traumatisme causé par l’agression dans laquelle elle a failli laisser sa vie, traumatisme qui l’a amenée à passer une journée à l’hôpital, la présidente de la CEPI de Yomou a accepté de relater la scène à Guineematin.com ce jeudi 18 janvier 2018. Madame M’mah Dopavogui explique tout d’abord, qu’elle avait déjà été victime de menaces de mort par deux fois auparavant. Des personnes qui ont élaboré une liste de candidature parallèle au compte du RPG pour les élections locales prochaines, l’avaient menacé par téléphone avant de se rendre au siège de la CEPI pour déclarer devant la commission de réception des dossiers de candidatures, qu’elles vont s’occuper de la présidente de la CEPI, accusée d’avoir refusé de prendre en compte leur liste parallèle.

Mme M’mah Dopavogui, présidente de la CEPI de Yomou

« Je suis partie porter plainte à la gendarmerie, parce que ça devait passer par la structure normale de la gendarmerie vers la justice. Le 23 décembre on était à la gendarmerie, on nous a écoutés, ils ont nié les faits pendant que toute la population de Yomou était au courant de leurs menaces contre ma personne. Tout compte fait, la gendarmerie a fait le procès-verbal et l’a transmis à la justice. Mais depuis le 23 décembre, le dossier ne fait que trainer à la justice » a expliqué madame M’mah Dopavogui.

Et c’est cette lenteur de la justice peut-être, qui a failli coûter la vie à la présidente de la CEPI de Yomou dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 janvier dernier. « J’étais avec ma maman et un oncle qui était passé me saluer à la maison. On avait allumé le groupe pour suivre la célébration de l’an 59 de l’indépendance nationale à Kankan à la télévision nationale. Entre temps, mon oncle m’a dit qu’il va à quelque part et qu’il reviendra un peu plus tard. Les quatre jeunes qui passent la nuit chez moi aussi étaient sortis pour aller à une soirée dansante qui se passait non loin de chez moi. Je suis sortie donc pour aller garer la voiture au garage d’un voisin, où j’ai l’habitude de la garer. A mon retour à la maison, j’ai vu un gaillard qui venait vers moi à pas précipités. Vue son allure, je me suis mise à courir pour rentrer chez moi. Immédiatement lui aussi a couru en me poursuivant, j’ai compris que c’est moi qu’il suivait. Je suis rentrée chez moi, j’ai fermé la porte du salon, j’ai éteint la télévision et le courant, j’ai dit à ma maman que quelqu’un me poursuit. Il est arrivé à la porte, il a pris un caillou pour cogner le chien qui était devant la porte. En bon guerzé de Yomou, il a dit ouvre la porte en essayant de transformer sa voix pour ne pas que je le reconnaisse. Il a dit ouvre la porte, on t’avait raté la dernière fois mais aujourd’hui c’est fini pour toi, je vais te tuer la nuit-là. Il avait un fer qu’il a utilisé pour casser le mur du cadre de la porte pour tenter de rentrer. Ma maman et moi, on est rentré dans la chambre on s’est enfermé et j’ai pris mon téléphone pour appeler au secours. J’ai joint un policier, le secrétaire général chargé des collectivités et le juge de paix, qui ont tous accouru pour venir me sauver. Il avait presque réussi à défoncer la porte, quand il a vu les phares de la voiture du général chargé des collectivités. Il a lâché donc la porte et a pris la fuite », ajoute la présidente de la CEPI de Yomou.

Suite à cette agression, madame M’mah Dopavogui dit avoir porté plainte contre une autre personne qui, quelques jours plus tôt, avait menacé devant une dame et son fils de s’en prendre à elle. Ce dernier a été interpellé et entendu par la gendarmerie, il a nié les faits mais les témoins ont confirmé qu’il a effectivement proféré des menaces à l’encontre de M’mah Dopavogui, peu avant cette tentative d’assassinat. Le PV a été remonté aussi à la justice, qui a promis d’ouvrir le procès dans un bref délai.

En attendant donc que la justice ne se bouge pour élucider cette situation, la présidente de la CEPI vit sous haute sécurité selon elle : « J’ai appelé le président de la CENI pour lui expliquer ce qui s’est passé. Immédiatement, il s’est activé et a passé par la gendarmerie pour m’envoyer deux agents chargés d’assurer ma sécurité jusqu’à la fin des élections. Le président de la CENI s’occupe vraiment de cette affaire et je le remercie pour cela », a indiqué madame M’mah Dopavogui , qui dit avoir repris le travail ce jeudi 18 janvier.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Facebook Comments

Guineematin