Blaise CompaoréLe choix de Blaise est fait : ce sera Gilbert Diendéré ! Le discret chef d’Etat-major de la présidence aurait finalement la préférence de Blaise Compaoré pour assurer sa succession à la tête de l’Etat. Il est convaincu que c’est le seul à même d’assurer la stabilité après lui.

Blaise Compaoré remet là au goût du jour, un préjugé bien établi dans les casernes du Burkina que les civiles ne sont pas « assez sérieux » pour diriger le pays. Depuis le coup d’Etat de janvier 1966, l’armée burkinabè se pose en rédemptrice de la vie politique nationale.

Blaise Compaoré héritier de cette tradition est plus que jamais convaincu que l’aéropage de civiles, aussi bien dans l’opposition que dans sa majorité, il y en a pas actuellement de suffisamment « fort » pour poursuivre son œuvre et maintenir la stabilité qu’il a mis des années à construire.

Ils étaient deux ! Il n’en reste plus qu’un.

Au début de l’année 2014, dans la tourmente de la crise consécutive à la naissance du MPP qui a ébranlé le président et son système, il a procédé d’une inhabituelle façon à la promotion de généraux.

Dans la foulée et alors qu’il était en congé de l’armée depuis des années, il a promu Djibril Bassolet général de gendarmerie, pour compter d’avril 2014. L’Evénement s’en était fait l’écho et avait reçu un droit de réponse, tout aussi inhabituel de l’Etat major de la gendarmerie.Gilbert Diendere

Pour nombre d’observateurs, c’était pour positionner DjbrilBassolet, en pole position dans la perspective d’une succession. Un candidat de plus, pensait-on dans certains milieux, assez bien renseignés. A mesure que l’échéance de fin de mandat approche, le président Compaoré aurait finalement décidé de miser sur le général Gibert Dienderé.

L’information a pris de l’ampleur du côté de la lagune ébrié. Les officiels ivoiriens ne font plus mystère de la question. Ils affirment que le président Compaoré a fini par se décider en faveur du général Gilbert Diendéré.

Quels sont les atouts de l’homme !

Le général Gilbert Diendéré, dont on dit régulièrement qu’il n’a pas le soutien de la troupe, reste malgré tout le pivot du régime construit par Blaise Compaoré. C’est le sécurocrate du régime. Il a été au début du régime. Le jour du 15 octobre, des sources concordantes affirment qu’il était sur les lieux de l’assassinat de Thomas Sankara. C’est lui qui a prévenu Blaise Compaoré quand le « job » a été fait.

Il a été par la suite mêlé à toutes les évolutions malheureuses du régime, notamment l’élimination de Jean Baptiste Lingani et de HenriZongo. Avec le retour à la démocratie, il a connu une traversée du désert avec un Hyacinthe Kafando qui lui a fait voir de toutes les couleurs.

En 1996, il a définitivement pris le dessus sur l’adjudant. Il reprend la main sur le RSP qu’il purge des éléments de Hyacinthe. Mais sa main mise n’a jamais été totale sur le RSP. Aussitôt qu’il s’est débarrassé de Kafando, une autre opposition est suscitée au sein de la garde présidentielle.

Mieux le président, à partir de 1998, en nommant comme chef d’Etat major général le Colonel Lougué, laisse planer un temps, une volonté de mettre fin au bicéphalisme dans l’armée en reversant le RSP sous la responsabilité du chef d’Etat major général.

L’entreprise va tourner court. En 2003, un projet de coup d’Etat contre Blaise Compaoré attribué à Naon et au capitaine Ouali, déjoué par le même Gilbert Diendéré, manque de peu d’éclabousser le général Lougué. Il est destitué quelques temps après de son poste de ministre de la Défense.

Le 1er janvier de l’année suivante, le colonel Gilbert Dienderé peut danser la valse de la victoire. Le RSP ne sera jamais directement administré par l’Etat-major général et le poste de chef d’Etat-major particulier du président du Faso, dont la suppression avait été un moment envisagée est abandonnée. Gilbert Dienderé passe les grades et devient général.

Il creuse son sillon dans les rouages de la sécurité nationale, en viellant bien à ne jamais porter ombrage au président. Il faut voir comment à chaque fois, dans le cortège du président, il veille à se tenir bien en retrait, tout en état très attentif.

Il rassure les partenaires…

GilbertDiendéré c’est résolument engagé dans la maitrise des questions sécuritaires aussi bien au niveau national qu’au niveau sous régional, notamment en contact avec les touaregs, mais aussi les djhadistes de la zone sahélo saharienne. Est-ce fortuit si c’est lui qui a été informé avec précision du lieu de la chute de l’avion d’Air Algérie, en territoire malien ?

Le général a expliqué que seuls les réseaux burkinabè marchent en ces lieux, c’est pourquoi il a été informé. C’est peut-être vrai ? Mais à Gossi, les maliens là bas, téléphonent bien avec les opérateurs maliens et non burkinabè. C’est pour les observateurs une indication supplémentaire de la connexion Burkinabè avec les acteurs dans la région.

Gilbert Diendéré maitrise parfaitement les dédales des groupes en action dans cette partie du Mali. Les mauvaises langues pensent même qu’il en profite pour des affaires lucratives, notamment avec des relais, qui auraient des magasins pirates à Markoye, non loin de Gorom-Gorom.

L’essentiel du dossier MNLA, Mujao, Ansar dine et même AQMI, par des vitrines fréquentables qui ont « gite et couvert » au frais de la république est détenu par Gilbert. Si on veut d’un successeur à Blaise Compaoré qui ne perturbera pas les plans des partenaires en déploiement actuellement on ne peut trouver mieux que Gilbert Dienderé.

Le crash d’Air Algérie lui a donné, une nouvelle occasion d’étaler sa maîtrise technique des questions sécuritaires. Sans être un spécialiste des questions aéronautiques, il a développé le scénario du crash qui semble être celui qui tient encore la corde dans les premières explications des enquêteurs.

Il parait donc être la bonne personne à la bonne place et au bon moment. Avec lui, pensent certains spécialistes on éviterait au Burkina de connaitre le sort qui fut celui de la Côte d’Ivoire avec les libériens de Gbagbo. Les mercenaires libériens avec leur supplétifs « Wé » avaient juré que « No Gbagbo in power, No côte d’Ivoire ».

Au Burkina certains envisagent un scénario semblable avec les jihadistes de tous poils disséminés partout dans le pays et qui savent qu’un changement de régime constituerait un danger existentiel pour eux. Ces derniers pensent que Blaise Compaoré a miné le pays avec ces indésirables qui sont aujourd’hui les prétoriens de sa survie politique. Un Gilbert Diendéré succédant à Blaise Compaoré pourrait les rassurer et les calmer.

Comment maître ce scenario en place, il faut d’abord que le général se mettent en congé de l’armée. Les textes prescrivent qu’il démissionne ou se mettent en disponibilité six mois avant l’échéance électorale. Il a donc encore du temps. Il faut aussi l’imposer au CDP. Cela ne devrait pas constituer un problème.

Le SEN actuel attend juste qu’on lui demande. Comment ça va se passer avec l’armée ? C’est plus complexe. Mais c’est jouable. La fraternité d’arme devrait commander un consensus. Que vont en penser les burkinabè ? C’est une autre équation.

Si le président Compaoré ne revient pas sur son intention, on a vu comment ParamangaYonli, (l’homme de « on va réviser Pian ! ») pressenti à 200% pour succéder à Roch à la tête du CDP et avait même déjà formé son équipe a été driblé le dernier jour du congrès de mars 2012.

Quand on a commencé à évoquer le nom de AssimiKouanda, se souvient un gourou du parti, personne n’a pris cela au sérieux, jusqu’à la divulgation de la composition du SEN.

Donc si Blaise ne fait pas ce coup à Gilbert, il devrait selon toute vraisemblance s’investir pour le faire élire. Ce sera sa vraie bataille politique, un peu à l’image de l’investissement personnel de François à l’arrondissement 4.

Par Newton Ahmed BARRY

SourceEvenement-bf.net

http://www.malijet.com/actualite_internationale/109554-burkina-faso-blaisse-compaore-renonce-a-sa-candidature.html

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