Saifoulaye Sadio Bah, jeune ferrailleur de 16 ans a été tué par balles hier, mardi 21 novembre 2017, alors qu’il partait à la mosquée. Ce mercredi, après la prière funèbre à la grande mosquée de Nassouroulaye (Cosa), parents, ami et alliés l’ont accompagné à sa dernière demeure, au cimetière de Cosa Camp carrefour. Après l’enterrement, Guineematin.com a donné la parole aux proches de la victime, notamment son oncle maternel, Mamadou Billo Bah, qui décide de porter plainte contre le policier qu’il accuse avoir tiré sur son neveu.

La consternation et la tristesse se lisait sur tous les visages ce mercredi au domicile familiale de feu Saifoulaye Sadio Diallo, originaire de Maci (Pita). Les plus proches pleuraient la mort d’un jeune qu’ils qualifient presque de « parfait ». A la mosquée, l’imam Mouctar Bah a prié pour le repos de l’âme du défunt, avant d’inviter le gouvernement guinéen à tout faire pour arrêter l’auteur de cet autre meurtre et de rassurer la population civile…

Interrogé au cimetière peu après l’inhumation, Djan Doua Diallo, ferrailleur et maitre du défunt a décrit un jeune honnête, sérieux et qui aimait son travail. « Le petit n’avait pas de problème, il était très sérieux. Pendant les manifestations, il est souvent au boulot avec moi. C’est avant-hier qu’on s’est quitté. Et, ce n’est qu’hier, dans l’après-midi que j’ai appris sa mort. Donc, nous savons qu’il n’est pas venu ces jours-ci au boulot parce que la route n’était pas bonne. C’était mon apprenti, on a travaillé pendant 4 ans ; mais, j’avoue qu’il n’avait pas de problème, il n’avait même pas de groupe. Je suis vraiment déçu. Nous ne sommes pas des animaux qu’il faut tuer tout le temps, j’exhorte le gouvernement à nous protéger »…

Egalement interrogé par notre reporter, Amadou Sow, proche collaborateur du défunt a dit son indignation face à l’assassinat du jeune Bah : « Le petit, une fois à l’atelier, c’est le travail. C’est à cause de ces mouvements qu’il nous a été demandé de rester à la maison. J’appelle les autorités à prendre des dispositions, si ce n’est pas eux qui tuent, qu’elles nous montrent alors ceux qui tuent. Depuis 2011, plusieurs jeunes guinéens ont été tués ; mais, jamais une personne n’a été présentée aux guinéens comme étant le meurtrier, c’est ce qui est grave ».

Enfin, Bah Mamadou Billo, oncle du défunt, toujours sur le choc, mais très ferme a dit qu’il va poursuivre l’affaire en justice. « Mon neveu a été enterré aujourd’hui ; mais, je ne pardonnerai pas ! Je vais porter plainte contre ce policier qui a tué mon neveu », a-t-il accusé, l’air très en colère.

A rappeler que Saifoulaye Sadio Bah est la deuxième personne tuée depuis le déclenchement de ce mouvement de grève. A par ces cas de meurtre, on dénombre des cas de blessés et de viol sur une mineure de 10 ans.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Facebook Comments