Procureur de Mamou, Sidiki CamaraDans un entretien avec un des correspondants locaux de Guineematin.com, le procureur de Mamou, monsieur Sidiki Camara, a réagi aux critiques de l’appareil judiciaire formulées récemment par le gouverneur de région, Amadou Oury Lémy Diallo, le secrétaire général des Affaires religieuses, Elhadj Amadou Kolon Barry, et certains citoyens de la « ville-Carrefour ».

L’affaire des trois présumés coupeurs de route arrêtés le 23 Août 2016 à Mamou par la gendarmerie continue de défrayer la chronique. Autorités administratives et religieuses, ainsi que les simples citoyens mettent la pression et appellent la justice à bien faire son travail en jugeant et condamnant les prévenus à la hauteur de leur forfaiture, a constaté Guineematin.com à travers un de ses correspondants locaux.

Alors qu’au lendemain de cette arrestation, le gouverneur de la région administrative, Amadou Oury Diallo avait accusé la justice d’être complice de la mise en liberté prématurée des présumés bandits après leurs condamnations, la dernière sortie médiatique de l’inspecteur régional des affaires religieuses de Mamou, Elhadj Amadou Kolon Barry, est venue accentuer ces accusations et mettre la pression sur les hommes en robe au niveau du TPI de Mamou.

« La justice a l’habitude de libérer les bandits après leurs condamnations ; mais, cette fois, nous allons tous suivre ce dossier. Nous demandons à la justice d’appliquer toute la rigueur de la loi sur ces bandits de grand chemin qui terrorisent les populations  afin qu’ils servent d’exemple. Mais, si on les libère avant la fin de leur peine, j’irai à Conakry rencontrer le président de la République pour lui expliquer comment fonctionne la justice à Mamou », a déclaré mercredi dernier Elhadj Amadou Kolon Barry.

De leur côté, certains citoyens de Mamou menacent de lyncher tout bandit qui sera désormais libéré prématurément par la justice.

Face à ces déclarations inquiétantes et ces accusations contre l’appareil judiciaire, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Mamou, monsieur Sidiki Camara, a livré sa réaction à Guineematin.com ce vendredi.

Procureur de Mamou, Sidiki Camara

Procureur de Mamou, Sidiki Camara

« Nous qui sommes à la justice, nous ne sommes ni politiciens, ni démagogues. Nous avons des règles et des procédures. Donc, on s’en fout de ce qu’on raconte de nous. Ce qui est clair, tout ce que nous faisons, on le fait en respectant ces règles de procédures. Ce ne sont pas les propos d’un inspecteur de la ligue, ni les propos d’un gouverneur qui va nous dérouter dans notre travail. Nous nous savons ce que nous faisons. Ce n’est ni le gouverneur, ni l’inspecteur de la ligue islamique qui a arrêté ces gens-là. Ce n’est pas la volonté ou l’influence de quelqu’un qui va nous faire changer dans notre façon de faire », a répondu le procureur Sidiki Camara, ce Vendredi 2 Septembre 2016, lors d’un entretien avec un des correspondants de Guineematin.com à Mamou.

Parlant de l’évolution de ce dossier qui fait débat à Mamou, le procureur Sidiki Camara a dit que le tribunal de première instance de Mamou, dans sa composition actuelle, n’est pas compétant pour juger ces individus qui sont arrêtés pour des faits de crimes.

« Ces gens-là sont arrêtés pour des faits de crimes et le tribunal de première instance de Mamou, dans sa composition actuelle, n’est pas compétant pour juger les affaires criminelles. Nous attendons le mois d’octobre, peut être qu’on va procéder à la mise en place d’une section criminelle au TPI de Mamou. C’est cette section qui aura la compétence de juger ces affaires-là. Nous, quand nous avons reçu les procès-verbaux, nous avons ouvert une information judiciaire. A l’heure qu’il fait, un juge d’instruction est saisi et il fait son travail selon les règles de l’art. Mais, on ne peut rien sans la création d’une section criminelle au sein de notre juridiction », a dit le procureur.

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

Tél. : 622 97 27 22

 

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