Aïd El Kébir 2021 : Cellou Dalein appelle les Guinéens à la paix et à l’unité

20 juillet 2021 à 12 12 12 07127

À l’instar des autres pays, la Guinée a célébré ce mardi, 20 juillet 2021, la fête de Tabaski ou l’Aïd El Kébir 2021. A cette occasion, le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo a adressé un message de paix et de justice pour le peuple de Guinée, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à Dixinn.

C’est la mosquée de Dixinn Foula que le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, son épouse, Hadja Halimatou Dalein et plusieurs responsables de son parti ont effectué la prière de l’Aïd El Kébir.

Après avoir souhaité bonne fête à tout le peuple de Guinée, Cellou Dalein Diallo a invité les Guinéens à la culture de la paix et de la justice.

« Je voudrais souhaiter bonne fête à tous les fidèles musulmans de Guinée et d’ailleurs. Je souhaite que cette fête inspire ceux qui ont la force, le savoir et les fortunes pour qu’ils mettent leurs moyens et ces capacités au service de la justice, de la paix et dans la promotion de la fraternité entre les compatriotes guinéens. Je demande à Dieu de chasser de notre pays la haine, l’injustice, l’arbitraire, qu’Il (Dieu: ndlr) implique tous les fils de ce pays pour la promotion de la paix et de l’unité de la nation », a souhaité Cellou Dalein Diallo.

Le leader de l’UFDG a également mis ce moment de prière à profit pour attirer l’attention sur le cas des détenus politiques. « J’ai une pensée particulière pour nos camarades en détention. Ils sont nombreux encore dans les prisons en raison de leur activité politique. Ils n’ont pas eu comme moi le privilège de fêter en famille, immoler un bélier à cette occasion. Qu’ils sachent qu’on pense à eux. Que les autres guinéens qui jouissent de leur liberté pensent à eux. Et, je voudrais souhaiter prompt rétablissement à tous les malades et je souhaite bonne chance à tous nos enfants candidats aux différents examens de cette année », a-t-il ajouté.

Quand au sermon effectué par l’imam de la mosquée Dixinn Foula, Elhadj Boubacar Fofana, le président de l’UFDG dit l’apprécier pour sa pertinence. « Je suis satisfait du sermon qui prêche toujours le pardon, l’unité, la tolérance, la paix. Ce sont des valeurs qui manquent absolument à notre pays. Nous sommes confrontés à des fléaux comme l’injustice, la corruption, la misère, l’utilisation à des fins personnelles de ressources publiques, la dégradation des infrastructures et surtout la division des guinéens en parti politiques, en ethnie… », dénonce-t-il, avant de rappeler que ces problèmes se sont accentués depuis quelques années au détriment de l’unité de la nation.

De Dixinn, Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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Cellou Dalein sur la condamnation d’Ismaël Condé : « la justice a exécuté l’ordre d’Alpha Condé »

9 juillet 2021 à 8 08 25 07257
Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG

Cellou Dalein Diallo a réagi à la condamnation d’Ismaël Condé, premier vice maire de Matam et membre du bureau exécutif de l’UFDG. Le principal opposant guinéen accuse la justice d’avoir exécuté l’ordre donné par le président Alpha Condé en condamnant son collaborateur à 3 ans et 4 mois d’emprisonnement pour « offense au chef de l’Etat ». Pour lui, cette décision vice tout simplement à « punir » Ismaël Condé pour avoir adhéré à l’UFDG.

« Notre justice, ayant reçu l’ordre de Alpha Condé de punir Ismaël Condé pour avoir adhéré à l’UFDG après son départ du RPG, tenta vainement de l’incriminer dans une loufoque affaire de contrats de la commune de Matam où le jeune Ismaël est Vice-maire. C’est finalement « une offense au Chef de l’Etat » que notre justice trouva comme alibi pour exécuter l’ordre reçu et condamner le jeune Ismaël à, tenez-vous bien, 3 ans et 4 mois de prison ferme. Quelle honte ! », s’est exclamé Cellou Dalein Diallo sur sa page Facebook.

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Bobo Barry se confesse : « Quand j’ai pris l’argent, j’ai acheté une moto, 20 feuilles de tôles…»

30 juin 2021 à 10 10 48 06486

Poursuivi pour vol de numéraire portant sur 22 millions de francs guinéens au préjudice du boulanger Boubacar Barry, le prévenu Mamadou Bobo Barry a comparu hier, mardi 29 juin 2021, devant le tribunal correctionnel de Dixinn. À la barre de cette juridiction de première instance, le prévenu a reconnu le vol qui lui est reproché ; mais, il a juré n’avoir pris que 8 millions 300 mille francs guinéens. Le ministère public a requis à son encontre un an de prison dont six mois assortis de sursis, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon l’accusation, Mamadou Bobo Barry a été récemment rapatrié de la Libye. Il était à la recherche de travail lorsqu’il a croisé le chemin de sa victime, Boubacar Barry, à Wanindara (un quartier de la haute banlieue de Conakry).

« Il est venu me trouver là où je vends à Wanidara, il m’a dit de l’aider à avoir du travail. Je lui ai proposé de venir travailler avec moi à la boulangerie la nuit. C’est ainsi qu’il (Mamadou Bobo) est venu. Nous sommes restés ensemble pendant deux jours. Le deuxième jour, après la boutique, nous sommes allés à la boulangerie pour travailler. Mais, j’étais épuisé, j’ai étalé les sacs de farine pour me reposer. Et pendant que je dormais, il (Mamadou Bobo) est venu prendre, dans la poche de mon pantalon qui était suspendu, la clé de la boutique et un million de francs guinéens. Ensuite, il est allé ouvrir la boutique et prendre 18 millions, montant qui appartient au  propriétaire de la boulangerie et que je devais déposer à la banque. Il y a aussi pris 3 millions. En tout, il a pris 21 millions dans la boutique, plus un million dans ma poche.  Donc, je lui réclame 22 millions de francs guinéens », a indiqué le plaignant, Boubacar Barry.

A en croire ce boulanger, il a d’abord été tourné en bourrique avant de retrouver les traces de Mamadou Bobo Barry pour enfin lui mettre la main dessus. Car, ce dernier était allé se cacher à Dalaba, alors qu’il ne cessait de dire à sa victime qu’il est à Kamsar.

« Dès que j’ai constaté le vol des clés et le montant d’un million dans ma poche, je me suis mis à rechercher mon ami (Mamadou Bobo Barry). Je l’appelle, son téléphone ne passe pas. Je suis allé gâter la porte de la boutique, j’ai trouvé qu’il a pris les 21 millions. Quelques jours après, il a décroché mon appel. Il m’a dit effectivement que c’est lui qui a pris l’argent. Il m’a dit qu’il est à Kamsar, il a cherché une maison, il a acheté une moto et il a envoyé un montant à ses parents. Je suis allé à Kamsar, je ne l’ai pas vu. Je lui ai dit alors de m’envoyer le reste de mon argent. Il m’a dit qu’il va m’envoyer 300 mille par Orange Money. Finalement, il a envoyé 200 mille francs guinéens. C’est ainsi que moi aussi j’ai joué ma stratégie. J’ai appelé le numéro de celui qui a fait le dépôt, je lui ai demandé où il se trouve. Il m’a dit que c’est à Dalaba, précisément au quartier barrage. Je suis allé directement à Dalaba pour mener les enquêtes. Arrivé un vendredi à Dalaba, j’ai informé les autorités à la gendarmerie. Après, ils m’ont dit qu’il est parti dans son village à Kala ; et, le dimanche, il viendra en ville. C’est ainsi que je l’ai attendu. Et, le dimanche, il est venu, je l’ai mis aux arrêts. Les autorités m’ont dit comme j’avais déjà porté plainte contre lui à Conakry de venir avec lui terminer la procédure ici », a expliqué le boulanger, Boubacar Barry.

Appelé à la barre, le prévenu n’a pas nié les faits de vol mis à sa charge. Cependant, il a dit n’avoir volé que 8 millions 300 mille francs guinéens à Boubacar Barry et non 22 millions comme déclaré par le plaignant.

« C’est Boubacar lui-même qui m’a remis la clé de la boutique. Il m’a dit d’aller nous chercher de l’eau dans la boutique. C’est ainsi que je suis allé trouver un sac noir où se trouvait le montant de huit millions trois cent mille  francs guinéens (8 300 000 GNF). Quand j’ai pris l’argent, j’ai acheté une moto à six millions, j’ai payé 20 feuilles de tôles à un million, je lui ai fait un dépôt de 200 mille, j’ai envoyé 500 mille à ma maman, j’ai acheté quelques habits », a expliqué Mamadou Bobo Barry.

Ainsi, dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que « les faits de vol sont effectivement imputables à Mamadou Bobo Barry ». Et, il a demandé au tribunal de le condamner à 12 mois de prison avec 6 mois de sursis.

De son côté, la défense a plaidé « coupable pour 8 millions 300 mille francs » et demandé de larges circonstances atténuantes en faveur du prévenu. « Je vous prie de le condamner au temps mis », a plaidé maître Paul Lazard Gbillimou.

Finalement, le tribunal a mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le 7 juillet prochain.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Tribunal de Kaloum : Elie Kamano à la barre ce mercredi

30 juin 2021 à 8 08 39 06396

Une semaine après son arrestation, Elie Kamano sera entendu par la justice ce mercredi, 30 juin 2021. L’artiste et homme politique guinéen va s’expliquer sur les accusations qui pèsent contre lui, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est la première fois depuis le début de ce procès que le prévenu sera à la barre. Lors des audiences précédentes, le reggaeman devenu homme politique s’était toujours fait représenter par son avocat. 

Une attitude qui n’a pas plu au juge en charge du dossier, qui a finalement décerné un mandat d’arrêt contre lui. Elie Kamano a été arrêté mercredi dernier et conduit à la Maison centrale de Conakry.

L’artiste est poursuivi par Salifou Camara « Super V », ancien président de la Fédération guinéenne de football, pour des faits d’injures et de diffamation par le biais d’un système informatique.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 12 43 62

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Afrique du Sud : l’ancien président Jacob Zuma condamné à 15 mois de prison

29 juin 2021 à 11 11 57 06576
ancien président Jacob Zuma

La Cour constitutionnelle sud-africaine a condamné ce mardi, 29 juin 2021, l’ancien président Jacob Zuma à 15 mois de prison pour outrage à la justice. Cela fait suite à son refus de comparaître devant une commission anti-corruption, lui ordonnant de se rendre dans « les 5 jours ».

Saisie par une commission anti-corruption, la plus haute juridiction a rendu ce verdict « à la majorité de ses membres », a précisé la juge Sisi Khampepe.

« La Cour constitutionnelle n’a pas d’autre choix que de conclure que M. Zuma est coupable d’outrage à la justice », a déclaré la magistrate avant l’énoncé de la sentence.

« Ce genre de réticence et de défi est illégal et sera puni », a déclaré Mme Khampepe. « Je n’ai pas d’autre choix que d’emprisonner M. Zuma, dans l’espoir que cela envoie un message sans équivoque ( …) l’Etat de droit et l’administration de la justice prévalent ».

Depuis la création en 2018 de la commission chargée d’enquêter sur la corruption généralisée pendant ses neuf années au pouvoir, M. Zuma, déjà mis en cause par une quarantaine de témoignages, multiplie les manœuvres pour éviter d’avoir à s’expliquer, empilant les recours ou faisant valoir son droit au silence.

Après une énième convocation à laquelle il ne s’est pas présenté fin février, la commission a réclamé une condamnation à deux ans de prison contre l’ancien chef d’Etat. L’ex-président cette fois-là avait non seulement ignoré la commission mais aussi une décision rendue en janvier par la Cour, l’obligeant à comparaître et le privant du droit à garder le silence.

Lors d’une audience virtuelle en mars, l’avocat de la commission, Tembeka Ngcukaitobi, a estimé que la question n’est plus de savoir si l’ex-président doit aller en prison, mais « combien de temps il doit y rester ». Le statut d’ancien président de M. Zuma « ne le protège pas de la loi », a-t-il martelé.

Quelques semaines plus tard, dans une requête plutôt inhabituelle, la justice sud-africaine a demandé à l’ex-président de déterminer lui-même « la sanction appropriée », en prévision de l’audience de mardi.

Jacob Zuma, 79 ans, n’a témoigné qu’une seule fois devant la commission anti-corruption, en juillet 2019. Il avait rapidement claqué la porte, s’offusquant d’être traité comme un « accusé ».

Englué dans les scandales, il avait été poussé à la démission en 2018. Il a été remplacé par l’actuel président, Cyril Ramaphosa, qui a fait de la lutte contre la corruption un cheval de bataille mais a lui-même été appelé à témoigner devant la commission.

Avec AFP

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Détournement de plus de 2 milliards à Conakry : 7 ans de prison requis contre Kindy Bah

24 juin 2021 à 11 11 13 06136

Dans cette affaire, c’est Ibrahima Kindy Bah qui est à la barre du tribunal correctionnel de Dixinn (délocalisé à la mairie de Ratoma). Ce prévenu (présenté comme un récidiviste) est poursuivi pour « escroquerie » portant sur plus de 2 milliards 800 millions de francs guinéens au préjudice de Mamadou Lamarana Diallo, Alpha Baba Sacko, et Hadja Fatoumata Barry. Il se serait fait passé pour un fonctionnaire en service à l’habitat et a proposé des parcelles à vendre à ses présumées victimes. Ces derniers lui auraient remis de fortes sommes d’argent, mais il n’a pas honoré ses engagements à leur égard. D’où ses ennuis judiciaires ; et, le ministère public a requis sept (7) ans de prison à son encontre, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon l’accusation, c’est Mamadou Lamarana Diallo (qui vit aux Etats-Unis) qui, lors d’un séjour en Guinée, a rencontré Ibrahima Kindy Bah à Conakry. Mamadou Lamarana Diallo voulu acheter des parcelles de terre pour ces amis qui vivent aussi à l’étranger. C’est alors que Ibrahima Kindy Bah s’est présenté à lui en tant que fonctionnaire en service à l’habit et il lui proposé des parcelles. C’est dans ce cadre que Mamadou Lamarana Diallo lui a versé 2 milliards 128 millions de francs guinéens pour l’achat de 42 parcelles en raison de 50 millions de francs guinéens par parcelle.

De son côté, Alpha Baba Sakho a versé 300 millions de francs guinéens dans le compte de prévenu Ibrahima Kindy Bah. Et, ce montant était également destiné à l’achat de parcelles de terrain.

Seulement, Ibrahima Kindy Bah (en lieu et place d’être un fonctionnaire en service à l’habitat) s’est avéré être un escroc. Car, il a pris l’argent qu’on lui a versé, sans jamais donner les parcelles à ceux qui lui versé tous ces montants. Et, c’est pour ça qu’il a été arrêté et conduit en prison à la maison centrale de Conakry où il croupit depuis le 20 juin 2020.

Devant le tribunal correctionnel ce mercredi, le prévenu a plaidé non coupable des faits qui lui sont reprochés. Il a nié avoir reçu un quelconque montant des mains de ceux qui l’ont trimballé devant cette juridiction.

« C’est déplorable, écœurant, regrettable et inhumain c’est qu’il a fait. Aujourd’hui, Lamarana Diallo une des victimes dans cette affaire est accablé par ses amis qui sont à l’étranger. Il a perdu son travail par les faits de Ibrahima Kindy Bah. Il a créé du tort aux gens. Il a été condamné en 2017 à 5 ans avec sursis. Donc, il y a récidive. A présent, iI y a  révocation du sursis contre Ibrahima Kindy Bah. Et, avec la révocation du sursis, le ministère public requiert de le retenir dans les liens de prévention d’abus de confiance et le condamner à 7 ans d’emprisonnement ferme et prendre en compte toutes les prétentions des parties civiles », a requis le procureur audiencier.

Justement, par rapport aux prétentions de la partie civile dans cette affaire, Mamadou Lamarana Diallo réclame 2 milliards 128 millions de francs guinéens à titre principal et 500 millions de francs guinéens à titre de dommage et intérêts. Quant à Alpha Baba Sacko, il sollicite 300 millions de francs guinéens à titre principal et 100 millions de francs guinéens de dommages et intérêts.

Seulement, pour l’avocat de la défense, tout ça n’est que pure supputation contre son client. « Les faits ne sont pas constitués à l’égard de Ibrahima Kindy Bah. Donc, en vertu de l’article 544 du code procédure pénale, je vous prie de le renvoyer des fins de la poursuite » a plaidé maître Lansana Condé.

Finalement le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 7 juillet prochain.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664414227

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Conakry : 3 femmes condamnées pour avoir tabassé un policier

24 juin 2021 à 11 11 00 06006
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En audition correctionnelle le mardi dernier, 22 juin 2021, le tribunal de première instance de Dixinn a condamné trois femmes (Aicha Camara, Delphine Kolié et Mabintou Sidibé) à 3 mois de prison assortie de sursis. Ces vendeuses d’articles divers au marché de Koloma étaient poursuivies pour « violences, coups et blessures volontaires » commis sur la personne d’un agent de police ; mais, c’est finalement pour « voie de fait » qu’elles ont été condamnées par cette juridiction de première instance, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Leur procès s’est ouvert depuis semaines, mais c’est ce mardi que le tribunal a décidé a finalement décidé de leur sort. Aicha Camara, Delphine Kolié et Mabintou Sidibé ont été reconnu coupable de « voie de fait » commis un agent de police qu’elles ont copieusement tabassé au marché de Koloma. Les faits poursuivis à leur encontre remontent au mois de mai dernier lors d’une altercation autour du déguerpissement des emprises de la route initié par la commune de Ratoma. Et, leur victime (l’agent de police) est jusqu’à présent hospitalisée à cause de la violence des coups et des blessures qu’elle a subi.

Pour ces faits, ministère public a requis trois (3) mois de prison assortie de sursis à leur encontre. Cependant, de son côté, la défense a plaidé non coupable et a demandé le renvoyé de ces clients des fins de la poursuite pour délit non constitué.

Mais, dans son délibéré, le tribunal a condamné Aicha Camara, Delphine Kolié et Mabintou Sidibé trois mois de prison assortie de sursis. Le tribunal a aussi condamné les trois prévenues au payement de 10.500.000 francs guinéens (dont 6.500.000 francs guinéens pour les frais de soin de l’agent de sécurité blessé et 4 millions francs guinéens pour les dommages et intérêts) au profit de la partie civile.

A noter que Aicha Camara, Delphine Kolié et Mabintou Sidibé sont en prison à la maison centrale de Conakry depuis le 26 mai dernier.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Kindia : 6 présumés coupeurs de route déférés en justice

24 juin 2021 à 10 10 45 06456

La gendarmerie nationale a déféré hier, mercredi 23 juin 2021, six présumés coupeurs de route, dont deux filles, au tribunal de première instance de Kindia. Les intéressés ont été placés en détention provisoire en attendant la tenue de leur procès, rapporte un correspondant de Guineematin.com à Kindia.

Parmi ce groupe, deux personnes ont été arrêtées le 8 juin 2021, avec des armes et des munitions, à Kindia. Les quatre autres ont été interpellés dans les jours qui ont suivi à Conakry. Présentés comme étant des « bandits de grand chemin », ils sont accusés de plusieurs attaques perpétrées entre Mamou et Kindia et entre Kindia et Conakry.

Amadou Diallo, procureur de la République près le tribunal de première instance de Kindia

« Il y a de cela deux semaines, deux présumés bandits ont été arrêtés au quartier Manquepas, grâce aux renseignements donnés par un citoyen de Kindia. Ils ont été interpellés et conduits au PM3. Ils ont été interrogés, et ils ont dénoncé 5 autres. On a réussi à mettre main sur les quatre et un seul a réussi à disparaître. Mais les recherches sont en cours pour le prendre partout où il sera », promet le Amadou Diallo, procureur de la République près le tribunal de première instance de Kindia.

Le magistrat salue ce travail de la gendarmerie nationale, tout en assurant que la justice aussi va jouer pleinement son rôle dans la lutte contre l’insécurité. « Les délinquants ont juré de porter atteinte à la tranquillité publique. Les forces de défense et de sécurité, en ce qui les concerne, ont juré de traquer ces délinquants. Nous aussi, nous avons juré d’être systématiquement répressifs à l’égard de ces délinquants.

Alors, dans ce combat, il ne sera question ni de complaisance ni de moindre répit. Nous ne ferons de cadeau à personne. Toute personne qui se laissera prendre dans des circonstances qualifiées de troubles, des circonstances à l’occasion desquelles des infractions sont commises, que cette personne sache qu’elle ne fera l’objet d’aucune excuse », a martelé Amadou Diallo.

De Kindia, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tel. : (00224)628516796

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Guinée : pour un dialogue du renouveau social et politique

17 juin 2021 à 18 06 02 06026

Une tribune proposée par Me Halimatou Camara et Professeur Amadou Sadjo Barry : Le dialogue, oui, mais quel dialogue ? Telle est la question lancinante à laquelle sont renvoyées les populations guinéennes. En effet, l’histoire politique de la Guinée postcoloniale montre que ni les transitions démocratiques, ni les réformes constitutionnelles, ni les dialogues politiques n’ont réussi à régler le problème de la violence électorale et à organiser la société sous la forme d’un État de droit. C’est ce que permettent de croire la constance des crises post électorales et l’incapacité des institutions politiques et juridiques de satisfaire aux prérogatives de sécurité, de justice et d’égalité. 

Comme le montreraient l’analyse des pratiques du pouvoir et des modalités de la gouvernance, la culture politique guinéenne ne s’est pas affranchie des pesanteurs qui retardent l’avènement d’un État capable d’être un agent d’unité sociale, de développement économique et politique , à savoir : l’instrumentalisation politique du sentiment communautaire , la personnalisation des pouvoirs publics, le néo patrimonialisme, le dévoiement de la voie légale , l’impunité , la politisation de l’armée, le culte du plus fort. Autrement dit, de 1990 à 2020, toutes les tentatives visant à consolider la paix et favoriser la cohésion sociale en Guinée se sont soldées par des échecs- de la Loi fondamentale de 1991 jusqu’au Rapport de la Commission Provisoire de Réflexion sur la Réconciliation Nationale (2018), en  passant par les Accords de Ouagadougou (2010), le dialogue inter-guinéen facilité par Said Djinit (2013), l’Accord politique du 20 Août 2015, les Accords politiques du 12 octobre 2016 et la rencontre entre Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé (2018).  

Pour que le dialogue ne soit pas qu’une simple palabre  

Ce constat impose que nous adoptions un regard critique sur le nouveau cadre de dialogue proposé par la mouvance présidentielle pour mettre fin à la crise politique qui paralyse notre pays depuis le coup de force constitutionnel du 22 mars 2020. On voit déjà que les décideurs et certains acteurs politiques continuent de souscrire à une conception ponctuelle du dialogue, qui renvoie celui-ci à des discussions entre les forces politiques et sociales au sujet des questions économiques et des prisonniers politiques. C’est là une erreur, car, suivant cette vision réductrice du dialogue, il s’agit de décrisper la situation sociale et politique en s’attaquant aux effets du problème et non à sa cause, la désinstitutionnalisation des pouvoirs publics et le triomphe de l’arbitraire politique qui en découle. Or, aucun dialogue social et politique ne pourra pas sortir la Guinée de la violence électorale et donner un sens à l’État de droit si on n’aborde pas sérieusement la question de l’organisation effective de la sphère publique, ce qui signifie une interrogation collective sur les conditions éthiques, juridiques et institutionnelles de l’exercice du pouvoir. Il nous faut donc penser autrement le dialogue et ses dispositifs en l’inscrivant dans une perspective qui vise une refondation pacifique et démocratique de la société guinéenne. À court terme, on peut vouloir apaiser les tensions ou calmer les esprits au moyen d’un dialogue inclusif. Mais en l’état actuel de l’effondrement de l’État guinéen et de la corruption du lien social, il y a lieu de faire du dialogue un moment susceptible de nous sortir durablement et efficacement du désordre social, du narcissisme politique et de l’anarchie.  Nous n’avons pas besoin seulement de nous parler, comme prétendent certains acteurs politiques. Nous avons besoin, par le sens retrouvé du dialogue, que les décideurs politiques s’engagent à consentir au respect d’un minimum de contraintes éthiques et juridiques sans lequel la Guinée demeura pour longtemps sous l’emprise de la violence politique et de l’arbitraire du plus fort. 

Pour ce faire, nous devons fixer un cadre du dialogue qui obéit aux critères de l’objectivité et de la crédibilité. Ainsi, ce n’est pas aux différents protagonistes ( la mouvance présidentielle et l’opposition ) de définir unilatéralement le processus du dialogue. Non seulement le dialogue ne peut être placé sous la présidence de Kassory Fofana, mais Alpha Condé surtout ne peut nommer un secrétaire permanent du dialogue. Il en va de l’objectivité et de la crédibilité du dialogue social et politique que son organisation soit confiée à une instance neutre et souveraine. Ces exigences sont d’autant plus importantes que nous avons de bonnes raisons de douter de la bonne foi des autorités guinéennes: depuis son intention de briguer un troisième mandat jusqu’au lendemain des élections du 18 octobre 2020, Alpha Condé et ses soutiens ont opposé une fin de non-recevoir à toutes les propositions de dialogue. Qu’est-ce qui motive maintenant le pouvoir à aller au dialogue alors que le gouvernement a été reconduit et que la Cour suprême a acté le troisième mandat ?  

Outre l’insistance sur la neutralité du processus, nous pensons que la réussite du dialogue tiendra à la possibilité d’aborder sans ambiguïté aucune le problème de l’alternance au pouvoir. Moralement et juridiquement, le troisième mandat illustre le mépris à l’endroit des institutions et des lois de notre pays. Politiquement, il signifie un manque de légitimité démocratique et une volonté de dominer exclusivement les appareils de l’État. C’est donc une injustice à laquelle il faudra faire face si le dialogue entend ouvrir la voie à une réelle et authentique transition politique en Guinée. On ne pourra pas décrisper la situation politique actuelle en l’absence d’une réflexion sur les conditions d’une alternance pacifique du pouvoir et d’une réorganisation en profondeur de notre société. Nous espérons d’Alpha Condé qu’il puisse nous mettre au seuil de cette entreprise de renouveau social et politique en acceptant sinon un départ négocié du pouvoir, du moins la mise en place d’un gouvernement de transition et de réconciliation nationale et la dissolution de l’Assemblée nationale. 

Fin

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Labé : une fille de 12 ans violée par un jeune taxi-motard

17 juin 2021 à 14 02 51 06516

Une jeune fille de 12 ans a été victime de viol hier, mercredi 16 juin 2021, à Labé. L’auteur de l’acte, un jeune conducteur de taxi moto, a été interpellé juste après les faits par des citoyens et conduit au commissariat central de police de Labé, a appris Guineematin.com à travers son correspondant sur place. La famille de la victime, représentée par Mamadou Boussiriou Diallo, réclame justice dans cette affaire.

« La fille est apprentie couturière. Elle a quitté l’atelier de couture où elle travaille aux environs de 16 heures (mercredi) pour rentrer à la maison. Elle a signalé un conducteur de moto taxi pour que ce dernier la dépose à Fady. En cours de route, le taxi-motard lui a demandé d’accepter qu’il passe vers Thialakoun pour qu’il vérifie l’état de son bâtiment en construction. Et lorsqu’ils sont arrivés dans une zone isolée, il a demandé à la fille de descendre, tout en la menaçant avec une paire de ciseaux. Il lui a dit que si elle ne se déshabille pas, il va la tuer.

Prise de peur, et seule face son agresseur sans défense, la fille ne pouvait que lui obéir, malgré elle. Après sa salle besogne, le conducteur de taxi moto est sorti de la brousse avec la fille, il a signalé un autre taxi-motard à qui il a demandé de déposer la fille à Fady, où elle devait se rendre. Ce dernier a demandé au violeur de payer 2500 francs comme frais de transport. Il lui a remis un montant de 5000 francs et n’a même pas attendu sa monnaie. C’est ainsi que le motard a regardé la fille et il a constaté qu’elle pleurait.

Il l’a interrogée et elle lui a raconté sa mésaventure. Immédiatement, le jeune est allé informer un groupe de conducteurs de taxis motos qui étaient stationnés tout près. Ils ont tout de suite pourchassé le violeur et ont réussi à le rattraper. Il a été présenté d’abord au syndicat des conducteurs de taxis motos, avant d’être conduit au commissariat central de Labé. Nous demandons à ce qu’il soit puni à la hauteur de sa forfaiture », a dit Boussiriou Diallo.

Les examens médicaux ont confirmé que la fille a été effectivement violée. Elle suit actuellement un traitement à l’hôpital régional de Labé. Quant au violeur présumé, il est détenu au commissariat central de police de Labé, en attendant la fin de l’enquête préliminaire.

 De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com 

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Conakry : l’élève, le menuisier et la bague magique au tribunal

17 juin 2021 à 13 01 04 06046

Poursuivi pour « escroquerie » portant sur un sac à dos, 2 téléphones et 5 cahiers, Jean Faya Kamano a comparu hier, mercredi 16 juin 2021, devant le tribunal correctionnel de Dixinn. Ce jeune menuisier de 28 ans est en prison depuis plus d’un mois pour s’être fait passer pour un charlatan dans le but unique de soustraire des biens à une très jeune élève (une fille mineure) qui était sur le chemin de l’école. Le prévenu a nié les faits portés à sa charge, mais le ministère public a requis 2 ans de prison à encontre, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon nos informations, les faits reprochés à Jean Faya Kamano se sont produit le 1er mai dernier à la Cimenterie (dans la préfecture de Dubréka). Sa victime était sur le chemin de l’école lorsqu’il l’a rencontré. Et, il a abordé la fille tout en la faisant croire qu’elle est envoutée et qu’elle sera victime d’un grave accident de la circulation dans quelques jours. Il s’est aussi proposé d’aider la fille à se débarrasser de l’envoutement dont elle est victime.

« Ce jour, je partais à l’école. J’ai rencontré Jean Faya Kamano à la Cimenterie juste à côté de l’usine de ciment. Il m’a dit que quelqu’un a jeté un mauvais sort sur moi ; et, dans quelques jours je vais faire un accident de la circulation et je vais perdre mes deux pieds dans cet accident. J’étais paniquée. Mais, il m’a dit qu’il va m’aider pour éviter cet accident. Il m’a remis un caillou en me demandant d’aller au carrefour où je vais trouver une bague magique. Je suis allé, en laissant mon sac contenant deux téléphones, et 5 cahiers. Dès que j’ai tourné le dos, Jean Faya Kamano a disparu avec mes biens. Le lendemain, il a été retrouvé sur les mêmes lieux. C’est ainsi qu’il a été arrêté par la clameur public et conduit dans notre concession par les jeunes. C’est de là que Mamadou Yaya Bah est venu dire que c’est le même jeune (Jean Faya Kamano) qui a escroqué sa moto. C’est ainsi qu’il a été déposé à la gendarmerie avant d’être placé sous mandat le 5 mai à la maison centrale. Mais, moi je réclame seulement mon sac, mes téléphones, et mes 5 cahiers. Je ne réclame rien de plus », a indiqué la victime devant le tribunal.

Appelé à la barre, le prévenu a nié les accusations portées à son encontre. « Je ne suis pas l’auteur de ces manœuvres. Je suis menuisier de profession. Ce jour, j’avais un rendez-vous dans un chantier à la Cimenterie. Je partais là-bas pour voir si j’allais trouver du travail. Ce n’est pas moi. Peut être elle m’a confondue à un autre », s’est défendu Jean Faya Kamano.

Mais, pour le ministère public, le prévenu est un récidiviste qui est déjà connu au tribunal de première instance de Dixinn ; et, sa culpabilité est établie dans cette affaire.

« L’année dernière, ce même Jean Faya Kamano a été condamné ici à 6 mois de prison ferme pour des faits de recel. Et, le voici encore devant le même tribunal. C’est un récidiviste, un habitué des faits qui a escroqué cette fois-ci une fille mineure. Sa culpabilité est établie. C’est pourquoi le ministère public requiert qu’il vous plaise de le retenir dans les liens de la prévention d’escroquerie en le condamnant à 2 ans de prison ferme. En plus, prendre en compte toutes les prétentions de la partie civile », a requis le procureur audiencier.

De son côté, l’avocat de la défense a plaidé la relaxe de son client. Me Abou Camara assure que Jean Faya Kamano est innocent dans cette affaire.

« Le ministère public ne fait que s’aventurer dans ce dossier. Aucun élément de preuve, aucun témoignage n’a été apporté ici. La plaignante parle d’une pierre et une bague magique qui n’ont jamais été placées sous scellés. Je plaide non coupable et je vous demande de le relaxer purement et simplement pour faute de preuves », a dit Me Mohamed Abou Camara.

Finalement, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 30 juin prochain.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Le FNDC, Alpha Condé et le peuple ! Par Ibrahima Diallo

15 juin 2021 à 13 01 05 06056
Ibrahima Diallo, chargé des Opérations du FNDC

Libre Opinion : La condamnation de Oumar Sylla Foniké Mengué à trois (3) ans de prison ferme par la cour d’appel de Conakry a suscité beaucoup de réactions au sein de l’opinion publique. Chacun y est allé de son commentaire selon les ressentiments et la colère provoquée par cette condamnation. Si certains s’en sont directement pris à Alpha Condé, à la justice et au régime tout court, d’autres ont blâmé tout simplement le peuple de Guinée qu’ils considèrent passif ou résigné face aux  dérives dictatoriales du régime d’Alpha Condé.

Cette condamnation politique déguisée dans l’arrêt controversé de la cour d’appel de Conakry n’est pas fortuite, car à travers elle, Alpha Condé vise bien un résultat, mais lequel ?   

En procédant aux arrestations arbitraires, aux persécutions et à la condamnation injuste des  opposants à son troisième mandat, Alpha Condé et ses complices cherchent à atteindre un résultat, celui d’amener une certaine opinion très fragile à blâmer le peuple de Guinée pour sa prétendue inaction et décourager  ainsi  des citoyens actifs qui se battent pour l’intérêt général. 

Ne tombons pas dans ce piège et cette stratégie connue de toutes les dictatures. Les seules personnes à blâmer dans cette situation sont le dictateur Alpha Condé, premier responsable du désastre dans lequel se trouve notre pays aujourd’hui, et ses soutiens également qui l’accompagnent dans le seul et unique but de satisfaire leurs intérêts matériels. 

La majorité de la population guinéenne a fait son choix et l’a exprimé plusieurs fois  à travers son soutien aux combattants de la démocratie et son adhésion à la lutte démocratique du FNDC depuis les premières heures du mouvement. Le peuple de Guinée n’est pas soumis ou résigné et n’abandonne pas ses dignes fils. Il est sans nul doute l’un des plus debout du continent. Il lui est tout simplement opposé, par la dictature, la force des armes  en réponse à ses manifestations pacifiques pour défendre la vérité et le droit. 

Force et honneur au vaillant peuple de Guinée !

Ibrahima DIALLO 

Responsable des Opérations du FNDC 

Coordinateur de Tournons La Page en Guinée

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Conakry : le blogueur Alpha Diallo condamné pour outrage à agent

15 juin 2021 à 11 11 17 06176
Mamadou Alpha Diallo, président de l’association des blogueurs de Guinée (ABLOGUI)

Le tribunal de première instance de Dixinn a rendu sa décision ce mardi, 15 juin 2021, dans le procès de Mamadou Alpha Diallo, président de l’association des blogueurs de Guinée (ABLOGUI).

Le juge a renvoyé le prévenu des fins de poursuite pour les faits de violences et voie de fait. Par contre, il l’a déclaré coupable des faits d’outrage à agent et l’a condamné au paiement d’une amende de 500 000 francs et d’un franc symbolique à la partie civile. Mais, les avocats du blogueur ont immédiatement interjeté appel.

A rappeler que Mamadou Alpha Diallo a été interpellé le 3 juin 2021, au quartier Sonfonia (en haute banlieue de Conakry) après une dispute avec une policière qui l’accusait d’avoir des vitres teintées au niveau de sa voiture. Accusé d’avoir tenu des propos déplacés à l’endroit de l’agent de police et d’avoir déchiré son carnet, il a été conduit au commissariat central de Sonfonia.

Ce n’est que le lendemain que le président de l’association des blogueurs de Guinée a été libéré. A l’ouverture de son procès la semaine dernière, il avait rejeté en bloc les faits mis à sa charge, déclarant que c’est plutôt lui qui est victime dans cette affaire. Parce que, disait-il, même en étant en règle, il a été arrêté, violenté et placé en détention dans les locaux de la police.

Le procureur Daouda Diomandé avait requis 6 mois d’emprisonnement assorti de sursis contre lui, tandis que les avocats de la défense avaient plaidé la relaxe pure et simple du jeune activiste.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620589527/664413227

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Me Christophe Koné sur la condamnation de Foniké Menguè : « notre justice est en train d’aller en sale besogne »

11 juin 2021 à 15 03 57 06576
Maître Koné Aimé Christophe Labilé, président de l’ONG Avocats sans frontières de Guinée

Comme annoncé précédemment, Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, Responsable de la mobilisation et des antennes du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), a été condamné à 3 ans de prison ferme hier, jeudi 10 juin 2021, par une décision de la Cour d’Appel de Conakry. Une condamnation de cet activiste de la société civile guinéenne est aujourd’hui très vivement critiquée par  l’opposition et les organisations de défense des droits humains en Guinée. Au niveau de l’ONG ‘’Avocat Sans Frontière’’, on exprime une « indignation » face décision de la Cour.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce vendredi, 11 juin 2021, Me Koné Aimé Christoph Labilé, le président de l’ONG Avocat sans frontière, s’est interrogé sur les motivations de la Cour en rendant cette décision.

« Je l’ai appris dans les différents médias, moi-même je n’y étais pas. Mais, j’ai une réaction d’indignation à travers ce que j’ai entendu. Partir d’une condamnation de 11 mois et je ne sais qui a fait appel peu importe, mais Foniké Mengué je crois qu’il a fait appel. Donc, quand un prévenu condamné fait appel, c’est pour alléger sa peine. Je tombe de nuit que la décision est drastiquement changé au niveau de la cour d’appel dans le sens d’alourdir sa sanction. La question que je me pose d’abord, c’est-ce que le procureur a fait appel ? Parce que l’appel du prévenu ne peut pas aggraver son sort. D’apprendre que même en audience, au niveau de la cour d’appel, la réquisition du procureur tournait autour de 2 ans. Alors, quand le juge condamne à 3 ans, juge qui n’est pas parti, je crois qu’il y a eu une mauvaise décision. Le juge a statué au-delà de ce qui lui était demandé. Alors, la question que je me pose, pourquoi les juges de la Cour d’Appel ont-t-il agit ainsi ? Qu’est-ce qu’ils ont voulu faire ? » s’est interrogé Me Koné Aimé Christoph Labilé.

Pour ce défenseur des droits humains, la procédure normale n’a pas été respectée dans cette affaire.

« Une décision doit être rendue à la suite d’un débat contradictoire au cours duquel chaque partie tente de tirer la couverture vers lui. Le prévenu tente de dire qu’il n’a commis aucune infraction ; et, pour cette raison, il demande sa relaxe pure et simple. Monsieur le procureur qui est l’empereur de la poursuite peut dire : ce Monsieur qui est par devant vous a commis telle infraction et pour la répression de laquelle je sollicite qu’il soit condamné à tel nombre d’année ou tel nombre de mois. Alors si les deux parties s’expliquent, le juge qui doit prendre le juste milieu et rendre la décision conformément à la loi qui est applicable aux faits. Qu’il aille au-delà de ce qui lui est demandé, on ne peut dire que c’est une mauvaise décision. Mais, en tant que défenseur des droits de l’homme, je crois que notre justice est en train d’aller en sale besogne », a indiqué Me Koné Aimé Christoph Labilé.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Procès de l’opposante Marie Madeleine Dioubaté : la partie civile fait une nouvelle demande

9 juin 2021 à 17 05 53 06536
Marie Madelaine Dioubaté

Le procès de Marie Madeleine Dioubaté, présidente du Parti des Ecologistes de Guinée, s’est poursuivi ce mercredi 9 juin 2021, au tribunal de première instance de Dixinn. Cette audience, tout comme la précédente d’ailleurs, s’est tenue en l’absence de l’opposante guinéenne, résidant en France, et sa sœur Nana Martine Dioubaté, qui réside au Mali.

Les sœurs Dioubaté sont poursuivies pour abus de confiance et complicité d’abus de confiance portant sur un diamant d’une valeur de 45 millions de dollars américains. Au cours de cette audience, la partie civile a demandé au tribunal de faire une jonction de procédures entre ce dossier et celui concernant deux autres citoyens poursuivis dans le cadre de cette même affaire, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

« Il y a un premier dossier dans lequel le ministère public a poursuivi Thierno Algassimou Diallo et Mamadou Lamarana Diallo pour abus de confiance et complicité. Le second dossier a été introduit sur l’initiative de ma cliente Mlle Djéïnabou Diallo, victime d’abus de confiance. Elle a cité Marie Madeleine Dioubaté et sa sœur Nana Martine Dioubaté. Cette affaire a été évoquée la semaine dernière, la consignation a été fixée, et nous avons versé ce montant.

Aujourd’hui, nous avons demandé la jonction de la procédure puisque les faits ont été commis par plusieurs personnes, résidant dans divers lieux. Il y a des faits qui ont été commis en Guinée, d’autres au Mali et d’autres en France. Mais la loi guinéenne, notamment l’article 12 du Code pénal, indique que lorsque des Guinéens commettent des infractions, même s’ils se trouvent à l’étranger, les juridictions guinéennes sont compétentes pour les juger. C’est pourquoi nous avons demandé cette jonction, parce qu’on ne peut pas juger les uns et laisser les autres.

Imaginez-vous que nous plaidions le dossier de Mamadou Lamarana et de Thierno Algassimou, qu’une décision soit rendue et que nous soyons obligés encore de plaider le second dossier. S’il y a deux décisions contradictoires dans cette affaire, en ce moment, on va parler de mal jugé. C’est pourquoi, il est logique et légales que les deux affaires soient jointes pour en faire une seule affaire pour que toutes ces personnes soient jugées par la même juridiction », a expliqué Thierno Amadou Oury Diallo, avocat de la partie civile.

Le tribunal a renvoyé l’audience au 23 juin prochain pour se statuer sur cette demande de la partie civile.

A rappeler que le diamant dont il est question dans cette affaire a été ramassé par la ménagère Djéïnabou Diallo, à Lambanyi, un quartier de la banlieue de Conakry. Par le biais d’un démarcheur, elle a remis la pierre précieuse à Nana Martine Dioubaté, qui l’a ensuite donnée à sa sœur Marie Madeleine Dioubaté. Peu après, cette dernière a déclaré que le diamant a été volé en France. Une version à laquelle ne croient pas la plaignante et son avocat. C’est pourquoi, ils ont porté plainte contre les sœurs Dioubaté pour « abus de confiance et complicité d’abus de confiance ».

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Procès du blogueur Alpha Diallo : le verdict attendu le 15 juin prochain

8 juin 2021 à 17 05 05 06056
Mamadou Alpha DIALLO, président de l’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI)

Comme annoncé précédemment, le procès de Mamadou Alpha Diallo, président de l’association des blogueurs de Guinée (ABLOGUI), s’est tenu ce mardi 8 juin 2021, au Tribunal de Première Instance de Dixinn. Après les réquisitions du procureur qui a requis 6 mois d’emprisonnement assorti de sursis contre le prévenu, les avocats de la défense ont présenté leurs plaidoiries. Ils ont sollicité le renvoi de leur client des fins de poursuite pour délits non constitués, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Poursuivi pour outrage à agent, violences et voie de fait, Mamadou Alpha Diallo a comparu libre dans cette affaire. Il a plaidé non coupable des faits qui lui sont reprochés, accusant la police de l’avoir arbitrairement arrêté et de l’avoir roué de coups, avant de le détenir dans les locaux du commissariat central de Sonfonia. Une version appuyée par ses avocats, qui ont tenté de démonter les accusations portées contre leur client. Répondant à la plaignante, Capitaine Findaba Kourouma, qui accuse le blogueur d’avoir déchiré son carnet, Me Lazare Gbillimou a déclaré que cette accusation a été montée de toutes pièces.

« C’est elle-même qui a déchiré le carnet parce qu’il a refusé de payer de l’argent qu’elle lui a réclamé. Si ce n’est pas elle, ce sont ses collègues qui ont déchiré le carnet. Donc ces infractions ne sont pas établies à l’égard de M. Mamadou Alpha Diallo. C’est tout simplement parce qu’il a refusé de payer de l’argent que cette affaire est venue jusque-là. On n’a pas rapporté les preuves des propos outrageants. C’est pourquoi nous vous demandons de le renvoyer des fins de la poursuite pour infractions non établies. Et vous avez la possibilité de statuer sur siège, car ce jeune n’est coupable de rien », a dit l’avocat, appuyés par ses confrères, Me Thierno Souleymane Barry et Me Halimatou Camara.

Revenant à la barre pour ses derniers mots, le président de l’association des blogueurs de Guinée (ABLOGUI) a dit croire en son innocence dans cette affaire. « Je n’ai pas insulté, je n’ai pas usé de violences. Je crois en mon innocence », a réitéré Mamadou Alpha Diallo.

Au lieu de statuer sur siège, comme l’a suggéré la défense, le tribunal a renvoyé le dossier au 15 juin 2021 pour rendre sa décision.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Viol sur une mineure de 13 ans : Issiaga Camara reconnu coupable et condamné à 10 ans de prison

8 juin 2021 à 10 10 50 06506
image d’archive

Les faits pour lesquels Issiaga Camara a été reconnu coupable et condamné ce lundi remontent au 7 juillet 2019 à Yattayah, un quartier de la commune de Ratoma. A cette date, aux environs de 20 heures, une fillette de 13 ans a été victime de viol. Et, c’est Issiaga Camara qui a été indexé et mis aux arrêts pour ce crime. Il a alors été déféré devant le parquet de Dixinn et conduit en prison à la maison centrale de Conakry. Et, finalement, il a été présenté devant le tribunal criminel pour y être jugé.

A la barre, ce jeune accusé a réfuté les faits de viol articulés à son encontre. Cependant, il a reconnu avoir introduit ses doigts dans le vagin de la fillette dont on l’accuse avoir violé. « J’ai utilisé mes doigts pour la pénétrer. Mais, c’est avec son consentement », a déclaré Issiaga Camara devant le tribunal.

En détention depuis juillet 2019 pour « viol » sur une mineure âgée de 13 ans, Issiaga Camara a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle hier, lundi 07 juin 2021, par le tribunal de première instance de Dixinn. Le ministère public avait requis 6 ans de réclusion criminelle contre ce jeune accusé de 32 ans, mais le tribunal s’est montré plus sévère dans sa décision, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Dans ses réquisitions, le ministère public a fait remarquer « qu’on ne peut pas parler de consentement avec une mineure âgée de 13 ans ». Et plus grave, ajoute le parquet, « le jeune violeur avait consommé du chanvre indien avant d’abuser sexuellement de la fillette au bord de la mer ». Finalement, il a demandé au tribunal de condamné Issiaga Camara à 6 ans de réclusion criminelle pour les faits de viol poursuivis à son encontre.

De son côté, l’avocat de la défense, Me Mohamed Abou Camara, a laissé entendre que les faits mis à la charge de son client ne sont pas constitués. « Aucune preuve n’a été démontrée devant votre tribunal. Je vous demande de le renvoyer des fins de poursuites pour crime non constitué à son égard », a-t-il plaidé.

Finalement, le tribunal a reconnu Issiaga Camara coupable de viol sur mineure et l’a condamné à 10 ans de réclusion criminelle.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Conakry : un vieux fait plus de 2 ans de prison pour un viol qu’il n’a pas commis

8 juin 2021 à 9 09 17 06176

Âgé d’une soixantaine d’années, Mamadou Chérif Diallo est incarcéré à la maison centrale de Conakry depuis le 21 février 2019 pour un viol présumé qu’il aurait commis sur une mineure. Son procès s’est tenu hier, lundi 07 juin 2021, devant le tribunal criminel de Dixinn (délocalisé à la mairie de Ratoma). Et, à l’issue des débats, ce vieil homme a été renvoyé des fins de la poursuite pour crime non constitué. Il recouvre ainsi la liberté avoir passé exactement 2 ans 3 mois et 16 jours en prison, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Dans cette affaire qui a jeté l’anathème, le discrédit, l’humiliation, le déshonneur sur lui et qui lui a volé plus de deux ans de sa vie d’homme libre, Mamadou Chérif Diallo y a été en pâture par Alhassane Goubou Diallo. C’est ce dernier qui, apparemment sans aucune preuve, l’a accusé de viol sur sa fille mineure et l’a jeté en prison. Et pourtant, au moment où on portait cette grave accusation à son encontre, Mamadou Chérif Diallo était malade et souffrait d’un problème urinaire. Il se souvient encore de ce jour funeste où on l’accusait et le blâme, en dépit de l’innocence qu’il clamait de toutes ses forces. Et, ce lundi à la barre, il est revenu sur cette histoire pour éclairer la religion du tribunal en charge de le juger.

« Ce jour, j’étais malade ; parce que j’avais un problème urinaire. Mes urines ne sortaient pas normalement et parfois elles ne sortaient pas. Je suis allé voir un médecin qui m’a donné des produits et qui m’a dit de revenir à la maison et que ça allait se débloquer. Quand j’ai pris les produits, je me suis mis sur un banc non loin de la toilette. Il n’y avait pas de courant. J’ai eu le besoin d’aller me mettre à l’aise ; mais, je ne savais pas que la fille (sa présumé victime) était à l’intérieur de la douche. C’est une toilette commune qui n’a même pas de porte, c’est moi qui aie attaché une bâche pour couvrir l’intérieur.

Dès que je suis rentré, j’ai trouvé la fille et je me suis retourné aussitôt pour me mettre à l’aise à côté. J’avais tellement mal, j’ai même mouillé mon pantalon. C’est ainsi que le père de la fille est venu me dire qu’il n’a pas confiance à moi, car il m’a vu revenir de la douche alors que sa fille était là-bas. Mais, que si j’accepte, on peut régler à l’amiable. Je ne lui ai même pas répondu, parce que ce n’est pas ce qui me préoccupait. C’est ainsi qu’il est allé à la gendarmerie rédiger une convocation et venir déposer chez le chef du quartier.

Tous nos voisins lui ont déconseillé, parce qu’ils savaient tous que ce sont des accusations sans fondement. Mais, en tant que citoyen et sachant que je ne me reproche de rien, je suis allé me présenter librement à la gendarmerie. C’est ainsi qu’on m’a conduit devant le juge d’instruction qui m’a aussi déféré à la maison centrale. Et finalement, le plaignant même a écrit pour une lettre de désistement pour dire qu’il m’accuse à tort », explique Mamadou Chérif Diallo, tout en précisant qu’il n’a jamais touché à la fille de son accusateur Alhassane Goubou Diallo.

En effet, cette « lettre de désistement » mentionnée par l’accusé a été déposé au tribunal de première instance de Dixinn le 11 novembre 2019 (soit près de 9 mois après que Mamadou Chérif Diallo ait été placé sous mandat de dépôt). Mais, malgré que son accusateur avoué l’avoir accusé à tort dans cette affaire, le tribunal de Dixinn ne s’est pas penché sur ce dossier pour démêler très vite le vrai du faux pour éviter de maintenir un innocent en prison. Une attitude que déplore même Alhassane Goubou Diallo qui considère la justice comme le geôlier de Mamadou Chérif Diallo. Car, appelé à la barre pour être confondu à son accusé, Alhassane Goubou Diallo a déclaré devant le tribunal qu’il a accusé à tort Mamadou Chérif Diallo et qu’il l’avait aussi dit à la justice.

« Je n’ai pas beaucoup de choses à dire. La façon dont les gens m’ont expliqué, ce n’est pas comme ça que les choses se sont passées. C’est pourquoi j’ai écrit une lettre de désistement le 11 novembre 2019 ; mais, c’était trop tard parce que monsieur Diallo était déjà en prison. C’est vrai, la manière dont je l’ai vu sortir de la toilette m’a laissé des doutes ; mais, au finish j’ai compris que je l’accuse », s’est confessé brièvement Alhassane Goubou Diallo.

N’ayant aucune preuve, ni aucun témoin (pas même une déposition à charge contre l’accusé) sous la main, le ministère public s’est vu dans l’obligation de requérir la relaxe pure et simple de Mamadou Chérif Diallo.

«Au niveau de l’enquête préliminaire, la fille avait déclaré qu’elle a un copain dans son école et que personne ne sait ce que les deux font… Par conséquent, le ministère public requiert qu’il vous plaise de faire application à l’article 544, déclarer Mamadou Chérif Diallo non coupable des faits qui lui sont reprochés et le renvoyer à des fins de poursuite pour délit non constitué », a requis le procureur audiencier.

Ces réquisitions du ministère public ont conforté la position de la défense qui, sans grand discours, a aussi demandé la relaxe de son client.

Finalement, le tribunal, dans son délibéré, a déclaré Mamadou Chérif Diallo non coupable des faits de viol qui lui sont reprochés et l’a renvoyé des fins de poursuite.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Détentions préventives prolongées en Guinée : 9 ans, 9 mois et 2 semaines sans jugement…

4 juin 2021 à 23 11 55 06556

Placée sous mandat de dépôt le 18 août 2011 et écrouée à la maison centrale de Conakry pour « coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner », Fatoumata Lamarana Bah était devenue l’une des oubliées de la justice guinéenne. Elle a passé 9 ans 9 mois et 2 semaines en prison sans être jugée pour les faits qu’on lui reproche et dont elle ne nie pas avoir commis. Et, dans cette affaire, la partie civile est même devenue introuvable, a appris un reporter de Guineematin.com qui suit cette affaire.

En Guinée, la justice est souvent pointée du doigt pour les détentions préventives prolongées et abusives de citoyens en conflit avec la loi. Le respect des dispositions du Code de procédure pénale sur la détention provisoire est parfois le cadet des soucis des parquets. Et, cette attitude de ces magistrats, symbole d’un mépris à l’égard de la loi et des personnes en conflit avec la loi, porte préjudice aux prévenus et accusés en attente de jugement dans les différentes prison du pays. C’est clairement une violation des droits des détenus à bénéficier d’un procès juste et dans les délais impartis par la loi. Et, pourtant, il n’existe aucun vide juridique en la matière. Car, le Code de procédure pénale, dans sa section 3, paragraphe 1, articles 236, 237 et suivants, règle clairement la question.

« En matière correctionnelle, lorsque le maximum de la peine prévue par la loi est inférieur à 6 mois d’emprisonnement, l’inculpé domicilié en Guinée ne peut être détenu plus de 5 jours, après sa première comparution devant le juge d’instruction, s’il n’a pas déjà été condamné soit pour un crime, soit à un emprisonnement de plus de 3 mois sans sursis, pour infraction de droit commun. Dans les autres cas, la détention provisoire ne peut excéder 4 mois. Si le maintien en détention au-delà de 4 mois apparaît nécessaire, le juge d’instruction peut, avant l’expiration de ce délai, décider la prolongation par ordonnance spécialement motivée, rendue sur les réquisitions également motivées du procureur de la République. Aucune prolongation ne peut être prescrite pour une durée de plus de 4 mois sans que la durée totale de la détention provisoire ne dépasse 12 mois, sauf si l’inculpé est poursuivi pour avoir participé à la commission des infractions de détournement de deniers publics, vol de bétail, traite d’enfants auxquels cas une prolongation exceptionnelle de 4 mois sera accordée. Toutefois, saisi de réquisitions du procureur de la République tendant au placement en détention provisoire, si le juge d’instruction estime que cette détention n’est pas justifiée, il est tenu de statuer sans délai par ordonnance motivée qui est immédiatement portée à la connaissance du procureur de la République.

En matière criminelle, l’inculpé ne peut être maintenu en détention au-delà de 6 mois, après sa première comparution devant le juge d’instruction s’il n’a pas déjà été condamné à un emprisonnement de plus de 3 mois sans sursis, pour infraction de droit commun. Toutefois, si le maintien en détention au-delà de 12 mois apparaît nécessaire, le juge d’instruction peut, avant l’expiration de ce délai, décider la prolongation par ordonnance spécialement motivée rendue sur les réquisitions également motivées du procureur de la République pour une durée de 6 mois. En aucun cas, la durée totale de la détention ne peut excéder 18 mois, sauf si l’inculpé est poursuivi pour avoir participé à la commission des infractions suivantes : crime de guerre, crime de génocide, crime contre l’humanité, crime d’agression, terrorisme, trafic de stupéfiants, pédophilie, crime organisé, crime transnational ou atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. La durée peut, dans ces cas, être portée à 24 mois », lit-on dans le Code de procédure pénale.

En termes clairs, en matière criminelle (puisque c’est de cela qu’il s’agit dans l’affaire Fatoumata Lamarana Bah), la détention provisoire ne doit en aucun cas dépasser 24 mois (soit 2 ans). Mais, dans le cas de la pauvre accusée Fatoumata Lamarana Bah, ce délai a été largement dépassé. Elle est poursuivie pour « coups et blessures ayant entrainés la mort sans intention de la donner », une infraction prévue et punie par l’article 243 du Code pénal et suivants. Elle est en détention depuis le 18 août 2010 ; et, c’est seulement ce 1er juin 2021 que son dossier a été évoqué devant le tribunal criminel de Mafanco.

A la barre, Fatoumata Lamarana Bah a reconnu sans ambages les faits qui lui sont reprochés et a présenté des excuses. Elle a indiqué avoir agi sous la le poids et que son intention n’était aucunement de tuer sa victime (une femme qui venait de gifler son enfant).

« Un jour, il y a eu un malentendu entre une femme voisine et moi. Suite à cette altercation, elle (sa voisine) est allée gifler mon enfant. Et, quand elle l’a giflé, le sang est sorti. Moi aussi je suis allée chez elle (sa voisine), j’ai pris une eau chaude qui se trouvait dans une de ses marmites, j’ai versé sur elle. On l’a envoyé à l’hôpital, mais elle a succombé à ses brûlures. Je reconnais avoir fait ce qui n’est pas bon. Je demande pardon », a déclaré Fatoumata Lamarana Bah visiblement très éprouvée par les peines de la prison.

Cependant, le ministère public a requis finalement requis 15 ans de prison à son encontre. Mais, Son avocat a plaidé pour une « condamnation au temps mis » en prison. Et, finalement, le tribunal a mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le 15 juin prochain.

A noter que Fatoumata Lamarana Bah a été jugé à l’absence de la partie civile. Cette partie au procès serait « introuvable ». Lassée d’attendre un procès qui semble avoir voyagé dans la nuit des temps, la partie civile aurait changé d’adresse sans en informer le parquet de Mafanco. Autant dire que Fatoumata Lamarana Bah avait été jetée dans les oubliettes. Et, comme elle beaucoup d’autres guinéens souffrent actuellement de cette autre forme de violation des droits de l’homme en Guinée.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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Justice : voici ce qui est interdit à Ousmane Gneloye après sa condamnation

4 juin 2021 à 13 01 21 06216
Ousmane Gneloye Diallo

Comme annoncé précédemment, le Tribunal de Première Instance de Dixinn a condamné hier, jeudi 3 juin 2021, Ousmane Gneloye Diallo. Ce célèbre militant du RPG Arc-en-ciel, connu pour ses sorties fracassantes sur les réseaux sociaux, a été reconnu coupable de mort et injures publiques. Des faits pour lesquels il était poursuivi par Kadiatou Biro Diallo, fille de l’ancien président de l’Assemblée nationale guinéenne, Elhadj Boubacar Biro Diallo. 

Il a écopé d’une peine de 5 ans d’emprisonnement, plus le paiement d’une amende de 2 millions francs et le paiement d’un montant symbolique de 5000 francs à titre de réparation civile. Le tribunal a pris également plusieurs autres mesures restrictives à l’encontre de celui qui se fait appeler « ministre de la défense du président Alpha Condé sur Facebook. Guineematin.com vous livre ci-dessous ces mesures prononcées par le juge Alphonse Charles Wright. 

« Interdiction d’être nommé à un emploi administratif ; interdiction du port d’armes ou de la détention d’armes ; interdiction de faire déposition en justice comme témoin, sauf réquisition du ministère public ; interdiction d’être désigné comme membre d’une délégation représentant la Guinée à l’étranger ; interdiction de séjour dans les lieux abritant la partie civile pendant 5 ans, après exécution de sa peine ; interdiction d’accéder et d’héberger sur les réseaux sociaux, notamment Facebook ou toute autre voie de communication en République de Guinée, sous la surveillance de l’autorité de régulation des postes et télécommunications et l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) ». 

Par ailleurs, le tribunal a ordonné le maintien du mandat d’arrêt en cours d’exécution décerné contre Ousmane Gneloye Diallo. Ce qui veut dire que les services de sécurité doivent le rechercher et conduire en prison.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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