Réquisition du procureur de Pita : réclusion criminelle à perpétuité contre Alseyni Diallo

14 octobre 2021 à 7 07 21 102110
Alghassimou Diallo, Procureur de la République Près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Pita

Après les débats dans l’affaire du viol suivi de meurtre de la petite Aïssatou à Timbiwol, dans la commune rurale de Timbi-Tounni, l’empereur des poursuites, Alghassimou Diallo a demandé au Tribunal criminel de condamner l’accusé Alseyni Diallo à la réclusion criminelle à perpétuité, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Pita, Alghassimou Diallo reste convaincu que c’est Alseyni Diallo qui a violé et tué la petite Aïssatou de Timbiwol. Pour la répression, il demande la réclusion criminelle à perpétuité.

Au cours de ses réquisitions, il a invoqué l’article 269 du code pénal, parce que le viol a entrainé la mort de la victime. Cette disposition indique qu’en pareil cas c’est la réclusion criminelle qui s’applique.

Même si au cours de l’enquête à l’audience Alseyni Diallo a nié systématiquement les faits qui lui sont reprochés, au cours des débats, il a reconnu être un grand consommateur de chanvre indien depuis pratiquement 10 ans. C’est pourquoi d’ailleurs il a été arrêté avec quelques boules.

Il convient aussi de préciser que la fillette avait perdu complètement la partie génitale avant de rendre l’âme. Son corps sans vie a été retrouvé dans la case construite par son oncle paternel et habitée par le présumé auteur.

Sa mère qui a expliqué publiquement les circonstances de ce drame a inspiré en l’auditoire la nécessité absolue de renforcer la vigilance et la surveillance des enfants qui restent vulnérables. 

Le commun des mortels ne peut jamais imaginer qu’une fillette de 4 ans peut banalement tombée dans les filets des proches parmi les plus proches de ses parents et dans la concession de son oncle paternel.

C’est bien ce sentiment de vivre en famille qui a donné à madame Adama Sira Bah d’abandonner sa fille seule pour aller rejoindre la communauté invitée à apporter sa contribution à la construction d’un four à briques aux préjudices de la protection de l’environnement. 

Les parents doivent faire de leur priorité l’entretien et la protection des enfants que le Tout Puissant Allah leur confie. Rien ne peut justifier qu’on néglige les tout petits, symboles de l’innocence. 

La confiance que l’hypocrisie sociale enseigne de placer en vos proches parents et voisins n’excluent pas la vigilance que vous devez avoir pour protéger et sauver vos enfants des esprits et intelligences maléfiques qui guettent le bon moment pour tomber sur leurs proies. 

Sachez que ceux qui veulent vous faire du mal, à travers vos enfants, vous tiennent à l’œil dans l’espoir que vous commettrez un jour une grave faute d’attention. A bon entendeur, salut ! 

De Pita, Idrissa Sampiring Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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Viol suivi de meurtre de la fillette de 4 ans à Pita : témoignage pathétique de la mère de la victime

14 octobre 2021 à 7 07 07 100710

Les débats à l’audience publique se sont poursuivis dans l’après-midi du mercredi, 13 octobre 2021, devant le Tribunal criminel de Pita par la comparution de madame Adama Sira Bah, mère de la victime qui a apporté un témoignage pathétique et émouvant, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Interrogée par le juge audiencier, Alfred Camara, président du Tribunal de Première Instance (TPI) de Pita, madame Adama Sira Bah a donné un témoignage qui a fait couler beaucoup de larmes au sein de l’auditoire.

Après avoir pris son petit déjeuner, la petite Aïssatou Bah est allée dans la concession de son oncle paternel où habite Alseyni Diallo (l’accusé) pour jouer avec ses camarades d’âge. C’était aux environs de 8 heures du matin. Moi, je suis allé aider un de nos voisins à puiser de l’eau pour la fabrication de brique cuite. L’intéressé avait sollicité l’appui des citoyens de notre village. L’enfant avait l’habitude de revenir pour manger. Je suis rentrée à midi à la maison. Ayant constaté que la petite n’est pas revenue comme d’habitude, j’ai envoyée une de ses sœurs pour la chercher. Elle est revenue me dire qu’elle ne l’a pas vu. J’ai pensé alors qu’elle est partie retrouver la foule là où les gens sont mobilisés pour aider à puiser de l’eau pour la fabrication des briques cuites. Mais, elle n’y était pas. J’ai alors fouillé partout. Je suis allée le long des rivières et cours d’eau. Je ne l’ai pas vu. J’ai alors demandé à Djibril, un des enfants qui jouaient avec ma fille. Il a répondu que c’est Alseyni Diallo qui l’a invité à aller acheter du bonbon. Les enfants qui jouaient Aïssatou ont vu Alseyni et ma fille entrer dans la case. Nous avons continué les recherches jusqu’aux environs de 19 heures. C’est en ce moment que les gens se sont décidés d’aller dans la case d’Alseyni pour vérifier les déclarations des enfants qui jouaient avec la victime. Abdoul, un des grands frères de la victime a pénétré la case où il a retrouvé effectivement le corps sans vie de ma fille ensevelis dans un tissu et caché derrière les planches d’un lit. Elle avait du sang partout. Lorsque celui qui a retrouvé le corps a alerté les gens, Alseyni était présent. Il a tout de suite pris la poudre d’escampette. Il a été stoppé dans sa course par un chasseur qu’il a croisé en brousse et qui avait entendu les cris de la clameur publique derrière le fugitif. Pendant ce temps, j’étais entrain de rechercher ma fille ailleurs. A mon retour, j’ai trouvé que les jeunes ont ligoté Alseyni. Moi, j’ai décidé d’entrer dans la case pour voir le corps de ma fille pour me rassurer » a-t-elle expliqué avant d’éclater en sanglot.

Une vive émotion s’est alors emparée de l’auditoire. Beaucoup ont versé des larmes dans la salle. C’est difficilement que le procureur de la république près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Pita, Alghassimou Diallo a pu prendre la parole. Il a d’abord essayé de remonter le moral de madame Adama Sira Bah. Ensuite, il a demandé si effectivement elle a vu le corps sans vie de sa fille et si elle avait elle-même constaté le sang.

La dame a répondu par l’affirmative. Mais, la scène qu’elle décrivait a provoqué une autre émotion chez le procureur qui a fini par renoncer à la série de questions qu’il voulait poser à la dame.

C’est en ce moment que l’avocat de la défense, Maître Lanciné Condé, commis par l’Organisation pour la Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) pour assister Alseyni Diallo est entré en scène, avec une question très fermée. Celle de savoir si madame Adama Sira Bah a la conviction que c’est l’accusé qui a abusé de sa fille avant de la tuer ou si c’est quelqu’un qui lui a dit que sa fille a été tuée par Alseyni Diallo.

A ce niveau, la dame donne une réponse évasive. Tout en insistant sur le témoignage des enfants qui ont déclaré avoir entendu Alseyni appelé la fillette pour lui acheter des bons-bons.

« En plus, on a retrouvé effectivement un bonbon à côté du corps de la victime dans la case de Alseyni » a-t-elle précisé. 

Le même avocat avait demandé à Alseyni les raisons qui font que c’est lui qui a été directement indexé et accusé après la découverte du corps sans vie de la fillette. Le prévenu a déclaré sans hésitation que c’est parce que c’est lui qui est l’étranger dans ce village de Timbiwol, relevant de la commune rurale de Timbi-Tounni. Histoire de rappeler qu’il est de Kourako, dans Bagnan, relevant de la commune rurale de Hafia, située à 18 km du chef-lieu de la préfecture de Labé.

De Pita, Idrissa Sampiring Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334 

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Vol de 10 kg de riz à Faranah : Youssouf Oularé condamné à 7 ans de prison

28 septembre 2021 à 19 07 32 09329

En audience correctionnelle hier, lundi 27 septembre 2021, le tribunal de première instance de Faranah a condamné Youssouf Oularé (un jeune voleur récidiviste) à 7 ans de prison. Ce jeune homme était poursuivi pour « vol » portant sur 10 kilogrammes de riz, a appris Guineematin.com à travers son correspondant dans la préfecture de Faranah.

Selon nos informations, Youssouf Oularé est un « multirécidiviste » de faits de vol qui a été plusieurs fois jugé et condamné par le tribunal de première instance de Faranah. Et, cette fois, il était devant cette juridiction pour le vol de 10 kilogrammes de riz. Mais, le tribunal n’est pas allé de main morte pour le sanctionner. Il lui a infligé une peine de 7 ans de prison.

« Effectivement, le 20 septembre 2021, nous avons reçu un procès verbal à l’encontre du nommé Youssouf Oularé. Ainsi, le dossier a été orienté en flagrant délit ; et, c’est ce qui a conduit le prévenu devant le tribunal correctionnel ce 27 septembre.

Pendant les débats, il a été constaté que Youssouf Oularé est un habitué des faits. Il a été plusieurs fois arrêté et traduit devant le tribunal pour les mêmes faits de vol qui sont sa spécialité. Il appartient à un groupe organisé qui opère généralement la nuit au niveau des boutiques et des concessions. La particularité de son cas, c’est qu’il a été une fois condamné à une peine assorti de sursis. Pour la seconde fois, il a été arrêté, jugé et condamné à une peine de 6 mois ferme qu’il a purgée. Et, par la suite, il a été arrêté pour les mêmes faits de vol. Cette fois, on s’est dit qu’il fallait imprimer une dose sérieuse tenant aux circonstances aggravantes, le tout se reposant sur les dispositions des articles 373 et 374 du code pénal qui parlent non seulement des faits de soustraction frauduleuse, article 373 et article 374 qui met l’accent sur le vol aggravé. C’est-à-dire le vol commis avec au  moins 2 des 8 circonstances aggravantes énumérées par le code pénal. C’est une réponse que le tribunal correctionnel a donné aux agissements antisociaux de ce prévenu », a expliqué Mamoudou Magasouba, procureur de la république près le tribunal de première instance de Faranah.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tel : 620241513/660272707

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Massacre du 28 septembre : les victimes interpellent le colonel Mamadi Doumbouya

24 septembre 2021 à 20 08 01 09019
Asmaou Diallo, présidente de l’AVIPA

Douze ans après le massacre du 28 septembre, les victimes attendent toujours que justice leur soit rendue. L’instruction du dossier est bouclée depuis 2017, mais aucune date n’est jusque-là donnée pour l’ouverture du procès. Une situation sur laquelle l’association des victimes et amis du 28 septembre (AVIPA) interpelle les nouvelles autorités guinéennes.

La chute du régime Alpha Condé redonne de l’espoir aux victimes des événements du 28 septembre 2009. Ces citoyens, qui ont été touchés affectés d’une manière ou d’une autre par les atrocités commises ce jour-là, à Conakry, espèrent qu’ils pourront enfin avoir justice. Chose qu’ils ont réclamé, en vain, pendant les 11 années de gestion de l’ancien chef de l’Etat guinéen, renversé par un coup d’Etat militaire, le 5 septembre dernier.

« Depuis dix ans, on se bat, on réclame justice, malheureusement on ne l’a pas obtenu pendant le règne du Pr Alpha Condé. Ces massacres ont eu lieu pendant une transition qui était dirigée par des militaires, à leur tête le capitaine Moussa Dadis Camara. Et l’avènement d’un civil au pouvoir avait suscité beaucoup d’espoir chez les victimes. On avait pensé qu’il allait tout faire pour juger ce dossier et rendre justice aux victimes.

Malheureusement, M. Alpha Condé n’a pas accepté de nous accompagner. Il n’a pas accepté de faire en sorte que ce dossier soit jugé. L’instruction de ce dossier a été clôturée depuis 2017. Depuis, rien ne pouvait empêcher la tenue du procès. Mais il a été mis dans les tiroirs », a déploré Asmaou Diallo, présidente de l’association des victimes et amis du 28 septembre, dans un entretien qu’elle a accordé à Guineematin.com, ce vendredi 24 septembre 2021.

C’est pour cette raison que cette dame salue l’avènement du comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) à la tête de la Guinée. Elle a été très marquée par le discours du colonel Mamadi Doumbouya, annonçant que la justice sera désormais la boussole qui va guider toutes les actions. Et c’est dans ce cadre que la présidente de l’AVIPA exhorte la junte militaire au pouvoir à mettre le dossier du 28 septembre parmi ses priorités.

« Nous voulons que le colonel Mamadi Doumbouya accorde un intérêt particulier au dossier du 28 septembre. Lorsque la transition va commencer, lorsque le gouvernement de transition sera mis en place, on aimerait que le dossier du 28 septembre soit le premier dossier devant la justice guinéenne. Ça, c’est l’une de nos attentes. Ensuite, nous voulons une reconnaissance totale pour les victimes du 28 septembre, suivie de réparations. Si on arrive à juger ce dossier, je suis sûre qu’on verra la lumière dans notre pays.

Ça sera une ouverture pour nous qui nous mènera vers une justice transitionnelle, une réconciliation nationale », a laissé entendre Asmaou Diallo, tout en demandant aux nouvelles autorités de faire attention à certains magistrats guinéens, qui s’étaient mis au service du régime Alpha Condé. « Les magistrats qui ont travaillé sous la coupe du Pr Alpha Condé, qui ont accepté tout ce qu’il voulait tout en brimant la population, j’aimerais que le colonel fasse beaucoup attention à eux.

Si ces magistrats doivent revenir encore et continuer à travailler, ils doivent prêter serment à nouveau devant le peuple de Guinée pour dire la vérité, rien que la vérité. Dans le cas contraire, je ne pourrai pas croire à leur engagement. Parce qu’ils ont réussi à tromper le peuple de Guinée sous le règne du Pr Alpha Condé. Donc, je demande au colonel Mamadi Doumbouya de faire attention à eux ».

Le 28 septembre 2009, des milliers de Guinéens se sont rassemblés au stade du 28 septembre de Conakry pour manifester contre une éventuelle candidature du capitaine Moussa Dadis Camara (le chef de la junte militaire alors au pouvoir) à l’élection présidentielle qui se préparait. Mais, l’armée a violemment réprimée ce manifestation pacifique. Selon plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, au moins 157 personnes ont été tuées, des centaines d’autres blessées et de nombreuses femmes violées.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel. 620 589 527/664 413 227

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Procès d’anciens membres du Bloc Libéral : la décision attendue le 6 octobre 2021

23 septembre 2021 à 8 08 31 09319
Dr Faya Millimouno, président du Bloc Libéral

La bataille judiciaire qui oppose Dr Faya Millimouno (président du parti Bloc Libéral) à des anciens membres de son parti tire vers la fin. Après le réquisitoire du parquet et les plaidoiries des avocats hier, mercredi 22 septembre 2021, le tribunal en charge du dossier a mis l’affaire en délibérer pour décision être rendue le 6 octobre 2021, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Après les plaidoiries du conseil de la partie civile, Me Gabriel Faya Kamano et les réquisitions du procureur Daye Mara, c’était le tour de Me Abdoul Thiam, l’avocat de la défense de plaider la cause des  prévenus ce mercredi 22 septembre. Dans ses plaidoiries, l’avocat a laissé entendre que le comportement anti démocratique reproché au président du Bloc Libéral par les prévenus est prouvé. 

« C’est lui et lui seul qui a voulu imposer sa volonté pour aller au congrès.  Il prend toujours des décisions unilatérales. Il violait tantôt les textes qui régissent le BL. Et, ils ont dénoncé ça pour que ça aille dans le parti », a martelé Me Thiam, avant d’affirmer que ses clients ne sont pas animés d’une intention de nuire le Bloc Libéral. Bien au contraire, il estime que c’est Faya Millimouno, qui a mis le feu aux poudres, en qualifiant ses anciens collègues de tribalistes. Cela bien avant que ces derniers n’organisent leur conférence de presse pour dénoncer ses agissements.

« Avant cette conférence, Faya Milimouno avait qualifié cette équipe d’un clan tribal. Alors, avant leur démission,  il y avait d’autres qui ont démissionné. C’est le cas de Samuel Kourouma,  d’Aly Manet,  de Mohamed Bangoura,  d’Abdoulaye Diakité. Tous ces gens-là avaient rendu démission. Mais ils n’ont jamais été qualifiés de clan tribal. Pourquoi il a qualifié ces prévenus de clan tribal? Donc il n’y a pas eu de diffamation, parce que tout ce qui a été dit a été démontré de façon contradictoire. Ces enfants n’avaient aucune intention de nuire, mais plutôt de dénoncer. C’est pourquoi, conformément à la disposition de l’article 544 du code pénal guinéen,  nous sollicitons leur relaxe », a conclu Me Abdoul Thiam.

Au terme de cette longue plaidoirie, le tribunal a mis l’affaire en délibérer pour décision être rendue le 6 octobre 2021.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

 Tél. : 620 589 527/664 413 227

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Kéamou Bogola Haba : « Alpha Condé a des comptes à rendre à la Nation »

14 septembre 2021 à 12 12 18 09189
Kéamou Gbogola Haba de l’UGDD et président de la commission communication  de l’ANAD

A la tête de la Guinée depuis 2010, Alpha Condé a été renversé le 05 septembre dernier par le CNRD dirigé par le colonel Mamady Doumbouya, commandant du Groupement des forces spéciales (une unité d’élite de l’armée guinéenne). Mais, plus d’une semaine après ce coup de force, le désormais ancien chef d’Etat guinéen est toujours dans les mains des militaires qui ont écourté son troisième mandat présidentiel. Et, son sort fait débat dans le pays, même si on apprend que le principe de sa libération est déjà acquis auprès de la junte au pouvoir. Mais, pour le président d’honneur de l’UGDD (Union Guinéenne pour la Démocratie et le Développement), Alpha Condé devrait être traduit devant la justice.

Rencontré ce mardi, 14 septembre 2021, en marge de la rencontre de concertation au palais du peuple entre les acteurs politiques et le CNRD, Kéamou Bogola Haba a laissé entendre qu’il est impossible de libérer Alpha Condé sans aucune condition.

« Alpha Condé a des comptes à rendre à la nation. Donc, tu ne peux pas le libérer sans conditions. Il faut qu’il (Alpha Condé) accepte d’abord la nouvelle autorité (le CNRD) qui existe et de commencer à voir ce qu’il y a à faire en termes de passation de dossiers à monsieur Doumbouya (le président du CNRD). Et, le reste, il (Alpha Condé) verra ça avec la justice », a brièvement martelé Bogola Haba.

A noter qu’on ignore encore si le sort de l’ancien président guinéen fera l’objet des débats lors de ce premier round de concertation entre les acteurs politiques et le comité national de rassemblement et développement.

Amadou Lama Diallo pour Guineematin.com

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Dansa Kourouma sur le mandat d’arrêt contre Sékou Koundouno : « la justice s’est rabaissée »

26 août 2021 à 19 07 57 08578
Sékou Koundouno, responsable des stratégies et planification du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC)

« … la justice s’est rabaissée ! C’est une justification éloquente du rabais de la justice qui brandit un mandat d’arrêt contre une personne qui ne constitue nullement une menace contre la République. Donc, je pense qu’il est important pour la justice guinéenne de se ressaisir et de délivrer des actes qui peuvent l’honorer… »

Le mandat d’arrêt émis contre Sékou Koundouno, responsable des stratégies et planification du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), continue de susciter des réactions en Guinée. Beaucoup d’acteurs politiques et de la société civile y voient une instrumentalisation de la justice par le régime Alpha Condé qui a horreur des critiques.

Joint au téléphone par un reporter de Guineematin.com dans l’après-midi de ce jeudi, 26 août 2021, le président du Conseil National des Organisations de la Société Civile (CNOSCG) estime que ce mandat d’arrêt « est un rabais de la justice ». Dr Dansa Kourouma demandé à la justice guinéenne de ressaisir pour éviter de poser des actes qui la déshonorent…

Dr Dansa Kourouma, président du Conseil National des Organisations de la Société Civile de Guinée (CNOSCG)

« Le cas du mandat d’arrêt est une prérogative de la justice. Alors, si je dois faire un commentaire, je déduis tout simplement que la justice s’est rabaissée. C’est une justification éloquente du rabais de la justice qui brandit un mandat d’arrêt contre une personne qui ne constitue nullement une menace contre la République. Donc, je pense qu’il est important pour la justice guinéenne de se ressaisir et de délivrer des actes qui peuvent l’honorer. Bien entendu, les critiques et les propos de Sékou Koundouno ne sont pas faciles à digérer. Mais, dans le contexte actuel, je pense que c’est un mandat de rabais », a-t-il martelé.

À rappeler qu’après son départ de Conakry et un séjour à Dakar, Sékou Koundouno est actuellement en Europe où il continue à mener sa lutte contre le troisième mandat d’Alpha Condé et l’instauration de la démocratie en République de Guinée.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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TPI de Mafanco : la décision contre les 14 travailleurs d’Albayrak attendue le 6 septembre

26 août 2021 à 16 04 34 08348

Comme annoncé précédemment, 14 travailleurs (parmi la trentaine qui a été le 16 août dernier à Matoto) étaient de nouveau à la barre du tribunal de première instance de Mafanco ce jeudi, 26 août 2021. Ils sont poursuivis pour « attroupement délictueux et destruction de biens » au préjudice de la société Albayrak transport. Le parquet vient de requérir des peines de prison allant de 6 mois à un an à l’encontre de la majeure partie d’entre eux ; alors que, de son côté, la défense a plaidé pour la relaxe de tous les prévenus. Mais, le tribunal vient de renvoyer l’audience au 06 septembre pour décision être rendue, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Face au très sévère réquisitoire du ministre public qui a demandé la prison ferme pour dix (10) des quatorze (14) prévenus à la barre, les avocats de la défense ont plaidé un renvoi des fins de la poursuite pour délit non constitué. Ils soutiennent que les faits poursuivis dans cette affaire ne sont pas imputable à leurs clients ; et, au cours des débats, aucune preuve ni aucun témoin n’a été présenté devant le tribunal pour accabler les prévenus.

« La défense demande qu’il plaise au tribunal de renvoyer tous ces prévenus des fins de la poursuite pour délit  non établit à leur encontre, conformément à l’article 544 du code de procédure pénale. Nous demandons leur relaxe pure et simple pour délit non constitués. Et, s’il doit y avoir de condamnation qu’ils (les prévenus) soient condamnés avec sursis. Parce qu’il n’y a eu ni délit ni infraction à la matière », a martelé un des avocats de la défense, tout lorgnant le parquet.

Finalement, le tribunal à mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le 06 septembre prochain.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Dr Zoutomou : « le Barreau de Guinée a pris la mesure des manquements aux règles de justice »

19 août 2021 à 11 11 40 08408
Dr Edouard Zoutomou Kpogomou, président de l’UDRP (Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès)

Comme annoncé dans l’une de nos précédentes publications, le Barreau de Guinée a exprimé son indignation face à la révocation du régime de semi-liberté et le renvoi en prison de l’ancien président de la délégation spéciale de Kindia, Abdoulaye Bah. Dans sa déclaration du mardi dernier, 17 août 2021, l’ordre des avocats de Guinée a dénoncé une violation flagrante de la loi et exigé l’annulation de cette décision du directeur national de l’administration pénitentiaire. Et, cette position du barreau est largement partagée par le président de l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès (UDRP).

Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com hier, mercredi, Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou a salué cette sortie du  barreau qu’il qualifie tout de même de réveil tardif.

« Le barreau de Guinée est dans ses droits de dénoncer l’immixtion de l’exécutif dans les questions judiciaires. Il n’appartient pas au directeur national du service pénitencier de faire sortir ou bien de faire rentrer quelqu’un en prison, quel que soit le motif. C’est un exécutant ; et, cet ordre doit venir soit du procureur ou bien des autorités judiciaires. Car, le service pénitencier est un relais de l’exécutif. Donc, il n’a rien à voir dans les questions de jugement. Mais, ce qui vient de se passer, c’est de l’immixtion pure et simple. Donc, le barreau de Guinée est dans son droit. Et, moi, je les applaudis », a dit Dr Zoutomou.

Pour le leader de l’UDRP, cette déclaration du barreau ne sera surement pas suffisante pour stopper l’immixtion du pouvoir exécutif dans les affaires judiciaires ; mais, c’est déjà un pas dans le combat pour le respect de la séparation des pouvoirs en Guinée.

« Ce n’est pas suffisant ; mais, ça doit toujours commencer quelque part. Je me suis un peu offusqué parce que le barreau a été un peu silencieux ces derniers temps. Il n’a jamais dénoncé avec vigueur tous ces manquements, ces comportements déplacés. Et, c’est maintenant qu’il commence à le percevoir. Je crois qu’ils ont pris la mesure des manquements aux règles de justice. Et, s’ils en parlent maintenant, c’est bon et ça veut dire qu’ils vont continuer. Je souhaite vivement qu’ils continuent dans ce sens », a indiqué Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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36 employés d’Albayrak interpellés : « ils ont été déférés au tribunal de Mafanco »

17 août 2021 à 12 12 54 08548

Les 36 employés de la société Albayrak interpellés hier, alors qu’ils venaient d’entamer une grève illimitée, ont été déférés au parquet du tribunal de première instance de Mafanco. C’est le secrétaire général du syndicat des travailleurs de l’entreprise qui l’a annoncé dans un entretien avec un journaliste de Guineematin.com ce mardi, 17 août 2021.

« Nos amis sont toujours en détention. Ce matin, ils ont été déférés au tribunal de première instance de Mafanco, entre 8 heures et 9 heures. Donc, ils attendent leur avocat et les représentants de l’USTG (Union syndicale des travailleurs de Guinée), la centrale syndicale à laquelle nous sommes affiliés, pour leur audition », a indiqué Aboubacar Mariama Fofana.

Aboubacar Mariama Fofana, secrétaire général du syndicat des travailleurs de la société Albayrak

Selon l responsable syndical, « parmi les 36 personnes déférées au tribunal de Mafanco, il y a 15 femmes dont certaines sont en état de famille, et il y en a d’autres qui sont malades ». Ces travailleurs ont été interpellés hier, alors qu’ils venaient d’entamer une grève illimitée. Ils ont garé tous les bus de la société Albayrak pour réclamer l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, dont une augmentation de 100% de leur salaire et l’immatriculation à la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

Ce qui n’a pas empêché la poursuite du mouvement de protestation, selon Aboubacar Mariama Fofana. « Malgré tout, la grève n’a pas été suspendue, elle continue. Mais, la société est allée prendre quelques conducteurs ailleurs pour leur donner 50.000 francs guinéens par jour pour qu’ils fassent sortir les bus, alors les travailleurs qui réclament l’augmentation de leur salaire n’ont même pas ces 50.000 francs guinéens par jour », déplore le secrétaire général du syndicat des travailleurs d’Albayrak.

A noter qu’il faudra attendre la fin des auditions pour savoir le sort qui est réservé aux 36 travailleurs conduits au parquet de Mafanco. Si la justice décide de les inculper, ils seront soit mis en liberté sous contrôle judiciaire ou alors conduits à la maison centrale de Conakry, où ils attendront la tenue de leur procès.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Justice : voici pourquoi Me Béa a décidé « de ne plus parler à la presse »

28 juillet 2021 à 12 12 19 07197
Me Salifou Béavogui, avocat

On en sait un peu plus sur la raison qui est derrière la décision de Me Salifou Béavogui « de ne plus parler à la presse ». Même si l’avocat refuse de l’admettre, assurant avoir pris volontairement cette décision, il a effectivement subi une sorte de pression venant du barreau de Guinée. Le bâtonnier de l’ordre des avocats de Guinée l’a reconnu à demi-mot ce mercredi, 28 juillet 2021, en disant avoir recommandé à son confrère de limiter ses interventions dans la presse.

« Je l’ai appelé pour lui faire une admonestation fraternelle… Je lui ai reproché de s’être photographié avec des détenus qui ont été libérés dans des conditions que tout le monde connaît et je lui ai dit qu’il n’a qu’à essayer de limiter un peu ses interventions dans la presse. Donc, il m’a promis de limiter ses interventions et de n’intervenir que quand cela est nécessaire », a déclaré Me Djibril Kouyaté, qui dément cependant avoir interdit à un avocat de s’exprimer sur le dossier des détenus politiques dans la presse.

Me Djibril Kouyaté, bâtonnier de l’ordre national des avocats

« Je suis quand même le bâtonnier et si je dois prendre ce genre de décision, je le fais par écrit. Mais, tel n’est pas le cas. Je suis donc surpris d’apprendre que j’ai interdit à un avocat en charge de la défense des détenus politiques de parler dans les médias. C’est archifaux », a laissé entendre le bâtonnier de l’ordre des avocats de Guinée.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 12 43 62

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Aïd El Kébir 2021 : Cellou Dalein appelle les Guinéens à la paix et à l’unité

20 juillet 2021 à 12 12 12 07127

À l’instar des autres pays, la Guinée a célébré ce mardi, 20 juillet 2021, la fête de Tabaski ou l’Aïd El Kébir 2021. A cette occasion, le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo a adressé un message de paix et de justice pour le peuple de Guinée, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à Dixinn.

C’est la mosquée de Dixinn Foula que le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, son épouse, Hadja Halimatou Dalein et plusieurs responsables de son parti ont effectué la prière de l’Aïd El Kébir.

Après avoir souhaité bonne fête à tout le peuple de Guinée, Cellou Dalein Diallo a invité les Guinéens à la culture de la paix et de la justice.

« Je voudrais souhaiter bonne fête à tous les fidèles musulmans de Guinée et d’ailleurs. Je souhaite que cette fête inspire ceux qui ont la force, le savoir et les fortunes pour qu’ils mettent leurs moyens et ces capacités au service de la justice, de la paix et dans la promotion de la fraternité entre les compatriotes guinéens. Je demande à Dieu de chasser de notre pays la haine, l’injustice, l’arbitraire, qu’Il (Dieu: ndlr) implique tous les fils de ce pays pour la promotion de la paix et de l’unité de la nation », a souhaité Cellou Dalein Diallo.

Le leader de l’UFDG a également mis ce moment de prière à profit pour attirer l’attention sur le cas des détenus politiques. « J’ai une pensée particulière pour nos camarades en détention. Ils sont nombreux encore dans les prisons en raison de leur activité politique. Ils n’ont pas eu comme moi le privilège de fêter en famille, immoler un bélier à cette occasion. Qu’ils sachent qu’on pense à eux. Que les autres guinéens qui jouissent de leur liberté pensent à eux. Et, je voudrais souhaiter prompt rétablissement à tous les malades et je souhaite bonne chance à tous nos enfants candidats aux différents examens de cette année », a-t-il ajouté.

Quand au sermon effectué par l’imam de la mosquée Dixinn Foula, Elhadj Boubacar Fofana, le président de l’UFDG dit l’apprécier pour sa pertinence. « Je suis satisfait du sermon qui prêche toujours le pardon, l’unité, la tolérance, la paix. Ce sont des valeurs qui manquent absolument à notre pays. Nous sommes confrontés à des fléaux comme l’injustice, la corruption, la misère, l’utilisation à des fins personnelles de ressources publiques, la dégradation des infrastructures et surtout la division des guinéens en parti politiques, en ethnie… », dénonce-t-il, avant de rappeler que ces problèmes se sont accentués depuis quelques années au détriment de l’unité de la nation.

De Dixinn, Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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Cellou Dalein sur la condamnation d’Ismaël Condé : « la justice a exécuté l’ordre d’Alpha Condé »

9 juillet 2021 à 8 08 25 07257
Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG

Cellou Dalein Diallo a réagi à la condamnation d’Ismaël Condé, premier vice maire de Matam et membre du bureau exécutif de l’UFDG. Le principal opposant guinéen accuse la justice d’avoir exécuté l’ordre donné par le président Alpha Condé en condamnant son collaborateur à 3 ans et 4 mois d’emprisonnement pour « offense au chef de l’Etat ». Pour lui, cette décision vice tout simplement à « punir » Ismaël Condé pour avoir adhéré à l’UFDG.

« Notre justice, ayant reçu l’ordre de Alpha Condé de punir Ismaël Condé pour avoir adhéré à l’UFDG après son départ du RPG, tenta vainement de l’incriminer dans une loufoque affaire de contrats de la commune de Matam où le jeune Ismaël est Vice-maire. C’est finalement « une offense au Chef de l’Etat » que notre justice trouva comme alibi pour exécuter l’ordre reçu et condamner le jeune Ismaël à, tenez-vous bien, 3 ans et 4 mois de prison ferme. Quelle honte ! », s’est exclamé Cellou Dalein Diallo sur sa page Facebook.

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Bobo Barry se confesse : « Quand j’ai pris l’argent, j’ai acheté une moto, 20 feuilles de tôles…»

30 juin 2021 à 10 10 48 06486

Poursuivi pour vol de numéraire portant sur 22 millions de francs guinéens au préjudice du boulanger Boubacar Barry, le prévenu Mamadou Bobo Barry a comparu hier, mardi 29 juin 2021, devant le tribunal correctionnel de Dixinn. À la barre de cette juridiction de première instance, le prévenu a reconnu le vol qui lui est reproché ; mais, il a juré n’avoir pris que 8 millions 300 mille francs guinéens. Le ministère public a requis à son encontre un an de prison dont six mois assortis de sursis, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon l’accusation, Mamadou Bobo Barry a été récemment rapatrié de la Libye. Il était à la recherche de travail lorsqu’il a croisé le chemin de sa victime, Boubacar Barry, à Wanindara (un quartier de la haute banlieue de Conakry).

« Il est venu me trouver là où je vends à Wanidara, il m’a dit de l’aider à avoir du travail. Je lui ai proposé de venir travailler avec moi à la boulangerie la nuit. C’est ainsi qu’il (Mamadou Bobo) est venu. Nous sommes restés ensemble pendant deux jours. Le deuxième jour, après la boutique, nous sommes allés à la boulangerie pour travailler. Mais, j’étais épuisé, j’ai étalé les sacs de farine pour me reposer. Et pendant que je dormais, il (Mamadou Bobo) est venu prendre, dans la poche de mon pantalon qui était suspendu, la clé de la boutique et un million de francs guinéens. Ensuite, il est allé ouvrir la boutique et prendre 18 millions, montant qui appartient au  propriétaire de la boulangerie et que je devais déposer à la banque. Il y a aussi pris 3 millions. En tout, il a pris 21 millions dans la boutique, plus un million dans ma poche.  Donc, je lui réclame 22 millions de francs guinéens », a indiqué le plaignant, Boubacar Barry.

A en croire ce boulanger, il a d’abord été tourné en bourrique avant de retrouver les traces de Mamadou Bobo Barry pour enfin lui mettre la main dessus. Car, ce dernier était allé se cacher à Dalaba, alors qu’il ne cessait de dire à sa victime qu’il est à Kamsar.

« Dès que j’ai constaté le vol des clés et le montant d’un million dans ma poche, je me suis mis à rechercher mon ami (Mamadou Bobo Barry). Je l’appelle, son téléphone ne passe pas. Je suis allé gâter la porte de la boutique, j’ai trouvé qu’il a pris les 21 millions. Quelques jours après, il a décroché mon appel. Il m’a dit effectivement que c’est lui qui a pris l’argent. Il m’a dit qu’il est à Kamsar, il a cherché une maison, il a acheté une moto et il a envoyé un montant à ses parents. Je suis allé à Kamsar, je ne l’ai pas vu. Je lui ai dit alors de m’envoyer le reste de mon argent. Il m’a dit qu’il va m’envoyer 300 mille par Orange Money. Finalement, il a envoyé 200 mille francs guinéens. C’est ainsi que moi aussi j’ai joué ma stratégie. J’ai appelé le numéro de celui qui a fait le dépôt, je lui ai demandé où il se trouve. Il m’a dit que c’est à Dalaba, précisément au quartier barrage. Je suis allé directement à Dalaba pour mener les enquêtes. Arrivé un vendredi à Dalaba, j’ai informé les autorités à la gendarmerie. Après, ils m’ont dit qu’il est parti dans son village à Kala ; et, le dimanche, il viendra en ville. C’est ainsi que je l’ai attendu. Et, le dimanche, il est venu, je l’ai mis aux arrêts. Les autorités m’ont dit comme j’avais déjà porté plainte contre lui à Conakry de venir avec lui terminer la procédure ici », a expliqué le boulanger, Boubacar Barry.

Appelé à la barre, le prévenu n’a pas nié les faits de vol mis à sa charge. Cependant, il a dit n’avoir volé que 8 millions 300 mille francs guinéens à Boubacar Barry et non 22 millions comme déclaré par le plaignant.

« C’est Boubacar lui-même qui m’a remis la clé de la boutique. Il m’a dit d’aller nous chercher de l’eau dans la boutique. C’est ainsi que je suis allé trouver un sac noir où se trouvait le montant de huit millions trois cent mille  francs guinéens (8 300 000 GNF). Quand j’ai pris l’argent, j’ai acheté une moto à six millions, j’ai payé 20 feuilles de tôles à un million, je lui ai fait un dépôt de 200 mille, j’ai envoyé 500 mille à ma maman, j’ai acheté quelques habits », a expliqué Mamadou Bobo Barry.

Ainsi, dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que « les faits de vol sont effectivement imputables à Mamadou Bobo Barry ». Et, il a demandé au tribunal de le condamner à 12 mois de prison avec 6 mois de sursis.

De son côté, la défense a plaidé « coupable pour 8 millions 300 mille francs » et demandé de larges circonstances atténuantes en faveur du prévenu. « Je vous prie de le condamner au temps mis », a plaidé maître Paul Lazard Gbillimou.

Finalement, le tribunal a mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le 7 juillet prochain.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Tribunal de Kaloum : Elie Kamano à la barre ce mercredi

30 juin 2021 à 8 08 39 06396

Une semaine après son arrestation, Elie Kamano sera entendu par la justice ce mercredi, 30 juin 2021. L’artiste et homme politique guinéen va s’expliquer sur les accusations qui pèsent contre lui, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est la première fois depuis le début de ce procès que le prévenu sera à la barre. Lors des audiences précédentes, le reggaeman devenu homme politique s’était toujours fait représenter par son avocat. 

Une attitude qui n’a pas plu au juge en charge du dossier, qui a finalement décerné un mandat d’arrêt contre lui. Elie Kamano a été arrêté mercredi dernier et conduit à la Maison centrale de Conakry.

L’artiste est poursuivi par Salifou Camara « Super V », ancien président de la Fédération guinéenne de football, pour des faits d’injures et de diffamation par le biais d’un système informatique.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 12 43 62

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Afrique du Sud : l’ancien président Jacob Zuma condamné à 15 mois de prison

29 juin 2021 à 11 11 57 06576
ancien président Jacob Zuma

La Cour constitutionnelle sud-africaine a condamné ce mardi, 29 juin 2021, l’ancien président Jacob Zuma à 15 mois de prison pour outrage à la justice. Cela fait suite à son refus de comparaître devant une commission anti-corruption, lui ordonnant de se rendre dans « les 5 jours ».

Saisie par une commission anti-corruption, la plus haute juridiction a rendu ce verdict « à la majorité de ses membres », a précisé la juge Sisi Khampepe.

« La Cour constitutionnelle n’a pas d’autre choix que de conclure que M. Zuma est coupable d’outrage à la justice », a déclaré la magistrate avant l’énoncé de la sentence.

« Ce genre de réticence et de défi est illégal et sera puni », a déclaré Mme Khampepe. « Je n’ai pas d’autre choix que d’emprisonner M. Zuma, dans l’espoir que cela envoie un message sans équivoque ( …) l’Etat de droit et l’administration de la justice prévalent ».

Depuis la création en 2018 de la commission chargée d’enquêter sur la corruption généralisée pendant ses neuf années au pouvoir, M. Zuma, déjà mis en cause par une quarantaine de témoignages, multiplie les manœuvres pour éviter d’avoir à s’expliquer, empilant les recours ou faisant valoir son droit au silence.

Après une énième convocation à laquelle il ne s’est pas présenté fin février, la commission a réclamé une condamnation à deux ans de prison contre l’ancien chef d’Etat. L’ex-président cette fois-là avait non seulement ignoré la commission mais aussi une décision rendue en janvier par la Cour, l’obligeant à comparaître et le privant du droit à garder le silence.

Lors d’une audience virtuelle en mars, l’avocat de la commission, Tembeka Ngcukaitobi, a estimé que la question n’est plus de savoir si l’ex-président doit aller en prison, mais « combien de temps il doit y rester ». Le statut d’ancien président de M. Zuma « ne le protège pas de la loi », a-t-il martelé.

Quelques semaines plus tard, dans une requête plutôt inhabituelle, la justice sud-africaine a demandé à l’ex-président de déterminer lui-même « la sanction appropriée », en prévision de l’audience de mardi.

Jacob Zuma, 79 ans, n’a témoigné qu’une seule fois devant la commission anti-corruption, en juillet 2019. Il avait rapidement claqué la porte, s’offusquant d’être traité comme un « accusé ».

Englué dans les scandales, il avait été poussé à la démission en 2018. Il a été remplacé par l’actuel président, Cyril Ramaphosa, qui a fait de la lutte contre la corruption un cheval de bataille mais a lui-même été appelé à témoigner devant la commission.

Avec AFP

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Détournement de plus de 2 milliards à Conakry : 7 ans de prison requis contre Kindy Bah

24 juin 2021 à 11 11 13 06136

Dans cette affaire, c’est Ibrahima Kindy Bah qui est à la barre du tribunal correctionnel de Dixinn (délocalisé à la mairie de Ratoma). Ce prévenu (présenté comme un récidiviste) est poursuivi pour « escroquerie » portant sur plus de 2 milliards 800 millions de francs guinéens au préjudice de Mamadou Lamarana Diallo, Alpha Baba Sacko, et Hadja Fatoumata Barry. Il se serait fait passé pour un fonctionnaire en service à l’habitat et a proposé des parcelles à vendre à ses présumées victimes. Ces derniers lui auraient remis de fortes sommes d’argent, mais il n’a pas honoré ses engagements à leur égard. D’où ses ennuis judiciaires ; et, le ministère public a requis sept (7) ans de prison à son encontre, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon l’accusation, c’est Mamadou Lamarana Diallo (qui vit aux Etats-Unis) qui, lors d’un séjour en Guinée, a rencontré Ibrahima Kindy Bah à Conakry. Mamadou Lamarana Diallo voulu acheter des parcelles de terre pour ces amis qui vivent aussi à l’étranger. C’est alors que Ibrahima Kindy Bah s’est présenté à lui en tant que fonctionnaire en service à l’habit et il lui proposé des parcelles. C’est dans ce cadre que Mamadou Lamarana Diallo lui a versé 2 milliards 128 millions de francs guinéens pour l’achat de 42 parcelles en raison de 50 millions de francs guinéens par parcelle.

De son côté, Alpha Baba Sakho a versé 300 millions de francs guinéens dans le compte de prévenu Ibrahima Kindy Bah. Et, ce montant était également destiné à l’achat de parcelles de terrain.

Seulement, Ibrahima Kindy Bah (en lieu et place d’être un fonctionnaire en service à l’habitat) s’est avéré être un escroc. Car, il a pris l’argent qu’on lui a versé, sans jamais donner les parcelles à ceux qui lui versé tous ces montants. Et, c’est pour ça qu’il a été arrêté et conduit en prison à la maison centrale de Conakry où il croupit depuis le 20 juin 2020.

Devant le tribunal correctionnel ce mercredi, le prévenu a plaidé non coupable des faits qui lui sont reprochés. Il a nié avoir reçu un quelconque montant des mains de ceux qui l’ont trimballé devant cette juridiction.

« C’est déplorable, écœurant, regrettable et inhumain c’est qu’il a fait. Aujourd’hui, Lamarana Diallo une des victimes dans cette affaire est accablé par ses amis qui sont à l’étranger. Il a perdu son travail par les faits de Ibrahima Kindy Bah. Il a créé du tort aux gens. Il a été condamné en 2017 à 5 ans avec sursis. Donc, il y a récidive. A présent, iI y a  révocation du sursis contre Ibrahima Kindy Bah. Et, avec la révocation du sursis, le ministère public requiert de le retenir dans les liens de prévention d’abus de confiance et le condamner à 7 ans d’emprisonnement ferme et prendre en compte toutes les prétentions des parties civiles », a requis le procureur audiencier.

Justement, par rapport aux prétentions de la partie civile dans cette affaire, Mamadou Lamarana Diallo réclame 2 milliards 128 millions de francs guinéens à titre principal et 500 millions de francs guinéens à titre de dommage et intérêts. Quant à Alpha Baba Sacko, il sollicite 300 millions de francs guinéens à titre principal et 100 millions de francs guinéens de dommages et intérêts.

Seulement, pour l’avocat de la défense, tout ça n’est que pure supputation contre son client. « Les faits ne sont pas constitués à l’égard de Ibrahima Kindy Bah. Donc, en vertu de l’article 544 du code procédure pénale, je vous prie de le renvoyer des fins de la poursuite » a plaidé maître Lansana Condé.

Finalement le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 7 juillet prochain.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664414227

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Conakry : 3 femmes condamnées pour avoir tabassé un policier

24 juin 2021 à 11 11 00 06006
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En audition correctionnelle le mardi dernier, 22 juin 2021, le tribunal de première instance de Dixinn a condamné trois femmes (Aicha Camara, Delphine Kolié et Mabintou Sidibé) à 3 mois de prison assortie de sursis. Ces vendeuses d’articles divers au marché de Koloma étaient poursuivies pour « violences, coups et blessures volontaires » commis sur la personne d’un agent de police ; mais, c’est finalement pour « voie de fait » qu’elles ont été condamnées par cette juridiction de première instance, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Leur procès s’est ouvert depuis semaines, mais c’est ce mardi que le tribunal a décidé a finalement décidé de leur sort. Aicha Camara, Delphine Kolié et Mabintou Sidibé ont été reconnu coupable de « voie de fait » commis un agent de police qu’elles ont copieusement tabassé au marché de Koloma. Les faits poursuivis à leur encontre remontent au mois de mai dernier lors d’une altercation autour du déguerpissement des emprises de la route initié par la commune de Ratoma. Et, leur victime (l’agent de police) est jusqu’à présent hospitalisée à cause de la violence des coups et des blessures qu’elle a subi.

Pour ces faits, ministère public a requis trois (3) mois de prison assortie de sursis à leur encontre. Cependant, de son côté, la défense a plaidé non coupable et a demandé le renvoyé de ces clients des fins de la poursuite pour délit non constitué.

Mais, dans son délibéré, le tribunal a condamné Aicha Camara, Delphine Kolié et Mabintou Sidibé trois mois de prison assortie de sursis. Le tribunal a aussi condamné les trois prévenues au payement de 10.500.000 francs guinéens (dont 6.500.000 francs guinéens pour les frais de soin de l’agent de sécurité blessé et 4 millions francs guinéens pour les dommages et intérêts) au profit de la partie civile.

A noter que Aicha Camara, Delphine Kolié et Mabintou Sidibé sont en prison à la maison centrale de Conakry depuis le 26 mai dernier.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Kindia : 6 présumés coupeurs de route déférés en justice

24 juin 2021 à 10 10 45 06456

La gendarmerie nationale a déféré hier, mercredi 23 juin 2021, six présumés coupeurs de route, dont deux filles, au tribunal de première instance de Kindia. Les intéressés ont été placés en détention provisoire en attendant la tenue de leur procès, rapporte un correspondant de Guineematin.com à Kindia.

Parmi ce groupe, deux personnes ont été arrêtées le 8 juin 2021, avec des armes et des munitions, à Kindia. Les quatre autres ont été interpellés dans les jours qui ont suivi à Conakry. Présentés comme étant des « bandits de grand chemin », ils sont accusés de plusieurs attaques perpétrées entre Mamou et Kindia et entre Kindia et Conakry.

Amadou Diallo, procureur de la République près le tribunal de première instance de Kindia

« Il y a de cela deux semaines, deux présumés bandits ont été arrêtés au quartier Manquepas, grâce aux renseignements donnés par un citoyen de Kindia. Ils ont été interpellés et conduits au PM3. Ils ont été interrogés, et ils ont dénoncé 5 autres. On a réussi à mettre main sur les quatre et un seul a réussi à disparaître. Mais les recherches sont en cours pour le prendre partout où il sera », promet le Amadou Diallo, procureur de la République près le tribunal de première instance de Kindia.

Le magistrat salue ce travail de la gendarmerie nationale, tout en assurant que la justice aussi va jouer pleinement son rôle dans la lutte contre l’insécurité. « Les délinquants ont juré de porter atteinte à la tranquillité publique. Les forces de défense et de sécurité, en ce qui les concerne, ont juré de traquer ces délinquants. Nous aussi, nous avons juré d’être systématiquement répressifs à l’égard de ces délinquants.

Alors, dans ce combat, il ne sera question ni de complaisance ni de moindre répit. Nous ne ferons de cadeau à personne. Toute personne qui se laissera prendre dans des circonstances qualifiées de troubles, des circonstances à l’occasion desquelles des infractions sont commises, que cette personne sache qu’elle ne fera l’objet d’aucune excuse », a martelé Amadou Diallo.

De Kindia, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tel. : (00224)628516796

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Guinée : pour un dialogue du renouveau social et politique

17 juin 2021 à 18 06 02 06026

Une tribune proposée par Me Halimatou Camara et Professeur Amadou Sadjo Barry : Le dialogue, oui, mais quel dialogue ? Telle est la question lancinante à laquelle sont renvoyées les populations guinéennes. En effet, l’histoire politique de la Guinée postcoloniale montre que ni les transitions démocratiques, ni les réformes constitutionnelles, ni les dialogues politiques n’ont réussi à régler le problème de la violence électorale et à organiser la société sous la forme d’un État de droit. C’est ce que permettent de croire la constance des crises post électorales et l’incapacité des institutions politiques et juridiques de satisfaire aux prérogatives de sécurité, de justice et d’égalité. 

Comme le montreraient l’analyse des pratiques du pouvoir et des modalités de la gouvernance, la culture politique guinéenne ne s’est pas affranchie des pesanteurs qui retardent l’avènement d’un État capable d’être un agent d’unité sociale, de développement économique et politique , à savoir : l’instrumentalisation politique du sentiment communautaire , la personnalisation des pouvoirs publics, le néo patrimonialisme, le dévoiement de la voie légale , l’impunité , la politisation de l’armée, le culte du plus fort. Autrement dit, de 1990 à 2020, toutes les tentatives visant à consolider la paix et favoriser la cohésion sociale en Guinée se sont soldées par des échecs- de la Loi fondamentale de 1991 jusqu’au Rapport de la Commission Provisoire de Réflexion sur la Réconciliation Nationale (2018), en  passant par les Accords de Ouagadougou (2010), le dialogue inter-guinéen facilité par Said Djinit (2013), l’Accord politique du 20 Août 2015, les Accords politiques du 12 octobre 2016 et la rencontre entre Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé (2018).  

Pour que le dialogue ne soit pas qu’une simple palabre  

Ce constat impose que nous adoptions un regard critique sur le nouveau cadre de dialogue proposé par la mouvance présidentielle pour mettre fin à la crise politique qui paralyse notre pays depuis le coup de force constitutionnel du 22 mars 2020. On voit déjà que les décideurs et certains acteurs politiques continuent de souscrire à une conception ponctuelle du dialogue, qui renvoie celui-ci à des discussions entre les forces politiques et sociales au sujet des questions économiques et des prisonniers politiques. C’est là une erreur, car, suivant cette vision réductrice du dialogue, il s’agit de décrisper la situation sociale et politique en s’attaquant aux effets du problème et non à sa cause, la désinstitutionnalisation des pouvoirs publics et le triomphe de l’arbitraire politique qui en découle. Or, aucun dialogue social et politique ne pourra pas sortir la Guinée de la violence électorale et donner un sens à l’État de droit si on n’aborde pas sérieusement la question de l’organisation effective de la sphère publique, ce qui signifie une interrogation collective sur les conditions éthiques, juridiques et institutionnelles de l’exercice du pouvoir. Il nous faut donc penser autrement le dialogue et ses dispositifs en l’inscrivant dans une perspective qui vise une refondation pacifique et démocratique de la société guinéenne. À court terme, on peut vouloir apaiser les tensions ou calmer les esprits au moyen d’un dialogue inclusif. Mais en l’état actuel de l’effondrement de l’État guinéen et de la corruption du lien social, il y a lieu de faire du dialogue un moment susceptible de nous sortir durablement et efficacement du désordre social, du narcissisme politique et de l’anarchie.  Nous n’avons pas besoin seulement de nous parler, comme prétendent certains acteurs politiques. Nous avons besoin, par le sens retrouvé du dialogue, que les décideurs politiques s’engagent à consentir au respect d’un minimum de contraintes éthiques et juridiques sans lequel la Guinée demeura pour longtemps sous l’emprise de la violence politique et de l’arbitraire du plus fort. 

Pour ce faire, nous devons fixer un cadre du dialogue qui obéit aux critères de l’objectivité et de la crédibilité. Ainsi, ce n’est pas aux différents protagonistes ( la mouvance présidentielle et l’opposition ) de définir unilatéralement le processus du dialogue. Non seulement le dialogue ne peut être placé sous la présidence de Kassory Fofana, mais Alpha Condé surtout ne peut nommer un secrétaire permanent du dialogue. Il en va de l’objectivité et de la crédibilité du dialogue social et politique que son organisation soit confiée à une instance neutre et souveraine. Ces exigences sont d’autant plus importantes que nous avons de bonnes raisons de douter de la bonne foi des autorités guinéennes: depuis son intention de briguer un troisième mandat jusqu’au lendemain des élections du 18 octobre 2020, Alpha Condé et ses soutiens ont opposé une fin de non-recevoir à toutes les propositions de dialogue. Qu’est-ce qui motive maintenant le pouvoir à aller au dialogue alors que le gouvernement a été reconduit et que la Cour suprême a acté le troisième mandat ?  

Outre l’insistance sur la neutralité du processus, nous pensons que la réussite du dialogue tiendra à la possibilité d’aborder sans ambiguïté aucune le problème de l’alternance au pouvoir. Moralement et juridiquement, le troisième mandat illustre le mépris à l’endroit des institutions et des lois de notre pays. Politiquement, il signifie un manque de légitimité démocratique et une volonté de dominer exclusivement les appareils de l’État. C’est donc une injustice à laquelle il faudra faire face si le dialogue entend ouvrir la voie à une réelle et authentique transition politique en Guinée. On ne pourra pas décrisper la situation politique actuelle en l’absence d’une réflexion sur les conditions d’une alternance pacifique du pouvoir et d’une réorganisation en profondeur de notre société. Nous espérons d’Alpha Condé qu’il puisse nous mettre au seuil de cette entreprise de renouveau social et politique en acceptant sinon un départ négocié du pouvoir, du moins la mise en place d’un gouvernement de transition et de réconciliation nationale et la dissolution de l’Assemblée nationale. 

Fin

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