Agression nocturne d’un maçon aux ciseaux : Boubacar Barry risque 2 ans de prison

21 août 2019 à 14 02 15 08158

Cette saison des pluies est généralement propice aux agressions nocturnes perpétrées par des délinquants de tout acabit. Moriba Loua et Louis Sagno, maçons de profession, en ont fait l’amère expérience dans la nuit du jeudi 22 juillet 2019. Les deux malheureux sont tombés dans un piège tendu par une bande dirigée par Boubacar Barry au quartier Yattayah, dans la commune de Ratoma.

Grièvement blessés, ils vont déposer une plainte qui va conduire Boubacar Barry à la barre du tribunal de Dixinn. Au cours de l’audience d’hier mardi 20 juillet 2019, le prévenu a nié systématiquement les faits articulés contre lui, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette affaire a été portée devant le tribunal correctionnel de Dixinn où le prévenu a nié les faits de coups et blessures volontaires pour lesquels il est poursuivi. Toutefois, le procureur Daouda Diomandé a requis contre Boubacar Barry une peine de 2 ans de prison et une amende d’un million de francs guinéens.

Appelé à la barre, le maçon Moriba Loua, l’une des victimes de l’agression, a expliqué la mésaventure qu’il a subie ce jour avec ses apprentis. « Ce jour, on a travaillé toute la journée. On était très fatigué et il faisait nuit. En rentrant à la maison, nous avons emprunté un raccourci dans le quartier. C’est ainsi que nous avons trouvé Boubacar Barry et deux autres qui nous attendaient dans un couloir. Arrivés sur les lieux, ils nous ont encerclés. Boubacar Barry détenait une paire de ciseau et le second avait un couteau.

Boubacar Barry a utilisé les ciseaux pour les enfoncer au niveau de mes joues et au niveau de mes narines. Ensuite il a enfoncé les ciseaux au niveau de ma tête. Je suis tombé. Ils ont soutiré de ma poche 3 millions 500 mille francs guinéens appartenant à mon patron ainsi que mon téléphone pendant que je saignais. Ils m’ont pris pour mort. C’est après ça aussi que Boubacar Barry a lancé une pierre sur la tête de mon apprenti, Louis Sagno. Le deuxième apprenti a eu peur et il a pris la fuite ».

Poursuivant sa narration, la victime a fait savoir que leur « bourreau » a voulu se constituer en victime. « Le lendemain, la maman de Boubacar Barry s’est précipitée pour aller à la gendarmerie porter plainte contre nous. Mais, quand nous sommes arrivés à la gendarmerie, après les explications de chacun de nous, les officiers se sont rendu compte que c’est Boubacar Barry et sa bande qui nous ont agressés. Il a été ainsi placé sous mandat de dépôt le 23 juillet 2019 » a-t-il ajouté.

Par contre, Boubacar soutient tout le contraire de la version de Moriba Loua qu’il a accuse d’avoir déclenché la bagarre. « J’étais devant ma porte aux environs de 22 heures et je m’apprêtais à rentrer. C’est ainsi que Moriba Loua et son groupe ont lancé des cailloux contre moi. Ils m’ont blessé avec les cailloux et moi aussi je les ai pourchassés. C’est ainsi que je les ai blessés à l’aide des cailloux. Je n’étais pas en groupe et je ne détenais aucune arme blanche », a-t-il dit.

A la phase des plaidoiries, l’avocat de la partie civile, maître Pépé Antoine Lama, a demandé au tribunal de requalifier les faits tout en se déclarant incompétent à juger de cette affaire. « Ce dossier est criminel et non correctionnel. Je demande au tribunal de requalifier les faits de coups et blessures volontaires en association de malfaiteurs, vol aggravé et tentative d’assassinat….Donc, je vous demande de vous déclarer incompétent et de renvoyer le dossier au niveau du tribunal criminel. A défaut, si vous vous déclarez compétent, nous demandons le payement de 100 millions de francs guinéens au titre de dommages et intérêts », a plaidé l’avocat.

En guise de réponse, le procureur Daouda Diomandé a laissé entendre que les faits sont graves mais le tribunal correctionnel est bien compétent pour juger de cette affaire. « Le comportement du prévenu Boubacar Barry et sa bande est grave. Ils ont fait un comportement grave mais qui est prévu par la loi. Il y a coups et blessures volontaires avec préméditation et guet-apens. Donc, le tribunal correctionnel est bien compétent pour connaitre de cette affaire. C’est pourquoi, je vous demande de le retenir dans les liens de la prévention de coups et blessures volontaires en le condamnant à 2 ans d’emprisonnement et à un million de francs guinéens d’amende », a requis le procureur.

Finalement, le tribunal a mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le 27 août 2019.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620 589 527/654 416 922

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Plainte contre Lynx FM : Abou Bakr aussi inculpé et interdit de sortir de Conakry

21 août 2019 à 13 01 23 08238
Boubacar Alghassimou Diallo, dit Abou Bakr, Directeur Général de la radio Lynx FM
Boubacar Alghassimou Diallo, dit Abou Bakr, Directeur Général de la radio Lynx FM

Après le doyen Diallo Souleymane, PDG du groupe de presse Lynx/Lance/Lynx FM, c’est au tour d’Abou Bakr, directeur général de la radio Lynx FM, d’être mis sous contrôle judiciaire. La nouvelle est tombée ce mercredi, 21 août 2019, au Tribunal de Première Instance de Kaloum, a appris un reporter de Guineematin.com d’une source proche du dossier.

Les autorités judiciaires n’en démordent pas et enfoncent le clou dans ce qu’il convient d’appeler l’affaire Lynx FM. C’est Boubacar Alghassimou Diallo, plus connu sous le nom d’Abou Bakr, qui est placé aussi sous contrôle judiciaire ce mardi par le doyen des juges d’instruction du tribunal correctionnel de Kaloum.  

Selon maître Salifou Béavogui, membre du collectif des avocats de la défense, « Abou Bakr a été placé sous contrôle judiciaire avec plusieurs interdictions. Il est interdit à notre client de sortir du territoire de Conakry sans autorisation du juge alors qu’il habite au kilomètre 36. Il doit se présenter au tribunal lundi, mercredi et vendredi. Il ne doit pas animer l’émission Œil de Lynx jusqu’à ce qu’il en soit autrement décidé ».

Mais, l’avocat annonce que le collectif ne va pas se laisser se faire. « Nous comptons relever appel contre les deux ordonnances de mise sous contrôle judiciaire ».

Pour rappel, c’est suite à l’intervention de madame Doussou Condé, ancienne responsable du RPG, dans l’émission Œil de Lynx, que les ennuis judiciaires ont commencé pour les responsables de ce groupe de presse. La dame aurait fait des révélations sur la gestion de la solde des militaires guinéens qui servent sous le drapeau de la MINUSMA (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali).

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél 628 17 99 17

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Loi sur la cybercriminalité contre les journalistes : Iboun Conté dénonce la responsabilité de la HAC

20 août 2019 à 22 10 52 08528

Depuis quelques temps, le régime Alpha Condé cherche à cadenasser de façon progressive tous les espaces de liberté en République de Guinée. Après les interdictions systématiques de toute forme de manifestation avec l’installation des PA militaires dans la capitale, c’est désormais la liberté de la presse et plus généralement d’expression qui prise en otage par le pouvoir.

Aujourd’hui, même le fait de donner la parole à un homme ou une femme considérée comme adversaire du régime peut déclencher des poursuites judiciaires contre les journalistes. C’est le cas actuel d’Elhadj Diallo Souleymane, pionnier de la liberté de la presse en Guinée et PDG du groupe Lynx-Lance.

Mais, si tout se limitait à des poursuites judiciaires où on ne devait se préoccuper que du respect de la loi, c’était encore tenable. Mais, dans la Guinée d’aujourd’hui, des petits malins ont préparé et fait adopter une loi à eux qu’ils opposent, pardon imposent, à tous journaliste qui leur sera présenté. Pourtant, au moment où cette loi était en train d’être préparée et adoptée, des voix s’étaient élevées, des alertes avaient été envoyées, sans que l’adoption de cette dangereuse loi n’ait intéressé la majorité de ceux qui s’émeuvent ou font semblant de le faire aujourd’hui.

Pour Moussa Iboun Conté, les journalistes guinéens doivent enfin se départir de leur solidarité de façade et agir réellement ensemble pour la protection de leurs libertés dans notre cher pays.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose cette sortie de monsieur Conté :

Le seul bouclier, qui nous reste maintenant, est notre solidarité devant plus être de façade ! Nous refusons de pointer un doigt accusateur sur la responsabilité de la HAC dans cette situation comme à l’accoutumée. En 2016, j’avais rédigé un mémorandum dès que le cabinet du ministre Mamy Diaby avait conçu ce projet en empiétant sur les domaines de compétences de la HAC par la création du Centre de Sécurité Informatique ayant les mêmes compétences que la HAC tout en criminalisant tous les délits commis dans la presse et par voie de presse. Avec l’appui de l’Association des blogueurs de Guinée de même qu’avec celui de l’Internet Sans Frontières, un mémorandum a été déposé à la HAC qui n’a pas été pris au sérieux et finalement nous l’avons envoyé à la Cour Constitutionnelle pour qu’elle rende public un arrêt contre cette usurpation des titre et fonctions de la HAC.

Le seul bouclier, qui nous reste maintenant, est notre solidarité devant plus être de façade ! Nous refusons de pointer un doigt accusateur sur la responsabilité de la Haute Autorité de la Communication (HAC) dans cette situation comme à l’accoutumée. En 2016, nous avions rédigé un mémorandum dès que le cabinet du ministre Moustapha Mamy Diaby, alors ministre des Postes et Télécommunication, avait conçu ce projet de Loi en empiétant sur les prérogatives et domaines de compétences de la HAC par la création du Centre de Sécurité Informatique ayant les mêmes compétences que la HAC. Avec l’appui de l’Association des blogueurs de Guinée de même qu’avec celui de l’Internet Sans Frontières, les différentes interpellations de la classe politique guinéenne et alertes de Nouhou Baldé du site  »guineematin.com », un mémorandum a été déposé à la HAC qui n’a pas été pris en compte ; et, finalement, nous l’avions envoyé à la Cour Constitutionnelle pour qu’elle rende public un arrêt contre cette usurpation du titre et fonctions de la HAC.

C’est dans ce contexte que ce projet de Loi avait adopté le 2 juin 2016 par l’ensemble des députés de toutes obédiences politiques confondues.

L’insouciance, le clientélisme, le manque de courage et de justice sont les causes du malheur de la presse guinéens comme le disait bien Spinoza, citation : « Rien n’est utile à l’Homme que l’Homme ».

Moussa Iboun Conté, président de l’AGEPI

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Boubacar Yacine Diallo : COLLEZ LA PAIX A LA PRESSE !

19 août 2019 à 19 07 07 08078
Boubacar Yacine Diallo, journaliste-écrivain

C’est avec étonnement et indignation que j’ai appris le placement sous contrôle judiciaire de Souleymane Diallo, patron du Groupe de presse « Le Lynx ».

Loin du pays, je partage la douleur fortement ressentie au sein de la presse guinéenne et exprime mes craintes face aux menaces qui pèsent sur elle.

En effet, depuis plusieurs mois déjà, des journalistes sont convoqués, entendus par des officiers de police judiciaire ou de gendarmerie, avant d’être déférés devant le Parquet et certains écroués à la Maison Centrale de Conakry. Et ce, en violation flagrante de la Loi sur la liberté de la presse dans notre pays.

A la grande surprise, des juges s’amusent à mettre en avant la loi sur la cybercriminalité, ignorant superbement la loi 002 portant liberté de la presse en République de Guinée.

Plus grave encore, des journalistes sont jetés en prison préventivement, alors que la citation directe est la procédure clairement prévue.

Il suffit qu’un haut dignitaire porte plainte contre un journaliste, pour que celui-ci soit inquiété au-delà de ce que la loi a prévu.

Qui donc a intérêt à ce que la presse se taise ou qu’elle refuse la parole aux usagers de la communication de tous bords ?

En tout cas, on a comme l’impression que les hommes de médias seront désormais soumis à de fortes pressions dans l’exercice de leur métier.

Pourtant, la loi sur la presse est claire et personne n’a le droit de l’ignorer au profit d’autres textes qui permettent l’amalgame et favorisent le musellement de la presse.

Une chose est sûre : jetez tous les journalistes en prison, leur voix résonnera toujours.

Et la presse continuera de donner la parole à tous ! Quel qu’en soit le prix à payer.

Boubacar Yacine Diallo, journaliste et écrivain, en séjour à l’étranger

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Audition du patron de Lynx FM : « c’est inacceptable, le combat doit continuer »

19 août 2019 à 16 04 12 08128

En plus du monde médiatique, des acteurs politiques se mobilisent pour soutenir le directeur général de la radio privée Lynx FM. Le doyen Souleymane Diallo, qui est le fondateur de cette station de radio, a été entendu ce lundi, 19 août 2019, à la DPJ avant d’être déféré au TPI de Kaloum.

Il est poursuivi pour « délit contre l’autorité publique », suite au passage de madame Doussou Condé, pionnière du RPG, devenue farouche opposante à Alpha Condé basée aux Etats-Unis, dans une émission de la radio Lynx FM, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG, s’est rendu à la Direction de la Police Judiciaire pour apporter son soutien à Lynx FM. L’opposant a dénoncé une situation inacceptable et invité les médias à poursuivre « le combat ».

Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG

« Nous sommes dans une situation pitoyable parce que c’est lui qui est président aujourd’hui… lorsqu’il a été arrêté (alors qu’il était opposant, ndlr), la presse l’a accompagné. Monsieur Souleymane Diallo (PDG du groupe de presse Lynx, ndlr), était devant. Monsieur Alpha Condé a cité monsieur Souleymane Diallo dans ses mémoires. Comment peut-on imaginer qu’un homme qui a passé 40 ans de sa vie à mener le combat politique, emprisonné pendant 5 ans ici, devenir président et vouloir fouler au sol les droits, les libertés des citoyens ?

C’est inacceptable ! Ils sont dans leur programme de 3ème mandat. La stratégie qui consiste à menacer, à museler, à fermer, à détruire la presse guinéenne. Vous avez vu ce qui s’est passé avec Mouctar Bah de RFI, ce qui se passe avec le journaliste de mosaiqueguinee.com, donc nous vous disons que nous sommes avec vous, le combat doit continuer », a déclaré le vice-président du principal parti d’opposition en Guinée.

Au moment où nous mettons cet article en ligne, le doyen Souleymane Diallo est en train d’être auditionné par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kaloum.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

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Ibrahima Sory Cissé de la CNSS après sa libération : « mon compte Facebook est souvent piraté »

8 août 2019 à 19 07 47 08478

Ibrahima Sory Cissé, conseiller de Malick Sankhon, directeur général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), a été remis en liberté ce jeudi, 08 août 2019. Il était en garde à vue depuis mardi dans les locaux des Services spéciaux du colonel Moussa Tiégboro Camara, suite à une plainte de Chérif Haïdara, communément appelé Chérif de Washington, conseiller personnel du Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana. Ce dernier accuse monsieur Cissé de diffamation et atteinte à la vie privée entre autres.

Peu après sa libération, Ibrahima Sory Cissé a tenu à préciser qu’il n’est nullement l’auteur des propos incriminés, assurant que son compte Facebook sur lequel ces propos ont été publiés a été piraté. Il en a profité pour remercier ceux qui ont contribué à sa remise en liberté et tous ceux qui lui ont apporté leur soutien.

Juste un mot de remerciement

Tout le monde en est conscient, le réseau social ‘’Facebook’’ est devenu de nos jours le paradis des voleurs d’identités, des détournements de photos. Pour se faire passer pour une autre personne, il suffit juste de créer un profil au nom de cette personne.

Je viens malheureusement d’en être victime. Mon compte Facebook est souvent piraté par des personnes malintentionnées qui, certainement, ne me portent pas dans leur cœur, pour des raisons que j’ignore. Quelqu’un a dû utiliser mon compte piraté pour faire des publications désobligeantes à l’endroit de M. Chérif Haïdara, communément appelé Chérif de Washington, par ailleurs conseiller personnel du Premier ministre guinéen, Dr Ibrahima Kassory Fofana. C’est ainsi que ledit conseiller a aussitôt porté plainte contre ma personne pour des propos désobligeants que je n’ai jamais tenus et que je ne tiendrai jamais, compte tenu de la bonne éducation que j’ai reçue de mes parents.

Le mardi 6 août 2019, sur la base de cette plainte de M. Chérif Haïdara, j’ai été convoqué, auditionné et gardé à vue dans les locaux des Services spéciaux du colonel Moussa Tiégboro Camara.

Aussitôt informés, la Direction générale de la Caisse nationale de sécurité (dont je relève), mes avocats, mes parents et mes amis de tous bords, notamment ceux de la presse, se sont mobilisés comme un seul homme pour me témoigner leur solidarité et m’apporter leur soutien total.

Après avoir recouvré ma liberté, je ne peux que remercier toutes ces bonnes personnes, du fond du cœur, pour cet exceptionnel élan de solidarité, au moment où j’en avais vraiment besoin. Et leur geste me rappelle, à juste titre, cette citation du philosophe grec Epicure : « Ce n’est pas tant l’intervention de nos amis qui nous aide, mais le fait de savoir que nous pourrons toujours compter sur eux. »

Mes sincères remerciements vont à toutes celles et à tous ceux qui, directement ou indirectement, auront posé un acte ou tenu des propos visant à obtenir ma libération dans cette affaire à laquelle je suis totalement étranger.

Mais il faut reconnaître, avec amertume, que nous sommes à une époque où les gens, pour régler des comptes ou s’en prendre gratuitement à d’honnêtes personnes,  ne s’encombrent plus de scrupules pour se livrer à toutes sortes de manipulations (via les réseaux sociaux).

Des cas de vol d’identité ou de détournement de photos sont en effet devenus monnaie courante sur la Toile. Et le plus grave est que les auteurs de ces pratiques le font à des fins malsaines et inavouables. Donc, vivement la prudence !

ISC

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Guinée : la justice refuse de libérer l’opposant Faya Millimono

7 août 2019 à 16 04 53 08538
Dr. Faya Millimono, président du parti Bloc Libéral

L’opposant guinéen, Dr Faya Millimono, devra rester encore en prison. Ainsi a décidé la justice, qui a rejeté la demande de mise en liberté introduite par ses avocats, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est la déception chez les avocats de Faya Millimono. Ces derniers espéraient pouvoir obtenir la remise en liberté du président du Bloc Libéral après son audition hier, mardi 06 août 2019, par le juge d’instruction en charge du dossier. Mais, la justice a rejeté leur demande de mise en liberté introduite vendredi dernier, peu après le placement de l’opposant sous mandat de dépôt. Le juge d’instruction justifie cette décision par le fait que l’instruction n’est pas encore terminée.

« C’est la tristesse, c’est la désolation de voir notre client rester en prison alors que sa détention n’est pas nécessaire pour la manifestation de la vérité. Parce que ce n’est pas un délinquant. C’est un homme politique, il ne peut pas s’enfuir. Donc nous ne comprenons pas pourquoi on le maintient en détention », a réagi Me Salifou Béavogui, l’un des avocats de l’opposant.

L’avocat ajoute que son camp a aussitôt relevé appel de cette décision au greffe du tribunal de première instance de Kaloum. Il espère que la justice acceptera de remettre leur client en liberté.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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Massacre de Zogota : 7 ans après, les victimes réclament toujours justice

5 août 2019 à 10 10 18 08188

Il y a de cela sept (7) ans, six (6) habitants du village de Zogota, relevant de la sous-préfecture de Kobéla, à 45 kilomètres de N’zérékoré, étaient massacrés dans leur sommeil par des militaires guinéens. Plusieurs habitations avaient été incendiées au cours de cette nuit du lundi 03 au mardi 04 août 2012. La justice tarde encore à faire la lumière sur ce drame malgré la soif pour les rescapés de connaitre la vérité dans ce dossier, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Les souvenirs de ce massacre sont encore vivaces dans l’esprit des survivants de cette descente musclée des forces de défense et de sécurité à Zogota. L’expédition punitive avait coûté la vie à six personnes, avec la destruction de certains bâtiments et plusieurs arrestations. Certains villageois avaient réussi à saisir des véhicules appartenant aux soldats.

Cette intervention des militaires était consécutive à une manifestation des villageois contre la corruption dans le système de recrutement à la société minière VALE, installée à l’époque dans la région. Ils réclamaient également les taxes superficielles.

Alexis Haba, porte-parole du village de Zogota, se souvient encore de cette nuit tragique. « C’était dans la nuit du lundi 03 au mardi 04 août 2012, entre minuit et 2 heures du matin. On avait été réveillé par des bruits de fusils, des tirs à balles réelles des militaires venus de N’Zérékoré. Quand ils sont rentrés dans le village, ils ont commencé à tirer et à nous insulter père et mère.

Ils ont mis le feu sur la case sacrée du village et c’était le sauve-qui-peut dans le village. Mais, avec tout ça, ils ont tué mes oncles et détruit plusieurs habitations. Et nous, on avait réussi à saisir quelques véhicules et camions militaires de la gendarmerie, de la police, de la CMIS de N’zérékoré », a-t-il rappelé.

En ce qui concerne les personnes incriminées dans ce massacre, Alexis Haba invite le nouveau ministre de la justice, Mohamed Lamine Fofana, à faire la lumière sur cette situation. « Depuis ce massacre, il n’y a pas eu de jugement. Est-ce que c’est nous qui avions fait la faute ? Et pourtant, il y avait un sous-préfet, un président de Commune Rurale.

Ça veut dire que tous ces hommes ont été menacés par le gouvernement guinéen de se taire sur la tuerie qui s’est passée à Zowota. Alors, si le jugement n’est pas fait, nous ne saurons pas qui a été l’auteur de ce massacre à Zowota. Donc, nous prions le nouveau ministre de la Justice à faire la lumière et que les responsabilités soient situées sur leur sort et que le village soit satisfait du jugement ».

Rencontrée devant sa concession, la mère de l’une des victimes raconte la mésaventure de son défunt fils et parle des difficultés qu’elle éprouve aujourd’hui. « Mon fils, Nazuo Kolié, avait 7 enfants, tous scolarisés. C’est lui qui s’occupait de la famille. Mais, il a été sauvagement massacré dans ce mouvement. Je ne connais pas celui qui l’avait tué. Depuis sa disparition, je suis dans la brousse entrain de souffrir avec ses enfants.

Nous ne vivons que par les contrats et la vente des fagots de bois. Pour payer la scolarité de ses enfants, il me faut faire le contrat ou vendre les fagots de bois. Sa femme qui était là avant son assassinat, elle nous a quittés. Imaginez avec ces enfants-là, est-ce que moi, avec mon âge, je peux faire quelque chose ?

Ça veut dire que nos enfants qui ont été tués par les militaires vont rester comme ça ? Ou bien, nous allons rester dans la souffrance en faisant du contrat jusqu’à ce que nous allons mourir sans connaître l’auteur ou celui qui a tué nos enfants ? Je demande au gouvernement nous rendre justice », demande Nazuonée Bréya.

Il faut noter qu’une plainte a été déposée par l’ONG Mêmes Droits pour Tous (MDT) à la Cour de Justice de la CEDEAO contre la société minière VALE pour avoir fourni du carburant aux militaires qui ont procédé audit massacre.

De Zogota, Foromo Gbouo Lamah, pour Guineematin.com

Tél : +224620166816/666890877

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Kadiatou Bah contre Aboubacar Soumah : le procès renvoyé au 9 octobre

31 juillet 2019 à 12 12 31 07317
Aboubacar Soumah, secrétaire général du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG)

Le procès qui oppose les deux syndicalistes Kadiatou Bah et Aboubacar Soumah, tous se réclamant leader du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), s’est ouvert ce mercredi, 31 juillet 2019, au tribunal correctionnel de Dixinn. L’audience de ce jour a été consacrée à la fixation de la consignation pour la procédure, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans ce dossier qui oppose des enseignants plus que jamais divisés, c’est Kadiatou Bah qui a porté plainte contre Aboubacar Soumah et Mohamed Bangoura, respectivement secrétaire général et responsable de la communication du SLECG, pour diffamation et injures.

A l’ouverture du procès ce mercredi, le tribunal a procédé à la fixation de la consignation pour la procédure à 500 mille francs guinéens, contrairement à la demande du procureur qui avait sollicité le quadruple de ce montant.

Le tribunal, après avoir fixé le montant à 500 mille francs guinéens, a renvoyé l’affaire au 9 octobre 2019 au retour des vacances judiciaires.

A rappeler que les prévenus et la plaignante étaient tous absents de la salle d’audience.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com
Tél. : 620 589 527/654 416 922

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Manifestation « interdite » à Conakry : Bachir Bah condamné à 7 mois de prison

26 juillet 2019 à 10 10 24 07247

« Le droit de manifester est consacré dans notre constitution. Mais, il obéit à des règles qui consistent entre autres à demander et avoir l’autorisation des autorités communales de la zone où on veut manifester. Et, quand ces autorités refusent cette manifestation, des hommes comme Bachir Bah bravent cette interdiction. Ils sortent occuper les voies publiques pour troubler la quiétude, vandaliser les biens des gens et affronter les forces de l’ordre… », a notamment dénoncé le procureur

En audience correctionnelle le mercredi dernier, 24 juillet 2019, le tribunal de Dixinn a déclaré Mamadou Bachir Bah coupable d’attroupement armé. Un fait pour lequel cette juridiction de première instance a condamné le jeune prévenu à sept (7) mois de prison, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi ce procès.

Mamadou Bachir Bah serait âgé de 17 ans (22 ans selon le dossier de la procédure). Il est en prison depuis huit mois et onze jours, après avoir été interpelé à Wanindara (dans la commune de Ratoma) au débat du mois de novembre 2018 par des agents des forces de l’ordre. Avec deux autres jeunes, il sera reproché à Mamadou Bachir Bah les faits d’attroupement armé, coups et blessures volontaires et destruction d’édifice. Mais, au cours de la procédure, ses complices présumés ont bénéficié d’un « non-lieu ».

Cependant, Mamadou Bachir Bah sera placé sous mandat de dépôt le 13 novembre 2018, avant d’être conduit à la maison centrale de Conakry où il attendait son procès pour  »attroupement armé ». Un procès qui s’est ouvert ce mercredi, 24 juillet 2019, devant le tribunal correctionnel de Dixinn.
A la barre, Mamadou Bachir Bah a plaidé non coupable des faits mis à sa charge. Le jeune prévenu a réfuté en bloc les allégations selon lesquelles il détenait des armes blanches lors de son interpellation par les forces de l’ordre.

« Je ne sais pas pourquoi on m’a arrêté. Je rentrais tranquillement chez moi quand les agents m’ont interpellé. Je ne détenais que mon téléphone, la clé de ma chambre et un billet de 5 000 francs guinéens. Quand ils m’ont arrêté, ils ont pris mon téléphone et les 5 000 francs guinéens… Je ne détenais ni couteau, ni ciseau. Je n’avais aucune arme sur moi », a expliqué Mamadou Bachir Bah.

Selon l’accusation, Mamadou Bachir Bah a été interpellé à l’occasion d’une manifestation illégale. Et, le ministère public soutient d’ailleurs qu’au moment de sa présentation au parquet, Mamadou Bachir Bah était accompagné des couteaux qui avaient été saisis sur lui.

« Dites la vérité au tribunal, puisque lors de votre présentation ici devant le parquet, vous aviez reconnu que c’est vous qui déteniez les couteaux qui étaient sous scellé », a dit le procureur Bakary Camara.

Des allégations rejetées vigoureusement par le prévenu qui affirme n’avoir même pas eu connaissance d’une manifestation le jour de son arrestation. « C’est à quelques mètres de ma porte que les agents m’ont arrêté. Je n’avais aucune arme », s’est-il défendu.

Dans ses réquisitions, le ministère public a présenté le prévenu comme un jeune qui brave les interdictions de manifester pour finalement affronter les forces de l’ordre.

« Le droit de manifester est consacré dans notre constitution. Mais, il obéit à des règles qui consistent entre autres à demander et avoir l’autorisation des autorités communales de la zone où on veut manifester. Et, quand ces autorités refusent cette manifestation, des hommes comme Bachir Bah bravent cette interdiction. Ils sortent occuper les voies publiques pour troubler la quiétude, vandaliser les biens des gens et affronter les forces de l’ordre… C’est pourquoi, le ministère public requiert qu’il vous plaise de retenir Mamadou Bachir Bah dans les liens de la prévention. Et, pour la répression, vous le condamnerez à six (6) mois de prison et un million de francs guinéens d’amande », a requis le procureur Bakary Camara.

image d’archive

De leur côté, les avocats de la défense, Me Alseny ïssata Diallo et Me Abou Camara, ont plaidé l’acquittement de leur client pour « délit non constitué ».
Finalement, le tribunal a déclaré Mamadou Bachir Bah coupable d’attroupement armé, tout en le condamnant à sept (7) mois de prison. Une peine déjà inférieure au temps de détention provisoire que Mamadou Bachir Bah a passé en prison.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Vol d’argent dans une bagarre : Ousmane Sow poursuit Oumar Touré devant la justice

19 juillet 2019 à 13 01 03 07037

Oumar Touré, transitaire de son état et domicilié au quartier Gbessia Cité de l’air, a comparu hier, jeudi 18 juillet 2019, devant le tribunal correctionnel de Mafanco. Il est poursuivi pour un vol d’un montant de 3 millions 600 mille francs guinéens au préjudice de Mamadou Ousmane Sow, juriste de formation et syndicaliste de son état, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les faits se seraient produits dans le quartier Gbessia Cité de l’air dans la cour du chef de quartier, à la veille de la fête de Ramadan passée. A la barre, le prévenu a nié les faits qui lui sont reprochés. Selon Oumar Touré, il a eu une altercation avec le plaignant, mais c’est juste parce qu’il a empêché Mamadou Ousmane Sow de battre sa grande sœur à l’aide d’un pilon. « A la veille de la fête de Ramadan, j’étais dans ma chambre, en train de me préparer. Soudain, j’ai entendu du bruit dans la cour. Après, je suis sorti pour savoir ce qui se passe. C’est ainsi qu’à ma sortie, j’ai vu Mamadou Ousmane Sow se diriger vers ma grande sœur, muni d’un pilon, tout en proférant des injures. Je me suis précipité vers lui, j’ai retiré le pilon. Aussitôt, les voisins sont venus nous séparer », a-t-expliqué devant le juge, Mohamed Lamine Camara.

Des explications balayées d’un revers de la main par le plaignant. Mamadou Ousmane Sow est passé devant le tribunal pour expliquer les circonstances dans lesquelles Oumar Touré aurait enlevé son argent d’une somme de 3 millions 600 mille francs guinéens. « J’étais en train de chercher de logement, le chef de quartier m’a envoyé chez lui dans son salon, il m’a dit de rester là-bas jusqu’à ce que trouve un logement. Entretemps, on m’a montré une maison de deux chambres et un salon quelque part. Ainsi, je me suis mis à chercher l’avance, parce que l’argent que j’avais ne suffisait pas pour l’avance demandée.

Oumar Touré et sa grande sœur sont des parents au chef de quartier, il loge avec sa grande sœur dans la cour où j’ai envoyé mes bagages. La porte du salon où se trouvent mes bagages fait face directement au portail de la cour. Maintenant au moment où je comptais l’argent pour l’avance, j’étais arrêté à la porte du salon. Au même moment, Oumar Touré est venu de dehors. En entrant maintenant, il m’a aperçu en train de compter l’argent à la porte du salon qui fait face au portail. Ainsi, dès que j’ai compris qu’il m’a vu avec l’argent, j’ai reculé dans le salon. Quelque temps après, sa sœur est qui est problématique, elle est connue de tout le monde dans le quartier, est venue me trouver en train de compter l’argent.

Elle m’a demandé qu’est-ce que je fais avec cet argent, j’ai dit que c’est l’avance pour une maison de deux chambres et un salon que j’ai trouvée quelque part. Immédiatement elle s’est mise à m’insulter, moi aussi je l’ai insultée. Puis, elle s’est jetée sur moi et on s’est mis à se bagarrer. C’est en ce moment qu’Oumar Touré est venu tirer l’argent que je comptais et qui était dans un plastique, il s’est enfui. J’ai crié, mais trois d’entre eux m’ont retenu et m’ont empêché de le poursuive. Après ça, c’est le lendemain que moi je l’ai vu là-bas. J’ai porté plainte contre lui et ses parents chez le chef de quartier d’abord puis à la police », a fait savoir le plaignant.

Mais, ces explications n’ont pas convaincu le ministère public. C’est pourquoi, dans ses réquisitions, le procureur Ibrahima Sory Touré, a demandé au juge de renvoyer le prévenu des fins de poursuite pour délit non constitué. « Monsieur le président, les deux parties se sont expliquées devant vous ici. Monsieur Mamadou Ousmane Sow accuse monsieur Oumar Touré de lui avoir volé de l’argent dans sa poche dans une bagarre. Mais monsieur le président, de l’enquête préliminaire à l’enquête définitive, nulle part on n’a fait mention d’un témoin.

Et, dans ces explications, tantôt il dit que c’est Oumar Touré qui a vu l’argent avec lui, tantôt il dit que c’est la cousine du chef de quartier. Monsieur le président, monsieur Ousmane Sow a donné ses explications ici, mais il n’a pas apporté des preuves du vol pour lequel il poursuit ici monsieur Oumar Touré. Donc en matière de loi, nous ministère public, en pareilles circonstances, nous ne pouvons pas considérer ces faits qui n’ont pas de preuves comme faits réels. Monsieur le président, je vous demande de renvoyer le prévenu des fins de poursuite pour délit non constitué », a requis procureur.

Une demande appuyée par maître Sékou Amadou Sylla, l’avocat de la défense. « Monsieur le président, je suis très content de la demande du ministère public. Mon client n’est coupable de rien dans cette affaire. Je vous demande, monsieur le président, de renvoyer mon client pour délit non constitué », a plaidé l’avocat de la défense.

Finalement, l’affaire a été renvoyée à huitaine pour la délibération.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622919225 / 666919225

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Makhissa contre Marouane au tribunal : les avocats du journaliste inquiets pour leur sécurité

17 juillet 2019 à 17 05 07 07077

« Nous avons été menacés dans la salle par des partisans de l’autre bord. Mais, nous avons pris de la hauteur ; sinon, ça aurait dû créer un autre incident. Leur attitude est contre-productive, ça ne sert pas celui qu’ils ont accompagné… », a notamment déploré maître Salifou Béavogui. « Ce n’est pas facile de prendre le dossier d’un journaliste qui n’a que sa plume et son intelligence contre un Directeur National des impôts. C’est même suicidaire… ».

Comme annoncé précédemment, le tribunal correctionnel de Kaloum a renvoyé à huitaine le dossier opposant le Directeur National des Impôts, Aboubacar Makhissa Camara au journaliste Habib Marouane Camara. Et au sortir du tribunal, les avocats du journaliste ont dénoncé des menaces de la part des loubards à la solde du patron des impôts.

Me Lamine Sidimé, ancien Premier ministre et ancien président de la Cour suprême, aujourd’hui avocat du Directeur national des impôts
Me Lamine Sidimé, ancien Premier ministre et ancien président de la Cour suprême, aujourd’hui avocat du Directeur national des impôts

Tout d’abord, c’est l’ancien Premier ministre, ancien président de la Cour suprême, le doyen Lamine Sidimé qui a parlé aux journalistes pour charger leur confrère, Habib Marouane. « Facebook n’est pas une presse ! Facebook, d’après Wikipédia, est une plateforme d’échange qui reçoit différents contenus : vidéos, photos, messages et discussions. La presse, c’est autre chose. La loi organique L002 de 2010 dans notre pays a réglementé la liberté de la presse. Elle est sacrée ; encore qu’avant de parler de liberté, il faut parler du droit à la vie. Donc, dans cette affaire, ce n’est pas la presse qui est en question, la loi de la presse n’est pas la loi du journaliste. Peut-être que Marouane est un journaliste ; mais, les publications qu’il a faites sur le réseau social, ce sont des publications à titre privé. Et, il a mis en cause l’honneur, la dignité, la considération d’un homme qui se bat pour la Guinée, qui est un homme qui a une famille et qui a un honneur », a notamment indiqué l’ancien Premier ministre du Général Lansana Conté, dans son rôle d’avocat du Directeur national des impôts.
Interrogé sur les prétentions et le but visé par cette plainte du puissant Aboubacar Makissa Camara contre le pauvre journaliste Habib Marouane Camara, l’ancien président de la Cour Suprême a indiqué : « Nous demandons une seule chose : laver l’honneur de cet homme qui dirige les impôts ».

Me Salifou Béavogui, avocat du pauvre journaliste Habib Marouane Camara
Me Salifou Béavogui, avocat du pauvre journaliste Habib Marouane Camara

Pour sa part, Me Salifou Béavogui, un des avocats du jeune journaliste a commencé par rappeler que cette procédure qui a conduit son client devant le tribunal de Kaloum a été conduite en violation manifeste des règles de procédures. « En pénal, la forme commande le fond. Nous sommes en matière de citation directe qui suppose que la partie civile a pris soin d’avoir l’identité complète de la personne mise en cause, du prévenu. Et, conséquemment, la personne étant identifiée, donc on n’a pas besoin de passer par la police ou par la gendarmerie pour venir devant le tribunal et faire un jugement dès lors qu’on sait que le jugement doit indiquer l’identité complète d’une personne. Mais, dans la citation qui a saisi le tribunal, il est dit que monsieur Marouane ici présent demeure ou est domicilié à la radio Nostalgie ! Pourtant, ce n’est pas son domicile. Donc, une fois que cette domiciliation est inexacte, le tribunal devrait avoir le courage d’annuler la procédure. Parce que dans cette affaire, il ne faut pas voir le poids des parties ; mais, il faut voir le poids de la loi. N’oubliez pas qu’il est en prises avec le directeur national des impôts. Ce n’est pas pour rien. Deuxièmement, nous avons soulevés l’incompétence territoriale du tribunal parce que le domicile entraîne la compétence du tribunal, le lieu d’arrestation entraîne la compétence du tribunal, le lieu de la commission de l’infraction entraine la compétence du tribunal. Donc, il est dit que monsieur Marouane demeure à la radio Nostalgie. La radio nostalgie n’est pas son domicile, il réside à Lambanyi. Donc, c’est le tribunal de première instance de Conakry 2 qui est compétant pour connaitre de cette affaire », a-t-il relevé.

Parlant de la suite de ce procès et en dépit du poids du plaignant, Me Salifou Béavogui promet de défendre son client contre vents et marrées. « Vous savez, ce n’est pas facile. Même si quelqu’un a bu du sang humain, l’avocat doit le défendre dans les limites de la loi. Ce n’est pas facile de prendre le dossier d’un journaliste qui n’a que sa plume et son intelligence contre un Directeur National des impôts. Ce n’est pas facile, c’est courageux, c’est même suicidaire. Mais, nous nous irons dans l’honneur et dans la dignité partout où besoin sera. Vous qui êtes présents, vous ne pouvez pas affirmer que monsieur Marouane ici présent n’est pas journaliste. Ce n’est pas possible ! Il est journaliste. Dans cette affaire, il n’est pas complice, il n’a pas d’auteur principal, il est seul poursuivi ».

Mais, ce qui a encore révolté l’avocat, ce sont des menaces proférées à son encontre par certains proches du plaignant. Maître Salifou Béavogui promet tout de même de se battre jusqu’au bout pour défendre le journaliste. « Nous avons été pris à partie dans la salle. Moi, personnellement qui vous parle, j’ai été menacé ; mais, cela me laisse de marbre. Nous avons défendu ici des gens qui ont fait pire que ça. Chaque métier à ses risques. Aujourd’hui, il y a plusieurs personnes qui vivent grâce à lui ; mais, qu’ils continuent leurs popotes. Moi, je suis avocat, je reste avocat, on n’a pas de conseils à me donner dans le choix de mes clients. Personne ne peut me donner ses conseils. Je prends un dossier quand je sais que ma déontologie me permet de le prendre, je n’ai pas de recule à cela ; et, je défendrai le dernier guinéen en conflit avec la loi lorsque j’estime qu’il faille le défendre. Nous avons été menacés dans la salle par des partisans de l’autre bord ; mais, nous avons pris de la hauteur sinon ça aurait dû créer un autre incident. Leur attitude est contre-productive, ça ne sert pas celui qu’ils ont accompagné. Et, nous souhaitons que notre sécurité soit assurée à l’audience prochaine. Parce que quand nous sommes dans l’enceinte du tribunal, notre sécurité doit être assurée par le tribunal. En dehors d’ici, Dieu, sauve moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge », a-t-il souligné.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Mobilisation contre un 3ème mandat : qui a volé les t-shirts du FNDC à la DPJ ?

17 juillet 2019 à 15 03 13 07137

C’est une situation qu’on ne peut entendre que dans la Guinée d’Alpha Condé. Déjà, hier, mardi 16 juillet 2019, deux acteurs de la société civile avaient été interpellés par des agents du régime. Le crime à leur reprocher n’était autre que d’avoir porté des t-shirts qui réclament le respect de la Constitution guinéenne.

Après plusieurs heures d’interrogatoire, Sékou Koundouno et Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, seront libérés pour rentrer dormir chez eux. De retour à la Direction de la police judiciaire (DPJ), ce mercredi, les défenseurs de la Constitution guinéenne apprendront que la police n’a finalement rien trouvé pour continuer à les garder. Mais, au moment de se donner au revoir, il a été constaté des manquements dans les affaires des pauvres activistes de la société civile…

« Ils avaient 850 t-shirts. Mais, on nous a rendu 640. Et puis, un agent de la police avait retiré l’argent que détenait Oumar Sylla, un million cinq cent mille francs guinéens. Heureusement qu’il l’avait identifié. Donc, ce n’était pas difficile de savoir c’est lequel des agents », a expliqué à Guineematin.com le chargé des Opérations du FNDC, Ibrahima Diallo.

Seulement, le problème qui persiste en ce début d’après-midi de ce 17 juillet, c’est que les défenseurs de la Constitution n’ont pour le moment pu récupérer ni l’argent de Foniké Mengué, ni le complément des t-shirts, comme s’il y avait des voleurs à la DPJ.

Connus pour leur détermination à aller jusqu’au bout dans leur combat, les activistes de la société civile continuent à attendre à la Direction de la police judiciaire qu’on leur restitue l’argent et les t-shirts.

A suivre !

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Crimes humains en Guinée : les parents des victimes veulent poursuivre Alpha Condé

13 juillet 2019 à 20 08 50 07507
Liste partielle des martyrs de la démocratie au cimetière de Bambéto

En marge de l’assemblée générale hebdomadaire de l’UFDG, tenue ce samedi, 13 juillet 2019, au siège national du parti, à la minière, Mamadou Barry, le secrétaire général adjoint dudit parti, a annoncé la création prochaine d’un « collectif des combattants » qui ont perdu la vie dans la lutte pour la démocratie en Guinée (depuis l’avènement du professeur Alpha Condé à la magistrature suprême du pays).

L’objectif de cette initiative est surtout de pouvoir poursuivre l’actuel président guinéen pour crimes contre l’humanité, a appris un journaliste de Guineematin.com qui était au siège de l’UFDG.

Mamadou Barry, secrétaire général adjoint de l'UFDG
Mamadou Barry, secrétaire général adjoint de l’UFDG

Depuis l’avènement du professeur Alpha Condé à la magistrature suprême de la Guinée, plusieurs personnes (en majorité des jeunes) ont perdu la vie dans les différentes manifestations politique organisées par l’opposition à Conakry. A ce jour, l’opposition guinéenne estime ces victimes à 103 morts (dont plusieurs tuées par balles). Et, pour se souvenir à jamais de ces « combattants de la démocratie », l’UFDG veut confectionner un « livret » de toutes ces « victimes de la dictature » du régime Alpha Condé.

« Nous avons des jeunes (morts) qui sont couchés à Bambéto. Ils sont au nombre de 103 victimes de la dictature. Il est bon que l’UFDG s’en souvienne… Monsieur le président de l’UFDG m’a confié un travail qui consiste à faire un livret pour toutes les victimes de l’UFDG, victimes de la barbarie du RPG et d’Alpha Condé. Il est question que les familles de ces victimes se retrouvent, qu’elles se parlent, qu’elles se connaissent… Ces personnes doivent se retrouver ici pour constituer un collectif. Parce que l’objectif final, c’est de poursuivre Alpha Condé pour crimes contre l’humanité. Et, ce dossier doit être préparé dès maintenant », a indiqué Mamadou Barry, le secrétaire générale adjoint de l’UFDG.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Violée par 3 jeunes, une étudiante raconte : « Il m’a déshabillée et abusé de moi… Les 2 autres sont venus… »

13 juillet 2019 à 11 11 17 07177

« J’étais ami sur Facebook avec Mamadou Cellou. On communiquait par message. Il m’a plusieurs fois invitée chez lui, mais je n’y ai jamais été. Je l’ai toujours considéré comme ami sur Facebook. Je ne l’ai jamais vu physiquement, sauf le jour où il m’a violée avec son groupe »

Mamadou Cellou Diallo et Hassimiou Diallo ont comparu à la Cour d’Appel de Conakry, hier vendredi 12 juillet 2019. Les deux jeunes gens ont été condamnés à 5 ans de réclusion criminelle au tribunal criminel de Dixinn pour viol en groupe sur une étudiante. Pour cette audience, c’est le nommé Mamadou Cellou Diallo qui s’est expliqué à la barre, niant systématiquement les faits, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’infraction pour laquelle les deux compagnons d’infortune sont poursuivis aurait été commise en mai 2016 au secteur Camp carrefour, quartier Cosa, dans la commune de Ratoma. Arrêtés et placés sous mandat de dépôt courant mai 2016, les deux présumés auteurs du viol ont été jugés par le tribunal criminel de Dixinn. Là, ils ont été reconnus coupables et condamnés le 9 mai 2017 à cinq (5) ans de réclusion criminelle. N’étant pas d’accord, les avocats des accusés ont aussitôt interjeté appel.

A la barre de la Cour d’Appel, les accusés ont nié en bloc les faits de viol en réunion articulés contre eux. Mamadou Cellou Diallo a laissé entendre que la victime était sa petite et qu’elle était consentante. « Elle est venue me trouver à la boutique de mon ami, Hassimiou. Nous avons eu des relations sexuelles dans la chambre de mon ami. Je lui ai remis 240 000 FG et je l’ai raccompagnée. Quelques jours après, elle est venue avec une plainte en disant qu’elle a été violée. Ce qui n’est pas vrai, elle était consentante », s’est défendu l’accusé.

Des propos balayés d’un revers de main par la victime qui a raconté sa mésaventure. Elle soutient avoir été sérieusement abusé par Mamadou Cellou et son groupe, au point qu’elle a perdu connaissance. « Ce jour, j’ai reçu un appel à 20 heures. J’ai décroché. C’était une voix féminine. Elle m’a dit que ‘’c’est moi Djiwoun Barry qui t’appelle, viens me trouver au carrefour Cosa’’. Je suis venue au carrefour. Mais, je n’ai pas vu Djiwoun Barry, qui est une copine de longue date. J’ai rappelé le numéro et c’est une autre fille que je ne connaissais pas, qui s’appelle Adama, qui est venue me trouver. Elle m’a dit que Djiwoun Barry est sa cousine et qu’elle venait de quitter les lieux. Ensuite, elle m’a dit qu’elle doit me conduire chez Djiwoun Barry à ‘’Camp carrefour’’, car elle a quelque chose à me dire par rapport à mon fiancé. C’est ainsi que, par curiosité, je l’ai suivie. Adama m’a conduit dans une concession où il n’y avait personne. Adama est rentrée dans la maison, puis elle est ressortie en disant que ma copine Djiwoun Barry est en train de prendre un bain. Elle m’a dit de manger, je n’ai pas accepté. Elle m’a suppliée de prendre un Chawarma. Ainsi, elle est sortie pour chercher à manger. Je l’ai suivie dehors. Et, c’est au dehors que j’ai vu Mamadou Cellou sortir brusquement pour me demander ce que je cherchais dans son quartier. Il a commencé à tirer mes cheveux. Il m’a tirée avec force dans la chambre. J’ai crié au secours, mais personne n’est venu. Il m’a déshabillée et il a abusé de moi. Les deux autres, Hassimiou et un autre jeune, sont venus tomber sur moi. J’ai complètement perdu conscience. Ils m’ont fait tout ce qu’ils voulaient », a raconté la victime.

A la question du juge de savoir si elle connaissait ses présumés violeurs, la jeune fille a expliqué comment elle s’est connue avec le nommé Mamadou Cellou. « J’étais ami sur Facebook avec Mamadou Cellou. On communiquait par message. Il m’a plusieurs fois invitée chez lui, mais je n’y ai jamais été. Je l’ai toujours considéré comme ami sur Facebook. Je ne l’ai jamais vu physiquement, sauf le jour où il m’a violée avec son groupe », a-t-elle répondu.

L’avocat des accusés va demander à la plaignante si ce n’était pas risqué de se rendre à 22h chez un garçon. En réponse, la jeune étudiante dira : « moi, j’ai été trahi. Je ne savais pas que je partais chez un garçon. Pour moi, je partais chez ma copine Djiwoun Barry. J’ai été trahie parce que depuis que la nommée Adama est partie pour acheter à manger, je ne l’ai plus revue ».

La Cour a renvoyé le dossier au 26 juillet 2019 pour les plaidoiries et réquisitions des parties au procès.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

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La justice refuse de juger l’ex DG de la LONAGUI : l’Agent Judiciaire de l’Etat s’indigne et exige

12 juillet 2019 à 10 10 53 07537
Me Mory Doumbouya, Agent Judiciaire de l'Etat
Me Mory Doumbouya, Agent Judiciaire de l’Etat

L’Agent Judiciaire de l’Etat (AJE), Me Mory Doumbouya, est très en colère contre le magistrat qui devait juger Lansana Chérif Haïdara, ancien directeur général de la Loterie Nationale de Guinée (LONAGUI). Ce dernier est poursuivi par l’Etat guinéen pour détournement de deniers publics. Son procès était prévu pour s’ouvrir hier, mercredi 10 juillet 2019, devant le tribunal correctionnel de Kaloum, mais le juge audiencier a décidé de renvoyer le dossier devant le procureur. Il estime que l’affaire est complexe et que procureur doit ouvrir une information là-dessus. Une décision dénoncée par l’Agent Judiciaire de l’Etat, qui assure que son camp se battra pour que sa citation directe dans ce dossier soit examinée par la justice. Il l’a dit au cours d’une interview qu’il a accordée à Guineematin.com ce jeudi, 11 juillet 2019.

Décryptage !

Guineematin.com : le procès de l’affaire qui oppose l’Etat guinéen à Lansana Chérif Haïdara, ancien directeur général de la Loterie Nationale de Guinée (LONAGUI) a été ouvert hier au tribunal correctionnel de Kaloum. Mais à peine ouverte, l’audience a été suspendue et le dossier renvoyé devant le procureur pour sa complexité, dit-on. En tant qu’agent judicaire de l’Etat, comment vous avez accueilli ce renvoi ?

Me Mory Doumbouya, Agent Judiciaire de l'Etat
Me Mory Doumbouya

Me Mory Doumbouya : ce renvoi procède d’une violation de la loi. Vous savez, en matière pénale, il y a des principes élémentaires à observer. En ce qui concerne la marche du procès pénal, la compétence et la saisine de la juridiction de jugement, je le dis au nom de l’Etat et avec une réelle conviction, sous le contrôle de tous les éminents juristes de ce pays et mêmes du continent, tous ceux qui s’intéressent tant soit peu au procès pénal, je le dis haut et fort : il n’appartient pas à une juridiction de jugement de modifier le mode de saisine choisi par le poursuivant. Nous sommes une partie civile dans ce dossier. Et conformément aux dispositions des articles 443 et suivants du code de procédure pénale, traitant de la compétence et de la saisine du tribunal correctionnel, nous avons, je le dis en toute connaissance de cause, à nos risques et périls, opté pour une citation directe dans cette affaire.

Une citation directe a été servie, à domicile, à l’ancien directeur de la LONAGUI aux fins de provoquer sa comparution hier, 10 juillet, au tribunal correctionnel de Kaloum. Et, pour être en phase avec les règles de la procédure, l’Etat a cru devoir constituer un avocat et qui était présent à l’ouverture des débats. A notre fort étonnement, le dossier a été appelé et renvoyé, dit-on, au procureur pour l’ouverture d’une information. Justement, c’est ce qui contrarie les dispositions légales applicables à la compétence du tribunal correctionnel, notamment les dispositions de l’article 453 du code de procédure pénale. Nous avons opté pour une citation directe.

Dès l’instant que cette voie a été choisie par la partie civile, on s’attendait hier, puisqu’en la matière nous sommes affranchis du paiement de la caution, nous nous attendions hier à ce que le dossier soit évoqué et certainement renvoyé pour la comparution du prévenu puisque nous avions des informations qu’il était en dehors de Conakry. Mais, il ne nous empêchait pas nous d’être à l’audience. Et la seule obligation qui incombe à l’Etat, était de faire en sorte que la citation lui parvienne soit à personne ou à domicile, pour ne pas occulter le principe du contradictoire. Et, cette signification régulière a été faite. Et donc pour nous, hier, le dossier devrait être appelé soit pour l’ouverture des débats en présence du prévenu ou pour un renvoi aux fins de comparution de la personne poursuivie.

Et, en cas de défaillance, les dispositions du code de procédure pénale, les dispositions de l’article 478 donnent possibilité de décerner mandat. Mais, nous n’avons pas compris en quoi le juge audiencier s’est précipité pour dire que le dossier, il est complexe alors que le prévenu n’a même pas comparu. Imaginez si le prévenu venait à reconnaître les faits alors que la formation estime déjà que le dossier est complexe. La complexité d’une procédure doit résulter de la confrontation des idées entre la personne poursuivie et l’accusation. La saisine du tribunal par voie de citation est irrévocable, et aucune décision de ce genre ne pouvait remettre en cause cette saisine qui est régulière et qui procède d’une application régulière de la loi.

Guineematin.com : et donc en l’état, quelles conséquences cette décision pourrait avoir dans la suite de l’affaire ?

Me Mory Doumbouya : cette décision est sans effet pour l’Etat. Pour nous, elle n’a aucun lien avec la citation qui a été servie à la requête de l’Etat. Nous exigeons que la citation directe qui a été servie à l’ancien directeur de la LONAGUI soit, en bonne et due forme, renvoyée à l’audience. Toute défaillance à ce point-là, risque de nous obliger à entamer des procédures pour déni de justice.

Guineematin.com : concrètement, qu’est-ce que vous comptez-faire ?

Me Mory Doumbouya : nous sommes déjà à l’œuvre. Nous allons demander à la même formation de reprogrammer cette procédure-là pour que notre citation directe soit évoquée, pour que les débats soient ouverts sur le rapport de l’inspection générale d’Etat qui est la pièce fondamentale sur laquelle les débats doivent se tenir. Donc, notre position est très claire là-dessus, notre citation directe va être examinée.

Il n’est pas question d’ordonner l’ouverture d’une information. Puisque nous, nous n’avions pas opté pour ça. Nous savions qu’on pouvait saisir un juge d’instruction par la voie d’une plainte avec constitution de partie civile, on ne nous apprend pas les règles élémentaires de la procédure pénale, notamment les modes de saisine. On pouvait opter pour cette voie. Mais, comme je le disais, à notre risque et péril, nous avons opté pour une citation directe. Comme on le dit dans un langage traditionnel ordinaire, on ne peut pas être plus royaliste que le roi.

Guineematin.com : vous dénoncez la décision du juge audiencier dans cette affaire, est-ce que pour vous, ce magistrat ne connaît pas bien la loi ou bien il est de mauvaise foi ?

Me Mory Doumbouya, Agent Judiciaire de l'Etat

Me Mory Doumbouya : non, ça serait de déplacer le débat en disant qu’un juge est de mauvaise foi. Nous estimons seulement que cette décision ne procède pas d’une application régulière des dispositions du code de procédure pénale. Il s’agit des articles 443 et suivants, je l’avais rappelé, qui se comportent à la compétence et à la saisine du tribunal correctionnel. Nous avons, en tant que partie civile, estimé que pour un mode de saisine, en droit, en procédure pénale, la juridiction de jugement n’a aucune prérogative de modifier ce mode de saisine là. Imaginez, et s’il s’agissait d’une procédure de flagrant délit ? Voilà. Sauf en cas de circonstances prévues par la loi, où il serait établi que les conditions d’une flagrance n’étaient pas réunies. C’est dans des circonstances comme ça qu’une information pouvait être ordonnée.

Mais pour nous, il s’agit d’une citation régulière qui est faite. Et le tribunal a l’obligation de prendre cette citation, de l’examiner dans la limite de ses prétentions et les moyens qui sont articulés par le poursuivant, et qui se rapportent à un cas de détournement présumé de deniers publics. Même si le prévenu est présumé innocent, le débat est attendu au niveau de l’Etat. Notre position, je le disais dans une précédente interview, que du côté de l’Agence Judiciaire de l’Etat, toutes les dispositions sont prises pour porter devant les tribunaux les rapports réguliers transmis à notre service par l’inspection générale d’Etat.

Maintenant, il ne s’agit pas pour nous de porter les actions devant le tribunal, notre rôle est de suivre, de suivre la marche des procédures engagées, en relations avec les différents rapports de l’inspection générale d’Etat pour faire en sorte que ces dossiers ne soient pas simplement engagés pour distraire la population qui a intérêt à savoir qu’est-ce que la justice fait du traitement de ces dossiers rocambolesques de détournements de deniers publics. Nous y avons tous intérêt, et l’agence judicaire de l’Etat s’emploiera à faire un suivi constant pour que les dispositions de la loi en matière de répression des détournements de deniers publics, que les procédures engagées par la partie civile soient totalement prises en compte.

Il n’est pas question pour nous faire une parodie de justice et de faire un semblant de procédure. Encore une fois, je dis que la décision d’hier n’a aucun lien avec la procédure engagée par l’Etat. Et, je vous garantis que nous userons de toutes les voies appropriées, toutes les voies légales, pour que notre citation directe soit examinée comme il se doit. Parce qu’il n’y a pas une autre raison de ne pas examiner cette citation directe ; sauf si ouvertement, quelqu’un nous disait : voilà, moi je suis pour le détournement des deniers publics, auquel cas l’Etat n’hésiterait pas à prendre ses responsabilités.

Guineematin.com : c’est la fin de cet entretien, à moins que vous n’ayez un dernier mot.

Me Mory Doumbouya : le dernier mot, c’est toujours à l’attention de la justice. Vous savez, comme je vous le disais, une justice doit être juste. Et voilà, le magistrat doit marquer toute son indépendance dans le respect de la loi. Dès que l’on s’écarte un peu de l’application de la loi, l’indépendance du magistrat tombe. Donc nous, en tant que poursuivant, du côté de l’Etat, nous disons que nous ne baisserons pas les bras tant que nous serons saisis par l’inspection générale d’Etat. Et, des poursuites régulières seront toujours engagées et nous veillerons à ce que les décisions soient toujours prononcées par les juridictions de notre pays pour rassurer la population. Voilà ce que j’avais à vous dire en dernier ressort.

Interview réalisée par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Meurtre de Boukariou Baldé : le coup de gueule de son oncle

11 juillet 2019 à 8 08 32 07327

Il y a aujourd’hui plus d’un mois (le 31 mai 2019), un jeune étudiant a été battu à mort à l’université Hafia de Labé par des agents des forces de l’ordre dépêchés sur les lieux sur réquisitions du Gouverneur, Madifing Diané. La famille du défunt avait alors sollicité et obtenu une autopsie dont le rapport du médecin légiste dévoilera une mort atroce. Et, avant même l’autopsie, les images de la victime relayées sur les réseaux sociaux par certains de ses camarades montreront qu’avec une once d’humanisme des autorités universitaires- qui ne l’ont assisté qu’à la dernière minute- l’étudiant aurait pu être sauvé…

A bien observer ce qui s’est passé, tout a semblé réuni pour tuer ce pauvre garçon, fils d’un enseignant qui a aujourd’hui cumulé une trentaine d’années de labeur. En conférence de presse, le Gouverneur de la région administrative de Labé a tout mis à son compte, expliquant que RIEN n’a été fait dans ce meurtre sans son autorisation : intervention des forces de l’ordre, évacuation du corps du défunt de l’hôpital régional de Labé pour Conakry, refus de passer prendre ou tout au moins d’informer les parents (père et mère du défunt) qui ont passé cette nuit de Ramadan à Dalaba, attendant l’ambulance qu’on disait « transportait le blessé »…

Madifing Diané, Gouverneur de la région administrative de Labé
Madifing Diané, Gouverneur de la région administrative de Labé

Disant avoir tout autorisé et assumant tout, Madifing Diané a visiblement tout fait pour également étouffer les informations autour de ce meurtre. On apprendra plus tard que des étudiants ont perçu l’argent des autorités, visiblement pour tourner la page de ce crime ; et, la plainte des parents a été refusée par le tribunal de Labé. Même une stèle que certains étudiants (qui tiennent à faire perpétuer la mémoire du défunt) ont tenu à ériger à l’université Hafia de Labé a été arrachée avec un silence approbateur des décideurs actuels des lieux…

L’étudiant Amadou Boukariou Baldé, tué le 31 mai 2019 par des agents déployés par Madifing Diané

Sur ses nerfs, déçu de refus des puissants d’aujourd’hui de rendre justice sur ce crime, Abdoul Rahmane Baldé, le jeune frère de Mamadou Mouctar Baldé, le père de l’étudiant tué, a posté sur son mur Facebook son cri de cœur qu’il a intitulé « HONTE à eux », pour ne pas nommer les auteurs et commanditaires du meurtre de feu Amadou Boukariou Baldé qui croient aujourd’hui capables d’empêcher la vérité de jaillir…

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose ce coup de gueule :

Honte à eux !

Vendredi 31/05/2019, Université Hafia Labé : Les dirigeants inconscients de l’institution, incapables de gérer un petit problème interne font appel à leurs parrains qui dépêchent policiers et gendarmes sur les lieux. Ceux-ci ne décevront pas leurs mandataires et les résultats en font foi : UN MORT suite aux coups par objets contondants reçus principalement sur la tête, des blessés et énormément de dégâts matériels. Le gouverneur de la région assume. La famille du défunt prend en charge les frais d’autopsie et de funérailles. AMADOU BOUKARIOU BALDÉ sera inhumé le lundi 03/06/2019 correspondant au 29 du mois Ramadan après la prière de Asr.

Une plainte formulée par les avocats de la famille de Boukariou sera déposée chez le procureur de Labé qui la classe sans suite.

Le gouverneur de Labé, l’une des personnalités visées par la plainte, nargue la famille et dit : « …le père de Boukariou a perdu son fils et maintenant il est en train de perdre sa foi… ».

Un conseil d’étudiants mis en place à l’Université de Hafia Labé recevra du rectorat un montant de huit millions de nos francs en guise de réparation des dommages matériels subis par le fait de l’intervention des forces de l’ordre. Il s’en suivra des détournements dont les coupables seraient certains étudiants et une haute personnalité l’autorité universitaire. C’est ce fait qui impactera sur le symposium qui était prévu le 05/07/2019 à Hafia Labé à la mémoire de Amadou Boukariou BALDÉ. Les empoignades entre étudiants organisateurs obligeront à reporter sine die la cérémonie et une stèle a été érigée la veille dans l’enceinte d de l’Université.

Comme si le meurtre de Boukariou ne suffisait pas, des certains individus ont nuitamment démoli la stèle dans les heures qui ont suivi. De l’aveu de certains étudiants, cette stèle n’était pas du goût des autorités. PEINE PERDUE !

Abdoul Rahmane Baldé, oncle de feu Amadou Boukariou Baldé
Abdoul Rahmane Baldé, oncle paternel de feu Amadou Boukariou Baldé

Si les responsables et leurs complices espèrent, par ces agissements immondes et répugnants, entamer la détermination de la famille de Boukariou, je leurs dirais que c’est mal nous connaître. Nous sommes conscients de nos atouts et de nos faiblesses et nous ne sous-estimons pas le camp d’en face. Nous sommes rassurés par notre foi quoique d’autres puissent en douter.

Nous avons confiance au DIEU de Nouhou (Noé) qui noya les injustes et sauva Nouhou et les pieux dans l’Arche.

Nous avons foi au même DIEU qui sauva Ibrahim (Abraham) du feu de Noumroud.

Nous avons foi au même DIEU qui sauva Mûssa (Moïse) et ses partisans de Pharaon et noya ce dernier et ses armées.

Nous avons foi au même DIEU qui sauva Issa (Jésus) des comploteurs pour confondre ces derniers.

Nous avons foi au même DIEU qui sauva Muhammad de tous ces ennemis et lui donna la victoire éclatante sur eux.

Nous savons que notre Dieu en QUI nous avons foi est omnipotent, nous savons aussi qu’IL accorde du répit aux injustes mais qu’IL les saisira.

En attendant de répondre devant DIEU, on vous contraindra de répondre devant la justice sur terre. Avec un minimum d’honneur ces sieurs auraient tous démissionné pour se mettre à la disposition de la justice. Au lieu de cela ils se cramponnent et peut être font recours aux charlatans et lecteurs de Yassin pour espérer calmer l’affaire ; peine perdue. Nous ne nous arrêterons pas de sitôt pour la mémoire de AMADOU BOUKARIOU BALDÉ et de toutes ces victimes anonymes et connues. MALHEUR À VOUS !

Nous n’avons pas la prétention de pouvoir soulever des montagnes ; mais, nous avons foi à Allahou qui, lorsqu’IL veut d’une chose, dit « soit » et elle est. Et, quel Excellent secours !

Abdourahmane Baldé, oncle paternel de feu Amadou Boukariou Baldé

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Détournement de fonds : l’ancien DG de la LONAGUI absent de son procès

10 juillet 2019 à 14 02 24 07247
Ancien directeur général de la LONAGUI, Lansana Chérif Haidara est poursuivi pour détournement de 27 milliards au préjudice de l’Etat

Lansana Chérif Haidara, ancien directeur général de la Loterie Nationale de Guinée (LONAGUI) est poursuivi pour détournement de fonds s’élevant à 27 milliards de francs guinéens au préjudice de l’Etat. Le procès s’est ouvert ce mercredi 10 juillet 2019, au tribunal correctionnel de Kaloum, à l’absence du prévenu. Le dossier a été renvoyé chez le procureur « au regard de sa complexité », a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Après Paul Moussa Diawara, Inza Bayo (Office Guinéen de Publicité) et Sékou Camara (Office Guinéen des Chargeurs) c’est autour de Lansana Chérif Haidara de faire face à la justice pour un présumé détournement d’importantes sommes d’argent au préjudice de l’Etat guinéen. Cet ancien directeur général de la LONAGUI, poursuivit par l’Agence Judiciaire de l’Etat, n’a pas répondu présent à l’appel du tribunal correctionnel de Kaloum.

Mais, à peine ouverte, l’audience a été suspendue par la présidente du Tribunal, Hadja Mariama Doumbouya, pour ramener l’affaire au procureur pour l’instruction du dossier.

Maitre Lanceï 3 Doumbouya, avocat de l’Agence Judiciaire de l’Etat

Maitre Lanceï 3 Doumbouya, avocat de l’Agence Judiciaire de l’Etat, a dit sa déception quant à l’absence du prévenu avant d’expliquer les raisons du renvoi du dossier chez le procureur. « On est très déçu. On s’attendait quand-même à la comparution du prévenu qui a été régulièrement cité. Et, dans cette citation, nous avons respecté les délais légaux de comparution. Et malheureusement, malgré la signification de l’exploit de citation à son domicile, il n’a pas comparu. Et, on s’attendait au moins à sa comparution, à défaut, à ce qu’un renvoi lui soit accordé afin qu’il vienne au moins dire oui, je reconnais les faits, ou je ne reconnais pas les faits. Mais malheureusement, le tribunal a estimé que l’affaire est complexe et qu’il y a lieu d’ordonner le renvoi du dossier à monsieur le procureur en application de l’alinéa 2 des dispositions de l’article 466 du Code de Procédure Pénale. Comme vous le savez, au terme de l’alinéa 2 de l’article 466, le pouvoir est donné au président du tribunal ou au juge audiencier qui, lorsqu’il estime qu’une affaire est complexe, d’ordonner le renvoi au procureur qui pour lui, a la possibilité soit de saisir un juge d’instruction, soit de saisir un service de police judiciaire pour permettre de donner des éléments techniques d’appréciation sur lesquels éventuellement le tribunal pourra être édifier dans l’examen de l’affaire », a laissé entendre l’avocat.

Partant de cette décision de la présidente du tribunal, Me Lanceï 3 Doumbouya a dit toute son inquiétude pour la suite de cette affaire. « Le retard, nous avons voulu l’éviter, nous avons voulu saisir le juge du jugement. Mais malheureusement, lorsque le tribunal estime que l’affaire présente une certaine complexité, c’est une décision qui est prise. Nous allons remonter à qui de droit, à notre cliente, bien-entendu l’Agence Judiciaires de l’Etat, qui saura prendre les dispositions appropriées », a-t-il fait savoir.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Viol sur mineure : un élève qui devait faire le Bac cette année, jugé à Conakry

10 juillet 2019 à 7 07 52 07527

Mohamed Sylla, élève qui devait passer son Baccalauréat cette année, a comparu hier, mardi 09 juillet 2019, devant le tribunal criminel de Dixinn. Le jeune homme est accusé d’avoir violé une fillette de 14 ans. A la barre, il a plaidé non coupable, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est le 24 octobre 2018 que l’acte pour lequel Mohamed Sylla est poursuivi se serait produit au quartier Camayenne dans la commune de Dixinn. Le jeune élève a été arrêté et placé sous mandat le 09 novembre 2018, soit un peu plus de deux semaines après les faits. L’accusé a été entendu ce mardi par le tribunal criminel de Dixinn. Et, il a rejeté en bloc les faits de viol articulés contre lui. « On a grandi ensemble à Dixinn chez mon homonyme. J’ai vécu avec eux pendant 13 ans. Je partais à l’école avec la fille, A.T, et je rentrais avec elle. Mais, je n’ai jamais eu des relations sexuelles avec elle », a soutenu l’accusé, à la barre.

Poursuivant ses explications, il indique que c’est « lorsque son grand
père qui est mon homonyme m’a chassé de la concession que je suis parti chez ma mère à la Camayenne, où je suis resté pendant 9 mois. C’est après 9 mois que j’ai vu cette fille à côté de chez nous. Elle m’a dit qu’elle est venue se faire coiffer. Une semaine après, les policiers sont venus avec une convocation. Ils m’ont envoyé au commissariat central de Bellevue en disant que j’ai violé A.T. J’ai dit que ce n’est pas moi, et ils m’ont gardé pendant 3 jours ».

Après cette négation systématique de l’accusé, le procureur, Sidy Souleymane N’Diaye, a pris la parole pour rappeler, selon lui, les faits. Il s’est adressé au jeune homme en ces termes : « C’est le 24 octobre 2018 que tu es allé chercher la fillette dans son école « La Source » qui se trouve à la minière. Tu l’as invitée de venir voir chez toi. Quand vous êtes arrivés, tu lui as présenté ta maman. Entretemps, tu l’as invitée d’aller voir ta chambre. Tu l’as jetée dans la chambre et tu as abusé d’elle », a déclaré le procureur.

Et l’accusé de répondre : « d’abord, je n’ai pas de chambre, je passe la nuit avec trois de mes amis à la terrasse de la grande concession. Ensuite, je n’ai jamais été dans son école. Avant, on partait à l’école ensemble et on revenait ensemble. Mais depuis que j’ai quitté cette école, je n’ai jamais été là-bas », a-t-il laissé entendre.

« Et pendant tout le temps que vous étiez ensemble, tu n’as jamais eu de sentiment à son égard ? », interroge le procureur. « Jamais. Je l’ai considérée comme une sœur. Je n’avais aucun sentiment à son égard, et elle n’a jamais été chez nous à la Camayenne », a soutenu mordicus Mohamed Sylla.

De son côté, la défense par la voix de maître Emanuel Bamba, a indiqué que l’accusé est un élève qui a été enlevé à son domicile alors qu’il n’a rien fait. « Celui qui a porté plainte dans cette affaire s’est déjà désisté. Donc il n’y a pas de partie civile dans cette affaire. Et, c’est un élève qui a été enlevé à son domicile alors qu’il n’a rien fait. C’est pourquoi je vous demande d’accorder une liberté provisoire à l’accusé, afin qu’il puisse aller faire son baccalauréat », a sollicité l’avocat.

Une demande à laquelle le procureur s’est catégoriquement opposé. « Jamais. Demander sa liberté pour qu’il aille faire son baccalauréat n’est pas un motif suffisant. Il s’agit là d’un individu qui a violé une mineure de 14 ans. C’est un viol assorti de circonstances aggravantes. Rejetez cette demande de mise en liberté », a demandé Sidy Souleymane N’Diaye au tribunal.

La juridiction a rejeté la demande en question et a renvoyé le dossier au 22 juillet 2019 pour la comparution de la maman de l’accusé, qui sera entendue à titre de témoin.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com
Tél. : 620 589 527/654 416 922

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Casse de bâtiments à Ansoumaniyah (Dubréka) : un officier de l’antidrogue pointé du doigt par les victimes

9 juillet 2019 à 20 08 45 07457
Mohamed Cissé, un proche de Hadja Fatoumata Soumah, une des victimes

Dans la nuit du mercredi au jeudi 04 Juillet 2019, plusieurs maisons en construction ont été cassées au secteur ‘’Stade’’, relevant du quartier ‘’Ansoumaniyah village’’, dans la commune urbaine de Dubréka. Cette casse qui ne relèverait d’aucune décision de justice ou administrative aurait été perpétrée aux environs de 04 heures du matin par des hommes (dont certains armés) qui seraient à la solde d’un officier de police en service à la brigade antidrogue à Conakry. Cet officier de police réclame depuis quelques années la paternité des parcelles sur lesquelles ces bâtiments ont été construits, a appris un journaliste de Guineematin.com qui s’est rendu à Ansoumaniyah village.

Selon des témoins rencontrés sur place, c’est le commissaire Sadou Diallo qui aurait organisé cette casse de maisons. En compagnie d’hommes armés et avec le soutien de certains jeunes de Ansoumaniyah village qu’il aurait soudoyé avec de l’argent, cet officier de police se serait rendu à ‘’Stade’’ pour casser des bâtiments en construction.

« Ils sont arrivés aux environs de 04 heures du matin. Certains d’entre eux détenaient des fusils. Ils se sont mis à casser les maisons. J’ai entendu le bruit et les coups de marteau. Je suis même sorti de ma maison pour voir ce qui se passait dehors. Dès qu’ils m’ont aperçu, ils ont braqué leurs armes sur moi. Je me suis hâté de rentrer et fermer ma porte », a confié un témoin rencontré sur les lieux.

Au total, ce sont quatre bâtiments qui ont subi la fureur des casseurs qui seraient aux ordres du commissaire Sadou Diallo. Et, les traces laissées sur les maisons ciblées en disent long sur la détermination des auteurs de la casse. Les gros trous creusés de part et d’autres sur les murs forcent le regard et indignent les victimes qui pleurent une casse de trop, orchestrée par cet officier de police qui « se croit au-dessus de la loi ».

Mohamed Cissé, un proche de Hadja Fatoumata Soumah, une des victimes
Mohamed Cissé

« La première fois, c’est à 05 heures du matin que le commissaire Sadou Diallo et ses agents sont venus casser notre maison. Ils étaient tous armés de fusils. Comme il travaille à l’antidrogue de Conakry, il croit être au-dessus de la loi… Sinon, en tant qu’officier assermenté, s’il sait que ce domaine lui appartient et que quelqu’un d’autre est venu y construire, il allait saisir la justice pour régler son problème… », a expliqué Mohamed Cissé, un proche de Hadja Fatoumata Soumah, une des victimes.

Cette vieille femme qui ne compte plus que sur ses enfants (qui n’ont pas assez de moyens) est sans mot. Elle est comme figée par la cruauté des hommes qui ont troué les murs de sa maison. Une maison qui est composée de deux chambres, un salon et un petit magasin.

Mamadou Malal Barry, une des victimes

De son côté, Mamadou Malal Barry- une autre victime- ne comprend pas l’entêtement du commissaire Sadou Diallo, alors que la justice a déjà tranché dans cette affaire. « C’est la quatrième fois que Sadou Diallo vient casser ma maison. La première fois, c’était en 2016. Il était venu détruire le portail de la cour et il avait enlevé les tôles et le plafond de la chambre que je venais de construire… On est allé en justice à Dubréka, puis à la Cour Suprême. Il a perdu tous les deux procès. C’est après cela que je suis revenu construire encore. Et, avant-hier (jeudi), il est venu vers 04 heures du matin pour détruire encore. C’est sur les pick-up de la brigade antidrogue qu’il vient (Sadou Diallo) avec des gendarmes pour casser nos maisons. Voyez ici, la porte, les fenêtres, les granites, le sable et les trois mille briques qui étaient là ont été emportés par Sadou et sa bande », a expliqué Mamadou Malal Barry, visiblement très affligé par les préjudices qu’il a subis.

De quoi est-il question dans cette affaire ?

Selon nos informations, les victimes de ces casses de maison sont prises en tenaille dans un litige entre un homme d’affaires, Mamadou Bhoye Sow (qui leur a vendu des parcelles) et le commissaire de police, Sadou Diallo. Ces deux hommes se disputent un domaine dont chacun se réclame propriétaire. Un domaine qui appartenait à l’Etat qui, à travers la direction préfectorale de l’urbanisme et de l’habitat de Dubréka, a cédé à un particulier.

« C’est l’habitat de Dubréka qui m’a vendu ici, en 2007. C’était six parcelles (de la parcelle N°32 à celle numéro 37) contenues dans le lot 55 », se défend Mamadou Bhoye Sow qui, en 2008, a vendu ces parcelles à des tiers (trois parcelles à Mamadou Malal Barry, une parcelle à Zakariaou et une autre parcelle à Hadja Fatoumata Soumah qui ont commencé à y construire des maisons.

Pour cet homme d’affaires, Sadou Diallo n’avait jamais réclamé ces parcelles au paravent. « C’est quand j’ai vendu les parcelles à d’autres personnes et que ces gens-là ont commencé à construire, que Sadou s’est levé pour dire que ces terrains lui appartiennent », a indiqué Mamadou Bhoye Sow au micro de Guineematin.

Me Thierno Ibrahima Barry, avocat du commissaire Sadou Diallo,
Me Thierno Ibrahima Barry

A défaut d’avoir le commissaire Sadou Diallo, le reporter de Guineematin.com a interrogé l’avocat de ce dernier. Selon Me Thierno Ibrahima Barry, avocat du commissaire Sadou Diallo, il n’y a aucun litige entre son client et Mamadou Bhoye Sow. « Je pense que c’est une mauvaise lecture de la décision de justice qui a été rendue et qui reconnait à mon client les parcelles 11, 12, 13 et 14 du lot 55 bis qui fait dire à monsieur Sow que ce domaine lui appartient. Sinon, il n’y a aucun litige sur le plan administratif, dans la mesure où ce ne sont pas les mêmes lots. Et, le certificat d’usage foncier de mon client prouve à suffisance que Sadou Diallo est propriétaire de ce domaine depuis 2005… C’est monsieur Sow qui pense que les parcelles qu’il a correspondent à celles qu’occupe le commissaire Sadou Diallo. Ces documents de propriété des parcelles 32 à 37 du lot 55 datent de 2007, soit 2 ans après que mon client ait acquis les parcelles 11 à 14 du lot 55 bis. Et, je pense qu’il n’y a pas eu un nouveau lotissement ; et, les parcelles ne bougent pas aussi », a indiqué Me Thierno Ibrahima Barry.

A en croire plusieurs autres sources, les lots 55 et 55 bis existent bien sur le plan cadastral du quartier Ansoumaniyah village. Mais, visiblement, l’homme d’affaires Mamadou Bhoye Sow et le commissaire Sadou Diallo campent tous sur le domaine. Pourtant, ils détiennent des titres fonciers différents.

Selon nos informations, le bras de fer entre les deux hommes (qui ont un lien d’alliance) a conduit le commissaire Sadou Diallo, en 2014 et 2016, à détruire les constructions en cours dans ce domaine litigieux. Et, suite à cette destruction d’édifice, le commissaire Sadou Diallo aurait été assigné en justice par Mamadou Bhoye Sow qui a vendu les parcelles aux victimes.

L’affaire a été portée devant le tribunal de première instance de Dubréka (justice de paix à l’époque) pour être jugée avec l’objet suivant : reconnaissance de propriété, cessation de troubles et paiement de dommages et intérêts. Et, à l’issue du procès qui a connu un transport judiciaire à Ansoumaniyah, Mamadou Bhoye Sow a été déclaré propriétaire légal des parcelles 32 à 37 du lot 55 de Ansoumaniyah village.

« Statuant publiquement, contradictoirement, en matière civile et en premier ressort, après en avoir délibéré, rejette la fin de non-recevoir tirée de l’autorité de la chose jugée soulevée par les défendeurs (Sadou Diallo et autres)… Déclare le demandeur Mamadou Bhoye Sow propriétaire des parcelles N°32, 33, 34, 35, 36, 37 du lot 55 de Ansoumaniyah village et le renvoie dans la jouissance paisible de cette propriété. Ordonne les défendeurs (Sadou Diallo et autres) à la cessation de tous les troubles de jouissance sur les lieux ; les condamne au paiement solidaire d’un million de francs guinéens au demandeur Mamadou Bhoye Sow », lit-on dans le jugement N°165 en date du 23 août 2016, rendu par la justice de paix de Dubréka.

Il sera reconnu à Sadou Diallo la paternité des parcelles 11 à 15 du lot 55 bis. Mais, ce dernier va s’insurger contre cette décision et interjeter appel. L’affaire sera alors transférée à la Cour d’Appel de Conakry. Et, devant cette juridiction, Mamadou Bhoye Sow sera aussi déclaré propriétaire des parcelles 32 à 37 du lot 55 de Ansoumaniyah village.

« Statuant publiquement, contradictoirement, en matière de référé en dernier ressort et sur requête, (…) rejetons la demande (relevé de forclusion formulée par Sadou Diallo et Cie contre Mamadou Bhoye Sow et autres) en application des dispositions de l’article 603 du code de procédure civile, économique et administratif ; (…) disons que cette ordonnance est exécutoire sur minute et avant enregistrement », lit-on dans l’ordonnance N°019 du 20 février 2019, rendue par la Cour d’Appel de Conakry.

Malgré ces décisions de justice qui ont été même grossifiées, le commissaire Sadou Diallo serait en train d’user de son poste à la brigade antidrogue de Conakry pour intimider et menacer Mamadou Bhoye Sow et les personnes auxquelles ce dernier a vendu ces parcelles.

« Je suis allé dans son bureau pour lui dire qu’on peut régler cette situation à l’amiable au lieu de s’affronter alors que nous avons des liens d’alliance. Sadou a répondu qu’il va faire plus que casser des maisons. Il m’a menacé. Moi aussi, je suis venu avertir ma famille et mes proches. Parce que Sadou Diallo est capable de mettre un jour de la drogue dans ma voiture pour m’arrêter. Aujourd’hui, je crains pour ma vie. Mais, je me battrais jusqu’au bout dans cette affaire. Parce que c’est moi qui ai vendu ces parcelles aux personnes qu’il fait souffrir aujourd’hui », confie Mamadou Bhoye Sow.

Pour cette dernière casse perpétrée dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, les victimes entendent saisir l’inspection générale de la police. Et, une plainte pour destruction d’édifice privée pourrait même être déposée contre le commissaire Sadou Diallo.

A suivre !

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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