Zézé Béavogui, propriétaire du bar dénommé ‘’Facebook’’ sis à Kipé, dans la commune de Ratoma, et sept autres gestionnaires de bars et motels, ont été condamnés chacun à un an d’emprisonnement ferme par le Tribunal de Première Instance de Dixinn. C’est ce mercredi 16 août 2017 que cette décision a été prononcée contre ces huit personnes, poursuivies pour des faits de proxénétisme, a appris sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Ce groupe, mis aux arrêts nuitamment entre le 2 et le 4 Août 2017, est composé de gérants de bar, d’agents de sécurité des lieux, d’artistes, de DJ et de mécaniciens. Ils sont tous poursuivis pour avoir commis le délit de proxénétisme. Une infraction qui consiste à favoriser où à tirer profit de la prostitution.

C’est dans différents bars et motels de Conakry que ces interpellations ont eu lieu. Les quatre bars qui ont payé les frais de cette campagne d’interpellation se trouvent tous dans la commune de Ratoma. Il s’agit du Motel « Facebook » et le bar « Américain » à Kipé, ainsi que les deux bars « La fleur » et « Boya » à Enco5.

A tour de rôle ces prévenus ont défilé à la barre du tribunal. Les uns ont reconnu que leurs établissements disposent bel et bien de chambres de passe, où les gens viennent négocier avec des filles moyennant de l’argent. Tandis que pour les autres, les chambres sont destinées à héberger des couples étrangers, mais pas des prostituées.

« A Enco5, dans le bar de « Boya » nous avons trois chambres de passe. Si quelqu’un vient, il nous paye en tout 15 000 francs guinéens. La chambre 10 000 francs guinéens et la fille 5 000 francs guinéens pour une heure. Mais ceux qui viennent sont tous des majeurs responsables. Ce n’est pas de mineur », a expliqué Alexis Bamou.

Pour Moriba Kalivogui, « il y a des gens qui viennent de longs voyages, on les héberge dans nos chambres moyennant 30 à 80 000 francs guinéens la nuit. Nous avons un agrément. Et nous avons un permis d’exploitation de Motel qui est livré par le ministre du tourisme et de l’hôtellerie. Lorsqu’il me livrait ce permis, ils m’ont dit trois choses à savoir : de ne pas héberger les prostituées ; de ne pas recevoir les mineurs ; et de tenir l’endroit propre. Et ce c’est que nous avons fait», a soutenu le gérant du bar Facebook de Kipé.

Prenant la parole pour ses réquisitions, le procureur Alsény Bah a fait comprendre à l’auditoire que la Guinée a désormais un code pénal qui ne favorise plus les maisons closes. C’est dans ce cadre, dit-t-il, que les procureurs ont lancé une campagne d’éradication de ce fléau de proxénétisme. Selon lui, aucun d’eux n’a une licence livrée par le ministère du tourisme et de l’hôtellerie. « Ils sont tous fautifs. Leurs bars servent de lieux de prostitution. Dans ces endroits, on discute, on échange, on monnaie le corps des filles. Je vous demande de les condamner chacun à 5 ans d’emprisonnement et à 20 millions d’amende. Puis, ordonner la fermeture des lieux pendant une période de 5 ans », a requis le procureur.

La défense, par la voix de maître Michel Labillé Sonomou, demande la relaxe pur et simple pour délit non constitué. « Les activités que mes clients ont mené n’ont jamais assisté ou favoriser la prostitution. C’est un dossier vide et aucune fille prostituée ne s’est présentée à la barre pour s’expliquer », a argumenté la défense.

Lors de la délibération, la présidente du tribunal, madame Fatoumata Camara, a condamné les huit prévenus à un an de prison ferme chacun.

Déçu de ce verdict, l’avocat de la défense, maître Sonomou compte interjeter appel dès demain jeudi 17 Août 2017.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 654 416 922/664 413 227

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