Maomou Mathieu, président régionale de la société civile de N'zérékoréDans la suite de sa mission d’enquêtes et d’informations dans la Guinée profonde, Guineematin.com a donné la parole à Monsieur Mathieu Maomou, président du conseil régional des organisations de  la société civile de N’zérékoré. Il a reçu notre envoyé spécial à la maison du paysan, ce lundi 16 novembre 2015.

D’emblée, monsieur Maomou  a déploré l’abondance de conflits en Guinée forestière, particulièrement à N’zérékoré. Cette seule région administrative a enregistré au moins quinze (15) conflits meurtriers en cinq (5) ans, déplore-t-il. Après avoir cité des cas où l’administration locale a manqué d’autorité, il a pointé du doigt certains ressortissants qu’il accuse d’alimenter les différents conflits qui naissent ici, au niveau local.

Parlant de la mauvaise gestion parfois des conflits de la part des autorités administratives locales, monsieur Mathieu a cité les cas de Diécké et de Koulé. « A Diécké, une manifestation de simples femmes, des vielles femmes, on se met à les frapper jusqu’à aboutir à la mort d’hommes. Le conflit de juillet (tueries de Koulé au mois de juillet 2013, Ndlr) est quelque chose qu’on pouvait éviter : il y a eu manque d’autorité ! Quand nous l’avons dit, ça a fait mal aux gens. Mais, heureusement, quand il est venu, le chef de l’Etat a dit la même chose. C’est quelque chose qu’on pouvait arrêter, si on avait la volonté», a-t-il rappelé.

Par ailleurs, notre interlocuteur a regretté que la position de la société civile locale ne soit pas comprise, le plus souvent. « On risque de nous accuser à tort ! Parce que les conflits opposent, dans la majorité des cas, l’autorité administrative et la population. On peut citer les cas de Saoro et de Diécké, en 2013 ; les cas de Zogota et de Womey, en 2014… Tous ces  conflits opposent l’autorité administrative et une partie de population ! Donc, l’intervention de la société civile est souvent mal comprise», a expliqué monsieur Mathieu, pour parler des difficultés des organisations non étatiques dans la prévention et la lutte contre les conflits à N’zérékoré.

A en croire le président des organisations de la société civile régionale, il y a des conflits de tout genre dans la région de N’zérékoré ; citant la difficulté de cohabitation entre certains habitants, des conflits miniers, ceux opposant éleveurs et agriculteurs, des conflits ethniques, etc. « Quand ça arrive, ça peut prendre une dimension politique et de politique, une dimension ethnique, etc. », a-t-il regretté.

Parlant des facteurs essentielles qui alimentent les conflits à N’zérékoré, monsieur Maomou a pointé un doit accusateur aux ressortissants de la région. Pour le patron de la société civile ce sont leurs frères et sœurs qui vivent ailleurs qui ont transformés les citoyens locaux en marionnettes ! « Les conflits qui se développent en Guinée Forestière sont nés là, mais sont alimentés d’ailleurs. J’ai envie de dire aux ressortissants d’arrêter», a-t-il protesté.

De N’zérékoré, Thierno Amadou  Camara, envoyé spécial de Guineematin.com

 

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