Petit cireur à ConakryA leur arrivée à Conakry, plusieurs jeunes guinéens en général et en particulier des jeunes peulhs non scolarisés commencent souvent leur business par cirer les chaussures ou vendre des sacs en plastic avec des hauts et des bas avant de réussir. C’est le cas d’Alpha Oumar Barry rencontré par Guineematin.com à Conakry.

Ils sont nombreux, des jeunes venus de l’intérieur du pays pour s’installer à Conakry et exercer ce métier dont l’apprentissage ne demande pas assez d’applications.

Alpha Oumar Barry, âgé de 16 ans, est l’un de ces jeunes. Originaire de la préfecture de Télimélé, Oumar pratique ce métier depuis deux mois maintenant. Chaque matin, il fait le tour de plusieurs quartiers de Conakry avec  une caisse en bois qu’il porte en bandoulière et qui contient ses outils et qui lui sert aussi de tabouret pour la circonstance. Sa recette journalière varie entre 10 000  et 15 000 francs guinéens qu’il confie à son tuteur.

Interrogé par Guineematin.com sur les motifs de voyage à Conakry, Alpha Oumar Barry explique : « Je suis venu chercher l’argent. Je suis né à Télémelé dans une famille polygame. Dans ma famille, nous sommes plus de 10 garçons, sans compter les filles. Pire, je suis le benjamin et les autres n’ont pas encore une situation claire. Ils se cherchent comme moi », confie-t-il.

Selon lui, avec l’accord et le soutien  de ses parents, il a rejoint Conakry avec 50 000 francs guinéens et il passe actuellement la nuit chez son oncle paternel, mais sans être pris en charge par celui-ci. « C’est mon oncle paternel qui m’héberge. Mais, il m’a dit qu’il ne peut pas me prendre en charge pour la nourriture et les autres besoins. Aujourd’hui, je ne déjeune qu’après avoir gagné le premier client. Je tiens à ça parce que mon avenir en dépend. J’ai déjà commencé à déposer de l’argent chez mon tuteur. Chaque jour, j’assure mon petit déjeuner, mon diner et dépose 10 000 à 15.000GNF», a expliqué Alpha Oumar Barry.

Parlant de ce qu’il regrette en lui-même, il dira : « Mon grand regret est du fait que je ne suis pas allé à l’école. Vous savez, celui qui n’a pas eu la chance d’y être, est un poison.  Quand je vois mes amis, ce sont les larmes qui me viennent aux yeux.  Je ne suis pas allé à l’école à cause de la pauvreté et la fatigue de mes parents qui ne peuvent plus travailler comme avant », a-t-il dit avec un regard de pitié.

Tout comme les autres activités à but lucratif, le petit cireur fait savoir que dans sa quête de clients, il rencontre aussi des difficultés dont celles du refus de certains de payer son service après le cirage. « Il y a des clients qui refusent parfois de me payer  ou me font reprendre le travail, soit disant que ce n’est pas bien fait. D’autres, par contre, m’accordent beaucoup d’affections et me font des cadeaux ou me donnent de l’argent », a-t-il expliqué.

Abordant ses perspectives, il compte aller un jour tenter l’avenir dans un autre pays aisé, loin de la Guinée. « Mon rêve est de devenir un grand opérateur économique à l’image de Super Bobo. Pouvoir envoyer mes parents à la Mecque, construire une belle maison pour eux et les faire sortir de la pauvreté. Les aider à avoir où ils vivront le reste de leur vie dans le bonheur », a-t-il conclu.

Yacine Sylla pour Guineematin.com

Tél. : (+224) 628 71 71 56

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