La préfecture de Gaoual, l’une des plus arriérées du pays a failli sombrer dans la violence, après les dégâts matériels et humains comptabilisés en septembre à Boké et ses environs.

Le lundi 25 septembre dernier, des rumeurs avaient couru partout selon lesquelles les jeunes de Gaoual voulaient descendre dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol face à l’indifférence des autorités et dénoncer les conditions de vie minable de la population de cette localité.

Selon le Commandant de la gendarmerie départementale de Gaoual, le Capitaine Mamadou Saliou Diallo, rencontré par Guineematin.com à travers un de ses journalistes, « les jeunes qui œuvrent pour le développement de Gaoual se sont réunis pour manifester et exiger le départ du préfet, du maire et secrétaire général du Rpg-Arc-en-ciel ». Ils sont accusés par les jeunes de ne pas « faire leur affaire et ils déplorent en plus un manque de contact avec ces administrateurs ».

Poursuivant, le Chef de la gendarmerie qui a joué le rôle de bons offices entre les jeunes et les autorités, a expliqué que son rôle a consisté de se mettre en rapport avec la tutelle et de mener des contacts avec les jeunes qu’il réussira à dissuader. « Nous leur avons dit, qu’au lieu de manifester et casser des édifices publics, vous devez vous organiser en association et sauvegarder les intérêts de la population ». Une proposition qui a été acceptée et les jeunes ont transformé le mouvement de protestation en équipe de négociation avec les autorités préfectorales.

Sur ce point, le préfet Souleymane Sow dévoile que ce mouvement d’humeur est lié à une manifestation civilisée faite par les jeunes avec des pancartes et des banderoles dans le calme et la discipline. « Les jeunes ont estimé qu’une femme en état grossesse admise à l’hôpital a perdu sa vie avec le bébé par ce qu’elle n’a pas été prise en charge correctement et à temps. Ils ont formulé des griefs et ont réagi de façon civilisée et marché en nombre jusqu’à la préfecture (…) ».

Des points de revendications, les jeunes ont dénoncé les entrées intempestives de visiteurs à l’hôpital, le mauvais entretien des équipements, les réunions plus moins longues du staff médical, le nombre trop élevé de stagiaires, …

Quand à la deuxième crise, poursuit le M. Sow, les jeunes de Gaoual et Koundara voulaient copier ce qui s’est passé à Boké et ailleurs pour barrer la route et poser des exigences.

Informé, le préfet a présidé une réunion de crise du comité de défense et de sécurité avant de rencontrer les sages et les impliquer dans la sensibilisation des jeunes. « Cette route fait rentrer huit milliards de Francs par mois à travers la douane et qui servent à payer les fonctionnaires. Mais mieux, avant de faire quelque chose, tu te réfères au passé. En 2007, Gaoual a marché et cassé ses édifices et brûlés ses archives,…et jusqu’ici, on traîne ce bilan. Gaoual est une préfecture pauvre qui ne peut pas se permettre de casser le peu qu’il a. Par contre, si les jeunes veulent marcher, c’est leur droit. Ils peuvent quitter du pont sur le Tominé (à la sortie de la ville) jusqu’à la commune rurale de Kakoni ».

Les grognards Gawalais revendiquaient entre autres, du goudron pour Gaoual, qui reste l’unique ville de la région de Boké (qui comprend Boké, Boffa, Fria, Koundara et Gaoual) à en être privée de voirie, de l’eau, de l’électricité, de l’emploi,…

Actuellement, Koundara a 22 km de voirie, Labé en a, Boké aussi et les travaux à Télimélé ont été lancés alors que Gaoual, entouré de ces différentes villes, a vu le goudron venir jusqu’à sa porte, au niveau de la douane. C’est inédit c’est ce que disent les vieux, paraphrase le préfet. « Gaoual est comme la nuque du corps humain. Le bonnet n’arrive pas et le boubou vient et passe ». Pauvre de nous !

De retour de Gaoual, Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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