Une incompréhension grandissante mine actuellement les relations entre les autorités préfectorales et les citoyens de la commune urbaine de Koubia, relevant de la Région Administrative de Labé, autour des critères d’utilisation des nouvelles bornes fontaines récemment installées par la Société des Eaux de Guinée (SEG) pour l’approvisionnement de la ville en eau potable, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Le samedi, 7 avril 2018, le gouverneur de la Région Administrative de Labé, Sadou Keïta présidait la cérémonie de remise officielle de 7 pompes électriques autonomes réalisées par la Société des Eaux de Guinée (SEG) dans le cadre de l’approvisionnement de la ville de Koubia en eau potable.

Mais, la délégation du gouverneur de la Région Administrative de Labé, Sadou Keïta qui était entouré du directeur général de la Société des Eaux de Guinée (SEG), Mamadou Diouldé Diallo n’avait pas fait l’objet d’un accueil chaleureux. A en juger par la faiblesse de la mobilisation populaire pour la réception officielle des installations qu’on dit avoir englouti près de 700 millions de francs guinéens.

Les citoyens bénéficiaires avaient fait le vide devant la délégation officielle pour exprimer, dit-on, de manière la plus éloquente, leur sentiment de déception face à cette initiative qui semble les éloigner de leur rêve pour un lendemain meilleur, avec toutes les commodités permettant à chacun d’avoir un point d’eau potable à son domicile dans la ville de Koubia.

« Nous avions des forages offerts par le Service National d’Aménagement des Points d’eaux (SNAPE). Ils sont venus enlever les pédales pour installer un système électrique alimenté par un groupe électrogène au moment où on s’attendait à une adduction d’eau. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est le fait d’avoir profiter de la mise en place des comités de gestion pour annoncer que désormais l’approvisionnement en eau potable au niveau de ces bornes fontaines est conditionné par le payement de 500 francs guinéens par bidon de 20 litres. Nous avons dit que dans ces conditions nous préférons les pompes à pédales. Le secrétaire général chargé des collectivités décentralisées, Mamadou Dian Barry a rétorqué que même pour avoir de l’eau avec l’ancien système à pédale, nous devons payer. Ils ne peuvent pas nous obliger à utiliser leurs robinets alors que nous avons parmi nous des gens qui ne peuvent pas payer régulièrement ce montant de 500 francs par bidon. Ils n’ont qu’à enlever leur système électrique et nous laisser avec les forages que le SNAPE nous a donné » a expliqué un citoyen de la commune urbaine de Koubia qui a contacté Guineematin.com dans l’après-midi du dimanche, 15 avril 2018.

Interrogé à ce sujet, le président du Conseil Préfectoral des Organisations de la Société Civile (CPOSC) de Koubia, Mamadou Alpha Diallo a confirmé au téléphone de Guineematin.com l’existence de cette tension entre les autorités préfectorales et les citoyens de la commune urbaine.

« Beaucoup de personnes m’ont contacté pour me demander l’implication de la société civile dans la gestion de cette crise. Nous allons nous retrouver en bureau du Conseil Préfectoral, dans l’après-midi de ce lundi, 16 avril 2018 pour adopter une ligne de conduite » a précisé Mamadou Alpha Diallo.

Du côté des autorités préfectorales, le secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de Koubia, Mamadou Dian Barry minimise l’ampleur de la crise et parle de manipulation en pointant un doigt accusateur sur le trésorier du syndicat des chauffeurs et mécanique générale, Elhadj Mamadou Dian Diallo, connu sous le sobriquet de Compétent et qui a été élu membre du conseil communal sur la liste de l’UFDG, lors des élections locales du 4 février 2018.

« C’est un petit groupe qui s’agite autour de Mamadou Dian Compétent qui avait donné astucieusement une portion de terre au SNAPE pour un forage. Il était président du comité de gestion de ce forage qui se trouve devant sa concession. Sa femme était dans ce comité. C’est lui qui gérait les cotisations et c’est lui cherchait à réparer la pompe en cas de panne. Il se comportait comme si le forage était une propriété privée. Mais, avec ces bornes fontaines, nous avons installé un comité de gestion indépendant. Ce qu’il ne digère pas. Ils n’ont même pas voulu mobiliser la population pour recevoir le gouverneur de région qui était venu ici pour l’inauguration des installations. Ils ne peuvent pas attendre qu’on investisse toute cette enveloppe financière pour dire qu’ils n’en veulent pas. Au départ, ils pensaient que les autorités préfectorales ont détourné le financement. Heureusement, le donateur lui-même, le directeur général de la SEG est venu expliquer qu’il ne s’agit pas d’un financement pour adduction d’eau. Il s’agit de simples robinets en attendant le projet d’adduction d’eau » a déclaré le secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de Koubia.

Au cours de notre conversation téléphonique, Mamadou Dian Barry a indiqué que le prix du bidon de 20 litres coûte 200 francs guinéens au lieu de 500 annoncés par notre informateur. Qu’à cela ne tienne ! Si les autorités préfectorales de Koubia ne prennent pas des dispositions urgentes, elles risquent fort d’avoir un réveil brutal. Car, elles semblent ignorer la vraie réalité du terrain, en essayant de circonscrire cette crise sociale à l’action d’un petit groupe.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

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