L’ONG Femmes-Développement et Droits Humains Guinée, dirigée par la journaliste et activiste des droits des femmes, Moussa Yero Bah, a organisé une conférence-débat hier, mercredi 10 octobre 2018, à Conakry. Elle a réuni plusieurs acteurs concernés à la Bluezone de Kaloum pour leur expliquer les méfaits de certaines pratiques que subissent les filles et femmes dans nos sociétés et emmener à s’engager pour mettre fin à cette situation, rapporte un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

De nombreuses jeunes filles et des femmes de Conakry ont pris part à cette conférence-débat qui a eu pour thème : « Les violences basées sur le genre et les pratiques traditionnelles néfastes ».

Mme Moussa Yero Bah

Selon Moussa Yero Bah, journaliste à la radio Espace FM et présidente de l’ONG Femmes-Développement et Droits Humains Guinée, « L’objectif c’est d’encourager les gens, de leur dire qu’il y a beaucoup d’embûches, beaucoup de problèmes et de difficultés qu’ils peuvent rencontrer mais il ne faut pas pour autant baisser les bras. C’est un combat de longue à haleine, qu’il n’est pas facile de balayer d’un revers de la main nos habitudes, nos pratiques quelques fois qui sont malsaines dont on a du mal à se départir », a indiqué l’activiste des droits des femmes.

Cette conférence-débat a été animée par Dr Morissanda Kouyaté, directeur exécutif du Comité inter-africain sur les pratiques traditionnelles ayant effet sur la santé des femmes et des enfants (CI-AF). Des pratiques comme les mutilations génitales féminines, les mariages forcés et précoces. Selon le conférencier, ces pratiques sont considérées comme une partie intégrante de nos traditions. Mais, elles sont contraires à tout ce qu’il y a comme droits des femmes et des filles et surtout la santé et l’intégrité des femmes et des filles.

Dr Morissanda Kouyaté

« Pour créer la confusion, il y a beaucoup qui mettent ça sur le dos de la religion. Ils essayent de soutenir ces pratiques néfastes comme les mutilations génitales féminines, les mariages précoces, les victimes de veuvage, la violence conjugale à l’égard des femmes par le pilier de la religion et la culture. Mais tout ça, ce n’est pas vrai. Ce sont des pratiques néfastes, dangereuses et qui violent l’intégrité des filles et des femmes », a indiqué le conférencier.

Dr Morissanda Kouyaté estime que pour combattre efficacement ces pratiques, il faut l’implication effective des jeunes. « Pour lutter contre ces violences faites aux femmes et ces pratiques traditionnelles néfastes, il faut que la jeunesse s’invente une autre stratégie de l’appropriation. C’est elle qui pourra mettre fin à cette pratique. Pour y arriver, il faut passer par la sensibilisation, le plaidoyer, le respect des lois et la prise en charge des victimes. On ne peut rien faire si on ne sensibilise pas, si on ne fait pas un plaidoyer pour montrer le côté négatif de ces pratiques néfastes aux populations », a-t-il expliqué aux participants.

Le conférencier préconise aussi le respect scrupuleux des lois du pays, en envoyant en prison tous ceux qui font l’apologie de ces pratiques.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 654 416 922/664 413 227

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