Comme annoncé sur Guineematin.com, l’opposition républicaine ne désarme pas malgré la répression sanglante qui s’abat sur elle. Réunis en session plénière au QG de l’UFDG ce mercredi, 31 octobre 2018, les opposants au régime du président Alpha Condé maintiennent la pression et comptent organiser d’autres manifestations pour les 7 et 8 novembre prochain.

C’est Faya Millimouno, président du Bloc Libéra et membre de l’Opposition Républicaine, qui a fait office de porte-parole, entouré de Cellou Dalein Diallo, Nestor Kagbadouno, Diabaty Doré, Dr Ibrahima Sory Diallo, Ahmed Kourouma, entre-autres. Pendant la rencontre, il a été question de deux points, à savoir : le bilan de la journée ville morte du lundi et celui de la marche étouffée d’hier, mardi ; puis, de l’agenda des prochaines manifestations.

Dans son intervention, Dr Faya Millimouno a regretté le fait que « malheureusement encore, nous avons encore déploré la mort d’un de nos compatriotes. Nous commençons par condamner cela, par présenter les condoléances à sa famille biologique, ainsi qu’au peuple de Guinée. Et, nous continuons à exiger que des enquêtes soient ouvertes pour identifier les auteurs et les commanditaires de ces tueries qui sont devenues une habitude. Nous avons aussi déploré 15 cas de blessures par balles, dont une femme en état de famille, qui a été atteinte dans sa famille, pas dans la rue. Il y a des dizaines d’arrestations, pour la plupart des gens qu’on vient arrêter chez eux, à la maison. Il y a des élèves qu’on a trouvés à la maison, qu’on arrête. C’est devenu aujourd’hui une sorte de commerce, parce que plus de personnes on arrête, plus de 500 mille francs guinéens on réclame aux familles. Ça, c’est l’autre business que le professeur Alpha Condé et ses forces de l’ordre ont commencé.

Par ailleurs, par la voix du président du BL, l’opposition républicaine a tenu à « féliciter les guinéens épris de justice, de paix et de liberté qui, connaissant le danger qui guette notre pays aujourd’hui. La loi est mise complètement de côté. C’est le cas du Premier ministre qui a préféré l’ordre à la Loi. Maintenant, il n’y a pas d’ordre public et la loi est mise entre parenthèse. Donc, c’est le chaos ».

S’agissant de la répression sanglante des manifestations de l’Opposition Républicaine, Dr Faya va s’interroger sur le rôle des services de sécurité dans ces tueries. « Les guinéens, prenant conscience de la réalité qu’ils vivent, malgré la violence inouïe que le gouvernement, à travers ses forces de l’ordre, parfois, il faut le préciser, parmi les force de l’ordre, par le passé nous avons eu à dénoncer le fait qu’on a utilisé des donzos qui ont tué, qui ont blessé. Après plusieurs dénonciations, les donzos ont disparu. La question qu’on peut se poser est de savoir où sont-ils ? Est-ce que certains de ces donzos font partie aujourd’hui de nos forces de défense et de sécurité ? C’est une question. Parce que de plus en plus, l’Etat guinéen devient violent et nous le sentons. Malgré cette violence, les guinéens épris de justice sont entrain de sortir en masse pour dire, plus jamais ça dans notre pays ».

Pour ce qui est du second point, Dr Faya est revenu sur le calendrier des prochaines manifestations de l’opposition. « C’est une dictature qui s’annonce, plus violente que toutes les dictatures qu’on a connues par le passé. Si nous ne prenons garde… Il y a des assassinats ciblés qui sont devenus monnaie courante… C’est pour cette raison que l’opposition républicaine ne baissera pas les bras, l’opposition n’entend pas s’arrêter là. Parce que si elle le fait, la dictature est déjà là… Demain jeudi, 1er Novembre, les femmes de l’Opposition Républicaine vont marcher. On ne peut pas, de manière fantaisiste, suspendre le droit de manifester. Nous ne sommes pas en état d’urgence, on n’est pas dans une situation exceptionnelle pour suspendre les droits et libertés des guinéens. C’est ce qu’on est entrain de vivre aujourd’hui. Nous invitons toutes les femmes de l’opposition républicaine, en tant que mères, de se mobiliser pour la journée de demain pour envoyer un message clair à Alpha Condé et à son gouvernement. La semaine prochaine, nous allons avoir une journée ville morte, le mercredi 07 novembre à Conakry et dans toutes les préfectures de l’intérieur du pays. Le lendemain, le jeudi 08 novembre, une autre marche sur l’autoroute Fidèle Castro », a-t-il laissé entendre.

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo et Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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