Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, responsable des antennes et des actions du FNDC, va devoir patienter encore avant d’être situé sur son sort. Pour la deuxième fois, son procès a été renvoyé après quelques heures de débats, ce jeudi 13 août 2020. L’opposant à un troisième mandat pour le président Alpha Condé a dû retourner à la maison centrale de Conakry, au grand dam de ses avocats, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette deuxième audience a été consacrée en grande partie au débat autour du CD présenté par le procureur comme pièce à conviction et contenant les propos tenus par Foniké Menguè dans l’émission « Les Grandes Gueules » de la radio Espace, pour lesquels il est poursuivi. Après que ce CD a été écouté et que le prévenu a reconnu et assumé le contenu, les avocats de la défense ont sollicité la remise en liberté de leur client et le renvoi de l’audience.

« Foniké Manguè est un homme responsable. S’il est vrai que ce procès n’est pas politique, nous demandons la mise en liberté de notre client. Foniké Menguè n’a rien fait qui puisse le garder encore en prison. Nous vous garantissons qu’il sera par devant votre tribunal lors de la prochaine audience », a déclaré maître Pépé Antoine Lama, l’un des avocats de Foniké Menguè.

Une demande à laquelle s’est opposé le procureur, Sidy Souleymane N’Diaye. Selon lui, mettre en liberté Foniké Menguè ne serait pas une bonne décision. « Monsieur le président, Oumar Sylla n’est pas n’importe qui au sein du FNDC. C’est une personnalité très forte au sein du FNDC par rapport à sa capacité de mobilisation. Mettre Oumar Sylla Foniké Menguè en liberté pourrait occasionner le renouvellement de son comportement infractionnel », a-t-il dit.

Me Mohamed Traoré, un autre avocat de la défense, a aussitôt répliqué en balayant d’un revers de la main l’argument du procureur. « J’aurais souhaité que le procureur sévisse contre les malfaiteurs habillés en uniforme nationale et qui entrent dans les quartiers pour renverser les marmites de nos sœurs et de nos mamans. Un procureur ne doit pas être le serviteur d’un régime, mais il doit servir le peuple. Est-ce que le fait de mettre Oumar Sylla Foniké Menguè en liberté peut effacer un élément de preuve que détient le ministère public ? Je dis non. Notre client n’est pas un délinquant. Il est arrêté pour des raisons politiques.

Moi, je serais à l’aise lorsque monsieur le procureur arrête ce monsieur qui est habillé en tenue militaire achetée par les citoyens qui va dans les quartiers pour y commettre des exactions. D’ailleurs, je relève une contradiction de monsieur le procureur qui disait la semaine que le FNDC est mort et qu’il n’a aucune possibilité de mobilisation. Donc aujourd’hui, si le même procureur se met à dire le contraire, ça m’étonne. Donc monsieur le président, nous vous demandons de remettre notre client en liberté. En le faisant, vous aurez rendu une bonne décision », a dit l’avocat.

Mais, le juge Alphonse Charles Whrith a finalement rejeté la demande des avocats de la défense, tout en renvoyant l’audience au 20 août 2020. Foniké Menguè retourne donc à la maison centrale de Conakry, où il est détenu depuis le 24 avril dernier. L’activiste de la société civile est poursuivi pour « menaces de violence ou de mort par la mise à la mise à la disposition d’autrui d’informations de nature à troubler la sécurité publique ; communication et divulgation de fausses informations ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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