Dr Édouard Zoutomou Kpogomou : « nous demandons un cadre de dialogue politique, pas un dialogue inclusif»

Suite à la récente publication du décret du Colonel Mamadi Doumbouya, instituant un cadre de concertations inclusif, placé sous l’autorité du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, le Dr Édouard Zoutomou Kpogomou estime que ce n’est pas ce que les partis politiques ont sollicité.

Selon le président du parti Union démocratie pour le renouveau et le progrès (UDRP), interrogé par un reporter de Guineematin.com, les partis politiques guinéens n’ont pas demandé un « dialogue inclusif » ; ils ont plutôt réclamé « un cadre de dialogue politique composé juste des partis politiques, du CNRD et du gouvernement, avec la facilitation d’une institution internationale ».

« Nous avions demandé un cadre de dialogue politique sans intermédiaire, si ce n’est la facilitation des Nations Unies, de l’Union africaine ou de la CEDEAO. Mais on nous a concocté un cadre de concertations inclusif. Nous, c’est un cadre de dialogue politique avec le CNRD et le gouvernement, avec la facilitation d’une institution internationale, que nous avons demandée. Ce cadre de concertations qui a été créé, nous pensons que c’est dans la bonne direction, mais ce n’est pas exactement ce qui a été demandé», a affirmé cet homme politique.

« On crée le cadre de concertations. Au lieu que ce soit un cadre de concertation politique, on y ajoute d’autres composantes qui sont déjà représentées au niveau des assises nationales et au CNT. Donc, le cadre dialogue politique que nous nous avons demandé, nous avons été suffisamment explicites », martèle-t-il.

Pour lui, dire que la classe politique est beaucoup plus représentée dans ce cadre de concertations inclusif, c’est contradictoire. Il explique qu’au CNT, les partis politiques et les coalitions existent déjà et y ont 15 places.  « Au niveau du cadre de concertations inclusif, au lieu du cadre de dialogue politique que nous demandons, qui devait être uniquement des partis politiques, il y a 20 places accordées à la classe politique. Alors, pourquoi on n’avait pas donné 20 places aux partis politiques au niveau du CNT ? », interroge-t-il.

« On est en train de jouer avec l’intelligence des gens. Nous n’avons pas demandé un cadre de dialogue inclusif, nous avons demandé un cadre de dialogue politique composé juste des partis politiques, du CNRD et du gouvernement, avec la facilitation d’une institution internationale », tranche le Dr Zoutomou Kpogomou.

Plus loin, l’ancien président de l’UNAD s’étonne de la floraison des coalitions politiques dans le pays ces derniers temps.

« Au moment où les débats étaient très chauds pour la mise en place du CNT, il n’y avait pas 20 coalitions des partis politiques. Maintenant, si on nous parle de 20 coalitions, je me demande d’où viennent toutes ces coalitions ? », s’interroge-t-il.  « Peut-être que des coalitions ont été créées dans le but de jouer avec l’intelligence des gens ».

Face à cette situation, le président de l’UDRP estime que l’élan de cohésion est en train d’être détourné. Pour éviter de tomber dans les pièges du CNRD et du gouvernement, ce leader politique pense que les responsables politiques guinéens doivent arrêter d’être au mode réactif.

Le Dr Zoutomou Kpogomou laisse entrevoir qu’il  y a actuellement un jeu des autorités de la transition pour essayer de diluer l’élan de cohésion des partis politiques. Il en veut pour preuve le montant de 20 milliards de Francs guinéens annoncé pour la tenue des assises nationales.

« Je ne suis pas en train de mettre en doute la sincérité ou l’équité des gens. Mais, nous pensons qu’il y a beaucoup de choses qu’il faut voir de travers. 20 milliards de francs guinéens pour aller aux assises nationales dont le travail a déjà été fait dans l’essentiel. Si on doit venir à ce niveau-là ça veut dire franchement que c’est ce qu’on cherche à faire, une fois que ces personnes- là partent, il n’est pas question qu’ils reviennent », indique-t-il.

Il ajoute qu’au niveau même du cadre de concertation où on a ajouté des services techniques venant on ne sait d’où, il est dit que les dépenses sont imputables à l’Etat. « Donc, tout ça, on nous fait miroiter cette enveloppe financière qui va servir d’appât très alléchant », craint-il. Au regard de tous ces risques, le leader politique conseille à la classe politique de se retrouver pour harmoniser ses positions. « Et si on ne fait pas attention, nous allons rester dans un mode réactif ; c’est-à-dire, nous allons nous mettre à toujours réagir à ce que le CNRD fait, alors que ça devait être tout le contraire », fait remarquer le Dr Zoutomou.

Et de conclure en ces termes : « Le 25 avril est en train d’arriver, qui a été donné comme une date butoir. On dit que le CNRD n’aura peut-être pas à se plier à ça. Nous avons dit que nous allons inviter le CNRD à suivre parce que ce pays nous l’avons en commun et nous ne voulons pas que nos populations souffrent ».

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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