Débrayage au Tribunal pour enfants de Conakry : le personnel réclame un local approprié pour travailler

Le Tribunal pour enfants de Conakry est complètement paralysé depuis ce matin. Les travailleurs ont décidé de cesser toute activité à partir de ce lundi, 30 mai 2022, jusqu’à nouvel ordre. Ils réclament l’obtention d’un local approprié leur permettant de travailler dans des conditions adéquates, a appris Guineematin.com, à travers un de ses journalistes.

Le Tribunal pour enfants de Conakry est l’un des parents pauvres de la justice guinéenne. Malgré son importance, cette juridiction spéciale n’a toujours pas de siège. Logé dans l’enceinte du Tribunal de première instance de Kaloum, son personnel travaille dans des conditions inacceptables pour un Etat où la justice est censée être la boussole qui guide toutes les actions. Même pour tenir ses audiences, ce tribunal est obligé de faire la navette entre les TPI de Kaloum et de Mafanco, et la Cour d’appel de Conakry, parce qu’il ne dispose pas de salle d’audience.

Pourtant, depuis 2019, le patrimoine bâti public, à la demande du ministre de la justice d’alors, a attribué un local au Tribunal pour enfants de Conakry. Il s’agit du bâtiment abritant l’ancienne ambassade de Palestine en Guinée. Malheureusement, le ministère des Affaires étrangères tarde jusque-là à exécuter cette décision, pour des raisons que l’on ignore. Face à cette situation, le personnel de la juridiction a adressé récemment un courrier au ministre de la justice et des droits de l’homme pour attirer son attention sur leurs difficultés.

Dans ce courrier, les magistrats et greffiers qui composent le Tribunal pour enfants de Conakry ont rappelé toutes les démarches menées pour l’acquisition d’un local, tous les actes posés dans ce sens, mais aussi à quel endroit le processus est bloqué. Ils ont fait savoir que « faute de trouver incessamment un local approprié, il est impossible au personnel du Tribunal pour enfants de continuer à exercer les tâches juridictionnelles en cet état inadapté ».

Une semaine plus tard, n’ayant eu aucune réponse à leur courrier, ils ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Les magistrats et greffiers ont arrêté toutes les activités de la juridiction à compter de ce lundi 30 mai, exigeant l’obtention d’un local approprié pour pouvoir travailler dans des conditions adéquates.

Selon nos sources, un dossier a été déféré aujourd’hui devant cette juridiction, mais celui-ci a été rejeté, en raison du débrayage en cours.

A suivre !

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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