L’actualité politique reste dominée par la crise politique née du refus du pouvoir de publier « les vrais résultats » issus des élections locales du 4 février 2018. Le lundi passé, une délégation de l’opposition, conduite par Aliou Condé, a déposé un mémorandum contenant l’ensemble de ses griefs au Premier ministre, Dr. Ibrahima Kassory Fofafana.

Pour comprendre ce que contenait ce mémorandum, un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontre de l’honorable Cellou Baldé. Outre ce mémorandum, nous avons également échangé sur d’éventuelles propositions de sortie de crise…

Décryptage !

Guineematin.com : Vous avez déposé un mémorandum au Premier ministre. Parlez-nous du contenu de ce document ?

Honorable Cellou Baldé : disons que le dépôt du mémorandum fait suite à la rencontre entre le Premier ministre, Chef du Gouvernement et le chef de file de l’opposition. Vous savez que le Premier ministre, conformément à l’article 58 de la constitution qui lui confère les prérogatives d’entretenir et de promouvoir le dialogue social dans notre pays a engagé une série de concertation qui l’a conduit chez le Chef de file de l’opposition. Donc, le mémo a été déposé suite à cette rencontre parce que nous avions promis de le faire. Dans le mémo, il faut dire que nous avons rappelé toutes les péripéties politiques dans notre pays, nous avons décliné les grandes lignes d’octobre 2016, qui reprend si vous voulez toutes les conclusions des précédents dialogues qui, vous le savez, n’avaient pas été respectées. Donc, nous avons décliné dans ce mémo ces conclusions, nous avons également passé en revue dans ce mémo la question du contentieux électoral qui jusqu’à présent n’est pas réglée. Egalement, nous avons rappelé que depuis 2011, l’accession de monsieur Alpha Condé au pouvoir, tout ce qui a opposé le pouvoir à l’opposition, dans ce pays-là, le non-respect des lois dans ce pays, mais également le non-respect des accords politiques. Nous avons terminé par faire des recommandations au Premier ministre, Chef du Gouvernement parce qu’aujourd’hui il y a des questions urgentes qui doivent être réglées, notamment la question du contentieux électoral. Vous savez, bientôt cinq mois que les élections ont été tenues dans notre pays ; mais, jusqu’à présent, les élus ne sont installés, il y également des urgences, notamment sur la question du fichier électoral et la nouvelle loi sur la CENI.

Guineematin.com : Qu’est-ce que vous attendez du Premier ministre et de son Gouvernement ?

Honorable Cellou Baldé : nous attendons qu’il use de ses prérogatives, qu’il s’implique, qu’il affiche son leadership pour permettre de régler la question du contentieux électoral, également qu’il puisse prendre attache avec les présidents des institutions concernées, notamment le président de l’Assemblée nationale (pour ce qui concerne la loi sur la CENI), et tout autre acteur susceptible d’apporter sa contribution pour qu’on sorte enfin de cette crise-là, pour qu’on puisse mettre en œuvre les conclusions de l’accord politique du 12 octobre 2016, pour qu’on puisse installer les élus locaux, tout en rétablissant la vérité des urnes au préalable.

Guineematin.com : Pour revenir sur votre parti, l’UFDG, quelles sont les communes où vous allez gagner les mairies sans alliances et quelles sont les communes où vous pouvez gagner avec alliance ?

Honorable Cellou Baldé : aujourd’hui, dans les 12 communes concernées, d’abord quand vous prenez Ratoma, il n’y a pas de problème, le contentieux sur Ratoma, c’est pour un seul quartier, nous avons gagnez 29 conseillers sur les 40 et quelque de Ratoma ; et quand vous prenez Dixinn, nous avons largement gagné dans les urnes ; quand vous prenez Dubréka, nous avons gagné dans les urnes ; quand vous prenez Kindia, nous avons gagné dans les urnes. Aujourd’hui, les deux communes où nous avons besoin d’alliances pour les exécutifs communaux, c’est Matam et Matoto. A Matoto également, nous sommes venus largement premier avec une différence de voix, même si nous avons le même nombre de conseillers que le RPG au niveau des résultats officiels ; mais, dans les résultats issus des urnes, nous avons normalement 15 conseillers, le RPG en a 14, et il y a une différence également au niveau des quartiers ; donc, au niveau de Matam et de Matoto, en fonction des résultats issus des urnes, nous avons besoin d’alliances.

Guineematin.com : Avec qui pourrez-vous aller en alliances ?

Honorable Cellou Baldé : disons, quand vous prenez Matoto, il y a beaucoup de partis politiques, mais également des listes indépendantes. Notre candidat à Matoto nous affirme clairement qu’en dehors même d’une négociation au niveau du comité de suivi, on pourrait gagner la commune de Matoto avec les alliances dans le processus normal.

Guineematin.com : Honorable, pour la préservation de la paix, est-ce que vous êtes prêts à renoncer à certains conseillers dans certaines communes pour enfin permettre l’installation des exécutifs communaux ? Nous sommes quand-même à plus de quatre mois depuis la tenue des élections locales.

Honorable Cellou Baldé : évidemment, c’est maintenant l’occasion pour vous expliquer les propositions de solutions des partenaires techniques et financiers. Quand nous nous sommes retrouvés entre entités politiques, nous avons échangé ; pendant un mois et demi, nous n’avons pas eu de compromis ! Les partenaires techniques et financiers ont mis en place une commission d’experts. Ces experts ont pris les résultats officiels publiés par la CENI, ils ont également pris les rapports portants sur nos recommandations pour voir les vrais résultats issus des urnes, ils nous ont fait deux (2) propositions. La première, c’est de dire qu’ils ont constaté qu’il y a un certain nombre de communes dans lesquelles, sur la base des résultats officiels proclamés par la CENI, aucune entité politique à elle seule ne peut composer l’exécutif communal ; donc, c’est de faire en sorte de prendre les résultats officiels pour voir qui est venu premier, mais de prendre aussi les résultats issus des urnes, c’est-à-dire nos réclamations, voir qui est venu premier avant la falsification, de faire en sorte qu’il y ait des désistements réciproques. Cela devait nous permettre de faire quoi ? On ne modifie pas les résultats déjà tranchés par les juges des tribunaux, proclamés par la CENI, c’est-à-dire, on ne modifie pas le nombre de conseillers. Par exemple, quand on prend une commune comme Kindia où l’UFDG est première, selon les vrais résultats et le RPG a le plus grand nombre de conseillers, selon les résultats officiels, on ne modifie pas le nombre de conseillers ; mais, l’UFDG pourrait prendre cette commune-là. Par exemple à Matam, où le RPG est venu premier, l’UFDG est venu deuxième, que le RPG pouvait prendre la commune sans qu’on modifie le nombre de conseillers et que peut-être l’UFDG puisse prendre le poste de premier vice maire. Voilà la solution médiane, nous avons souscrit à cela. Mais également, les partenaires techniques et financiers ont recommandé que pour les quartiers, parce que c’est une élection de proximité, plus sensible au niveau des quartiers et que les gens ont même pris le temps de prendre leurs Smartphones pour photographier les PV qui ont été affichés dans les bureaux de vote, de prendre en compte les résultats issus des urnes et non ceux proclamés par la CENI. Mais, la mouvance a récusé cette proposition…

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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