Persécution des opposants en Guinée : ce que Tibou Kamara écrit aux Etats-Unis

22 juillet 2021 à 9 09 20 07207
Tibou Kamara, ministre d’Etat, conseiller personnel du Chef de l’Etat, Ministre de l’industrie et des PME, porte-parole du Gouvernement

Acculé par les critiques des ONG internationales et les occidentaux, le Gouvernement guinéen, qui tue toute forme de contestation (même verbale) dans le pays, essaie une nouvelle stratégie dans le secret espoir d’atténuer au sein de l’opinion l’impact de la terreur imposée aux citoyens. Alors que des opposants sont arrêtés et détenus sans jugement depuis plus de huit mois, Tibou Kamara, un des anciens exilés du régime Alpha Condé, devenu porte parole du Gouvernement, sort des communiqués pour parler de liberté en Guinée, un pays où la moindre voix discordante est criminalisée depuis la réélection contestée du champion du RPG à un troisième mandat…

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, ce communiqué en réponse à celui des États-Unis :

Le Gouvernement note, avec satisfaction, que l’ambassade des Etats-Unis en Guinée se félicite des actes posés par la justice guinéenne, conformément aux pouvoirs qui lui sont reconnus et impartis.

Il note aussi le vœu partagé par tous les républicains et démocrates que les procédures en cours, relatives à différentes affaires pendantes devant les juridictions du pays, soient conduites vite et bien, sous l’autorité de la justice et dans le respect de l’indépendance des magistrats.

Le Gouvernement n’est pas un obstacle ni une menace contre les droits et les libertés des citoyens, mieux, il promeut la liberté d’expression et la diversité des opinions, réelles dans le pays, mais qui doivent s’exercer cependant, comme dans tout État de Droit, dans les conditions et limites prescrites par la Constitution.

Enfin, la Guinée est un État respectueux des droits humains ainsi que des principes universels de la Démocratie et de l’État de Droit, fondés sur l’exigence de concilier les Droits et les Devoirs, ainsi que celle d’assurer l’égalité des citoyens devant la Loi.

Tibou Kamara

Ministre d’Etat, Conseiller spécial du Président de la République,

Ministre de l’Industrie et des PME

Comment un homme qui jouit de toutes ses facultés peut parler de liberté dans un pays où aucune contradiction (même verbale) n’est tolérée ? Dans un pays où des leaders et responsables de l’opposition (ou simplement épouses) sont interdits de voyager sans motifs, où les bureaux et le siège du principal parti de l’opposition sont fermés, sans aucune décision judiciaire et où des citoyens sont arrêtés et détenus pendant plus de huit mois sans aucun procès ? Qu’est-il arrivé à notre Tibou Kamara, l’homme qui nous récitait les principes et valeurs démocratiques qu’il souhaitait voir appliqués dans notre chère Guinée ?

Pauvres de nous !

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Les États-Unis condamnent les arrestations d’opposants en Guinée : la joie de Sékou Koundouno du FNDC

22 juillet 2021 à 9 09 13 07137
Sékou Koundouno, responsable des stratégies et planification du FNDC

L’Ambassade des États-Unis d’Amérique vient de publier une déclaration relative aux arrestations d’opposants en Guinée. Cette déclaration qui pose un constat des plus objectifs de la situation de la liberté d’expression en Guinée en particulier vient renforcer les combattants pro-démocratie dans leur bataille contre la dictature de Alpha Condé.

Dans le cas des détenus politiques, il est important aujourd’hui de soutenir l’idée de la tenue d’un procès dans les meilleurs délais. Mais il est clair que le dictateur ne veut pas d’un procès. Il cherche tout simplement garder les otages pour les libérer quand il veut. Il espère ainsi obtenir un satisfecit de la communauté internationale. Au fond, le dossier concernant ces détenus est devenu encombrant tellement il est léger. Alpha Condé sait qu’un procès relatif à ce dossier sera l’occasion rêvée pour les détenus et leurs avocats de faire le procès d’un appareil judiciaire totalement dévoyé et d’un régime criminel. Le procès risque donc de se transformer en procès d’un régime que l’écrasante majorité des Guinéens rejette. 

Par ailleurs, il est illusoire de penser qu’avec cette justice dont la télécommande se trouve entre les mains, il pourra y avoir un procès équitable pour les détenus. C’est pourquoi, il vaut mieux continuer à exercer des pressions sur Alpha Condé afin que tous les détenus soient libérés sans condition.

Quand Alpha Condé parle d’indépendance de la justice, il donne tout simplement la preuve que cette justice est devenue un instrument qu’il manie et manipule à sa guise. Sinon, dans un passé très récent, il méprisait cette même justice avec les mêmes acteurs.

L’indépendance de la justice en Guinée n’a aucun sens. On n’en a avait voulu à Lansana Conté d’avoir déclaré « la justice, c’est moi ». Alpha Condé fait pire.

Sékou Koundouno, responsable des stratégies et planification du FNDC

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Entreprenariat : la richesse interne va-t-elle vers l’effondrement ? Et si la Guinée adoptait le modèle de l’ANC ?

12 juillet 2021 à 12 12 27 07277

Libre Opinion : Après plusieurs années de l’indépendance, la Guinée a plongé dans un système économico-social communiste où tout était concentré au niveau de la machine étatique qui a vu naître bon nombre d’hommes d’affaires qui, à leur tour, ont migré vers la Sierra Léone, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal.

N’étant pas à l’époque dans l’esprit du système politico-économique guinéen, ces hommes d’affaires ont permis à l’économie des pays voisins de prospérer, tout en donnant naissance à la chaine des  industrielles d’hommes d’affaires  pour le bien être du secteur tertiaire de nos différents pays.

En faisant un clic sur le comment se caractérise l’économie sociale et celle capitaliste, nous pouvons, nous même, tirer les leçons pour équilibrer l’économique de notre pays.

Si c’est vrai que l’économie socialiste est un système de production où les biens et services sont produits directement pour l’utilisation, contrairement à un système économique capitaliste, où les biens et services sont produits pour générer des profits (et donc indirectement à l’emploi) « Avec les ressources naturelles et techniques , nous pourrons faire une nette lecture sur le comportement machiavélique des petits clans touffus de banditisme à col blanc, une classe qui essaye de ‘’prendre la Guinée en otage’’ pour remplir leurs poches.

A l’avènement des militaires de 1984 suite à un Coup d’Etat, la junte a sitôt opté pour le libéralisme économique et le multipartisme afin de permettre à tous les guinéens d’aspirer au bonheur et cela a permis à de nombreux guinéens (Résidents, ressortissants, exilés) de rentrer au bercail pour gérer leur destin.

C’est à partir de là que les chaines industrielles ont commencé à se développer dans tout le pays. Le pays s’était rapidement doté d’un Code des investissements, un Code très attractif devant permettre aux investisseurs nationaux et étrangers de s’intéresser au modèle économique très jeune dont disposait notre pays, la Guinée.

Avec ce modèle économique, le Président Lansana Conté permettra à un certain nombre de guinéens d’avoir des lignes de crédits pour donner naissance à la richesse interne. C’est avec ces crédits que l’Etat octroyait à une nouvelle classe d’hommes d’affaires de créer des unités industrielles de tout genre dans la cité. Une stratégie qui a permis la création de nombreux emplois dans tous les secteurs d’activité de la vie économique guinéenne.

Dans la gestion de la chose publique sous l’ère Conté, certaines personnes sorties de nulle part, ont pensé que personne ne pouvait être riche que leurs petits clans. Une attitude qui a occasionné un sursaut national qui a failli renverser le régime Conté en janvier 2007.

Pour la plupart des guinéens, il est inconcevable que notre pays, la Guinée, soit considéré comme un scandale géologique et qu’on soit pauvre en recherchant toujours le quotidien.

De mouvement social en mouvement social, le  peu d’infrastructures dont  dispose le pays, se verra être pillé par des jeunes, femmes et hommes en colère contre le système de Gouvernance du groupe d’individus, des prétendus être intouchable.

C’est pourquoi, un 23 mois de décembre 2008, la junte militaire ayant appris sitôt la mort du Général Lansana Conté, se planifie par rapport à la prise du pouvoir et après, a dissout l’Assemblée nationale, suspendu la Constitution du pays au nom du Conseil National de Développement et Démocratie (CNDD), pour mieux gérer les affaires courantes du pays et organiser les élections crédibles.

C’est ainsi que plusieurs hauts gradés et intouchables de l’Etat avaient été interpellés pour fait de corruption, de trafic de drogue, de malversations financières et de détournements des deniers publics. Et là, nous sommes en 2008-2009.

Avec une pression de l’opposition guinéenne, des forces vives et de la communauté internationale, la junte quittera le pouvoir pour faire place à un autre régime éphémère piloté cette fois, par le général Sékouba Konaté. Le CNDD qui avait l’ambition d’assurer un développement durable du pays se verra sevré de toutes ses vives ambitions.

En 2010, les élections présidentielles sont organisées et le Pr Alpha Condé est porté à la tête de la magistrature suprême de la République de Guinée pour gérer les destinées de ses compatriotes.

Dans les 5 premières années de gestion du pays, le Président a dit ouvertement qu’il ne connaissait pas les cadres du pays et c’est ainsi qu’il a pu retenir certains cadres qui ont travaillé avec feu Général Lansana Conté dans le but de cerner de mieux en mieux le fonctionnement de l’Administration publique guinéenne. Et pour cet état de fait, il fera appelle à d’autres intellectuels de la diaspora guinéenne et organisera un concours de recrutement pour mieux assainir et mettre fin à toutes sortes de gabegies financières afin que notre pays soit fréquentable.

Qu’il soit un pays ami avec les institutions de Breton Wood pour que les investisseurs étrangers puissent avoir confiance à l’Etat guinéen.

Hélas ! Certains les cadres les plus dangereux et les intouchables du régime Conté reversés dans la nouvelle République, ne jurent qu’au nom de la destruction de leurs frères et sœurs de la Guinée.

Les nantis subissent les effets de l’ouragan de la mauvaise gestion, de la Mal gouvernance ceci, à travers la délation, la diffamation à outrance et du mépris des autres enfants du pays.

 Partant de cela, nous pouvons citer à juste titre, le cas de Ibrahima Kassus Dioubaté qui a été victime du clan mafieux occupant encore des postes stratégiques dans les structures étatiques.

Et pendant ce temps, d’autres se font passer pour «Des conseillers du président» de ma République dans la gestion des centrales de Coronthie.

Ibrahima Kassus Diabaté, jeune entrepreneur aguerri, promoteur et actionnaire dans le projet des maisons de type standard international va poursuivre son partenaire étranger qui est devenu par la suite le chouchou incontesté du petit clan qui continue de tirer profit des installations et les centrales de K-Energie. N’ayant pas obtenu gain de cause, M.Diabaté va saisir une juridiction supranationale qui va le rétablir dans ses droits et va condamner l’Etat guinéen au payement d’une somme de plus de 40 millions de dollars américains US. A date, l’Etat peine à payer cette somme au profit du jeune Diabaté.

Par contre, faut-il signaler qu’il y a d’autres Ibrahima Kassus  Diabaté qui sont victimes de ces petits clans qui seraient proches du Chef de l’Etat.

Si nous essayons de faire un tour au niveau des jeux de hasard où il y a eu des victimes du clan destructeur des idéaux de développement durable.

Il y a plus de deux ans, le peu de guinéens qui étaient actionnaires dans le PMU (Pari Mutuel de Guinée), se verraient refuser le renouvellement de leur licence Et pour cause, c’est à l’Etat d’organiser ou d’avoir le monopole des paris. Pourtant, les statuts de la structure sont très clairs à cet effet.

Aujourd’hui, le rétroviseur se trouve braqué vers la société de celui qui a eu le courage pour la toute première fois de valoriser le secteur du jeux de hasard. Mais pour l’instant, plusieurs acteurs se sont impliqués pour rétablir la vérité dans ladite affaire qui risquerait de reverser des milliers des jeunes dans la rue.

Essayons de faire aussi un tour vers le secteur touristique qui se trouve d’ailleurs au pied ‘’du mont continue de souffrir de l’œuvre des non professionnels’’. Ici, aucun programme digne de nom n’est mis en place par l’Etat pour promouvoir ledit secteur.

Par contre, il y a des privés qui continuent d’investir dans le secteur. Mais en réalité, depuis l’avènement en Guinée de la pandémie de COVID-19, toutes les activités sont aux arrêts, voir au point mort.

Malgré la présence de cette pandémie, certains guinéens sont restés partenaires des investisseurs étrangers qui ont pu rétablir certains employés des hôtels dans leurs droits.

Pourtant dans ce petit clan qui prend tout le pays en otage,  un élément qui avait géré un hôtel mais qui, après, s’est vu très endetté à cause de la  mauvaise gestion et de la dilapidation des deniers publics.

Alors, il est temps que nos gouvernants sachent que même en période de crise liée au COVID-19, d’autres nations ont continué d’octroyer des fonds à des entrepreneurs locaux pour la survie de leurs entreprises. Mais c’est tout à fait le contraire en Guinée.

De ce fait, le pays devrait s’aligner dans cette dynamique pour encourager les porteurs de projets et préserver le peu de richesses locales pour le rayonnement de la Guinée.

Bref, encourager les guinéens à investir sur place, c’est contribuer au développement local à la base.

Voilà le modèle de Développement que l’ANC et l’Afrique du Sud ont épousé pour valoriser l’Entrepreneuriat local qui fait bouger leurs populations y compris les jeunes.

Un système de Gouvernance qui les hisse au sommet de l’Afrique où ils sont premiers grâce à l’entrepreneuriat local, l’un des véritables piliers du Développement à la base.

Et si la Guinée emboitait le pas ?

Par Alpha Kamara, citoyen

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L’Ambassadeur du Royaume-Uni chez Cellou Dalein : « j’ai pu lui faire part des conflits… »

16 juin 2021 à 18 06 28 06286
Cellou Dalein Diallo et David Mcllroy, Ambassadeur du Royaume-Uni en Guinée

Cellou Dalein Diallo multiplie les rencontres avec les diplomates étrangers pour échanger avec eux autour de la situation sociopolitique en Guinée, très tendue depuis que le président Alpha Condé a décidé de s’accrocher au pouvoir au terme de ses deux mandats légaux.

Quelques jours après avoir rencontré les Ambassadeurs des Etats-Unis et de l’Union européenne, le coordinateur du Système des Nations Unies et le représentant de la CEDEAO en Guinée, le président de l’UFDG a reçu l’Ambassadeur du Royaume-Uni, David Mcllroy, à son domicile, ce mercredi 16 juin 2021.

Cellou Dalein Diallo et David Mcllroy, Ambassadeur du Royaume-Uni en Guinée

« J’ai pu ainsi lui faire part des conflits qui opposent mon Parti à l’Exécutif et qui tirent leur origine de la violation par ce dernier de la Constitution, des lois de la République et des décisions de justice.

Il a réitéré́ l’attachement de son pays au respect par ses partenaires des droits humains et des règles et principes de l’État de droit et de la démocratie », a annoncé le principal opposant guinéen sur les réseaux sociaux.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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« La France doit appeler à la libération des militants détenus arbitrairement en Guinée »

2 juin 2021 à 12 12 22 06226

Tribune

Collectif : Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent « l’absence de réaction forte de la communauté internationale » face à la « répression brutale » qui s’est abattue sur le pays.

Tribune. Depuis 2019 et l’annonce d’une réforme de la Constitution qui a permis au président Alpha Condé de se présenter à un troisième mandat, nos organisations n’ont cessé de dénoncer la dégradation des droits humains en Guinée. Face à cette situation, l’absence de réaction forte de la communauté internationale, notamment de la France et de l’Union européenne (UE), a été reçue par Conakry comme une carte blanche donnée à la répétition des violations. L’appel lancé fin janvier par le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à « faire toute la lumière » sur la situation des opposants en prison, est également resté lettre morte.

Avant et pendant la tenue du référendum constitutionnel et des élections législatives du 22 mars 2020, une répression brutale s’est abattue sur le pays. Des manifestations ont été interdites de manière abusive. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur les protestataires, faisant des dizaines de morts et de blessés. Des militants politiques, notamment du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), et des membres de la société civile ont été arbitrairement arrêtés.Lire aussi En Guinée, un journaliste condamné à une amende pour « offense » au président Condé et libéré

Des discours de haine proférés par des candidats politiques et des affrontements entre partisans du gouvernement et de l’opposition ont également rallumé des tensions ethniques, engendrant des violences intercommunautaires dans la ville de Nzérékoré. La grande majorité des plaintes déposées par les proches des personnes blessées ou tuées lors des manifestations n’ont pas abouti à des poursuites judiciaires. Beaucoup de familles n’ont d’ailleurs pas osé le faire, par crainte de représailles, manque de moyens ou absence de confiance dans les autorités.

Des prisons surpeuplées

Le scrutin présidentiel contesté du 18 octobre 2020 s’est également déroulé dans un contexte de graves violations des droits humains. Nos organisations ont recensé au moins seize personnes tuées par balle entre le 18 et le 24 octobre, sans compter les nombreux blessés. Les connexions Internet et les liaisons téléphoniques ont été perturbées ou coupées. Si certains manifestants se sont livrés à des violences, comme allégué par le gouvernement dans un rapport sur les événements, cela ne peut pas justifier la répression sanglante du mouvement.

Nos organisations ont recueilli des témoignages de victimes et de leurs familles et documenté leurs récits, afin d’interpeller les autorités guinéennes, alerter les partenaires de la Guinée, sensibiliser les opinions publiques. Mais cela n’a pas mis fin aux abus. Après l’élection, les autorités ont traqué les opposants et des membres de la société civile. Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées. Aujourd’hui, des figures de l’opposition et des militants associatifs – y compris des membres de certaines de nos organisations – sont détenus dans des conditions de détention inhumaines. Dans les prisons surpeuplées, l’accès aux soins est pratiquement impossible.Article réservé à nos abonnés Lire aussi « En Guinée, la répression est en passe d’égaler les années les plus noires de Sékou Touré »

Récemment, au moins quatre sympathisants ou militants de l’opposition sont morts en détention – ou juste après avoir été libérés – des suites de leurs conditions d’emprisonnement ou par manque de soins. Ainsi Roger Bamba, attaché parlementaire et membre du conseil national des jeunes de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, opposition), a été arrêté le 6 septembre 2020. Envoyé en prison quatre jours plus tard, il est mort le 16 décembre 2020 « des suites de maladie », selon le ministère de la justice. Sa famille n’a jamais été informée qu’il était malade. Un autre détenu, âgé de 62 ans, est mort en détention après avoir présumément subi des actes de torture ou de mauvais traitement.

Le cycle de l’impunité

Les graves violations des droits humains documentées par nos organisations depuis 2019 demeurent impunies. Si des annonces d’ouverture d’enquête ont été faites, elles n’ont pas été suivies de poursuites contre les auteurs des exactions. Ceci n’est pas nouveau en Guinée. Plus de onze ans après le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, il n’y a toujours pas eu de procès pour les meurtres de plus de 150 manifestants, les viols et autres crimes perpétrés alors par les forces de défense et de sécurité. Depuis la clôture de l’instruction judiciaire, en 2017, les autorités guinéennes ont à plusieurs reprises promis que ce procès aurait lieu.

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Face à ce bilan de plus en plus sombre, les déclarations d’intention ne suffisent plus. Il est essentiel que la France appelle à la libération immédiate des opposants et des militants détenus arbitrairement, demande des comptes sur les enquêtes engagées pour faire la lumière sur les violences commises contre les manifestants et les opposants, et pèse de tout son poids pour qu’une justice indépendante et efficace soit rendue. Elle doit également tout mettre en œuvre pour que les autorités fixent enfin, dans les plus brefs délais et les meilleures conditions, une date d’ouverture du procès des responsables du massacre du 28 septembre.

Les Etats français et européens doivent mettre le respect des droits humains au cœur de leurs échanges bilatéraux et multilatéraux avec Conakry, afin d’en finir avec la répression actuelle et briser le cycle de l’impunité subi par la population guinéenne.

Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), Agir ensemble pour les droits humains (AEDH), Amnesty International France (AIF), Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Human Rights Watch (HRW), Ligue des droits de l’homme (LDH), Secours catholique, Tournons La Page.

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Prorogation de l’état d’urgence : un député demande « au peuple de Guinée de ne pas respecter ce décret »

28 mai 2021 à 8 08 13 05135
Abdoulaye Kourouma, président du parti RRD, et député à l’Assemblée nationale

L’honorable Abdoulaye Kourouma, président et député du parti Rassemblement pour la Renaissance et le Développement (RRD), n’est pas d’accord avec la prorogation de l’état d’urgence sanitaire pour un mois encore, en Guinée. Une décision annoncée mercredi soir, 26 mai 2021, par le président Alpha Condé à la télévision nationale. L’opposant indique que le chef de l’Etat guinéen a violé la Constitution, en prenant une telle mesure sans consulter l’Assemblée nationale. C’est pourquoi, il demande aux Guinéens de ne pas respecter cette décision.

« Il s’agit d’une décision unilatérale du gouvernement. L’Assemblée nationale n’a jamais été saisie, ça n’a jamais fait l’objet d’un débat au parlement guinéen. Donc, c’est un mensonge d’État. Et nous demandons au peuple de Guinée de ne pas respecter ce décret qui viole la Constitution. Et nous demandons aux Guinéens de continuer à vaquer à leurs activités, car ce décret n’est pas dans les normes.

La loi d’habilitation du président de la République (qui lui permettait d’agir sans consulter l’Assemblée nationale, ndlr) est finie depuis le 5 octobre 2020. Donc il faut qu’Alpha Condé arrête de prendre le pays comme si c’était sa propriété privée. Les institutions doivent être rétablies dans leurs droits et doivent travailler conformément à la loi », a déclaré le président du RRD.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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Parlement : voici le nouveau député, Alsény Kolia Sylla

8 mai 2021 à 11 11 33 05335

Alsény Kolia Sylla, nouveau député

Conformément aux dispositions de la Constitution et du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, Alsény Kolia Sylla, jusque-là assistant à la commission santé, jeunesse, sports, arts et culture, a été investi hier, vendredi 07 mai 2021, dans les fonctions de député, en remplacement de Dr Zalikatou Duiallo, première vice-présidente du Parlement, nommée dans le gouvernement au poste de Ministre de la citoyenne et de l’unité nationale, le vendredi 29 avril.

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Tchad : le Gouvernement français doit s’expliquer devant le Parlement (Sébastien NADOT)

21 avril 2021 à 10 10 59 04594

Florence PARLY, ministre des Armées

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, hier, mardi 20 avril 2021, quelques petites heures seulement après l’annonce de la mort du président tchadien, Idriss Deby Itno, l’Armée s’est emparée du pouvoir. La grande muette a indiqué, dans un communiqué que c’est Mahamat Idriss Déby Itno, un des fils du défunt dictateur, âgé seulement de 37 ans et jusque-là à la tête de la garde présidentielle (la DGSSIE), qui conduira une transition militaire de 18 mois à l’issue de laquelle des élections seront organisées.

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Passage de Kassory devant le Parlement : voici ce qui fait trembler le gouvernement

6 avril 2021 à 14 02 18 04184

Ibrahima Kassory Fofana, Premier ministre guinéen

Sauf changement de calendrier, le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, passera devant l’Assemblée nationale demain, mercredi 7 avril 2021, pour présenter la politique générale de son gouvernement. Et à quelques heures de ce passage très attendu, le sujet focalise beaucoup d’attentions et suscite un grand débat à Conakry.

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Procès du journaliste Marouane Kamara : la défense demande au tribunal de se dessaisir du dossier

10 mars 2021 à 17 05 27 03273

Marouane Kamara, entouré de ses avocats, le 10 mars 2021, au tribunal de Kaloum

Comme annoncé précédemment, le procès de Habib Marouane Kamara, administrateur général du site d’informations lerevelateur224 et chroniqueur de l’émission Africa 2015 de la radio Nostalgie Guinée, s’est ouvert ce mercredi 10 mars 2021, au tribunal de première instance de Kaloum. Mais l’audience a été renvoyée peu après son ouverture, suite à une exception d’inconstitutionnalité soulevée par la défense, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

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Emancipation de la femme : Dr Zalikatou Diallo salue les « grandes avancées » obtenues par la Guinée

8 mars 2021 à 18 06 50 03503

Honorable Dr Zalikatou Diallo, première Vice-présidente de l’Assemblée nationale

En marge de la célébration de la journée internationale des droits des femmes ce lundi, 8 mars 2021, l’Honorable Dr Zalikatou Diallo, première Vice-présidente de l’Assemblée nationale, a accordé un entretien à Guineematin. Elle est revenue sur l’historique de la promotion de la femme en Guinée, saluant de « grandes avancées » obtenues dans ce domaine.

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Mieux vaut en rire (ou pas) ! Gouverner autrement ou berner pareillement ?

6 février 2021 à 8 08 43 02432

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient ! Cette expression viendrait d’un barbier qui aurait mis à l’entrée de son échoppe une grande pancarte proclamant : « demain on rase gratis ». Mais notre artisan, pas totalement idiot et près de ses sous, l’y laissait tous les jours.

Par conséquent, le quidam qui, le lendemain du jour où il avait vu la pancarte, venait se faire raser ou couper les cheveux et qui s’étonnait de devoir quand même payer, s’entendait répondre : « oui, mais il y a écrit que c’est demain que c’est gratuit ».

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Décès en prison de Mamadou Oury Barry : les autorités décident enfin de rendre le corps à sa famille

2 février 2021 à 15 03 02 02022

Feu Mamadou Oury Barry et sa mère

C’est peut-être la fin de la « torture » qui était infligée jusque-là à la famille de Mamadou Oury Barry, un chauffeur de 21 ans qui est décédé le 16 janvier 2021, à la maison centrale de Conakry. Près de trois semaines après sa mort, les autorités guinéennes ont accepté enfin de restituer son corps à sa famille, a appris Guineematin.com d’un de ses proches.

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Décès de Barry Oury en prison : témoignage d’une maman sur son fils unique

18 janvier 2021 à 12 12 29 01291

Feu Mamadou Oury Barry et sa mère, madame Kadiatou Tounkara

C’est une triste nouvelle qui afflige la famille Barry de Bantounka 2 (commune de Ratoma) ! Arrêté à Conakry au lendemain de la fête de Tabaski par des éléments du PA de Cosa, Mamadou Oury Barry (21 ans) et chauffeur de profession, est décédé le samedi dernier, 16 janvier 2021, à la maison centrale de Conakry. Le défunt est originaire de la commune rurale de Garambé, préfecture de Labé.

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Cellou Dalein à la levée de corps de Roger Bamba : « le pouvoir d’Alpha Condé mène la guerre même contre les morts »

8 janvier 2021 à 18 06 42 01421

C’est un Cellou Dalein Diallo très affligé et amère contre le régime Alpha Condé qui a pris part ce vendredi, 08 janvier 2021, à la lavée du corps de Roger Bamba (ce militant de l’UFDG décédé le 17 décembre dernier en détention à la maison centrale de Conkry). Devant la famille, les proches et les amis politiques de Roger Bamba qui étaient ce vendredi à Ignace Deen, le président de l’UFDG a déploré « une grande perte » et loué les qualités d’un jeune « courageux, éduqué, dévoué, sincère, respectueux… ».

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Alpha Condé agacé par les critiques des opposants et les rapports des ONGs : voici le compte rendu du conseil des ministres

17 décembre 2020 à 18 06 37 123712

Alpha Condé a changé la Constitution de 2010 pour s’offrir un 3ème mandat à la tête de la République de Guinée

A l’occasion du conseil des ministres de ce jeudi, 17 décembre 2020, le président Alpha Condé a encore une fois démontré, à la tête du pays, qu’il a du mal à digérer les critiques des opposants à son régime et les rapports des ONG nationales et internationales sur les graves violations des droits humains sous sa gouvernance. Au lendemain de la mort suspecte d’un troisième détenu provisoire (Roger Bamba, arrêté et détenu à la maison centrale depuis plus de trois mois sans jugement), le chef de l’Etat et son équipe ont préféré retrousser les manches contre l’opposition et les ONGs.

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3ème mandat en Guinée : Alpha Condé prête serment et s’engage à gouverner autrement

15 décembre 2020 à 19 07 42 124212

Déclaré vainqueur de l’élection présidentielle contestée du 18 octobre dernier, le président Alpha Condé a officiellement prêté serment ce mardi, 15 décembre 2020, pour son troisième mandat consécutif à la tête de la Guinée. Et, au cours de cette cérémonie –qui a connu la présence de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernements africains et de délégations de l’Union Européenne, des Etats-Unis, de la CEDEAO, l’Union africaine- le chef de l’Etat guinéen s’est engagé à « gouverner autrement » pour les six prochaines années. Alpha Condé a également promis de veiller sur le respect des lois de la République par tous les Guinéens, rapporte un journaliste que Guineematin.com avait dépêché à cette cérémonie.

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Aminata Bangoura Diallo : « la Guinée sous Alpha CONDE est une jungle où les lois ne sont faites que pour un petit nombre »

13 décembre 2020 à 22 10 54 125412

Aminata Bangoura Diallo, responsable adjointe du pôle extensions des brevets en France et à l’international dans un cabinet parisien, Paris – France

La situation du pays est catastrophique et ce, à tout point de vue. Seule une minorité, celle qui profite pour détourner les richesses du pays, diront que la Guinée évolue et qu’elle est de retour sur la scène internationale. Guinea is back disent-ils, alors que de mon constat je vois que notre pays est de retour dans la corruption (l’avions-nous réellement éradiquée ?).

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Réélection contestée d’Alpha Condé à un 3ème mandat : 15 manifestants présumés à la barre

4 décembre 2020 à 11 11 46 124612

Alpha Condé a changé la Constitution pour avoir un 3ème mandat à la tête de la Guinée

Le procès de 15 jeunes arrêtés dans une même concession lors des récentes violences post-électorales à Conakry se poursuit au tribunal de première instance de Dixinn. Après la comparution du premier groupe, le 25 novembre dernier, un autre groupe de 7 personnes est passé à la barre, le mercredi 2 décembre 2020. Les prévenus ont tous plaidé non coupables des faits de participation délictueuse à un attroupement, violences et voie de de fait pour lesquels ils sont poursuivis, expliquant qu’ils ont été arrêtés en pleine nuit alors qu’ils dormaient chez eux, a constaté un reporter de Guineematin.com qui a suivi l’audience.

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Retour de Blaise Compaoré à Ouaga : ce qu’en disent certains citoyens burkinabès

1 décembre 2020 à 10 10 03 120312

Le retour de Blaise Compaoré au Burkina Faso a été l’un des principaux sujets de la campagne électorale. Ce débat a même concurrencé l’insécurité grandissante dans le Sahel. Plusieurs candidats dont Eddie Komboïgo du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti fondé par l’ancien président, ont promis de faciliter le retour de l’ancien chef de l’Etat, en exil en Côte d’Ivoire depuis 2014, lorsqu’il a été chassé du pouvoir par une insurrection populaire, suite à sa volonté de changer la constitution pour briguer un mandat de trop.

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