Conakry : le journaliste Tamba Zacharie Millimouno victime d’attaque armée

19 septembre 2019 à 12 12 25 09259
Tamba Zacharie Millomono

Des individus armés ont attaqué le domicile de Tamba Zacharie Millimouno, l’un des animateurs de l’émission « Les Grandes Gueules » de la radio Espace Guinée. L’attaque a eu lieu dans la nuit d’hier à ce jeudi, 19 septembre 2019, au quartier Entag dans la commune de Ratoma, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est à 2 heures qu’un groupe d’hommes armés a fait irruption au domicile du journaliste. Les assaillants, non identifiés, ont ouvert le feu tuant son chien. Ils ont emporté également deux motos qui étaient sur les lieux. Tamba Zacharie, lui, s’est en sorti indemne.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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Fodé Baldé et Mohamed Bangoura à la barre : le procureur demande l’application de la loi sur la Cyber Sécurité

9 septembre 2019 à 12 12 24 09249

Le dossier Fodé Baldé (militant de l’UFR) et Mohamed Bangoura (journaliste du site Mosaiqueguinee) est entrain de connaitre son dernier virage au tribunal correctionnel de Kaloum. Pour la journée ce lundi, 9 septembre 2019, on en est aux plaidoiries et réquisitions dans cette affaire de diffamation présumée et de complicité à l’encontre du président Alpha Condé, représenté par l’Agence Judiciaire de l’Etat. Le procureur et la partie civile soutiennent que les deux infractions sont bien constituées et sollicitent l’application stricte de la loi, a appris sur place Guinematin.com à travers un de ses reporters.

C’est le procureur de la République qui a été le premier à prendre la parole. Dans une réquisition brève, Lansana Sangaré va demander au tribunal « de faire application stricte de la loi sur la Cyber-sécurité ».

De son côté, l’avocat de l’agence judiciaire de l’Etat a d’abord remercié la présidente du tribunal pour « sa bonne gestion de ce dossier ». Ensuite, maitre Lanceï 3 Doumbouya va rappeler les faits qui ont conduit les deux prévenus au tribunal. « Ces propos diffamatoires ont été tenus sur un site qui relève de la presse en ligne. Madame la présidente, vous conviendrez avec moi que ces faits sont prévus et punis par la loi organique sur la liberté de la presse. Madame la présidente, les allégations contenues dans cette tribune publiée sur le site Mosaïqueguinée sont constitutifs de délit. Dans le cas d’espèce, pour ce qui est de Mohamed Bangoura, nous partie civile, estimons qu’il y a lieu de le retenir dans les liens de la diffamation. En ce qui concerne Fodé Baldé, à travers la mise à disposition de cette tribune, il s’est rendu coupable de complicité. Nous partie civile, nous vous prions très respectueusement de tirer ce que de droit les réquisitions du ministère public. En ce qui nous concerne, nous souhaitons que vous condamniez solidairement Fodé Baldé et Mohamed Bangoura au payement d’un franc symbolique à la partie civile. Puisque c’est notre image qui a été comprise dans cette tribune ».

En outre, maitre Lanceï 3 Doumbouya a également sollicité l’insertion de la décision qui sera rendue dans un journal légal.

A suivre !

Du TPI de Kaloum, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Contrôle judiciaire de Aboubakr : les associations des médias dénoncent

3 septembre 2019 à 12 12 32 09329
Boubacar Alghassimou Diallo, dit Abou Bakr, Directeur Général de la radio Lynx FM
Boubacar Alghassimou Diallo, dit Abou Bakr, Directeur Général de la radio Lynx FM

Déclaration : C’est avec regret et frustration que nous constatons le maintien, en toute impunité, de la mise sous contrôle judiciaire de Aboubakr, Directeur Général de la radio Lynx fm par un juge du tribunal de première instance de Kaloum, ce cas s’ajoute à celui de Lansana Camara, Directeur de publication du site conakrylive.info, également sous contrôle judiciaire, sans oublier le procès en cours de Mohamed Bangoura, Directeur de publication du site mosaiqueguinee.com etc.

Les organisations professionnelles de médias en Guinée rappellent que nul n’est censé ignorer la loi et à une loi injuste, nul n’est censé l’obéir. Fortes de ces deux principes généraux en matière de droit, les organisations professionnelles de médias en Guinée disent non à cette violation flagrante et ce piétinement de la loi 002 portant « liberté de la presse en Guinée ».

Il convient d’ailleurs de rappeler à l’intention de l’opinion nationale et internationale que suite à plusieurs investigations menées par nos soins, il ne fait plus l’ombre d’aucun doute quant à la non publication dans le journal officiel de la République de la loi 037 portant cyber-sécurité et protection des données à caractère personnel d’où sa nullité et son inopposabilité face aux citoyens. Ceci nous ramène de facto à une double violation de la loi puisque celle portant sur la liberté de la presse en est également victime de la part du même juge et du même tribunal. A cet effet, nous comptons saisir le conseil supérieur de la magistrature par une plainte régulière en bonne et due forme avant d’interpeler la Cour Suprême à travers sa chambre administrative pour le fait de nullité de cet acte du juge d’instruction.

A ce stade, nous pensons que l’opinion a grand besoin de connaitre l’identité de ces juges qui se prêtent à ces pratiques liberticides et rétrogrades.

En conclusion, les organisations professionnelles de médias en Guinée informent l’opinion qu’elles s’opposeront de la manière la plus catégorique dès ce mercredi à cette injustice qui n’a que trop durée.

Elles invitent toutes la presse nationale à se présenter ce mercredi dès 8h00 au tribunal de première instance de Kaloum pour venir signer l’acte de présence car, dorénavant, nous serons tous sous contrôle judiciaire. Que les registres soient donc nombreux et spacieux, il y aura beaucoup de signatures.

La presse mérite mieux !

Ont signé

URTELGUI, AGUIPEL, AGEPI, REMIGUI, APAC, SPPG, UPLG, UFSIG, AJPRG, l’UPF

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Plainte de Thiâ’nguel à la justice de la CEDEAO : voici la réponse du régime d’Alpha Condé

1 septembre 2019 à 15 03 36 09369
Souleymane Thiâ’nguel Bah

La justice guinéenne n’a pas condamné Souleymane Bah, dit Thiâ’nguel, responsable de la Communication de l’UFDG. Ni au niveau de l’instruction, ni pendant le jugement, il n’a été établi que le nommé Thianguel (qui avait été poursuivi et condamné) est le même que Souleymane Bah, dit Thiâ’nguel. D’ailleurs, les deux (Thiâ’nguel et Thianguel) n’ont pas la même orthographe. Donc, la justice guinéenne a condamné Thianguel (qu’elle n’a pas pu identifier) et non Souleymane Bah dit Thiâ’nguel…

C’est à peu près l’idée de la réponse de l’agent judiciaire de l’Etat guinéen, à la plainte déposée à la justice de la CEDEAO par Souleymane Thiâ’nguel Bah, ancien Directeur de la Cellule de Communication de l’UFDG pour réclamer justice suite à sa surprenante condamnation par le TPI de Dixinn, le mardi 09 janvier 2018.

Rappel des faits

Après sa grâce présidentielle et dénoncé (avec Tibou Kamara et Diallo Sadakadji sur RFI) avant de le faire poursuivre et condamner suite à la tentative avortée d’un coup d’Etat présumé, le 19 juillet 2011- le vice-président de l’UFDG a été accusé de vouloir déstabiliser le parti et y a été alors exclu, le jeudi 04 février 2019. Furieux et convaincu de pouvoir transformer la sympathie de certains de ses compatriotes en soutien politique, Bah Oury (qui est un des fondateurs de l’UFDG) a refusé la décision du parti et décidé de se rendre à la réunion hebdomadaire du bureau exécutif national qui devait se tenir au lendemain de son exclusion.

Ainsi, dans l’après-midi de ce vendredi 05 février 2016, le vice-président exclu est arrivé au siège de l’UFDG avec quelques proches et un journaliste de Guineematin.com qui avait passé la journée à ses côtés. Et, comme on pouvait s’y attendre, le portail du parti lui a été fermé. Mais, il a voulu forcer l’entrée. Ce qui a entraîné un affrontement entre ses partisans et les agents chargés d’assurer la sécurité du siège. Dans cet imbroglio, une balle a été tirée d’on ne sait où et a atteint Elhadj Mohamed Koula Diallo, un des journalistes qui étaient venus couvrir cet attendu bras de fer. Le journaliste rendra l’âme peu après. Et, le monde sera surpris de découvrir son corps à la morgue de l’hôpital national Donka, à cause d’un simple malentendu entre dirigeants d’un parti politique.

Qui a tué Mohamed Koula Diallo ?

Peu après cet incident, l’UFDG a sorti un communiqué pour accuser Bah Oury d’agression et d’être l’auteur du tir qui a tué le journaliste. Le vice-président exclu réagira avec plus de virulence en retournant cette accusation de meurtre du journaliste à l’UFDG. Bah Oury ajoutera d’ailleurs que c’est lui qui était visé par la balle et portera plainte pour tentative d’assassinat. Une vingtaine d’agents de la sécurité du parti seront emprisonnés et un d’entre eux (Mamadou Saïdou Bah) y perdra la vie. Mais, rien n’a été retenu contre aucun d’entre eux. Même Amadou Sow et Alghassimou Keita (les deux agents de la sécurité de l’UFDG qui étaient encore en détention) ont été acquittés puisque RIEN n’a été retenu contre eux par le tribunal.

D’ailleurs, au cours des différentes audiences, le débat n’a jamais porté sur le meurtre de ce journaliste ; mais, sur la tentative d’assassinat de Bah Oury. Autrement écrit, le meurtre de notre confrère était devenu secondaire, mis entre parenthèses. Et, le problème qui a focalisé tous les débats était la tentative présumée de tuer l’ancien vice-président de l’UFDG.

Finalement, le tribunal de première instance de Dixinn ne condamnera aucun coupable du meurtre du journaliste, Elhadj Mohamed Koula Diallo. Par contre, il a estimé que Thianguel était le complice de ce meurtrier. Il a alors été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité et un mandat d’arrêt a été décerné contre lui…

Qui est ce mystérieux Thianguel ?

Dans sa défense face à la plainte de Souleymane Thiâ’nguel Bah à la justice de la CEDEAO, l’avocat qui représente l’agent judiciaire de l’Etat a expliqué que le tribunal criminel de Dixinn avait bien mis devant le nom du condamné Thianguel la mention SAR, qui signifie « Sans Autres Renseignements ». Cela signifie concrètement qu’on n’a JAMAIS su qui était ce Thianguel !

Il importe de rappeler que c’est Bah Oury qui a été le tout premier à révéler l’inculpation de Souleymane Thiâ’nguel Bah, qui est un expert et consultant en communication et qui était au moment des faits Directeur de la Cellule de Communication de l’UFDG. Invité d’une émission de la radio privée « Horizon Fm », l’ancien vice-président de l’UFDG avait alors surpris l’auditoire en annonçant que « même Souleymane Bah, dit Thianguel est inculpé… ». Le journaliste demandera alors s’il s’agissait bien du « tout puissant chargé de communication de l’UFDG », Bah Oury répondra par l’affirmative. Mais, après tout, l’avocat de l’agent judiciaire de l’Etat écrit à la justice de la CEDEAO que Soueleymane Bah n’est pas ce Thianguel que la justice guinéenne a poursuivi et condamné…

Des avocats qui humilient la Guinée à l’étranger

A lire les arguments de Me Joachim Gbilimou, dans sa défense, au nom et pour le compte de l’Agent judiciaire de l’Etat, on a l’impression qu’il a été pris de court et a peut-être dicté quelques phrases à sa secrétaire pour répondre immédiatement à un courrier. Mais, on se rend compte qu’après le délai légal d’un mois pour sa défense, il avait demandé et obtenu un mois supplémentaire pour produire sa défense. Alors, on se demande bien comment est-ce que des préposés d’un Etat peuvent agir, au nom de tout un pays avec une légèreté aussi déconcertante !

Même le nom de Souleymane Bah est quelques fois altéré ! Et, l’étranger qui reçoit ce document (destiné à la justice de la CEDEAO) se demandera si Souleymane est Bah ou bien Diallo. Et puis, comment peut-on bâtir son argument sur la non identification d’un accusé, alors que le plaignant a bien expliqué à l’opinion qui était cette personne.

Pourtant, on apprend que même dans le dossier d’accusation, il était bien mentionné « Thianguel, se disant chargé de communication de l’UFDG ». Sans compter que dans sa lettre du 3 août 2016, adressé au ministre de la justice, Bah Oury avait encore clairement parlé de « Souleymane Bah dit Thianguel, responsable de la communication de Cellou Dalein » qui aurait pris la fuite…

Enfin, invité de l’émission Les Grandes Gueules de la radio Espace Fm, le ministre Cheick Sako, alors en charge de la justice, avait confirmé que ce Thianguel était bien le responsable de la communication de l’UFDG, suite à une question de précision, posée par un des animateurs. D’ailleurs, y a-t-il une foule de personnes qui se font appeler Thianguel dans l’entourage de Cellou Dalein Diallo pour dire qu’on ne parvient pas à identifier cette personne ?

A suivre !

Nouhou Baldé pour Guineematin.com

Ci-dessous, vous pouvez télécharger et lire la défense de l’Agent judiciaire de l’Etat contre Souleymane Thiâ’nguel Bah :

Mémoire en défense de l’Etat guinéen contre Thiâ’nguel

Souleymane Thiâ’nguel Bah
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Liberté de la presse en danger : ce que Yacine Diallo propose aux journalistes

29 août 2019 à 21 09 02 08028
Boubacar Yacine Diallo, ancien président du Conseil National de la Communication et ancien ministre
Boubacar Yacine Diallo, Journaliste, ancien ministre et ancien président du CNC

Journaliste, écrivain, ancien président du Conseil National de la Communication et ancien ministre, Boubacar Yacine Diallo est très préoccupé par la situation que vivent aujourd’hui les médias guinéens. Après ses récentes sorties à travers des écrits publiés dans la presse, le PDG de la radio Horizon FM a participé à la synergie des médias organisée ce jeudi, 29 août 2019, par les organisations professionnelles de médias du pays, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Il a dénoncé le placement sous contrôle judiciaire des journalistes poursuivis pour délits de presse, mais aussi le fait que les magistrats ignorent la loi sur la liberté de la presse pour utiliser celle sur la cyber-sécurité à l’encontre des hommes de médias

« Je suis singulièrement surpris que ce débat soit rouvert parce que depuis 2010, cette loi existe, les juges l’appliquent, les procureurs aussi. Et je suis étonné que depuis quelque temps, les journalistes subissent plutôt une autre loi. Je suis un peu déçu quand j’ai entendu quelques autorités dire que la loi sur la presse est une loi générale, je pense qu’elles doivent revoir leurs cours de droit. C’est une loi spécifique qui a été appliquée depuis 2010. Et je voudrais rappeler que le CNT a fait dans les formes ce projet de loi, et cette loi a été adoptée par le CNT.

A l’époque, moi j’étais conseiller en communication du général Sékouba Konaté (président de transition d’alors, ndlr). Quand cette loi est venue là-bas, le ministre Tibou a dit que ceux qui ont fait cette loi ont ma confiance. Et j’ai répété la même chose. Donc c’est ainsi que le général Sékouba Konaté a promulgué cette loi, elle a été appliquée jusqu’à maintenant. Que des gens inventent une autre loi et prétendent l’appliquer à la presse, nous disons non. Nous avons dit et répété que les journalistes sont des citoyens sujets de droit, nous sommes prêts à être jugés, mais uniquement que par la loi qui nous concerne », a dit Boubacar Yacine Diallo.

Face à cette situation, ce doyen de la presse guinéenne invite les journalistes à porter plainte désormais contre tout magistrat qui va les poursuivre sur la base d’une loi qui ne soit pas celle portant liberté de la presse en Guinée. « Moi je pense qu’il suffit simplement que les magistrats du siège qui sont réputés indépendants de l’exécutif, ne puissent pas suivre les réquisitions des procureurs, eux, qui dépendent de l’exécutif, du ministre de la justice. Il faut faire la part des choses.

D’ailleurs, ce que je vais suggérer aux journalistes désormais, comme il y a un conseil supérieur de la magistrature, quand un juge fait mal son travail, il faut saisir le conseil supérieur de la magistrature pour que réparation soit faite, pour que ce juge soit condamné. Qu’il subisse la rigueur de la loi parce qu’autant il peut juger, autant il peut être jugé par le conseil supérieur de la magistrature », préconise l’ancien président de l’URTELGUI, qui dit avoir confiance au conseil supérieur de la magistrature.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 622919225 / 666919225

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Sortie de Bantama contre Cellou Dalein et Hadja Halimatou : Amadou Diouldé recadre le ministre

24 août 2019 à 21 09 39 08398
Doyen Amadou Diouldé Diallo, journaliste et historien

A l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire du parti au pouvoir, le ministre des Sports et responsable du RPG arc-en-ciel s’est attaqué au chef de file de l’opposition guinéenne, Elhadj Cellou Dalein Diallo et à sa femme Hadja Halimatou Dalein Diallo. Cette sortie (que vous pouvez lire ici) a mis mal à l’aise le doyen Amadou Diouldé Diallo, journaliste et historien, qui n’a pas tardé à nous faire parvenir sa réaction.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose cette réaction :

Bantama Sow veut faire de Cellou Dalein son fonds de commerce pour exister. C’est un complexe qu’il vit. Car, au Fouta, chacun de nous connaît sa place. Bantama Sow, ce taximan de Brooklyn, sorti des entrailles de la lisière du Fouta vers la savane, n’a pas de leçons à donner à quelqu’un ici en Guinée.

Il ferait mieux d’attendre les conclusions du rapport d’audit de la CAN 2019, exigé par le Premier ministre pour délier sa langue à la tribune du RPG-AEC. Car, il ne serait pas blanc comme neige, ainsi que son épouse, dans la sulfureuse affaire surtout de la rubrique transports. De ma mémoire de journaliste sportif, c’est la première fois que je vois un ministre des sports voyager avec femme et bagages pendant une CAN.

Bantama Sow est le plus médiocre des ministres des Sports, de la culture et du patrimoine historique de la Guinée indépendante. Il faut un président comme Alpha Condé qui privilégie l’activisme politique au mérite pour nommer ce nain intellectuel dans un gouvernement.

Bantama Sow, tu es peul comme Cellou Dalein Diallo et son épouse Halimatou Diallo, voici le Fouta Djallon vas-y et délivre tes messages mais en prenant soin de bien connaître l’histoire de la région et ta propre histoire pour dire à tous, de Konkobala Kêbaly à Diaguissa, Bouliwel, Tountouroun, Timbi-Madina de quel versant descends-tu de cette prestigieuse descendance de Thierno Moussa Sow, l’un des 9 marabouts fondateurs de la confédération théocratique du Fouta Djallon. Après quoi, la parole sera donnée à Cellou Dalein et à Halimatou, sa femme.

Le farba sera là pour la modération et la présidence du jury pour rappeler à vous trois et à l’assistance sa place dans la verticalité et l’horizontalité sociologique et historique de notre Fouta Djallon.

Bantama Sow, encore une fois, la tribune du RPG est trop exiguë pour parler de Cellou Dalein Diallo et de Halimatou Diallo. Avant la politique politicienne dont tu te fais l’étendard, il y a la géographie, la première composante de l’histoire, la sociologie et la culture. Malheureusement, tu es un analphabète aveuglé par la position et les privilèges d’une gouvernance aux abois.

Pour faire utile, saches que Cellou Dalein Diallo et Halimatou Diallo, son épouse, se grattent au sang dont le limon de Karamoko Alpha Mo Labé, Thierno Samba Bhouria, Alpha Amadou Kolladhé, Thierno Sadio Fougoumba entrent dans la composition de leur chair ; soit 4 des 9 marabouts fondateurs de la confédération théocratique du Fouta Djallon au début du 17e siècle.

Bantama Sow, si d’aventure tu as de la peine à réciter ta propre histoire au cœur de notre majestueux Fouta Djallon, fais-moi signe, je suis un professeur spécialiste de la région, prêts à prendre la craie. Si d’ici là la haine et la jalousie envers Cellou Dalein Diallo n’auront pas eus raison de ton impatience à servir de fouet à d’autres pour massacrer le Seleyanké issu de la plus grande famille maraboutique du Fouta Djallon, le président de l’UFDG.

Par le doyen Amadou Diouldé Diallo, journaliste et historien

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Poursuites contre Diallo Souleymane : Lamine Guirassy appelle à la plus grande solidarité

20 août 2019 à 10 10 52 08528
Lamine Guirassy, PDG du groupe Hadafo Médias

« Nous ne devons pas nous taire ou bien reculer face aux manœuvres sous-marines. J’en appelle à la plus grande solidarité. Mettons nos ego à côté et voyons ensemble l’avenir » ! C’est l’appel lancé dans la matinée de ce mardi, 20 août 2019, par Lamine Guirassy, journaliste et PDG du groupe HADAFO Médias, suite à la convocation, suivie de la mise sous contrôle judiciaire du patron du Groupe Lynx-Lance, Elhadj Diallo Souleymane, considéré comme le pionnier de la liberté de la presse en République de Guinée.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose le coup de gueule de Lamine Guirassy :

Au moment où la liberté de la presse est en train d’être bâillonnée, malmenée et confisquée par un groupe d’individus dont l’unique visée est de saper les soubassements de la démocratie, je ne peux me taire sans apporter mon soutien INDÉFECTIBLE au groupe de presse Lance-lynx.

Avant hier, c’était quelqu’un d’autre, aujourd’hui c’est Elhadj Souleymane, l’un des doyens le plus respecté du quatrième pouvoir en Guinée – qui est honteusement poursuivi – et demain, probablement c’est moi ou bien toi.

Nous ne devons pas nous taire ou bien reculer face aux manœuvres sous-marines. J’en appelle à la plus grande solidarité. Mettons nos ego à côté et voyons ensemble l’avenir.

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Boubacar Yacine Diallo : COLLEZ LA PAIX A LA PRESSE !

19 août 2019 à 19 07 07 08078
Boubacar Yacine Diallo, journaliste-écrivain

C’est avec étonnement et indignation que j’ai appris le placement sous contrôle judiciaire de Souleymane Diallo, patron du Groupe de presse « Le Lynx ».

Loin du pays, je partage la douleur fortement ressentie au sein de la presse guinéenne et exprime mes craintes face aux menaces qui pèsent sur elle.

En effet, depuis plusieurs mois déjà, des journalistes sont convoqués, entendus par des officiers de police judiciaire ou de gendarmerie, avant d’être déférés devant le Parquet et certains écroués à la Maison Centrale de Conakry. Et ce, en violation flagrante de la Loi sur la liberté de la presse dans notre pays.

A la grande surprise, des juges s’amusent à mettre en avant la loi sur la cybercriminalité, ignorant superbement la loi 002 portant liberté de la presse en République de Guinée.

Plus grave encore, des journalistes sont jetés en prison préventivement, alors que la citation directe est la procédure clairement prévue.

Il suffit qu’un haut dignitaire porte plainte contre un journaliste, pour que celui-ci soit inquiété au-delà de ce que la loi a prévu.

Qui donc a intérêt à ce que la presse se taise ou qu’elle refuse la parole aux usagers de la communication de tous bords ?

En tout cas, on a comme l’impression que les hommes de médias seront désormais soumis à de fortes pressions dans l’exercice de leur métier.

Pourtant, la loi sur la presse est claire et personne n’a le droit de l’ignorer au profit d’autres textes qui permettent l’amalgame et favorisent le musellement de la presse.

Une chose est sûre : jetez tous les journalistes en prison, leur voix résonnera toujours.

Et la presse continuera de donner la parole à tous ! Quel qu’en soit le prix à payer.

Boubacar Yacine Diallo, journaliste et écrivain, en séjour à l’étranger

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Restriction de la liberté de la presse : Diallo Souleymane placé sous contrôle judiciaire

19 août 2019 à 17 05 44 08448

Le doyen Diallo Souleymane, pionnier de la liberté de la presse en République de Guinée, vient d’être placé sous contrôle judiciaire par le régime du président Alpha Condé. Le Fondateur et PDG du groupe Lynx-Lance et de la radio Lynx Fm devra désormais se présenter au tribunal tous les mercredis et vendredis « jusqu’à la fin de la procédure », rapporte une journaliste de Guineematin.com qui était au TPI de Kaloum ce lundi, 19 août 2019.

Tout d’abord, dans la matinée, Elhadj Diallo Souleymane s’était rendu à la Direction de la police judiciaire où il a répondu à une plainte « pour délit contre l’autorité publique » déposée contre le directeur général de sa radio. Puis, le doyen Souleymane a été orienté au tribunal de première instance de Kaloum, accompagné de plusieurs journalistes et de ses avocats.

C’est ce tribunal qui a eu la lourde responsabilité de mettre ce pionnier de la liberté de la presse en Guinée sous contrôle judiciaire. Pour certains observateurs, le message du pouvoir est clair : intimider tous ceux qui ont une liberté de ton dans ce pays au moment où le débat porte sur la possibilité ou non de laisser le président Alpha Condé s’accrocher au pouvoir après la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel.

Par la voix de maître Mohamed Traoré, les avocats du journaliste dénoncent la remise en cause de la loi sur la liberté de la presse, qui est écartée systématiquement en faveur d’une autre plus restrictive portant sur la cybercriminalité, désormais chaque fois qu’un journaliste est convoqué au tribunal…

Salimatou Diallo reviendra sur cette nouvelle pour Guineematin.com

A suivre !

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Médias : sur le droit fil du parcours du journaliste Ismaël Camara…

17 août 2019 à 12 12 37 08378
Ismaël Camara

Mai 2002-juillet 2019. Une carrière de journaliste, celle d’Ismaël Camara, se rappelle savoureusement à nous. Parti prêter ses services en qualité de Responsable de communication en Guinée du Projet appelé ‘’SANITA Villes durables’’ d’ONU-HABITAT sur financement de l’Union européenne, le désormais ex-Directeur de la Rédaction du Groupe Emergence, entre autres, en a écrit des pages en 17 ans de pratique du métier le plus noble.

Arrêt sur images ! Il vient de ranger sa plume, sinon de la suspendre des activités de nos rédactions. Son talent l’y a conduit voire condamné. C’est désormais un programme onusien qui en tirera profit. Oui, Ismaël Kabiné Camara, jusque-là journaliste passionné de son métier comme rarement, nous coupe l’herbe sous les pieds, puisqu’il vient de débarquer avec plume et bagages à « SANITA Villes Durables », un projet de l’ONU-HABITAT dont il est désormais le chargé de communication en Guinée. « SANITA Villes Durables » dont l’objectif est d’améliorer l’environnement sanitaire et la qualité de vie des populations urbaines notamment de Conakry et environs.

Déjà, beau brin de journaliste à la Fac… C’est un homme de média au parcours grisant qui change ainsi de braquet. Que je découvre au hasard de la vie universitaire, un certain mois de février 1998. Parmi les nouveaux étudiants en 1ère année de la Fac des lettres, je fais la connaissance d’un garçon dont la grande silhouette me tape dans l’œil. C’est Ismaël Kabiné Camara. Pour ne plus le quitter, tout comme je ne lâcherai plus les basquets à des garçons passés grands journalistes de ce pays : Aboubacar Diallo (Espace), Mamadou Sam (RTG), Aboubacar Camara (RTG), Bachir Sylla (La République). J’en passe et des meilleurs. Une bande de garçons joyeux et doués, qui avaient eu la parfaite idée de s’incuber à la pratique du journalisme, à travers un journal mural, remplacé peu de temps après par le célèbre tabloïd La Voix de l’étudiant. Ismaël Kabiné Camara en est déjà l’une des grosses plumes. Les sept glorieuses…au Diplomate. C’est donc un produit fini, à la plume décomplexée qui sort de la filière Journalisme de Gamal. Et qui se retrouve dans l’équipe de départ du nouvel hebdomadaire guinéen Le Diplomate, lancé en mai 2002. Quand je l’y ai rejoint en septembre de la même année, quelle fut ma surprise de découvrir un collaborateur émulatif aux heures de travail, mais persifleur à souhait en pause. Une amitié sur fond de complicité qui a été entretenue à coups de grandes enquêtes en duo, pendant sept ans de dur labeur dédié à un journal qui en a connu de grands noms : Abdoulaye Sankara, Ibrahima Sory Traoré, feu Maséco Condé, Amadou Makissa Diallo. Belle équipe étoffée d’autres belles signatures, sous la direction de Sanou Kerfala Cissé, actuel président de l’URTELGUI.

Ismaël Camara et Talibé Barry

Presse en ligne et radio… à la perfection Ismaël Camara, cette plume comme trempée dans l’or de Bourré de son Siguiri natal, passera ensuite par d’autres entreprises de presse. Dont celle audacieuse de création, en 2012, du site d’information guineetime.com. L’aventure est menée de pair avec un autre jeune journaliste au parcours respectable : Amadou Touré. Alors que tant de messes de requiem ont été dites pour tant de sites d’informations happés par les vagues destructrices du temps, guineetime.com, respire encore de pleins poumons. Quand on sait que le travail de la presse en ligne est loin d’être une partie de plaisir, comment ne pas se demander d’où Ismaël Camara tirait-il tant d’énergie à pouvoir ajuster plusieurs cordes à son arc journalistique. D’autant qu’il aura allié la tenue de ce site à l’animation d’émissions de débat radiophonique de grande audience. Hélas! Les auditeurs de l’émission ‘’Terrain Politique ‘’ sur Sabari FM, qu’il a animée avec aisance, devront se faire le deuil de sa voix au timbre prégnant.

Court et intense épisode ‘’Emergence’’. Mais, le nouveau chargé de communication du programme “SANITA Villes durables” en Guinée, ne manquera pas qu’aux auditeurs. Il en est ainsi des lecteurs du groupe Emergence, un magazine et un site internet, tout entier dédié aux questions économiques. Celui qui en était depuis février 2019, l’expérimenté Directeur de la Rédaction, sèvrera, là-aussi, ses nombreux lecteurs. Quid de ses collaborateurs d’Emergence, qui profitaient déjà pleinement de l’indéniable professionnalisme d’Ismaël Camara.

L’homme de plume, attachant, agréable et affable, porte désormais à cœur, le défi de la réussite d’un programme (SANITA Villes Durables) aux déclinaisons plus que d’actualité dans nos villes. Bon vent à toi !

Talibé Barry, Directeur Général du Groupe de presse La République-City FM

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AGEPI : Gaston Morel se défend à la barre ! « Sur la tombe de ma mère… »

24 juillet 2019 à 20 08 37 07377
Morel André Gaston, directeur de publication du journal Le Patriarche
Morel André Gaston, directeur de publication du journal Le Patriarche

Comme annoncé précédemment, le procès de plusieurs journalistes membres de l’AGEPI (Association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante), s’est ouvert ce mercredi, 24 juillet 2019, devant le tribunal de première instance de Kaloum. Alpha Abdoulaye Diallo, qui se réclame comme étant le nouveau président de cette association de presse, et trois autres membres de son camp, sont poursuivis par Moussa Iboun Conté, se réclamant aussi comme étant le président légal de l’AGEPI. Ce dernier accuse ses confrères de coups et blessures volontaires et vol de sa voiture. Morel André Gaston, le premier à comparaître dans cette affaire, a plaidé non coupable, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était au tribunal.

A l’ouverture de ce procès, deux des quatre prévenus étaient présents dans la salle d’audience. Il s’agit de Morel André Gaston, directeur de publication du journal Le Patriarche et N’Famory Keïta. Le procureur a aussitôt demandé au tribunal de décerner un mandat d’amener contre Alpha Abdoulaye Diallo et Hamed Cissé, les deux autres prévenus absents. Mais, le juge a décidé d’ouvrir les débats, appelant Morel André Gaston à la barre. Le journaliste est revenu sur la genèse de cette affaire.

« Monsieur Iboun Conté représentait cette association depuis le 17 septembre 2015. Et, après la fin de son mandat, le 20 mars 2019, les membres de la structure se sont réunis au musée national pour organiser un congrès. Au terme de ce congrès, monsieur Abdoulaye Diallo a été élu président de l’AGEPI. On a réclamé les clefs du siège à Iboun Conté. Mais monsieur Iboun Conté a dit non, que son mandat n’est pas fini parce que c’est désormais 5 ans. Ainsi, il a porté plainte au niveau du tribunal de Mafanco. A Mafanco, le tribunal a rendu une décision en sa faveur.

Ensuite, nous sommes venus au tribunal de Kaloum ici. Et ce tribunal s’est déclaré incompétent. C’est ainsi qu’on a décidé d’aller ouvrir les locaux. C’est lui-même Iboun Conté qui est venu ouvrir le siège. Les membres sont rentrés et il a voulu fermer les membres à l’intérieur du siège. C’est ainsi que nous nous sommes opposés. Nous nous sommes levés pour lui dire qu’il ne peut pas nous enfermer dedans. C’est ainsi qu’on a pris les clefs du siège de l’association », a-t-il expliqué.

Poursuivant, le directeur de publication du journal Le Patriarche a rejeté toutes les accusations formulées par Moussa Iboun Conté. « Moi, je n’ai même pas vu la clef de sa voiture. C’est lui-même qui a laissé sa voiture derrière le siège de l’AGEPI. Personne n’a touché sa voiture. Nous, nous sommes des journalistes, on ne vole pas. Quant aux coups et blessures, je jure sur la tête de mes enfants, je ne l’ai pas touché. Et s’il avait reçu des coups, il allait être hospitalisé. Quand le syndicaliste Aboubacar Soumah a reçu des coups au Palais du peuple, il a été hospitalisé. Donc sur la tombe de ma mère et sur la tête de mes enfants je ne l’ai pas touché », a dit Morel André Gaston.

Après avoir écouté ce premier prévenu, le tribunal a renvoyé l’affaire au 18 septembre 2019 pour la suite des débats.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com
Tél. : 620 589 527/654 416 922

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Accès à l’information publique, délit de presse, cybercriminalité… ce qu’en dit Iboun Conté

21 juillet 2019 à 13 01 50 07507

La non-promulgation de la Loi d’Accès à l’Information Publique préoccupe le monde des médias dans un contexte où tout est verrouillé en Guinée. Cette loi, engagée depuis 2010 au temps du Conseil National de la Transition (CNT), n’avait pas fait l’objet d’une attention soutenue et l’on se demande pour quelles raisons. « Elle a été tout simplement abandonnée et puis égarée entre l’Assemblée Nationale et le Secrétariat Général du Gouvernement », soutient le journaliste Moussa Iboun Conté.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com, Iboun Conté est revenu sur les travaux effectués par le comité de suivi de la Loi d’Accès à l’Information Publique dont il assure la présidence, ainsi que sur les menaces qui pèsent sur les journalistes en ce moment.

Guineematin.com : la Loi d’Accès à l’Information Publique n’est jusque-là pas promulguée. Vous êtes le président du comité de suivi de ladite loi, comment en est-on arrivé là ?

Moussa Iboun Conté : la Guinée s’est engagée depuis 2010 à mettre en œuvre la Loi d’Accès à l’Information Publique et de faire partie des 145 pays au monde qui mettent en œuvre cette loi d’accès à l’information publique. Il faut reconnaitre que la Guinée, après le Maroc, est le deuxième pays en Afrique et premier en Afrique de l’Ouest. Et, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest, s’inspirent du modèle guinéen pour que ces pays-là puissent se doter de la loi d’accès à l’information publique. Donc, le processus a commencé en 2010. Mais, il faut reconnaitre que le projet d’accès à l’information publique fait partie de ce lot de lois que le Conseil National de Transition (CNT), qui faisait office de parlement sous le régime militaire, qui a conçu 71 articles, dont la loi d’accès à l’information publique. Mais seulement, c’est la loi d’accès à l’information publique qui n’a pas fait l’objet d’attention de la part des membres du CNT, soit au nombre de 154 membres. Donc, les 70 autres ont fait l’objet de suivi jusqu’à leur publication officielle. Mais, la loi d’accès à l’information publique n’a pas bénéficié du même traitement de la part des membres du CNT. Donc, cette loi a été abandonnée et puis elle a été égarée entre l’Assemblée Nationale et le Secrétariat Général du Gouvernement. Et, il a fallu reprendre le processus à zéro et puis aller fouiller dans les archives du CNT. Et, en fouillant dans les archives du CNT, on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas la moindre trace d’aucune des 71 lois que le CNT a conçues et adoptées. Donc, il fallait partir au secrétariat général du gouvernement et là aussi, il n’y avait pas de trace de cette loi.

Guineematin.com : au regard de ce constat, qu’est-ce qui a été fait ?

Moussa Iboun Conté : c’est ce qui nous a amenés finalement, avec l’appui de nos partenaires au développement, notamment la fondation OSIWA et d’autres, de réunir tous les acteurs de la société civile et les professionnels de l’information de notre pays et les juristes aussi pour mettre en place un comité de suivi de la loi sur l’accès à l’information publique. Cela, pour qu’on puisse déboucher sur une version définitive, parce qu’il y avait beaucoup de versions sur la loi d’accès à l’information publique qui étaient en circulation. Donc, ce comité a pris attache avec les pouvoirs publics : le directeur de cabinet à la présidence de la République, Dr Ibrahima Kalil Kaba, un comité de travail a été mis en place et c’est cette commission qui était présidée par l’actuel ministre d’Etat à la justice par intérim, conseiller du président de la République, Elhadj Mohamed Lamine Fofana, dont les travaux ont débouché sur une version définitive qui est actuellement portée par le ministère de la Fonction publique… Et, selon les informations dont nous disposons, c’est que la loi-là devait passer en conseil des ministres dès le 19 juillet. C’est après cela que ce projet de loi d’accès à l’information publique va passer à l’Assemblée nationale sous forme de projet de loi.

Guineematin.com : quel changement cette loi va apporter concrètement, notamment dans l’accès à l’information publique aussi bien pour les journalistes que pour le citoyen Lambda ?

Moussa Iboun Conté : ça va déboucher sur des innovations en matière d’accès aux documents administratifs et aux données personnelles. Vous savez, il y a un certain nombre de données qui sont répertoriées dans la loi d’accès à l’information publique : vous avez toutes les organisations constitutionnelles, vous avez aussi tous les départements ministériels, vous avez aussi les sociétés où l’Etat guinéen est actionnaire qui font partie des champs d’action de la loi d’accès à l’information publique. Il suffit seulement que le citoyen manifeste le désir d’avoir accès à un document administratif, que ça soit le rapport, que ça soit le bilan, que ça soit le rapport de mission, quel que soit la nature de l’information, il suffit seulement que le citoyen fasse seulement une demande à travers un courrier écrit, adressé à l’entité, pour que le journaliste puisse avoir accès à l’information. Il est même prévu dans le processus d’élaboration de la loi d’accès à l’information publique, qu’il va y avoir même une source de création de l’emploi, que chaque organisation, que chaque département ministériel, que chaque société où l’Etat est actionnaire puisse se doter d’un conseiller chargé de l’information. C’est quelqu’un qui sera-là, qui est rémunéré et qui a un bureau bien aménagé, chez qui le citoyen va se présenter, chez qui le journaliste va se présenter et demander des informations. Il est même prévu dans la loi d’accès à l’information publique qu’en cas de refus de donner l’information demandée par le citoyen et/ou le journaliste, que le citoyen ou le journaliste pourrait porter plainte contre le chargé de communication ou-bien le premier responsable de l’entité. Mais, c’est après avoir fait des recours qu’on appelle recours hiérarchiques. Si l’employé refuse de vous donner l’information, vous allez passer par le directeur national, vous pouvez passer par le président de l’institution, vous pouvez passer par le ministre ou auprès du directeur général de la société. Si ça ne marche pas là-bas, vous allez faire un recours gracieux auprès du médiateur de la République. Si ça ne marche pas, vous avez la latitude de porter plainte chez le juge de référé, parce qu’il s’agit de documents importants. Parce que, comme vous le savez, l’information est une denrée périssable. Donc, c’est pourquoi on a préféré opté pour la procédure du référé pour que la citation soit accélérée et que le citoyen puisse avoir accès à l’information. Vous avez aussi certains documents d’informations qui sont liés à la vie des personnes, c’est pourquoi on a préféré conseiller la procédure des référés. Donc, c’est une loi qui est extrêmement importante et ça fait partie des instruments aujourd’hui qui donnent une autre image à notre pays. Je rappelle que le président de la République, le professeur Alpha Condé, a une fois fait une communication là-dessus, en disant que la loi d’accès à l’information publique fait partie de l’arsenal juridique institutionnel que notre pays a mis en place pour lutter contre les détournements et la corruption. Donc, ça fait partie des outils pour la promotion de la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des affaires publiques…

Guineematin.com : au cas où un responsable d’une entité refuserait de donner l’information recherchée par un journaliste ou par un citoyen, est-ce qu’il y a des sanctions qui sont prévues par cette loi ?

Moussa Iboun Conté : oui, il y a eu un débat, c’était le point sur lequel nous avons beaucoup retardé avec les acteurs de la société civile, notamment la section guinéenne d’Amnesty et l’Association des Blogueurs de Guinée. On a aussi discuté avec les représentants des pouvoirs publics dans la commission, c’était vraiment des points d’achoppement. Mais finalement, ils ont pris la loi sur la liberté de la presse. Ils ont dit que cette loi ne prévoit pas des peines d’emprisonnement, pourquoi vous voulez qu’il y ait des peines d’emprisonnement pour un fonctionnaire qui refuserait de donner des informations ? On a dit ce n’est pas la même chose parce que la loi d’accès à l’information publique a fait des renvois dans le code pénal et des peines privatives de liberté jusqu’à cinq (5) ans de prison ferme au cas où il refuserait de donner des informations. Finalement, on est arrivé à un consensus que de retenir la peine d’amende parce qu’il faut tenir compte du contexte guinéen. Donc, tout fonctionnaire qui refuserait de donner de l’information à temps, et après tous les recours hiérarchiques et gracieux, s’il y a toujours le refus, on va aller chez le juge du référé et là, la décision qui sied, c’est une peine d’amende. Et, il a été décidé que la peine d’amende soit axée sur la moitié du salaire du fonctionnaire qui refuserait de donner l’information.

Guineematin.com : l’autre préoccupation des hommes de médias, c’est que les magistrats guinéens se passent de la loi L002 sur la liberté de la presse et se basent sur la loi relative à la cybercriminalité pour poursuivre les journalistes. Cette loi, contrairement à la loi L002, prévoit une peine privative de liberté. Comment réagissez-vous ?

Moussa Iboun Conté : bon, il faut reconnaitre qu’au-delà de ce statut que vous évoquez, nous sommes tous préoccupés par la situation qui prévaut aujourd’hui dans la pratique du métier dans notre pays. C’est pourquoi, nous à l’époque, quand la loi sur la cybercriminalité a vu le jour, nous avons fait une réflexion qu’on avait envoyée au niveau de la Haute Autorité de la Communication (HAC), pour leur dire que le conseil de sécurité informatique venait grappiller sur les domaines de compétence de la Haute Autorité de la Communication. Parce que, vous avez toute une section qui est consacrée à la régulation de la presse en ligne, qui est dans la loi sur la liberté de la presse. Une réflexion a été faite dans ce sens, des propositions concrètes ont été faites à la Haute Autorité de la Communication, mais qui a manqué de suivi et d’audace de la part de la HAC. C’est pourquoi aujourd’hui, et le journaliste qui utilise sa page Facebook comme moyen de communication, et l’autre qu’on appelle journaliste citoyen, tous sont exposés aujourd’hui à cette loi sur la cybercriminalité. Parce qu’il faut rappeler, c’est une loi extrêmement liberticide, c’est une loi qui est même attentatoire à la liberté d’expression dans notre pays, parce que la peine minimale au niveau de la loi sur la cybercriminalité, c’est un an de prison ferme, et l’amende minimale, c’est 100 millions de francs guinéens. Et vous savez qu’aujourd’hui, toutes les entreprises de presse dans notre pays tournent à perte et aujourd’hui les citoyens tirent le diable par sa grosse queue. Donc, quand on vise cette loi, ça veut dire que la prison est ouverte pour les journalistes. Chaque journaliste qui utilise sa page Facebook comme moyen de communication ou chaque citoyen qui utilise sa page Facebook comme moyen de communication est aujourd’hui inquiété.

Guineematin.com : que doit-on faire alors pour éviter le pire ?

Moussa Iboun Conté : il faudrait franchement qu’il y ait une synergie d’actions, comme les avocats sont en train de se battre, il faudrait que les associations, puisque entre la loi spéciale et la loi organique, c’est la loi organique qui prime. Et la loi sur la liberté de la presse est une loi organique, donc le journaliste de la presse en ligne, s’il y a un délit commis au niveau de la presse en ligne, c’est la loi sur la liberté de la presse, la loi L002 du 22 juin 2010 qui sied. Et quand c’est la page Facebook du journaliste qu’il a utilisé, je crois qu’il faut sensibiliser le juge. Parce que le plus souvent, quand c’est comme ça, le juge a le choix sur deux lois. En tout cas nous, on a lutté contre la loi sur la cybercriminalité, on n’a pas voulu que cette loi voit le jour. Parce que quand c’est le cyber espace, quand c’est la page Facebook que le journaliste utilise qui est épinglée par le délit et ça c’est extrêmement difficile. Donc, il faudrait jouir des astuces, il faut avoir aussi des avocats bien avertis et puis aguerris en la matière pour amener le juge… parce que le juge a le choix sur la loi spécifique et la loi organique. Et là-dessus, j’avoue que quand c’est la page Facebook, il faut reconnaitre que c’est la loi sur la cybercriminalité qui sied. C’est pourquoi, il faudrait lutter contre l’émergence de cette loi. Mais, il faut reconnaitre qu’il a manqué de vigilance et d’audace de la part de la Haute Autorité de la Communication.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo et Alpha Kanso pour Guineematin.com

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Makhissa contre Marouane au tribunal : les avocats du journaliste inquiets pour leur sécurité

17 juillet 2019 à 17 05 07 07077

« Nous avons été menacés dans la salle par des partisans de l’autre bord. Mais, nous avons pris de la hauteur ; sinon, ça aurait dû créer un autre incident. Leur attitude est contre-productive, ça ne sert pas celui qu’ils ont accompagné… », a notamment déploré maître Salifou Béavogui. « Ce n’est pas facile de prendre le dossier d’un journaliste qui n’a que sa plume et son intelligence contre un Directeur National des impôts. C’est même suicidaire… ».

Comme annoncé précédemment, le tribunal correctionnel de Kaloum a renvoyé à huitaine le dossier opposant le Directeur National des Impôts, Aboubacar Makhissa Camara au journaliste Habib Marouane Camara. Et au sortir du tribunal, les avocats du journaliste ont dénoncé des menaces de la part des loubards à la solde du patron des impôts.

Me Lamine Sidimé, ancien Premier ministre et ancien président de la Cour suprême, aujourd’hui avocat du Directeur national des impôts
Me Lamine Sidimé, ancien Premier ministre et ancien président de la Cour suprême, aujourd’hui avocat du Directeur national des impôts

Tout d’abord, c’est l’ancien Premier ministre, ancien président de la Cour suprême, le doyen Lamine Sidimé qui a parlé aux journalistes pour charger leur confrère, Habib Marouane. « Facebook n’est pas une presse ! Facebook, d’après Wikipédia, est une plateforme d’échange qui reçoit différents contenus : vidéos, photos, messages et discussions. La presse, c’est autre chose. La loi organique L002 de 2010 dans notre pays a réglementé la liberté de la presse. Elle est sacrée ; encore qu’avant de parler de liberté, il faut parler du droit à la vie. Donc, dans cette affaire, ce n’est pas la presse qui est en question, la loi de la presse n’est pas la loi du journaliste. Peut-être que Marouane est un journaliste ; mais, les publications qu’il a faites sur le réseau social, ce sont des publications à titre privé. Et, il a mis en cause l’honneur, la dignité, la considération d’un homme qui se bat pour la Guinée, qui est un homme qui a une famille et qui a un honneur », a notamment indiqué l’ancien Premier ministre du Général Lansana Conté, dans son rôle d’avocat du Directeur national des impôts.
Interrogé sur les prétentions et le but visé par cette plainte du puissant Aboubacar Makissa Camara contre le pauvre journaliste Habib Marouane Camara, l’ancien président de la Cour Suprême a indiqué : « Nous demandons une seule chose : laver l’honneur de cet homme qui dirige les impôts ».

Me Salifou Béavogui, avocat du pauvre journaliste Habib Marouane Camara
Me Salifou Béavogui, avocat du pauvre journaliste Habib Marouane Camara

Pour sa part, Me Salifou Béavogui, un des avocats du jeune journaliste a commencé par rappeler que cette procédure qui a conduit son client devant le tribunal de Kaloum a été conduite en violation manifeste des règles de procédures. « En pénal, la forme commande le fond. Nous sommes en matière de citation directe qui suppose que la partie civile a pris soin d’avoir l’identité complète de la personne mise en cause, du prévenu. Et, conséquemment, la personne étant identifiée, donc on n’a pas besoin de passer par la police ou par la gendarmerie pour venir devant le tribunal et faire un jugement dès lors qu’on sait que le jugement doit indiquer l’identité complète d’une personne. Mais, dans la citation qui a saisi le tribunal, il est dit que monsieur Marouane ici présent demeure ou est domicilié à la radio Nostalgie ! Pourtant, ce n’est pas son domicile. Donc, une fois que cette domiciliation est inexacte, le tribunal devrait avoir le courage d’annuler la procédure. Parce que dans cette affaire, il ne faut pas voir le poids des parties ; mais, il faut voir le poids de la loi. N’oubliez pas qu’il est en prises avec le directeur national des impôts. Ce n’est pas pour rien. Deuxièmement, nous avons soulevés l’incompétence territoriale du tribunal parce que le domicile entraîne la compétence du tribunal, le lieu d’arrestation entraîne la compétence du tribunal, le lieu de la commission de l’infraction entraine la compétence du tribunal. Donc, il est dit que monsieur Marouane demeure à la radio Nostalgie. La radio nostalgie n’est pas son domicile, il réside à Lambanyi. Donc, c’est le tribunal de première instance de Conakry 2 qui est compétant pour connaitre de cette affaire », a-t-il relevé.

Parlant de la suite de ce procès et en dépit du poids du plaignant, Me Salifou Béavogui promet de défendre son client contre vents et marrées. « Vous savez, ce n’est pas facile. Même si quelqu’un a bu du sang humain, l’avocat doit le défendre dans les limites de la loi. Ce n’est pas facile de prendre le dossier d’un journaliste qui n’a que sa plume et son intelligence contre un Directeur National des impôts. Ce n’est pas facile, c’est courageux, c’est même suicidaire. Mais, nous nous irons dans l’honneur et dans la dignité partout où besoin sera. Vous qui êtes présents, vous ne pouvez pas affirmer que monsieur Marouane ici présent n’est pas journaliste. Ce n’est pas possible ! Il est journaliste. Dans cette affaire, il n’est pas complice, il n’a pas d’auteur principal, il est seul poursuivi ».

Mais, ce qui a encore révolté l’avocat, ce sont des menaces proférées à son encontre par certains proches du plaignant. Maître Salifou Béavogui promet tout de même de se battre jusqu’au bout pour défendre le journaliste. « Nous avons été pris à partie dans la salle. Moi, personnellement qui vous parle, j’ai été menacé ; mais, cela me laisse de marbre. Nous avons défendu ici des gens qui ont fait pire que ça. Chaque métier à ses risques. Aujourd’hui, il y a plusieurs personnes qui vivent grâce à lui ; mais, qu’ils continuent leurs popotes. Moi, je suis avocat, je reste avocat, on n’a pas de conseils à me donner dans le choix de mes clients. Personne ne peut me donner ses conseils. Je prends un dossier quand je sais que ma déontologie me permet de le prendre, je n’ai pas de recule à cela ; et, je défendrai le dernier guinéen en conflit avec la loi lorsque j’estime qu’il faille le défendre. Nous avons été menacés dans la salle par des partisans de l’autre bord ; mais, nous avons pris de la hauteur sinon ça aurait dû créer un autre incident. Leur attitude est contre-productive, ça ne sert pas celui qu’ils ont accompagné. Et, nous souhaitons que notre sécurité soit assurée à l’audience prochaine. Parce que quand nous sommes dans l’enceinte du tribunal, notre sécurité doit être assurée par le tribunal. En dehors d’ici, Dieu, sauve moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge », a-t-il souligné.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Procès contre un journaliste : un ancien président de la Cour Suprême pour défendre le DG des Impôts

10 juillet 2019 à 11 11 29 07297
Me Lamine Sidimé

Dans la matinée de ce mercredi, 10 juillet 2019, le procès du journaliste Habib Marouane Camara a été ouvert au tribunal de première instance de Kaloum. Et, c’est un ancien Premier ministre qui est engagé par le Directeur national des Impôts pour cuisiner le journaliste, a constaté un reporter de Guineematin.com qui est sur place.

Amadou Makissa Camara

Accusé de malversations financières et de mauvaise gestion d’une régie financière de l’Etat par le journaliste, Amadou Makissa Camara ne semble pas lésiner sur les moyens pour se défendre contre ce qu’il juge être diffamatoire. Le Directeur national des impôts qui a décidé de porter plainte a alors engagé le doyen maître Lamine Sidimé, ancien président de la Cour Suprême et ancien Premier ministre du Général Lansana Conté contre le jeune journaliste.

Après l’ouverture du procès, le tribunal de première instance de Kaloum a fixé la consignation à sept millions de francs guinéens que le plaignant devrait payer.

Habib Marouane Camara

Pour cette première audience, Marouane Camara était accompagné de sa femme, de ses collègues journalistes de la radio Nostalgie (notamment Thierno Maadiou Bah et Sidi Diallo) et de plusieurs autres médias privés dont un représentant de Guineematin.

A rappeler que jusqu’à présent, ce journaliste dont la radio est membre de l’URTELGUI (Union des radios et télévisions privées de Guinée) n’a encore pas bénéficié du soutien de son association.

A suivre !

Du TPI de Kaloum, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Convocation de Mohamed Bangoura : le communiqué du RMIGUI

2 juillet 2019 à 17 05 41 07417

Le Réseau des Médias sur Internet en Guinée (REMIGUI) exprime son inquiétude suite à la convocation ce lundi 1er juillet 2019 du journaliste Mohamed Bangoura à la Direction Centrale de la Police Judiciaire.

Le Directeur de Publication du site « mosaiqueguinee.com » a été auditionné de 11h à 17h30 suite à la publication d’une tribune d’un membre du parti « Union des Forces Républicaines ».

Mohamed Bangoura est accusé de complicité de diffamation à l’encontre du chef de l’Etat. L’interrogatoire s’est poursuivi ce mardi 02 juillet 2019.

Le REMIGUI rappelle, qu’aux termes de l’article 1er de la Loi Organique L/2010/02/CNT du 22 juin 2010 : « tout citoyen guinéen a le droit de créer, de posséder, d’exploiter une entreprise de presse, d’édition et de librairies, un organe de diffusion, d’informations, d’idées et d’opinions sous réserve du respect de l’éthique et de la déontologie, de la dignité humaine et des droits de la personne, du caractère pluraliste de l’expression des courants de pensées et d’opinion. L’exercice de cette liberté ne peut être limité que par la Loi pour la sauvegarde de l’ordre public et des exigences de l’unité nationale. »

Le REMIGUI estime que le recours à la diffamation et l’offense à l’autorité publique ne doivent pas constituer des armes pour museler les journalistes et entraver le libre exercice de la profession.

Le REMIGUI sollicite le soutien de la Haute Autorité de la Communication (HAC) pour mettre fin à ces tentatives de bâillonnement de la presse nationale.

Le REMIGUI demande à ce que cessent les intimidations et menaces à l’encontre des journalistes guinéens.

Enfin, le REMIGUI qui a déjà engagé des concertations avec les autres organisations professionnelles des Médias, n’exclue pas d’organiser une marche de protestation contre ces abus d’autorité.

Conakry, le 02 juillet 2019

Le Président du REMIGUI

Boubacar Bah « AZOCA »

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Un an déjà ! Qui a tué le journaliste Abdoulaye Bah ?

17 juin 2019 à 16 04 42 06426

Il y a un an, jour pour jour, que notre confrère et ami a été tué dans un accident de la circulation à Matoto, dans la capitale guinéenne. Abdoulaye Bah était en reportage sur le curage des caniveaux par le ministère des Travaux publics au compte du site Guineenews. Mais, jusque-là, aucune clarification sur les circonstances de sa mort et aucune information fiable sur le ou les auteurs de cet accident mortel…

C’est aux alentours de 02 heures du matin que notre regretté ami a quitté sa maison pour aller faire un reportage sur le pont de Linsan (entre Kindia et Mamou) que le Département des TP s’apprêtait à rénover. Mais, avant, il a été décidé de passer voir les travaux nocturnes qui s’effectuaient à Madina et à Matoto. A la fin du reportage et au moment d’embarquer pour Kindia, Abdoulaye Bah prenait les dernières images de sa vie lorsqu’il a été fauché par un conducteur…

Dans la soirée, les images de ce véhicule diffusées par la télévision d’Etat (la RTG)- montrant une bouteille de bière et des verres avec un commentaire qui laisse entendre que cet accident a été provoqué par des noctambules qui avaient trop bu- ont semé un doute et laissé même penser que l’Etat chercherait à cacher quelque chose…

Très touché dans cet accident, le journaliste avait été conduit aux urgences, puis à la réanimation de l’hôpital de l’amitié sino-guinéenne de Kipé où il a rendu son dernier souffle dans la nuit du même dimanche, 17 juin 2018. Lui qui aimait des petites blagues avec tout le monde- y compris les morts avec ses articles faits d’entretiens imaginaires- a quitté ce bas monde au lendemain de la fête du Ramadan, sans aucune description prémonitoire ! Au contraire, Abdoulaye Bah est parti au moment où il rêvait justement de vivre avec sa tendre épouse, Marie Louise Bah.

Malheureusement, un an après cet accident qui a emporté notre ami, RIEN n’est encore fait pour éclairer l’opinion sur les circonstances, ni même sur les auteurs, alors qu’une enquête avait été annoncée pour situer les responsabilités…

A suivre !

Nouhou Baldé

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Dessins : l’ambassadeur d’Allemagne offre des livres à l’association Bulle d’encre de Guinée

16 juin 2019 à 10 10 37 06376

L’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne en Guinée vient d’offrir des livres de bandes dessinées d’auteurs allemands à l’association Bulle d’encre de Guinée (association des dessinateurs de Guinée). La remise officielle de ce don a eu lieu le jeudi dernier, 13 mai 2019, au siège de ladite association à Kaloum, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

C’est à l’occasion d’une visite des locaux de l’association que Son Excellence Mathias Veltin a procédé à la remise de ce don. Un don qui fait suite à une assistance financière et technique que le diplomate allemand, connu pour son amour et son attachement aux bandes dessinées, a apporté au festival Bulle d’encre de Guinée (festival de caricature et de bandes dessinées). Selon lui, cette visite des locaux de l’association Bulle d’encre de Guinée vise en tout premier lieu à toucher du doigt les réalités, les conditions dans les lesquelles ces passionnés de l’art et de la culture travaillent.

Son Excellence Matthias Veltin, ambassadeur d'Allemagne en Guinée
Son Excellence Matthias Veltin, ambassadeur d’Allemagne en Guinée

« Je suis venu vous rendre visite, mais aussi pour continuer une sorte de coopération. Monsieur Oscar (président de l’association) et les autres membres de l’association savent très bien que je suis moi-même un ami des BD (Bandes Dessinées). Je sais que vous travaillez dans des conditions très dures, mais je vous encourage à développer un secteur des BD qui est reconnu dans la région ici et en Allemagne. On a eu l’occasion de faire venir des collègues de l’Allemagne il y a une année et j’espère qu’on pourra continuer cette collaboration pendant le prochain festival des BD prévu en décembre 2019. Et, j’ai reçu une confirmation de notre institut pour apporter un soutien à ce festival à travers la présence des allemands. Le constat des allemands est qu’il y a quelque chose à découvrir ici. Vous les avez invité pour qu’ils vous apprennent mais en vérité, eux ils ont aussi appris auprès de vous, c’est encourageant. C’est un secteur qui joue un rôle économique important en Allemagne », a dit le l’ambassadeur allemand.

En outre, Mathias Veltin a exprimé son souhait d’échanger régulièrement avec les membres de Bulle d’encre de Guinée. Selon lui, cette association, dont les membres sont pour la plupart des jeunes, pourra si elle est accompagnée, valablement propulser les bandes dessinées en Guinée et au-delà de nos frontières. « Je suis rassuré aussi que la future génération est là pour continuer. Parce que c’est rassurant de savoir que l’initiative ne vient pas que d’une seule personne même si elle est la plus connue. Mais, il y a beaucoup ici qui sont là pour porter haut les BD. Je suis confiant qu’on puisse continuer les échanges entre l’Allemagne et la Guinée en ce qui concerne les BD ».

Oscar Ben Barry, journaliste, directeur de publication du satirique Bingo et président de l’association Bulle d’encre de Guinée
Oscar Ben Barry, journaliste, directeur de publication du satirique Bingo et président de l’association Bulle d’encre de Guinée

De son côté, Oscar Ben Barry, journaliste, directeur de publication du satirique Bingo et président de l’association Bulle d’encre de Guinée, au nom de ses collègues membre de l’association, a remercié le généreux donateur. Il promet une utilisation correcte de ces livres de bandes dessinées. « Merci beaucoup excellence, merci pour ce geste. D’ailleurs, votre visite nous honore. Le fait de quitter l’ambassade et venir chez-nous, dans notre réduit et dans ces conditions, prouve suffisamment que vous êtes une grande personne. Vous avez un grand cœur et ça prouve aussi l’amour que vous avez pour la bande dessinée et les dessinateurs. Ce cadeau que vous nous offrez, sera utilisé à bon escient. Je vous rassure que ces bandes dessinées seront utilisées et seront exposées aussi à la 6ème édition du festival Bulle d’encre qui aura lieu en décembre prochain au centre culturel franco-guinéen », s’est-il engagé.

A noter que les membres de l’association Bulle d’encre de Guinée ont eux aussi offert des cadeaux à Son Excellence Mathias Veltin. Il s’agit de quelques photos caricaturales du diplomate allemand. Des cadeaux qu’il a pris avec une grande joie, teintée d’émotion.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Liberté de la presse : un journaliste menacé par le gouverneur de Labé

15 juin 2019 à 20 08 16 06166
Idrissa Sampiring Diallo, membre du bureau exécutif, chargé de la coordination en Moyenne Guinée des activités de l'OGDH
Le journaliste Idrissa Sampiring Diallo se sent menacé par le Gouverneur de Labé

Le journaliste Idrissa Sampiring Diallo se sent menacé par la plus haute autorité de sa région natale et de service. Elhadj Madifing Diané, ancien ministre de la sécurité et actuellement gouverneur de la région administrative de Labé, a menacé de faire arrêter et emprisonner le correspondant de Guineematin.com et de l’Agence guinéenne de presse (AGP) à Labé.

Les menaces du Gouverneur Diané auraient commencé suite au meurtre de l’étudiant Amadou Boukariou Baldé, bastonné à mort par des agents de la sécurité qui avaient été déployés à l’université de Labé, le 31 mai dernier sur ordre du tout puissant Gouverneur. Le l’étudiant aurait rendu l’âme à l’hôpital régional de Labé ; mais, les autorités locales auraient voulu faire croire que le jeune Amadou Boukariou Baldé a cessé de respirer au cours de son évacuation sur Conakry pour éviter des manifestations de ses camarades qui auraient pu perturber la ville de Labé. Le fait de rendre publique que cet étudiant a expiré son dernier souffle à l’hôpital régional de Labé trouble le sommeil du gouverneur qui ne pardonne pas cette révélation au journaliste…

Ce samedi, 15 juin 2019, Idrissa Sampiring Diallo devait se rendre dans la préfecture de Mali pour assurer la couverture médiatique d’une série d’activités du ministre de la jeunesse et de l’emploi des jeunes dans cette préfecture, relevant de la région administrative de Labé. Mais, le correspondant de Guineematin.com à Labé a dû annuler son déplacement à la dernière minute, en raison de menaces du gouverneur de Labé, Madifing Diané, proférées contre lui. « Hier, vers 22 heures, j’ai reçu un appel du ministre de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, Mouctar Diallo, pour que je l’accompagne aujourd’hui à Mali où il doit mener des activités. Donc, on s’est donné rendez-vous au gouvernorat. C’est ainsi que ce matin, je me suis rendu au gouvernorat. Mais, dès que le gouverneur m’a vu, il a appelé tous ceux qui étaient présents au rez-de-chaussée, même ceux qui ne travaillent pas au gouvernorat. Il a appelé notamment le responsable de l’ANAFIC pour lui dire qu’il le prend à témoin que s’il me voit à Mali, il va me faire arrêter et me déférer à Conakry. Il dit que c’est lui qui représente le chef de l’Etat à Labé », a-t-il expliqué.

Face à cette menace du gouverneur, notre confrère a annulé son voyage à Mali. Il a fait le point de la situation au ministre Mouctar Diallo qui l’avait invité, avant de rentrer chez lui. Mais, d’où est parti ce problème entre Idrissa Sampiring et Madifing Diané ? « Ce problème est partie du fait que j’ai relayé la version non officielle de ceux qui disent que le jeune Boukariou (l’étudiant qui est décédé récemment à la suite de violences exercées sur lui par des agents des forces de l’ordre à l’université de Labé, ndrl) est mort à l’hôpital de Labé. Le gouverneur voulait que je m’en tienne à sa version. Mais, j’ai relayé ce que lui-même a dit en tant que gouverneur de Labé et j’ai même diffusé la vidéo où il dit que le petit est mort sur la route de Conakry ; mais, j’ai également relayé la version de ceux qui ont dit qu’il est mort à l’hôpital de Labé. Depuis, il m’en veut à mort à cause de cette question du lieu de la mort de Boukariou », confie le journaliste.

Selon ce correspondant de Guineematin.com, le fait qu’il soit également correspondant de l’Agence Guinéenne de Presse (AGP) dans la région est sans doute l’une des causes de la mésentente entre lui et le gouverneur. « Les administrateurs territoriaux (préfets et gouverneurs) pensent que le correspondant de l’AGP a la même mission que le correspondant de la voie de la révolution (devenue aujourd’hui la RTG). Malheureusement pour nous correspondants de presse, l’information ne circule pas entre le département de la communication et celui de l’administration du territoire. Les administrateurs territoriaux pensent que le correspondant de l’AGP est placé sous leur tutelle, ils ne savent pas que c’est une profession libérale, ils pensent que le correspondant de l’AGP est un porte-bouilloire qui est obligé de répéter tout ce qu’il entend de la version officielle ou bien qui est obligé de prendre position en faveur de la version officielle. Or, le journaliste reste journaliste ! Ce n’est pas à toi de dire tel à raison, tel n’a pas raison. Ce n’est pas parce que l’autorité se sent embêtée qu’elle va vouloir dire que le correspondant de l’AGP n’a pas le droit de donner la parole à celui qui ne pense pas comme elle. C’est tout le problème qui nous oppose. Apparemment, pour lui, parce que je me suis donné la liberté de tendre mon micro à quelqu’un qui n’est pas comme lui et qui a une version contraire à la sienne, il considère que je mérite d’être réprimé. Avant ça, il m’avait déjà menacé, tout simplement pour avoir dit qu’il y a eu une intervention musclée des services de sécurité à l’université, il a dit que si je blague avec lui, il va m’écraser. Aujourd’hui, il me dit que s’il me voit à Mali il va m’arrêter et briser ma carrière. Donc, je sens que j’ai à faire à un nostalgique d’un passé récent ou de la voie de la révolution. Il pense que le correspondant de presse doit aller au bureau du gouverneur ou du préfet pour rédiger sa dépêche, c’est tout le problème », a-t-il laissé entendre.

Idrissa Sampiring Diallo annonce toutefois qu’il ne se laissera pas se faire museler par les menaces du gouverneur ou de qui que ce soit. Notre confrère promet de conserver sa liberté d’esprit qui lui est reconnue et de continuer à travailler en toute indépendance et de façon totalement professionnelle. Ce qui fait encore craindre pour sa sécurité dans cette région… « A compter de ce samedi jusqu’à la fin de la vie du Gouverneur Madifing Diané, si je disparais ou quoi que ce soit m’arrive, il doit être le premier suspect pour ma famille et mes amis », a prévenu le journaliste.

Propos décryptés par Amadou Oury Touré pour Guineematin.com

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DÉFENSEURS DE LA DÉMOCRATIE DE 52 PAYS AFRICAINS ÉCRIVENT UNE LETTRE AU CHEF DE L’ÉTAT ÉRYTHRÉEN

13 juin 2019 à 12 12 29 06296

Plus de 100 défenseurs de la démocratie de 52 pays africains, dont le lauréat du prix Nobel Wole Soyinka, écrivent une lettre au chef de l’État érythréen.

Luanda le 10 Juin 2019—-DES ÉCRIVAINS, DES JOURNALISTES, DES ACADÉMICIENS, DES MILITANTS DES DROITS HUMAINS ET DES FIGURES DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DE 52 PAYS AFRICAINS DEMANDENT À RENDRE VISITE À LEURS COLLÈGUES INCARCÉRÉS EN ÉRYTHRÉE.

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Respect de la loi, protection des journalistes : ce que Asmaou Barry de l’APAC-Guinée demande au gouvernement

3 mai 2019 à 11 11 00 05005
Asmaou Barry, journaliste et présidente de l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC-Guinée)

La Guinée, à l’instar des autres pays du monde, célèbre ce vendredi, 03 mai 2019, la journée internationale de la liberté de presse. Asmaou Barry, journaliste et présidente de l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC-Guinée) a accordé un entretien à Guineematin.com, à cette occasion. Elle est revenue sur la situation de la liberté de la presse en Guinée, avant de demander aux pouvoirs publics de s’investir davantage dans ce domaine.

Décryptage !

Guineematin.com : l’humanité célèbre aujourd’hui la journée internationale de la liberté de la presse. Pour vous, est-ce que la liberté de la presse est effective de nos jours en Guinée ?

Asmaou Barry : tout d’abord, je suis désolée que la situation n’ait pas changé positivement depuis l’année dernière, sinon ces dernières années. Pour ce qui est de la situation de la presse, on va de mal en pis, et je pense que cela est déplorable. S’il y a une journée consacrée à un secteur, je pense qu’il s’agit de se retrouver, de réfléchir ensemble sur les problèmes qui assaillent le secteur, essayer de trouver des solutions et surtout les appliquer. Il se trouve que chez nous en Guinée, en tout cas pour ce qui concerne la liberté de la presse, on a comme l’impression que l’année précédente est toujours mieux que l’année en cours. Et, je pense que cela devrait interpeller le secteur des médias, mais aussi les décideurs pour pouvoir faire quelque chose de positif à l’occasion de cette journée internationale de la liberté de la presse.

Donc, on va revenir sur les mêmes constatations que l’année dernière, c’est-à-dire que la situation des médias en Guinée, il y a toujours ces deux défis, ces deux enjeux de la liberté de la presse. Il s’agit tout d’abord du fonctionnement des médias en termes d’économie, donc toujours le modèle économique des médias pose problème ; mais aussi, en termes de protection de la liberté d’expression, de la liberté de la presse en Guinée. C’est toujours les mêmes problèmes qui se posent. Le premier, si l’on prend la situation financière des médias, de plus en plus les organes de presse ont des difficultés financières, il faut se le dire. On n’arrive toujours pas à promouvoir le secteur médiatique en Guinée, créer des conditions d’exercice du métier de journaliste où les gens pourraient investir dans le secteur et gagner quelque chose pour que cela puisse générer des emplois.

C’est vrai, le secteur des médias emploie beaucoup de jeunes. Mais, quelle est la situation de ces jeunes ? Quelles sont les conditions de vie et de travail de ces journalistes ? Qu’on ne se voile pas la face, il y a toujours cette précarité dans les médias. Et, cela mérite d’être examiné, cela mérite d’être résolu pour espérer que les journalistes puissent exercer dans de meilleures conditions et donc, que l’on arrête un peu ces accusations selon lesquelles les journalistes guinéens sont alimentaires, les journalistes guinéens sont corrompus etc.

Guineematin.com : Dans le récent classement de Reporters Sans Frontières (RSF) sur la liberté de la presse, la Guinée occupe la 107ème place sur 180 pays concernés. Selon vous, qu’est-ce que les décideurs guinéens doivent faire pour améliorer la situation de la liberté de la presse dans notre pays ?

Asmaou Barry : déjà, il faut signaler que la Guinée a perdu trois (3) places dans ce classement par rapport à l’année dernière. Si l’an passé on était à la queue, cette fois-ci on s’est beaucoup plus rapproché de la porte de sortie. Peut-être que l’année prochaine on va se retrouver comme dernier pays en matière de respect de la liberté de la presse. Aux décideurs, ça revient à ce que je disais au départ, c’est de créer toutes les conditions nécessaires pour l’exercice de ce métier de journalisme. Et cela, c’est en deux (2) points : d’abord sur les conditions financières pour les médias, mais aussi de l’autre côté, assurer la protection des journalistes.

On ne peut pas espérer une meilleure place sur le classement de Reporters Sans Frontières en continuant à bastonner les journalistes, à les emprisonner, à les envoyer tout le temps au tribunal et à dénigrer la loi sur la liberté de la presse, en continuant à garder la loi sur l’accès à l’information dans les tiroirs. Bref, il n’y a pas cette protection qui est assurée pour les journalistes et on exerce le métier avec la peur au ventre parce qu’on sait qu’on peut se retrouver à tout moment nez-à-nez avec un décideur. Vous voyez combien de fois cela est déplorable que ça soit les membres du gouvernement quand-même qui emprisonnent les journalistes.

On peut comprendre qu’une tierce personne puisse se plaindre, mais que le gouvernement qui est quand-même le garant des libertés et des textes de loi de la République y compris la loi sur la liberté de la presse soit le premier à porter plainte contre les journalistes et de surcroit à les emprisonner, c’est paradoxal. On ne dit pas qu’ils ne peuvent pas porter plainte puisque parfois il peut y avoir des clashs, mais il faut suivre la procédure. Il y a ce qu’on appelle droit de réponse qui existe, il y a la plainte au niveau de la Haute Autorité de la Communication (HAC) qui existe, la HAC peut examiner la plainte et prendre des sanctions disciplinaires, et au dernier ressort porter plainte en justice.

Mais, ne jamais donner des instructions pour que des journalistes partent en prison ou bien se mettre à menacer des journalistes. Donc aujourd’hui en Guinée, le pouvoir public, s’il doit, s’il veut, promouvoir la liberté de la presse, c’est commencer par respecter et faire respecter la loi sur la liberté de la presse, penser à vulgariser cette loi auprès des autres institutions et des autres acteurs mais aussi protéger les journalistes. Sinon, on va se retrouver je pense d’intimidation en intimidation, on finira par se retrouver sur la ligne rouge des institutions internationales. Et nous, on le sait, parce qu’on le vit. Donc, que ces institutions notamment RSF le disent ou pas, nous journalistes guinéens, nous savons ce que nous vivons.

Guineematin.com : quel est votre regard maintenant sur la façon de travailler des journalistes guinéens ? Avez-vous des reproches à ce niveau ?

Asmaou Barry : je pense que ça dépend de quel côté du miroir on se met pour faire des reproches aux médias. Moi, ce que je sais aujourd’hui, est que je tire le chapeau à ces journalistes guinéens qui, malgré les conditions un peu difficiles, arrivent quand-même à exercer pour que les médias puissent se maintenir. Je pense que cela mérite d’être salué et félicité. S’il y a un défi pour les hommes de médias, c’est peut-être la question de responsabilité sociale où il faut quand-même faire attention sur un certain nombre de sujets pour ne pas exacerber des sujets aussi sensibles. Sinon moi, je ne trouve pas de reproches particuliers à faire aux journalistes. Je salue plutôt le travail que ces hommes de médias effectuent dans les conditions que nous connaissons.

Guineematin.com : quel est votre mot de la fin ?

Asmaou Barry : ce que je voudrais dire, c’est qu’il y a une initiative du gouvernement qui, pour une première fois je pense, veut célébrer la journée internationale de la presse autrement. Alors, moi je lance un appel aux organisateurs de cette journée, c’est bien en soi l’initiative, mais il ne faudrait pas que ça soit des activités de tape à l’œil. Qu’on n’organise pas tout une journée pour la presse alors qu’en même temps on a du mal à trouver une maison de la presse digne de nom pour les journalistes ; qu’on n’organise pas des activités dans des endroits aussi huppés quand la subvention arrive avec plusieurs mois de retard ou lorsque des journalistes sont en prison.

Je pense qu’il y a une autre façon de célébrer la presse guinéenne, c’est travailler pour que la presse soit libre et protéger tous les jours de l’année et non pas se retrouver chaque 3 mai pour faire des discours, chanter et danser la presse guinéenne. Il y a bien d’autres choses à faire. Et, la question de la maison de la presse est primordiale. Vous voyez bien qu’à partir de ce vendredi, la maison de la presse a déménagé pour revenir à Kipé, pourquoi ? Parce qu’il y a des problèmes financiers qui se posent.

Les associations de presse auxquelles appartient la maison de la presse ne parviennent plus à supporter les frais de location et les frais de fonctionnement de la maison de la presse. Je pense que les pouvoirs publics, les décideurs, devraient prendre cette question comme un enjeu, comme un défi. Qu’on n’apprenne pas que la maison de la presse de la Guinée a disparu sous le régime d’un tel. Je pense qu’il faut œuvrer à ce que les journalistes aient une maison de la presse digne de nom à l’égard des autres pays de la sous-région.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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