Deux jours après l’annonce du retrait de l’opposition républicaine du comité de suivi de l’accord politique du 12 octobre 2016, le sujet a été évoqué au cours de l’assemblée générale hebdomadaire du RPG Arc-en-ciel ce samedi, 12 mai 2018. Amadou Damaro Camara, le chef de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, a déploré l’attitude des opposants qu’il accuse de créer des « crises artificielles », a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Fini le dialogue, finis également les discours d’apaisement au sein de la classe politique guinéenne. Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire du RPG Arc-en-ciel à l’Assemblée nationale, n’a pas mâché ses mots à l’endroit de l’opposition.

Lui, qui évoquait la décision de l’opposition républicaine, de suspendre sa participation au comité de suivi de l’accord politique du 12 octobre 2016. Comité qui était censé trouver notamment une solution à la crise post-électorale née de l’annulation de plusieurs procès-verbaux de bureaux de vote lors des élections locales du 04 février 2018.

Amadou Damaro Camara

Le député du parti au pouvoir a dénoncé cette décision des opposants, les accusant de toujours créer des crises pour obtenir des choses illégales : « Depuis que le président Alpha Condé a été élu, tout le monde a constaté que notre opposition ne fait que créer des crises que j’appelle des crises artificielles. Ce qu’elle ne peut pas obtenir par la loi, ce qu’elle ne peut pas obtenir à l’Assemblée nationale, elle crée des crises pour aller à des dialogues pour obtenir ça en contournant la loi.

C’est ce qui a nous a amenés en octobre 2016 à avoir un accord. Un accord qu’on nous a imposé au nom de la paix, au nom de la stabilité. Mais qu’est-ce qu’on constate, nous avons ni paix, ni stabilité, ni respect de la loi », a entamé Amadou Damaro Camara sous les applaudissements des militants rassemblés au siège du RPG Arc-en-ciel.

Il ajoute que suite à cette décision des opposants, son camp a rencontré le Ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation, la société civile et les représentants de la communauté internationale pour leur donner sa position face à la crise post-électorale qui perdure.

« On a annoncé au nom de la mouvance que notre position est : premièrement, on demande à l’administration du territoire d’installer les conseillers élus dans toutes les communes de la Guinée. Deuxièmement, le minimum qu’on puisse faire c’est d’installer dans les 330 communes qui n’ont pas de problèmes. Pourquoi on va bloquer Yomou parce qu’on ne s’entend pas à Dixinn ? Parce que les réalités ne sont pas les mêmes.

Pourquoi on va empêcher ou retarder la réalisation d’un pont à Djalakoro par ce qu’à Maférinyah on ne s’entend pas ? Ça n’a rien à voir ! Donc nous avons demandé l’installation dans toutes les communes des conseillers, l’installation des conseillers dans les 330 communes sans problème ou la reprise des élections dans les 12 qui sont en contentieux », a déclaré le chef de la majorité de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale.

En colère contre l’opposition, et visiblement pas prêt d’accepter une quelconque modification des résultats publiés par les CACV comme le réclame les opposants, Damaro Camara souhaite aussi que les adversaires du pouvoir clarifient leur position par rapport aux travaux du comité de suivi.

« Nous avons demandé aussi, si l’opposition dit qu’elle se retire du comité de suivi, elle doit préciser. Si elle se retire du comité de suivi, ça veut dire que le débat sur la loi sur la CENI est aussi suspendu, que le débat sur le fichier est aussi suspendu parce que ce sont les points de l’accord qui sont suivis au comité de suivi des accords politiques », a dit le responsable du RPG Arc-en-ciel.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Facebook Comments

Guineematin