Les travailleurs de la société Anglo Gold Ashanti de Guinée (SAG), basée à Siguiri, sont en grève à partir d’hier mardi, 28 août 2018. Ils ont cessé le travail pour protester contre la situation actuelle de l’usine située dans la préfecture de Siguiri.

Les employés de la société minière exigent la satisfaction de 5 points de revendications avant de reprendre le travail. Interrogé par le correspondant de Guineematin.com à Siguiri, Tidiane Touré, le secrétaire général du syndicat des travailleurs de la SAG, est revenu sur leurs points de revendications.

Décryptage !

Nous réclamons 5 points : le premier point, c’est que l’un de nos compatriotes, un cadre guinéen, le premier cadre guinéen d’ailleurs à occuper le poste de directeur de l’usine, ils ont formé un complot contre lui pour l’enlever. Quand on a contesté, la décision de la direction générale de la société a été de l’envoyer au Ghana comme expatrié, et celui du Ghana viendra occuper le poste de directeur d’ici. Fort malheureusement, cela n’a pas abouti.

Depuis février, il devait aller au Ghana, son homologue ghanéen a pris fonction ici depuis le premier juin, et lui, il est parti remplir toutes les formalités mais les Ghanéens ne veulent pas de lui. Maintenant il ne va nulle part comme les Ghanéens ne veulent pas voir les Guinéens chez eux. Donc, nous voulons qu’il reste ici pour reprendre son poste comme directeur de l’usine et que le ghanéen quitte ici pour aller au Ghana ;

Le deuxième point : c’est que comme le principe de réciprocité n’est pas respecté, nous avons demandé le départ de tous les Ghanéens de l’usine ;

Le troisième point : il y a une vague d’expatriés à la SAG ici, la loi guinéenne dit que le contrat d’un expatrié ne doit pas dépasser 4 ans en Guinée même si on renouvelle son contrat, alors qu’on trouve des expatriés qui ont fait plus de 4 ans ici, ça ce n’est pas seulement les Ghanéens, cela concerne tous les expatriés, on a demandé de retirer leurs contrats et de les faire remplacer par les Guinéens, ce n’est pas nous, c’est la loi guinéenne ;

Quatrième point : dans le cadre du projet d’extension de notre usine, la direction générale a donné le contrat aux ouvriers ghanéens : chauffeurs, soudure, manutention. Or, ce sont des ouvriers qu’on peut trouver en Guinée, donc on a demandé le départ de ces expatriés pour les faire remplacer par des ouvriers guinéens ;

Cinquième point : c’est la question de bonus, le bonus, c’est une faveur que la direction générale accorde aux travailleurs à chaque fin d’année. Mais dans le calcul du bonus, il y a des paramètres : la production, les dépenses, la sécurité dans le travail. Cette année, il se trouve qu’un employé d’une société sous-traitante a subi un accident, ce n’était pas un employé de la SAG mais un employé d’une société sous-traitante, on peut porter ce fardeaux ? Donc on a dit non.

A noter que tous les expatriés ont été chassés de l’usine, ils se trouvent en ce moment à la cité de Koron où sont logés les cadres de la SAG. Le préfet de Siguiri a convoqué les délégués syndicaux à une rencontre ce mercredi, 29 août 2018 pour tenter de trouver une solution à cette situation.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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