Une nouvelle vague de migrants guinéens rentrés d’Afrique du nord est arrivée cette semaine dans la ville de Kankan. Ces jeunes qui ont échoué sur le chemin de l’Europe ont été rapatriés par l’OIM. Avant de quitter Kankan pour Conakry, quelques-uns d’entre eux ont accepté de raconter leur mésaventure au correspondant de Guineematin.com dans le Nabaya.

C’est dans la nuit du jeudi 24 au vendredi 25 mai 2018, que cette nouvelle vague de migrants composée de 117 personnes est arrivée dans la ville de Kankan. Ces migrants qui ont tenté d’aller en Europe via la méditerranée, ont échoué pour la plupart en Algérie où leurs rêves ont été brisées. Ils ont été arrêtés et maltraités avant d’être récupérés par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) qui les a rapatriés en Guinée, dans le cadre de son programme de retour volontaire des migrants qu’elle met en œuvre avec le gouvernement guinéen et l’Union européenne.

Bah Oumar, l’un d’entre eux, a accepté de raconter à Guineematin.com sa mésaventure : « Je suis sorti de la Guinée en 2016 avec 15.000.000 GNF, j’étais menuisier. J’ai passé beaucoup de temps en Algérie, je suis également allé au Maroc pour deux jours, j’ai enduré beaucoup de choses que je ne peux pas expliquer. Les algériens nous ont arrêtés pour aller nous jeter dans le désert, nous avons marché 15 km avant d’arriver dans une ville. C’est là-bas que l’OIM nous a accueillis pour nous aider à rentrer en Guinée », a-t-il expliqué.

A côté de lui, Adolphe Lionseau, qui a abandonné les études pour s’engager sur le chemin périlleux de l’Europe, dit avoir vécu l’enfer en Algérie. « Mon directeur d’école m’avait supplié de rester ici pour étudier, mais je n’ai pas accepté, j’ai vendu mon ordinateur et j’ai réuni quelques sommes d’argent jusqu’à ce que j’ai eu 8.000.000 GNF, je suis allé en Algérie c’était en 2017. Arrivé là-bas, je travaillais dans des chantiers comme manœuvre, mais c’est dure parce qu’une fois d’abord à Gao, on nous a embarqués pour Timiawé dans un foyer, là-bas les Touaregs me frappaient chaque jour, depuis que je suis né, je n’ai jamais été frappé comme ça, regardez les blessures sur mon front », a raconté ce migrant, montrant ces blessures.

Après l’escale de Kankan, les 117 migrants rapatriés d’Algérie ont continué sur Conakry où l’OIM leur fournira un accompagnement financier pour pouvoir rejoindre leurs familles.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA, pour Guineematin.com

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