Madina à la veille de la fête (2)A quelques jours de la Fête de Tabaski ou fête des moutons, clients et vendeurs se plaignent au grand marché de Madina. Si les premiers se plaignent de la cherté des prix, les seconds parlent plutôt de la rareté des clients, a constaté Guineematin.com, à travers un des reporters qui y a fait un tour pour mieux vous informer.

Trouvé devant sa boutique au grand marché Madina, madame Assiatou Bah, vendeuse d’habits d’enfants, a dit à Guineematin.com qu’il n’y pas de clients, ni de demandeurs : « ça ne marche pas ! On a peur parce que nous prenons des crédits pour revendre ; mais, rien ne bouge. Depuis le matin jusqu’à présent (midi et quelques, ndlr) je n’ai même as eu le premier client. Comment je vais faire pour nourrir mes enfants ? Il n’y a pas de clients, il n’y a même pas de demandeurs, à plus forte raison des acheteurs. Tout ça, à cause de la conjoncture actuelle du pays. Sinon, avant, ça marchait », a-t-elle expliqué.

Concernant les prix de ses habits, la vendeuse qu’il y a pour toutes les bourses. « Les prix des tenues varient entre 80 000 et 150 000 francs guinéens. Il y a toutes qualités ; mais, ça ne marche pas », insiste-t-elle, avant de demander au gouvernement de leur venir en aide.

Même son de cloche chez Hadja Diop, vendeuse de Bazin pour hommes et pour femmes au marché de Madina. Elle soutient que le manque d’argent est à la base du manque d’affluence à l’approche de la fête de Tabaski : « Tout le monde pleure. Ils disent qu’il n’y a pas d’argent. Quand les gens viennent, ils demandent le prix, on le leur dit, ils nous répondent que c’est cher. Nous aussi, on ne peut pas diminuer. Cette fois, c’est à Bamako au Mali, où nous achetons qu’ils ont augmenté le prix du bazin. Donc, nous aussi, nous sommes obligés d’augmenter le prix, parce qu’en partant au Mali, la monnaie est chère. Cinq milles francs CFA est égal à 70 000 GNF. En partant, ça va trouver que les cinq mille franc CFA vont se vendre aux alentours de 80 000 GNF. A notre retour, nous calculons tout avant de fixer le prix. Sinon, d’habitude, on vend le complet entre 500 mille et 600 mille francs guinéens. Maintenant, nous vendons ici un complet qu’on a financé près de 600 000 FG ; et, ça trouve qu’on a entre 20 000 fg et 30 000 francs guinéens. Regardez, bientôt la fête, c’est comme si c’est un terrain de foot ici ! Personne ne vient ! L’année dernière était mieux par rapport à cette année. Il n’y a pas d’argent. Nos boutiques sont remplies, alors qu’il ne reste qu’une semaine avant la fête. On aurait dû écouler plusieurs de nos marchandises ; mais, depuis le matin et bientôt 13 heures, je n’ai même pas vendu un complet. Le bazin de la femme varie entre 650 000 et 1 million de francs guinéens. Ça dépend de la qualité. Pour les hommes, c’est de 600 mille à 1 500 000 GNF. Je demande au gouvernement de diminuer les taxes et que le prix du dédouanement soient fixes », a-t-elle souhaité.

Enfin, la cliente qui a accepté de parler à Guineematin.com s’appelle Aïssatou Diallo. Elle est allée acheter des habits pour ses enfants ; mais, trouve que les prix ne sont pas raisonnables. « Vraiment, le marché est cher.  Les habits sont chers parce qu’actuellement, il n’y a pas d’argent. Ils m’ont dit qu’un complet pour un enfant de deux ans est à 140 000 GNF. C’est cher pour un parent qui a plusieurs enfants à habiller », a regretté la dame.

Quand à cet autre client, qui a souhaité garder l’anonymat, « cette année, les complets pour enfants coûtent plus chers que l’année dernière. Je viens d’acheter un complet à 200 000 GNF. Je demande au gouvernement de revoir cela ; sinon, les populations souffrent », a confié notre interlocuteur.

De retour de Madina, Kadiatou Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 620528554 /664600100

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