De nombreux dossiers ont été développés ce vendredi 04 août à la Cour d’Appel de Conakry, à l’occasion d’une conférence de presse du ministère de la justice et du parquet général. Il a été question des dossiers sur les artistes Elie Kamano et Takana Zion (qui ont récemment organisé des marches contre un éventuel troisième mandat pour le président Alpha Condé), les lynchages populaires enregistrés à Conakry et dans certaines villes de l’intérieur du pays, en passant par les crimes du 28 septembre 2009, la traite des êtres humains ou encore les affaires de faux documents administratifs, etc. rapporte le journaliste de Guineematin.com qui a assisté à la rencontre.

En ce qui concerne le cas Elie Kamano et Takana Zion, placés sous contrôle judiciaire après avoir organisé des manifestations séparées contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé, maître le ministre de la justice a voulu banaliser en parlant de ces artistes très populaires comme des simples citoyens…

« Ces deux artistes sont des citoyens comme les autres. Je ne fais pas de différence entre un artiste et un éleveur de Gaoual ou un chercheur d’or de Siguiri. Quand un artiste est interpellé par des officiers de police, sachez que c’est une affaire de police tant qu’il n’est pas déféré devant le procureur de la République », a dit maître Cheick Sako.

Par ailleurs, pour ce qui est de la saisie du procureur dans ce dossier, maître Sakho ajoute : « on a immédiatement donné les instructions pour qu’il soit mis sous contrôle judiciaire. Takana Zion aussi a été interpellé. On a eu des discussions avec le procureur général et comme il n’avait pas de casier judiciaire, des instructions ont été données pour qu’il soit mis sous contrôle judiciaire ».

Après ses auditions par le parquet de Mafanco, il avait été décidé de mettre Elie Kamano sous mandat de dépôt. Mais, alors que l’artiste était embarqué pour la maison centrale, des instructions sont données pour qu’il soit libéré et mis sous contrôle judiciaire. Sur cette question, le ministre de la justice se défend en disant qu’il n’y a jamais eu de pression pu d’influence dans la prise de cette décision.

D’ailleurs, c’est le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Dixinn qui va expliquer la légalité de cette démarche. Pour Sidy Souleymane Ndiaye « le ministre de la justice a dit tout à l’hure avoir donné des instructions au procureur général. Je voudrais vous dire que cet acte trouve son fondement légal dans les articles 37 du Code de procédure pénale. Le garde des sceaux est le supérieur hiérarchique du ministère public. Il met en œuvre la politique pénale du gouvernement. A ce titre, il a la possibilité de donner des instructions générales en matière pénale aux magistrats du parquet », a précisé Sidy Souleymane Ndiaye.

Selon Moundjour Chérif, le Procureur général, les procès des deux artistes sont prévus au retour de vacances judiciaires en septembre. Elie sera devant les juges de Mafanco alors que Takana répondra aux questions des juges de Kaloum.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

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