20151121_155309La Guinée est un pays signataire de plusieurs conventions contre le travail et l’exploitation des enfants. Mais, dans les zones minières, beaucoup sont les mineurs  qui passent leurs journées à la recherche de l’or. En témoigne le cas de Moussa Sako (à gauche sur la photo) et de Mamady Sako, qui ont été rencontrés par Guineematin.com ce samedi 21 novembre 2015 sur le site d’exploitation artisanale de l’or de Missima, dans la sous préfecture de Faralako, préfecture de Mandiana.

Moussa Sacko doit avoir moins de 18 ans, mais il ne connait pas sa date de naissance et ne sait pas dire quel âge il a. « Je n’ai pas été scolarisé », a-t-il expliqué au reporter de Guineematin.com ce 21 novembre.

« Chaque jour, j’emprunte la machine de quelqu’un. Si j’ai de l’or, je le lui donne et il me donne un peu d’argent. Si c’est beaucoup d’argent, je l’envoie à ma maman ou à mon papa. Si c’est une petite somme, je la garde sur moi et j’achète mes besoins », a ajouté le jeune mineur.

Mamady Sako devrait être en classe en cette période scolaire, peut être au collège, s’il avait été scolarisé. Mais, son destin est tout autre. Comme Moussa, il passe tout son temps sur ce site et procède de la même sorte que son ami.

Beaucoup de personnes rencontrées par l’envoyé spécial de Guineematin.com dénoncent l’abandon de la classe au profit des mines. Mais, ici, le problème est que la majorité des jeunes sensés être des élèves que nous avons rencontrés, disent ne jamais partir à l’école.
Kalou Konaté, exploitation des MinesKalou Konaté est un autochtone de Mandiana. Agé d’environ 20 ans, il a été initié au métier de tailleur et dit ne jamais partir à l’école. Mais, depuis un an, il a abandonné l’atelier et s’est adonné à l’orpaillage. Il en est aujourd’hui fier. « Grâce à cette activité, j’ai pu envoyer mon frère à l’extérieur, en Guinée Equatorial. J’ai acheté un taxi qui circule et j’ai rempli une boutique en matériel de couture », a-t-il révélé à Guineematin.

Mais, le plus souvent, le manque d’encadrement et d’orientation fait que ces jeunes se voient vite ruinés. D’autres disent même que l’argent de l’or n’est pas béni.

A Missima, comme dans plusieurs sites miniers, aucune disposition n’est en vigueur pour éviter que des enfants travaillent et s’exposent aux mêmes risques parfois que les grands.

De Mandiana, Thierno Amadou Camara, envoyé spécial de Guineematin.com

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