« A Kollet, ici, on ne mange qu’un repas par jour », révèle l’ancien sous-préfet

Alpha ousmane Kollet
Monsieur Alpha Ousmane Baldé, ancien sous-préfet de Kollet (Tougué)

A l’occasion de son passage dans la sous-préfecture de Kollet, une localité située à 18 kilomètres à l’Est de Tougué, l’envoyé spécial de Guineematin.com avait rencontré au marché local monsieur Alpha Ousmane Baldé, fonctionnaire retraité qui s’est reconverti en agriculteur. Durant notre entretien, monsieur Ousmane Baldé a fait part de la précarité et l’extrême pauvreté dans lesquelles vivent les populations de cette zone. C’était en début du mois de décembre dernier.

Revenant sur son cas spécifique, cet ancien sous-préfet (pendant le régime du général Lansana Conté) ne s’est pas gêné de révéler le montant de sa pension de retraité : « Je reçois trois cent vingt cinq mille francs guinéens par mois (325 000 GNF/mois) comme pension. Je suis marié à deux femmes et père de 14 enfants… », a-t-il entamé.

A la question de savoir s’il rêve de revenir dans l’administration, le doyen Alpha Ousmane Baldé a dit n’avoir plus les moyens à cause de ses charges sociales. « Je voudrais bien revenir dans l’administration si on me demandait, mais vu les charges sociales, je ne peux pas », a-t-il répondu.

Pour cet ancien fonctionnaire, sa sous-préfecture dispose de beaucoup d’autres fonctionnaires retraités qu’il faudrait  organiser pour résoudre certains de leurs problèmes : « La formation d’une ONG ou une association des fonctionnaires retraités de Kollet est une nécessité. Ça peut régler certains problèmes de la société, même financiers », a-t-il dit.

Sur la situation alimentaire dans cette zone au sol visiblement très aride, cet ancien sous-préfet a loué les efforts de la fédération paysanne du Fouta, mais a déploré la pénurie alimentaire, surtout au centre-ville. « Kollet est une zone où on pratique la culture du Fonio, de l’arachide et un peu du riz. Mais, je vous dis qu’au niveau des producteurs d’oignons, il y a la fédération paysanne qui est là pour appuyer plus de 46 groupements qui se tirent d’affaire, du mois de janvier jusqu’au mois de Mai. Pendant ce temps, si vous venez au marché, il y a beaucoup de produits. Après cette période, les prix des produits montent, il y a la pénurie et généralement les parents d’ici ne font que tendre la main aux fils et filles qui sont ailleurs pour demander un sac de riz », a-t-il fait remarquer.

« Je ne peux pas dire que les gens ont faim. Mais, ils gagnent un repas par jour. Généralement, chez nous, au centre ici, la journée, très peu de gens préparent. Si on a le petit déjeuner, sauf le soir. Si on n’a pas la cacahouète, un peu de tas de manioc, de taro, les gens ne mangent pas », a-t-il confié.

Sur les raisons de cette situation alimentaire, monsieur Alpha Ousmane Baldé a parlé du manque de moyens et de produits alimentaires dans la localité. « Si les produits ne manquaient pas, le repas allait être amélioré. Mais, il faut voir les tas d’arachide, de taro ou bien de manioc, c’est trop petit. Donc, les gens ne préparent généralement que deux fois par jour », a-t-il souligné.

Au regard de cette situation, monsieur Baldé lance un appel à l’Etat et aux bonnes volontés pour venir en aide aux laborieuses populations de cette zone très enclavée et très pauvre de Tougué. « Nous demandons au gouvernement et aux associations de venir en aide aux populations de Kollet dans le domaine de l’alimentation, l’addiction d’eau potable, l’entretien du bétail et en même temps dans le domaine sanitaire parce que le paludisme bat son record dans cette sous-préfecture », a-t-il plaidé.

De retour de Tougué, Mamadou Alpha Baldé, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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