Habib Yembéring DialloDieu avait tout donné à Moussa, sauf une femme qui le respecte. Il était le chef qui avait son chef à la maison ! Il y avait ni respect ni considération pour Moussa chez lui. Du moins de la part de sa femme. Elle faisait la loi dans cette maison où, contrairement à la coutume, elle sortait quand elle le voulait et rentrait quand elle le voulait également. Les voisins ironisaient qu’il ne restait plus qu’à donner à Moussa le pagne et à son épouse le pantalon.

Et les parents de Moussa n’étaient pas insensibles à cette situation peu enviable de leur fils. Ils se concertèrent pour lui trouver une autre femme. Informé, il craint une seule chose : que son épouse apprenne la nouvelle avant l’aboutissement du projet. Il savait que si jamais elle était au courant le projet n’aurait non seulement pas lieu mais son martyr s’aggraverait à la maison. Mais si jamais Madame est mise devant le fait accompli, elle va remuer terre et ciel, ce qui est fait sera fait. Et Moussa aurait désormais quelqu’un pour le réconforter.

Moussa et les siens gardent donc le secret comme un meurtre. Ils conviennent un jour pour envoyer les premières noix de colas. La veille, la femme de Moussa, comme à l’accoutumée, sort vers 17h. Habituellement, si elle sort à cette heure, elle ne revient que quand les chiens même ont sommeil. Autrement dit, tard dans la nuit. Cette fois, au lieu que cette sortie n’offusque Moussa, elle constitue une délivrance pour lui. Il ne va pas sortir de la maison pour ses conversations téléphoniques avec les siens.

Comme d’habitude donc quand Moussa revient à la maison, à la tombée de la nuit, madame est déjà sortie. L’homme qui entend donner la réponse du berger à la bergère à sa femme fait ses ablutions et va à la mosquée. Comme tous les soirs, il reste à la mosquée pour faire les deux prières pour revenir une seule fois.

Au retour de Moussa à la maison, il sait que jamais à pareille heure son épouse n’est là. Sans entrer dans les pièces chambre et salon qui lui servent de logement, Moussa prend une bouilloire pour aller se mettre à l’aise. Il revient et dépose sa bouilloire. Avant de mettre le premier pas au salon, son grand frère l’appelle au téléphone. En entrant dans le salon obscur, il parle déjà au téléphone. Sans savoir qu’une fois n’est pas coutume, Madame est revenue plus tôt que d’habitude. Elle est en train de se débarrasser de sa tenue de sortie pour mettre celle de la maison. Moussa s’enfonce dans le divan dont l’éponge est usée. Parlant avec son frère de son projet de mariage, non sans insister que son frère n’informe aucune de ses femmes pour ne pas que celles-ci divulguent le secret à sa femme à lui. Laquelle va non seulement torpiller le projet mais va le malmener. Son grand frère le rassure.

Pendant ce temps, la femme qui a tout entendu dans la chambre, marche avec les oreilles pour venir s’assoir juste en face de son mari dans la pièce obscure. C’est en ce moment et en ce moment net que le courant électrique revient dans le quartier. L’interrupteur était dans le sens qui allume l’ampoule. Celle-ci s’allume de mille feux dans ce petit salon où il y avait Moussa, le téléphone collé à l’oreille, son épouse en face et désormais le secret de polichinelle…

Affaire à suivre !

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

 

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