Hugues Traoré de PSI/Guinée à Guineematin : si vous prenez 100 Guinéens, 2 ont le VIH

hugues-traore-de-psi-guinee-1Le premier décembre de chaque année est célébrée la journée mondiale de lutte contre le VIH/Sida. En Guinée, les autorités et les partenaires au développement multiplient les efforts pour faire face à cette pandémie. Dans la journée de ce jeudi 1er décembre, un reporter de Guineematin.com, a eu un  entretien avec Hugues Traoré, directeur des programmes de Population Services International (PSI-Guinée). Cette ONG travaille avec le Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS) dans le cadre la riposte contre le VIH.

Guineematin.com : Bonjour monsieur Traoré. Qu’est-ce qui est prévu pour ce 1er décembre, consacré à la lutte contre le VIH/Sida ?

Hugues Taoré : Bonjour et merci. Dans le cadre de cette journée, il y a un certain nombre d’activités qui sont inscrites, qui sont mises en œuvre par PSI certes, mais par le CNLS qui assure la coordination de la riposte en Guinée. Il y a déjà un débat télévisé avec les acteurs majeurs pour discuter de la thématique VIH, du niveau d’atteinte de la mise en œuvre des activités en Guinée, des défis majeurs qui se posent toujours pour pouvoir éradiquer cette maladie. En plus, il y aura le lancement des journées nationales de prévention-dépistage sur tout le territoire national pour implémenter les programmes de prévention, mais aussi permettre à beaucoup de  citoyens guinéens d’avoir accès au test de dépistage. Car, il faut le noter, la connaissance du statut sérologique du VIH en Guinée reste faible, surtout pour la population jeune. Après, vous avez une caravane  qui va sillonner tout le pays pour discuter des questions de discrimination, de stigmatisation auxquelles sont confrontées les personnes avec le VIH.

Guineematin.com : est-ce vous disposez de statistiques relatives au taux de séroprévalence en Guinée ?

Hugues Traoré : la prévalence actuelle du VIH en Guinée est de 1.7, c’est-à-dire en population générale. Si vous prenez  100 personnes vous en avez 2 qui sont infectées par le VIH. Cependant, il faut noter que cette prévalence reste élevée dans certains groupes, notamment les travailleuses du sexe, les miniers, les routiers, les pêcheurs. Des populations vers lesquelles des défis majeurs subsistent en ce qui concerne les programmes de prévention et de prise en charge.

Guineematin.com : on parle de stigmatisation des personnes vivant avec le VIH, qu’en est-il réellement ?

Hugues Traoré : c’est une réalité qui est très souvent relatée par le Réseau Guinéen des Personnes Affectées et Infectées par le VIH, mais aussi par le Réseau des Femmes Infectées par le VIH. Ces stigmatisations peuvent prendre plusieurs formes en termes de rejet des personnes vivant avec le VIH et leurs familles. En termes de discrimination, c’est aussi les difficultés d’accès que ce soit à certains services de santé ou même dans le cadre de l’emploi. Ça reste un frein à l’accès au dépistage, un frein à la prise en charge.

Guineematin.com : que peut-on dire aujourd’hui de l’utilisation des Anti-Rétro Viraux ? Est-ce que cela a un impact sur les personnes infectées par le VIH ?

Hugues Traoré : il faut déjà préciser que le gouvernement guinéen assure avec l’aide de ses partenaires la disponibilité des Anti-Rétro Viraux qui sont gratuits. Bien sûr, ça marche. On a plusieurs patients qui sont sous contrôle virologique, une charge virale indétectable  à la suite de la mise sous traitement. Donc, c’est vraiment des médicaments qui marchent, ça reste le meilleur moyen de prévention, également indispensable pour le traitement.

Guineematin.com : quel appel avez-vous à lancer ?

Hugues Traoré : c’est la mobilisation, parce que l’une des choses fondamentales est de connaitre son statut. Il est important de connaître son statut sérologique, de savoir si on est positif ou négatif. Négatif, c’est pour pouvoir adopter des comportements sains pour ne pas attraper la maladie ; positif, pour entrer très rapidement dans le circuit de traitement, pouvoir vivre normalement. Parce que, quand on est sous traitement, ça ne modifie pas l’espérance de vie, il n’y a pas de problème à ce niveau. L’appel, c’est vraiment d’appeler les uns et les autres à aller se faire dépister. Aux patients vivant avec le VIH, c’est de suivre le traitement.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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